Gaston Vidal, né le à Saint-Étienne (Loire) et mort le à Paris, est un dirigeant sportif et homme politique français.

Biographie Né le à Saint-ÉtienneActe de naissance : AD 42 3NUMEC1/2E 105 acte 2528., Gaston François Vidal commence sa carrière professionnelle comme instituteur avant d’enseigner à l’école primaire supérieure de Moulins. Sportif avéré, il est incorporé en 1914 dans les chasseurs alpins où il fait une brillante carrière qui lui vaut le grade de capitaine.

Il épouse en 1921 une comédienne, Yvonne Carlo. Ses témoins de mariage sont Aristide Briand et Léon BérardLe Monde illustré, 15 octobre 1921.. Le mariage religieux de ce franc-maçon est moqué par les socialistes et le Canard enchaînéLe Populaire, mars 1922, Le Populaire, 9 avril 1923 ; René Rémond, L'anticléricalisme en France de 1815 à nos jours, Paris, Fayard, 1999..

Gaston Vidal est en effet un franc-maçon éminent qui préside en 1920 le convent de la Grande Loge de France et figure au conseil fédéralL'Est républicain, 11 septembre 1920, "Au convent maçonnique" ; André Combes, Maçonnerie et radicalisme, Société d'histoire du radicalisme.. Il est cependant radié en 1934Pierre Chevallier, Histoire de la Franc-Maçonnerie française : La maçonnerie, église de la République (1877-1944), Paris, Fayard, 1975..

L'Ancien combattant

Placé hors cadre en 1917 pour cause de blessures ; il prend la vice-présidence de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC), marquée à gauche, qu'il abandonne cependant en 1919Le Populaire, 29 avril 1919, Le Populaire, 15 juillet 1919, Romain Ducoulombier, Camarades!: la naissance du Parti communiste en France, Perrin, 2010, p. 175: une démission forcée selon cet auteur. pour une autre association (les Combattants de la Grande guerre). Il est un des principaux fondateurs de l'Union fédérale des associations françaises de mutilés, réformés, anciens combattants, leurs veuves, orphelins et ascendants (aujourd'hui l'Union Fédérale des Associations Françaises d'Anciens Combattants) : secrétaire général de son comité exécutif provisoire en 1917-18, il est élu président de l'UF en 1918Cf. le témoignage ultérieur d'un autre fondateur de l'UF, Gaston Rogé, qui souligne l'ambition politique de Vidal mais aussi la sincérité de son combat en faveur des mutilés: Cahiers de l'Union fédérale, 15 mars 1932, "Le congrès de Paris (1917)", Ibid., 15 avril 1932, "De Paris à Lyon", Ibid., juillet 1932, "Le congrès de Lyon".

Il fait paraître en 1918 un livre de témoignage sur la guerre : Figures et anecdotes de la grande guerreÉtudes, avril 1919: compte-rendu. Conformément aux statuts de l'association qui déclarent les fonctions d'administrateur incompatibles avec tout mandat parlementaire il démissionne de l'UF en 1919 lorsqu'il est élu député de l'AllierL'Est républicain, 12 mai 1921.. Il continue cependant à s'y intéresser et à fréquenter ses congrès et réunions du bureau jusqu'à l'affaire Oustric. L'UF l'exclut alors malgré son acquittementCahiers de l'Union fédérale, 15 mars 1935, Ibid., juin 1935.

Le journaliste

Dès sa démobilisation, il devient rédacteur en chef en du quotidien Le Pays (1917), fondé en par Albert Dubarry, qui reprend plus tard L'Ère nouvelle. Il est alors à la tête d'une équipe mêlant des radicaux et des socialistes, des patriotes plus ou moins pacifistes, accusés de défaitisme par l'ancien socialiste antimilitariste devenu nationaliste Gustave Hervé dans La VictoireCandar Gilles, Jean Longuet: Un internationaliste à l'épreuve de l'histoire, Presses universitaires de Rennes, 2007. Il appelle à rompre avec les vieilles générations d'hommes politiques et à promouvoir les hommes de la génération du feuCahiers de l'Union fédérale, 15 avril 1932, "De Paris à Lyon", Le Populaire, 6 août 1918, Le radical, 12 septembre 1918. Avec Yvon Delbos il assume un temps la direction politique d'un quotidien proche de la gauche radicale qui succède au Pays, L'Ère nouvelle, fondé fin 1919L'Est républicain, 22 février 1920, publicité pour l'Ere nouvelle, Le Populaire, 10 décembre 1919, Les Nouvelles littéraires, 18 juin 1932, Claude Bellanger, Histoire générale de la presse française, Volume 3, Presses universitaires de France, 1969, Serge Berstein, Histoire du parti radical, vol. 1, Presses de la FNSP, 1980. Il dirige ensuite les services sportifs du quotidien Le JournalL'Est républicain, 20 juin 1925, Nomenclature des journaux, 1926, L'Est républicain, 22 avril 1930.

Carrière politique

Il se lance alors en politique, bénéficiant de la tribune du Pays et de sa position dans le monde combattant. Il s'implante dans l'Allier où il est élu conseiller municipal de Vichy, conseiller général de Moulins-Est (jusqu'en 1925) et député républicain-socialiste en 1919. Il figure en sur une liste de Bloc national, mêlant des radicaux, un socialiste indépendant (en l'occurrence Vidal) et des modérésFiche de Gaston Vidal sur le site de l'assemblée nationale, consultée le 17/06/2015., Le Radical, 25 octobre 1919. Au Parlement, il est membre des commissions de l'armée et des pensions militaires.

Il est sous-secrétaire d'État à l'enseignement technique du au dans le gouvernement Briand VII puis dans celui de Poincaré II, plus à droite. Il est battu aux élections législatives de 1924, la liste de concentration républicaine sur laquelle il figurait étant prise en étau entre une liste de droite et une liste socialisteLe Populaire, 13 mai 1924, Le Populaire, 7 mai 1924. Les socialistes, qui progressent fortement, ont concentré leurs attaques sur les députés sortants qui ont soutenu de leurs votes l'ancien Bloc national. Vidal a été attaqué en raison de ses anciennes fonctions ministérielles et a été aussi l'objet d'attaques personnellesAndré Touret, Marx Dormoy (1888-1941) : maire de Montluçon, ministre du Front populaire, Ed. Créer, 1998, p. 54.

À nouveau conseiller général de Vichy de 1927Le Populaire, 4 avril 1927,. à 1928, il envisage un temps de se présenter aux élections législatives de 1928 dans la circonscription de Lapalisse (Allier), puis se présente sans succès à Aix-en-Provence, avec le soutien de la fédération locale du parti radical et radical-socialiste, auquel il a fini par adhérerL'Homme libre, 10 août 1927, Le Temps, 18 septembre 1927, Le Radical, 11 septembre 1927, Le Radical, 22 janvier 1928, Ibid., 5 février 1928, Le Populaire, 23 mars 1928, Le Gaulois, 30 avril 1928.. Il annonce en 1930 sa candidature à Nice en 1932, avec l'appui des radicaux, candidature avortée du fait de l'affaire OustricLe Radical, 26 octobre 1930..

Dirigeant sportif

thumb|upright=0.8|Réunion du COF en 1922 : , , Frantz Reichel, Comte de Clary, comte de Polignac, comte de Castellane, Léon Breton

Président de 1919 à 1922 du Sporting club universitaire de France (SCUF)Biographie de Vidal sur le site du SCUF., il préside en 1919 l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA)La Vie au grand air, Gaston Vidal, 15 octobre 1919, "Ce que je pense faire à l'USFSA"., dont il démissionne en 1923Le Populaire, 29 juin 1923, Le Radical, 29 juin 1923. Comme sous-secrétaire d'État, il cherche à rattacher l'éducation physique et sportive à son ministère, en créant une direction spécialiséeL'Est républicain, 20 janvier 1921, "Le programme de M. Vidal".

Membre du Comité national des sports (CNS) et du Comité olympique français (COF), dont il démissionne pour le second en 1923 à l'instar de deux autres parlementaires (Henry Paté et Jean Ybarnégaray)Le Populaire, 13 mai 1923, Le Radical, 14 mai 1923, il représente le gouvernement à l'inauguration des JO d'hiver de ChamonixLe Radical, 26 janvier 1924, et prend une part déterminante aux côtés de Frantz Reichel à la préparation des Jeux olympiques de Paris de 1924 à la suite desquels il succède à Justinien Clary à la présidence du de 1925 à 1931. Il cède sa place au Comité national des sports en 1931 à Jules Rimet à la suite de ses démêlés judiciaires et de leurs retombées médiatiques dans la presse.

Le quotidien communiste L'Humanité ne cesse de moquer son embonpoint L'Humanité, 2 août 1924, Ibid., 23 avril 1924, Ibid., 14 mai 1924, Ibid., 19 juillet 1924, Ibid., 22 mars 1927, Ibid., 25 juin 1928..

L'affaire Oustric et ses suites

Gaston Vidal traîne une solide réputation d'affairiste et est administrateur de plusieurs sociétésPar exemple en 1927: L'Humanité, 30 mars 1927. Il est mêlé en 1929 à l'affaire de la Gazette du franc de Marthe Hanau, en tant que collaborateur du JournalLe Populaire, janvier 1929, Le Populaire, 2 janvier 1929, Le Populaire, 8 janvier 1929, Le Populaire, 13 janvier 1929, Le Populaire, 17 janvier 1930, Le Populaire, 31 décembre 1930. En 1930, il est mis en cause comme d'autres hommes politiques tel Raoul Péret dans le cadre de l'affaire Oustric, et notamment de l'affaire de l'introduction en bourse de la Snia-Viscosa, en raison de ses démarches au service du banquier Albert Oustric, avec qui il était en rapport depuis 1923 lorsqu'il était député, et en faveur de la Snia ViscosaLe Populaire, 9 décembre 1930, Le Populaire, 24 décembre 1930, Le Populaire, 25 décembre 1930, Paris-Soir, 15 février 1931, Ibid., 22 mars 1931, Ibid., 20 mai 1931, Le Petit Parisien, 24 mars 1931, Le Petit Parisien, 26 mars 1931. Cf. . Un compte bancaire avait été ouvert pour Vidal à la banque Oustric dès 1923. Vidal espérait devenir administrateur de la Snia-Viscosa. Il n'a pas été administrateur de la banque Oustric comme on peut le lire parfois.. En , il est arrêté et emprisonné pour forfaiture à la suite d'une enquête parlementaire. Acquitté en juilletParis-Soir, 23 juillet 1931 (photographie), Paris-Soir, 24 juillet 1931, Le Petit Parisien, 24 juillet 1931 malgré la campagne de presse du Canard enchaîné, il ne se remet jamais du scandale.

Retourné au journalisme, il se trouve impliqué dans des affaires douteuses. Condamné en pour émission de chèques sans provision à 6 mois de prison par défaut et à une amendeLe Petit Parisien, 16 mars 1935, Ibid., 8 décembre 1935, il est à nouveau arrêté et interné en décembre de la même année pour escroquerie à la suite d'un arrêt de la de la cour d'appel le condamnant à 3 ans de prison et d'amendes en tant que président du conseil d'administration d'une société en faillite, la Franco-équatoriale minière et industrielleDéclarée en faillite en 1932, la société avait émis en 1930 4 millions de bons sans valeur et ses bilans étaient truqués: Paris-Soir, février 1935, Le Journal, 22 mars 1935, L'Ouest-Eclair, 23 août 1934, L'Ouest-Eclair, décembre 1935, L'Ouest-Eclair, 3 décembre 1935, Ibid., 15 mai 1936. Son pourvoi en cassation est rejeté en 1936: Recueil de la Gazette des tribunaux, janvier 1936, Dalloz, 1936. Il est condamné à d'amende en 1936 dans l'affaire de l'augmentation irrégulière du capital d'une société, Paris-Foncier, dont il était l'un des administrateursL'Ouest-Eclair, 11 février 1936, L'Ouest-Eclair, 10 mars 1936. C'était une affaire liée à la banque Oustric. S'il est acquitté en 1937 dans l'affaire d'une autre société, La Soie artificielle d'Amiens, fondée en 1926Le Petit Parisien, 21 mars 1937, il est encore condamné (13 mois de prison et d'amende) la même année dans une autre affaire d'abus de confiance et d'escroquerieL'Ouest-Éclair, 31 juillet 1937, Le Figaro, 13 janvier 1938.

Il ne se consacre ensuite qu'aux affaires commerciales. L'ambiguïté de ses relations pendant l'Occupation le met un moment en cause mais n'entraîne pas de condamnation. Il meurt à Paris le , d'une opération consécutive à ses blessures de guerreL'Athlétisme, mai 1949..

Bibliographie (Lire en ligne) . Serge Fauché, Sport et identités, Paris, L'Harmattan, 2000. Jean-Paul Callède, Les politiques sportives en France : Éléments de sociologie historique, Paris, Economica, 2000. . Jean-François Viple, La vie politique et les élections dans l'Allier pendant la Troisième République : sociologie politique de l'Allier, Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1967.

Liens externes