L'Alouette III est un hélicoptère léger polyvalent français dérivé de l'Alouette II. Conçu et fabriqué par Sud-Aviation, sa production a continué avec Aérospatiale.

En 2011, elle est entrée dans la famille très restreinte des aéronefs ayant plus de cinquante ans de service.

Origine

Si l'Alouette II affichait des performances brillantes, puisque dès 1956 un SE.3130 avait réalisé des sauvetages en montagne à plus de d'altitude, l'hélicoptère commençait à s'essouffler au-delà de . Le bureau d'études Hélicoptères de Sud-Aviation a donc entrepris l'étude d'une version plus puissante, avec une aérodynamique améliorée, ce qui permit d'accroître la capacité de l'appareil. Le résultat fut un appareil pouvant emporter sept personnes (un pilote et six passagers), de construction semi-monocoque et reposant sur un train tricycle Messier à roue avant orientable et dont le fuselage était entièrement caréné. Le nouvel appareil était surtout équipé d'une puissante turbine de thermiques, l'Artouste III B de Turboméca, qui était limitée à mécaniques, tant pour le réducteur de turbine que pour la boîte de transmission de l'hélicoptère. La réserve de puissance thermique permettait de garder la puissance mécanique jusqu'à en standard, et, au niveau de la mer, jusqu'à une température extérieure supérieure à . Ce qui assurait donc de belles performances en altitude et par temps chaud, avec une très grande fiabilité.

La possibilité d'effectuer des évacuations au treuil (capacité ), et la bonne adaptation de la cabine aux missions sanitaires, puisqu'on pouvait loger en cabine deux civières, un malade assis et un assistant médical, ont fait de l'Alouette III un appareil très prisé pour toutes les missions de sauvetage. Sa réserve de puissance et la possibilité d'embarquer de fret en cabine et en charge externe ont facilité son adoption dans des pays montagneux, mais les qualités de l'Alouette III ont également justifié des commandes de pays n'ayant ni haute altitude, ni temps chaud, comme les Pays-Bas ou l'Irlande.

Développement Construit à La Courneuve, le prototype SE.3160-001 [F-ZWVQ] a effectué son premier vol au Bourget le 28 février 1959, piloté par Jean Boulet et Robert Malus. Il fut suivi trois mois plus tard du SE.3160-002 [F-ZWWR], qui effectua une présentation en vol très remarquée au Salon du Bourget en aux mains de Roland Coffignot, tandis que le 001 débutait une campagne d'évaluation en montagne comprenant des essais-moteur au sommet du Dôme du Goûter ( d'altitude) par . Campagne qui s'acheva par un atterrissage au sommet du Mont-Blanc avec sept personnes à bord (Pilote Jean Boulet).

Ces deux appareils furent suivis de deux appareils de présérie, dont le premier prit l'air en . Remis le au Groupement d'expérimentation de l'ALAT, à Satory, il fut testé en Algérie par le GH2 de Sétif-Aïn-Arnat. Accidenté le , cet appareil fut reconstruit comme SA.316 et servit à l'instruction au sein de l'ALAT. Il a été récupéré, en 2001, par l'association CELAG de Grenoble.

En , Sud Aviation fit voler. une version spécifiquement destinée aux militaires et appelée « Alouette Canon ». Celle-ci possédait un canon automatique d'un calibre de . En outre cet appareil était conçu pour pouvoir emporter et tirer des missiles AS.11 et AS-12. Malheureusement cet hélicoptère de combat demeura sans suite. L'Alouette III utilisée, , fut par la suite désarmée et servit à divers tests. et essais, notamment dans le domaine de la lutte contre les feux de forêt.

Le coût d'une heure de vol d'une Alouette III de la marine nationale française était d'environ en 2010, contre près de en 2017..

Versions SA-3160 Alouette III : la première Alouette III de série a pris l'air en , année au cours de laquelle les premiers exemplaires de série sont livrés à la Birmanie, tandis que l'ALAT et la Marine nationale commandaient leurs premiers appareils. La certification civile française fut délivrée en , suivie en de la certification FAA. HAL Chetak : à la demande du gouvernement indien, Jean Boulet se rendit à Delhi dès avec le prototype 002. Durant des essais en Himalaya il se posa à avec et de matériel. Une licence fut donc achetée par Hindustan Aeronautics Ltd., en et le premier exemplaire de série assemblé en Inde prit l'air le . furent construits à Bangalore jusqu'en 1992. Le rotor amélioré du SA-316B fut introduit dans la production indienne en cours de production sans changement de désignation.

SE.3164 Alouette canon : pour répondre au besoin de la Rhodésie, à la recherche d'un hélicoptère d'appui tactique, le SE.3160 de série fut modifié, la cabine étant redessinée pour permettre le passage à gauche, à l'avant, d'un canon orientable à tir rapide Mauser de (), s'ajoutant aux AS-11 ou AS-12, ou aux conteneurs de roquettes flanquant l'appareil. furent commandés sous la désignation K-Car, et différentes configurations d'armement testées en vol à Brétigny, dont une version G-Car avec Browning montées sur les côtés du fuselage. Le projet fut finalement abandonné en raison de performances décevantes et le SE.3164-001 converti en Alouette III classique puis utilisé par Sud-Aviation pour des démonstrations. La Rhodesian Air Force a modifié plusieurs de ces Alouette III en les dotant entre autres de canon de .

SA-316A Alouette III : Désignation du SE.3160 à compter de 1968.

SA-316B Alouette III : Avec une motorisation inchangée mais un rotor amélioré, cette version dont le premier vol eut lieu le fut le modèle le plus construit. En 1972 sortit d'usine le SA.316B n°, qui était la Alouette III à sortir d'usine. : 230 SA-316B construits sous licence par ICA Brasov, en Roumanie. IAR-317 Airfox : Projet d'hélicoptère d'attaque dérivé de l'IAR 316B. Il semble que trois prototypes aient été construits, le premier vol ayant été effectué en . La partie avant du fuselage était entièrement remaniée, avec un cockpit biplace en tandem étroit et blindé, les sièges étant décalés en hauteur, comme sur les hélicoptères antichar contemporains. Le projet fut annulé par le gouvernement de Ceaușescu, qui croulait sous les dettes.. F+W Alouette IIIS : produites sous licence en Suisse entre 1970 et 1974 par la , à Emmen.

SA-316C Alouette III : Dernière version, à moteur Artouste IIID de détaré à , apparue en 1972 mais qui ne fut construite qu'à un nombre restreint d'exemplaires.

SA-319B Alouette III : En 1967 le prototype SE.3160-001 prit l'air remotorisé avec une turbine Turbomeca Astazou XIV de détarée à , offrant une consommation spécifique réduite de 15 à 20 %. Le , piloté par Daniel Beauchard et Didier Potelle, le SA.319B-01 se posait au sommet du Kilimandjaro () et trois jours plus tard au sommet du mont Kenya (). La commercialisation fut lancée après ces deux atterrissages spectaculaires.

SA-319C Alouette III : Dernière version, modifications de détails seulement.

Production Au total sont sortis des usines de La Courneuve et Marignane jusqu'au , livrés à dans . Il faut ajouter à ce chiffre les appareils produits sous licence en Suisse par la Fabrique fédérale d'avions, à Emmen (), en Inde ( produits par HAL) et en Roumanie ( construits par IC-Brasov).

Utilisateurs militaires et institutionnels

vignette|Alouette III équipé de flotteurs de la Marine royale danoise sur le pont du patrouilleur en 1980.

: cent dix-huit Alouette III mises en service entre et 1980, dont cinq achetés sur le marché civil aux États-Unis et huit venant de Rhodésie. Cinquante-six SA-316 et SA-319 étaient encore en service fin 2006, équipant essentiellement la 87th Helicopter Flying School de Bloemspruit, la conversion des Sqdn, Sqdn (sur Agusta-Westland A109) ayant été engagée en . Le Sqdn devrait à son tour être transformé courant 2007 sur Super Lynx. : quatre Alouette III ont été cédées en 1995 par la Garde aérienne suisse de sauvetage au ministère albanais de la santé ces appareils opèrent depuis la base de Laprake, à Tirana. : deux machines cédées par le ministère de l'intérieur français à la protection civile algérienne en 2003. : une vingtaine d'IAR 316B livrées dans les années 1980. : six appareils, encore en service. : la marine argentine a commandé trois Alouette III en 1969, en 1970, 2 en 1971, 1 en 1975 et 4 en 1978. Les derniers exemplaires ont été retirés du service actif en 2010 L'Argentine retire du service ses dernières Alouette III, consulté le 2 mars 2013.. : quatorze Alouette III livrées à la Royal Australian Air Force. : vingt-six SA-316B et SA-319B ont été achetés et livrés en et pour équiper deux escadrilles du Fliegerregiment 2, basé à Aigen im Ennstal, des détachements permanents étant implantés à Klagenfurt et Schwaz. Deux SE3160 furent acquis par la suite auprès d'Aérospatiale auparavant Jordanienne le 20 mars 19986 et le un F+W Emmen SA316B auprès de la Suisse.. Une vingtaine en ligne en 2020, sera remplacé à partir de mi-2022 par 18 AW169M.. Cérémonie de retrait le , en 57 ans de service, ils ont effectué https://www.scramble.nl/military-news/austrian-air-force-alouette-iii-time-to-say-goodbye?.

: trois SA.316B [M-1/3] ont été achetées en 1971 pour les besoins de la Marine belge. Depuis , la section marine est intégrée au 40 Sqdn de la base aérienne de Coxyde. : quatorze Alouette III ont été livrées en 1962.

: deux appareils étaient en service en 1986. : deux SA-316B furent commandés par l'armée de l'air en 1966, deux autres en 1967. 3 étaient encore en service début 2007 à l'Escadrille d'hélicoptères de Bujumbura. : deux appareils commandés. : deux SA-319B commandés en 1978, toujours en service début 2007. : dix SA-319B [H 60/69] furent livrés à la marine chilienne entre et . Elles ont été réformées durant les années 1990. : une Alouette III a été livrée en 1971, qui n'était plus en état de vol en 1986. Selon certaines sources, il y aurait neuf SA-316 en service début 2007. : la Marine de la république de Corée prend livraison de douze SA-319B entre 1977 et 1979, formant le 621 Sqdn de Mokpo. Les cinq derniers exemplaires encore en service ont été envoyés à la retraite le .. : quatre Alouette III furent cédées par la France en 1971. Une seule était encore en état de vol en 1994. : cinq Alouette III [M-019, M-030, M-070/072] furent livrées à la marine danoise en 1962/63, suivies de trois autres [M-388, M-433, M-439] en 1967. : neuf SA-316B ont été livrés à la Fuerza Aérea et répartis entre les Escadrille de combat 2211, Escadrille de sauvetage 2212 et Escadrille d'entraînement 2213, basés à Guayaquil (). Cinq étaient encore en service début 2007. : trois Alouette III furent mises en service par le UHEL III en 1976 pour des missions de coopération terrestre. Cédées en à l'armée de l'air, ces hélicoptères furent alors revendus avant 1995. : Vingt SA.316 livrées. vignette|Alouette III de la Marine nationale française (2000). vignette|Alouette III de la sécurité civile en sauvetage dans la vallée blanche (2007). : mis en service en 1960 dans l'ALAT, cet hélicoptère a été utilisé par les trois armes et divers organismes d'état dans ses deux motorisations. Dix-huit sont disponibles dans les forces armées fin 2018, avec un âge moyen de 45 ans et un taux de disponibilité de 45 %.. l'Armée de l'air française (transport léger, liaison, formation des équipages) a équipé à partir de les différentes escadrilles des et Escadres d'hélicoptères, l'ETS 1/44 de Solenzara et le CIEH 341 de Chambéry. Les derniers exemplaires ont été retirés le par l'EH 3/67 Parisis, remplacés par des Fennec. l'ALAT a perçu 84 Alouette III livrées entre 1961 et 1971 avec un maximum en ligne de 79 en 1971 et 1972, en majorité équipées de missiles AS.11 ou AS.12. (lutte antichar, liaison), remplacées dès les années 1980 par des Gazelle, 67 en ligne en 1990 et 49 en 1995, les derniers sont retirés de l’Escadrille de Haute Montagne en ..