Charles-Louis comte de Ficquelmont, né le au château de Dieuze en Lorraine, mort le à Venise, est un homme d'État autrichien. Général de cavalerie, puis ambassadeur, il est ministre et ministre-président de l'empire d'Autriche en 1848.
Biographie Émigration en Autriche Fils de Maximilien-Chrétien, comte de Ficquelmont (1748–1819)Allmayer-Beck, Johann Christoph : "Ficquelmont, Karl Ludwig Graf von" in: Neue Deutsche Biographie', vol. 5, 1961 (p. 136 et suiv.)(en ligne).</ref>, seigneur de Paroy et Champcourt, admis le aux Honneurs de la Cour, et de Marie-Françoise de la MarcheCharles Poplimont, La Belgique héraldique, volume IV, 1866, pages 225-232.Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du ., tome XVIII Fel-For. - 1922, pages 126-129., Charles-Louis de Ficquelmont naît à Dieuze en Lorraine. La famille de Ficquelmont jouit alors d'un grand renom, dans l'ancien duché de Lorraine<ref>Détail des preuves de la maison de Raigecourt, Nancy, 1775, .
Lors de la Révolution française, à la suite du massacre de son frère, le chanoine Charles de Ficquelmont, par la foule à Metz le Mémoires de l’Académie nationale de Metz, série, Tome XVI, 1935-1936: E. Fleur, Quelques documents sur la Société royale des sciences et des arts de Metz. Autour du meurtre de l’abbé de Ficquelmont, 15 mai 1792, p. 105-162., sa famille choisit d'émigrer, alors qu'il n'est âgé que de quatorze ans.
Il rejoint l'armée des princes à Coblence, puis s'engage en 1793 dans l'armée impériale du Saint-Empire.
Carrière militaire Après la création de l'empire d'Autriche en 1804, il est promu Major et nommé aide-de-camp de l'empereur en 1805. Promu colonel en 1809, Charles-Louis de Ficquelmont est affecté à l'état-major de l'archiduc d'Autriche Ferdinand Charles Joseph d'Autriche-Este. En 1811 et 1812, lors de la Guerre d'indépendance espagnole, il commande trois régiments de cavalerie contre les armées napoléoniennes. Charles-Louis de Ficquelmont est promu général de division en 1814. Il gravit ainsi peu à peu les échelons de l'armée impériale autrichienne.
Promu Feldmarschallleutnant en 1830, Ficquelmont est ensuite nommé colonel (propriétaire) du de dragons, en 1831. Il est finalement promu Generalfeldmarschall, le rang le plus élevé de la hiérarchie militaire autrichienne, en 1843.
Carrière politique Parallèlement à sa carrière militaire, Charles-Louis de Ficquelmont poursuit sa carrière diplomatique. En 1813, au cours de la Sixième Coalition, il est envoyé comme ministre plénipotentiaire en Suède, auprès du général Bernadotte. Les alliés de la Coalition suspectant la bonne foi de Bernadotte, Ficquelmont doit rendre compte à l'empire d'Autriche des opérations de l'armée prusso-suédoise, menées contre Napoléon. Cette nomination marque le début de sa carrière de diplomateJean-Baptiste-Raymond Capefigue, Les diplomates et hommes d'état européens, tome III, 1847, page 215.. Ficquelmont est ensuite ministre plénipotentiaire à Florence, où il est chargé de maintenir l'influence autrichienne auprès du grand-duc Ferdinand III de Toscane.
En 1821, Charles-Louis de Ficquelmont est envoyé comme ministre plénipotentiaire à Naples, avec la mission d'inspirer confiance au vieux roi et rendre l'occupation autrichienne la plus douce possibleJean-Baptiste-Raymond Capefigue, Les diplomates et hommes d'état européens, tome III, 1847, page 215.. En 1829, il est nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Il devient alors le plus important relais de la politique de Metternich auprès de l'Empereur Nicolas et établit un axe stratégique entre Vienne et Saint-Pétersbourg.
À Saint-Pétersbourg, Ficquelmont occupe le Palais Saltykov, loué en 1828 par le gouvernement autrichien, pour servir de résidence à son ambassadeSimon Dixon, Personality and Place in Russian Culture, MHRA, 2010, pages 331 à 335.. « La résidence Saltykov était le cadre des deux salons les plus fameux des années 1830, que dominait la figure de la comtesse de Ficquelmont, petite-fille du Prince Koutouzov ». Avant son retour, il est décoré de la plus haute distinction russe, l'Ordre de Saint-André, réservé aux personnages les plus importants de l'État, tant civil que militaire.
En 1838, Charles-Louis de Ficquelmont est rappelé à Vienne, afin de remplacer le prince de Metternich comme ministre des affaires étrangères. En 1840, il est nommé ministre d'État et des conférences et prend en charge la direction de l'armée impériale. Il est alors le bras droit du prince de Metternich « M. le comte de Ficquelmont trouve sa place au-dessous ou à côté du prince de Metternich (...) C'est avec M. de Ficquelmont que commencent toutes les conférences ; c'est avec M. de Metternich qu'elles se finissent »
En 1847, Ficquelmont est envoyé comme conseiller de l'archiduc Rainier d'Autriche (1783-1853), vice-roi de Lombardie-Vénetie. L'année suivante, en 1848, il est nommé chef du conseil de guerre de l'empire d'Autriche et rentre à Vienne. Le , au cœur de la révolution autrichienne de 1848, il est nommé ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de François Kolowrat. Le , Ficquelmont devient ministre-président du gouvernement autrichien, mais un mois plus tard, lors du renversement de Metternich, il est contraint de donner sa démission. En 1852, pour ses services, l'empereur François-Joseph le nomme chevalier de l'ordre de la Toison d'or.
Après son retrait des affaires publiques, Ficquelmont se consacre à l'écriture d'essais politiques et passe les dernières années de sa vie entre les résidences de son beau-fils, le prince Clary und Aldringen, à Vienne, au palais Mollard-Clary, et à Venise, au (Palais Clary, où il meurt le Karl Ludwig Graf von Ficquelmont. In : Rudolf Flotzinger (Hrsg.) : Österreichisches Musiklexikon. Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien 2002, (Band 1), S. 443..
Famille En 1821, à quarante-quatre ans, Charles-Louis de Ficquelmont épouse la comtesse Dorothée von Tiesenhausen (1804-1863), qui a dix-sept ans. Elle est la fille du comte Ferdinand von Tiesenhausen, aide de camp de l'empereur Alexandre , tué à Austerlitz, et de la princesse Elisaveta Mikhaïlovna Khitrova, fille du prince Koutouzov. Dorothée von Tiesenhausen est l'auteur d'un Journal, écrit en français, qui retrace les grands événements politiques de la première moitié du , et donne un point de vue philosophique et religieux, évoquant ses rencontres avec les hommes politiques, les grands auteurs ou les artistes de son époque, ainsi que sur la société aristocratique européenne de son tempsJournal publié dans les années 1950 en traductions italienne et russe..
Charles-Louis et Dorothée ont une fille unique, Elisabeth-Alexandrine de Ficquelmont (1825-1878), qui épouse en 1841 le prince Edmund von Clary und Aldringen et qui est la dernière représentante de sa branche.
Œuvres Aufklärungen über die Zeit vom 20. März bis zum 4. (Explications sur la période du au ), Leipzig, 1850 Deutschland, Österreich und Preußen (L'Allemagne, l'Autriche et la Prusse), Vienne, 1851 Lord Palmerston, England und der Kontinent (Lord Palmerston, l'Angleterre et le continent), 2 volumes, Vienne, 1852 Die religiöse Seite der orientalischen Frage (Le côté religieux de la Question d'Orient), Vienne, 1854 Russlands Politik und die Donaufürstentümer (La Politique de la Russie et les principautés danubiennes), Vienne, 1854 Zum künftigen Frieden: e. Gewissensfrage (La paix à venir : Cas de conscience), Vienne, 1856 Pensées et réflexions morales et politiques du Comte de Ficquelmont, ministre d'état en Autriche, 1859
Sources Jean-Baptiste-Raymond Capefigue, Les diplomates et hommes d'état européens, tome III, 1847, pages 208 et 215.. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome XVIII, 1922, pages 126-129: Notice de Ficquelmont. Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome III, 1935, page 289. Charles Poplimont, La Belgique héraldique: recueil historique, chronologique, généalogique et biographique…, t. IV, Paris : 1866 Alain Petiot, Au service des Habsbourg : officiers, ingénieurs, savants et artistes lorrains en Autriche, Messene, 2000, 146 pages Alain Petiot, Les Lorrains et l'Empire : Dictionnaire biographique des Lorrains et de leurs descendants au service des Habsbourg de la maison d'Autriche, Mémoire & documents, 2005, 534 pages Ficquelmont, Karl Ludwig Gf. von. In: Österreichisches Biographisches Lexikon 1815–1950, (vol. 1), Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Vienne, 1957 (p. 310 et suiv.).
(1811–1886): Beleuchtung der Aufklärungen des Herrn L. Grafen Ficquelmont, Jasper, Hügel & Manz, Vienne, 1850 (en ligne.).
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Notes et références
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