La galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée, au pluriel galeries d'Anatomie comparée et de Paléontologie et Bernard Faye & Luc Vives, Les Galeries d'Anatomie comparée et de Paléontologie, éditions du Muséum, 2011, est l'une des galeries du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN). Les galeries du Muséum sont des bâtiments qui constituent chacune un musée labellisé , spécialisé dans un domaine spécifique de l'histoire naturelle. La galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée se trouve à l'Est du Jardin des plantes de Paris, au début de la rue Buffon, du côté de la gare d'Austerlitz, près de la place Valhubert.

Le bâtiment a été conçu en 1892, Calames (Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l'enseignement supérieur) par l'architecte Ferdinand Dutert et fut construit entre 1893 et 1898. Il s'étend sur un rez-de-chaussée et deux étages et sa superficie est d'environ . La galerie d'Anatomie comparée occupe le rez-de-chaussée et la galerie de Paléontologie les deux étages : les vertébrés fossiles sont au premier étage et les invertébrés et plantes fossiles sont au deuxième, constituant une mezzanine.

Historique Les origines des galeries du Muséum Lors de la fondation du Jardin royal des plantes médicinales, en 1635Jardin des plantes (site officiel, présentation du Jardin), le cabinet du roi était l'un des principaux lieux de conservation des spécimens et échantillons d'histoire naturelle. En 1793, avec la réorganisation du Jardin royal en Muséum national, les chaires du Jardin royal furent réorganisées en douze chaires d'enseignement et de rechercheMuséum national d'histoire naturelle (site officiel, présentation du Muséum). Chaque professeur attitré à une chaire était ainsi responsable des collections liées à sa discipline, dont un grand nombre de spécimens était conservé dans l'ancien cabinet du roi.

Après la Révolution, à la mort de Jean-Claude Mertrud en 1802, Georges Cuvier le remplaça en tant que professeur titulaire de la chaire d'Anatomie des animaux et y resta jusqu'à sa mort en 1832. Cette chaire prit alors le nom de Thierry Malvésy, , Bulletin des Amis du Muséum national d'histoire naturelle. , juin 2010, ISSN 1161-9104 ; . À ce poste, Cuvier fut le premier professeur du Muséum à créer un espace d'exposition et de conservation des collections séparé du cabinet d'Histoire naturelle : il investit un bâtiment qui avait appartenu à la régie des fiacres de Paris, acquis par le Muséum en 1795. Ainsi, en 1802, de par son autorité liée à la chaire où il venait d'être nommé, Cuvier y installa le premier cabinet d'Anatomie comparée du Muséum.

En 1806 il ouvrit ce cabinet au public : ce fut la première galerie d'Anatomie comparée du Muséum. Constitué de deux ailes principales séparées par une cour intérieure, le bâtiment finit par être connu comme , et plus tardivement comme le . Il n'a finalement conservé qu'une seule des deux ailes qui le constituaient auparavantL'ancienne galerie d'Anatomie comparée fondée par Cuvier en 1806 et affectée à d'autres usages en 1898, au 43 rue de Seine (aujourd'hui rue Cuvier) est surnommée parce qu'une baleine naturalisée était autrefois présentée dans sa cour intérieure : par la suite, un squelette de baleine et une baleine naturalisée (la même ou une autre) furent présentés allée d'Orbigny sous une verrière, devant l'ancienne galerie. Devenues vétustes, ces présentations furent démontées dans les années 1930 : le squelette entra dans les collections du laboratoire d'Anatomie comparée, au 55 rue Buffon, à l'exception des deux mâchoires inférieures qui, à la fin du , étaient encore visibles sous le porche du avant sa rénovation.Luc Vives et Cécile Colin-Fromont, Les Galeries d'Anatomie comparée et de Paléontologie, éditions du Muséum national d'histoire naturelle / éditions Artlys, Paris, septembre 2012 (réimpression de janvier 2015), photographies de Bernard Faye, , . La bibliothèque et les collections de botanique, de minéralogie et de géologie du Muséum étaient à l'origine conservées dans le cabinet d'Histoire naturelle, dit aussi le selon les régimes politiques et les époques. Comme ces collections augmentaient en nombre d'échantillons et de spécimens et que la place venait à manquer au cabinet du roi, le Muséum décida de lancer la construction d'une nouvelle galerie pour les accueillir : la galerie de Minéralogie et de Géologie, inaugurée en présence du roi Louis-Philippe en 1837, et qui abrita aussi une partie des bibliothèques du Muséum (son fronton nord-est en porte encore l'inscription).

De nouvelles galeries : anthropologie, paléontologie, zoologie Dès 1839 Étienne Serres, qui venait d'être nommé professeur à la chaire d'anthropologie du Muséum, pressa les autorités politiques pour qu'un musée d'anthropologie soit créé au Jardin des Plantes. Mais il n'obtint pas gain de cause avant 1855, année où Armand de Quatrefages le remplaçait en tant que professeur attitré à la chaire d'anthropologie. Serres quitta la chaire d'anthropologie pour celle d'Anatomie comparée, vacante à la mort du professeur Louis Georges Duvernoy. Contrairement à ce qui fut prévu pour la minéralogie et la géologie, il n'y eut pas de nouveau bâtiment construit pour la nouvelle galerie d'anthropologie : en 1855 les salles d'exposition des collections d'anthropologie furent inaugurées dans le que Cuvier avait dédié à l'anatomie comparéeClaude Blanckaert, Le Muséum au premier siècle de son histoire, « La création de la chaire d’anthropologie du Muséum dans son contexte institutionnel et intellectuel (1832-1855) » (pp. 82-123), Publications scientifiques du Muséum, Paris, décembre 1997, 687 pp., Pauline Carminati, « Les momies du Muséum national d’Histoire naturelle : du cabinet anthropologique au musée de l’Homme », La Lettre de l'OCIM (#137, 2011, pp. 26-34), ISSN électronique 2108-646X.

Dans les trente années qui suivirent, le Muséum accorda au professeur Albert Gaudry, déjà à la tête de la chaire de paléontologie depuis 1872, la construction en annexe de deux salles de paléontologie dans la cour du bâtiment de la Baleine, rejoignant ainsi les galeries d'anatomie voulues par Cuvier et la galerie d'anthropologie voulue par Serres. Cette galerie de paléontologie, inaugurée en 1885, avait un caractère provisoire, mais elle fut l'embryon de l'actuelle galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée..

En 1889, quatre ans après la galerie provisoire de paléontologie, vint le tour aux collections de zoologie d'avoir leur propre galerie avec l'inauguration du bâtiment de la galerie de Zoologie, rebaptisée en 1994.

La construction de la galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée Tout au long du les collections ostéologiques du Muséum s'entassèrent de plus en plus péniblement dans la galerie d'Anatomie comparée créée par Cuvier au début du siècle. Après l'inauguration de la galerie de Zoologie en 1889, et à l'approche du premier centenaire du Muséum (1793-1893) et de l'exposition universelle de Paris de 1900, un cercle de professeurs de l'institution commença à demander qu'une nouvelle galerie soit construite pour conserver et exposer au public les collections d'anatomie comparée, de paléontologie et d'anthropologie. Trois professeurs du Muséum furent à l'origine du projet : les trois titulaires des trois chaires dont le bâtiment allait devoir exposer les trois collections respectives. Ce furent Georges Pouchet pour l'anatomie comparée, Albert Gaudry pour la paléontologie et Armand de Quatrefages pour l'anthropologieÉmilie Bertrand, La Présentation des crânes préhistoriques : de l'Exposition universelle de 1878 à la création du musée de l'Homme de 1937 (thèse), Paris, Muséum national d'histoire naturelle, 2010. Après qu'ils eussent formulé cette demande en 1891, De Quatrefages mourut en et Pouchet en 1894Sur les trois professeurs ayant demandé ce nouveau bâtiment, seul Gaudry assista à son inauguration en 1898. Lors de cette inauguration, Henri Filhol remplaçait Pouchet à la chaire d'anatomie comparée et Ernest Hamy remplaçait De Quatrefages à la chaire d'anthropologie.. Peu avant la fin de son mandat en , Edmond Frémy, alors directeur du Muséum, avait approuvé le projet.

L'année suivante, en 1892, sous la direction d'Alphonse Milne-Edwards, l'assemblée des professeurs désigna l'architecte Ferdinand Dutert pour dessiner un nouveau bâtiment pour ces futures nouvelles galeries. Pour les éléments décoratifs du bâtiment, Dutert fédéra autour de lui plusieurs artistes de l'art nouveau. La première pierre est posée un an après, en 1893. L'inauguration a lieu le mais l'architecte Dutert n'y assiste pas, dépité que son projet initial (galerie de de long avec une double nef) ait été revu à la baisse.

À la suite de la demande originelle des professeurs Gaudry, Pouchet et De Quatrefages, le bâtiment finalement construit contenait trois galeries, une à chaque niveau : Au rez-de-chaussée, la galerie d'Anatomie comparée Au premier étage, la galerie de Paléontologie Au deuxième étage, la galerie d'Anthropologie (dont les collections furent transférées en 1937 au musée de l'Homme).

Ces trois galeries ainsi superposées réalisaient le souhait des professeurs Gaudry, Pouchet, De Quatrefages, Hamy et Filhol de réunir des collections d'une grande valeur historique et scientifique, mais aussi de les présenter au public pour montrer l'évolution de la vie, alors encore largement ignorée et vivement contestée par les créationnistes. Ainsi, l'alignement quasi artistique de spécimens paléontologiques classés par ordre chronologique permettait de valider les thèses de Darwin sur l'évolution.. Les collections présentées à l'époque proviennent essentielement des grandes missions des voyageurs naturalistes des ainsi que de la ménagerie du Jardin des plantes. Cela est en grande partie encore actuellement le cas, surtout pour la galerie d'Anatomie comparée. Pour ce qui est de la galerie de Paléontologie, de nombreux spécimens, parfois des moulages ou des squelettes fossiles de grande taille, ont été apportés par des échanges entre institutions ou des fouilles paléontologiques menées au cours des . vignette|La galerie vue depuis la mezzanine, en 1880. Une mezzanine qui surplombe le premier étage ; le deuxième étage est constitué par une salle sous verrière surmontée d'un balcon intérieur. Dès l'inauguration du bâtiment en 1898, les collections d'anthropologie avaient été apportées de la que les professeurs Étienne Serres et Armand de Quatrefages avaient créée en 1855 dans le . Ces collections appartenaient aux chaires ayant précédé la chaire d'anthropologie : la de 1793, devenue plus tard la chaire d', puis en 1855 la . Avant 1937, la salle attenante à la mezzanine était consacrée à la préhistoire, exposant des outils en pierre taillée du Paléolithique et du Néolithique, et des sépultures comme celle de l'Homme de Menton (récemment identifié comme étant en réalité une femme, dite maintenant ). La mezzanine surplombant le premier étage présentait pour sa part les collections d'anthropologie et anatomie humaine du Muséum. En 1937 le Muséum inaugura le musée de l'Homme sur la colline de Chaillot et y déménagea toutes ses collections d'anthropologie. La salle de préhistoire devint alors l'actuelle , dite aussi la , contenant une partie des collections d'Alcide Dessalines d'Orbigny qui avait immensément enrichi les collections du Muséum à la suite de ses voyages d'exploration, alors qu'il était devenu en 1853 le premier professeur du Muséum à diriger la chaire de paléontologie. À la mezzanine, une fois les collections d'anthropologie et anatomie humaine parties, ce furent des collections d'invertébrés fossiles qui y furent présentées, enrichies dans les années 2010 d'une partie des spécimens de plantes fossiles de l'ancienne galerie de Paléobotanique (inaugurée en 1972 dans la galerie de Minéralogie et de Géologie mais démantelée en 2005).

La construction du laboratoire de Paléontologie