Paolo Conte, né le à Asti, est un chanteur, auteur-compositeur-interprète, parolier et instrumentiste italien fortement influencé par le jazz et le blues. Ses morceaux les plus célèbres sont notamment et .
Biographie Les grandes étapes de sa vie Il se passionne dès l'enfance pour le jazz américain et les arts graphiques, qui sont les principaux éléments à l'influencer par la suite. Dans sa jeunesse, il passe la plus grande partie de son temps, en particulier pendant la guerre, dans la ferme de son grand-père. Il explique plus tard que son éducation fut particulièrement favorable non seulement à la compréhension et au respect des gens mais aussi des coutumes et traditions locales italiennes.
À la sortie du lycée il veut être médecin, mais pour des raisons pratiques il décide de faire des études de droit. Issu d'une famille de notaires, Paolo Conte mène de front pendant vingt-cinq ans les deux carrières d'avocat et de chanteur.
Dans les années 1960, il perce dans le milieu musical, notamment en écrivant pour Adriano Celentano une ritournelle La coppia più bella del mondo et le succès mondial Azzurro. En 1974, il sort un album intitulé simplement Paolo Conte et le public italien découvre sa voix éraillée. En 1979, avec Un gelato al limon, il se fait connaître du grand public. Il acquiert une renommée internationale qui se confirme en 1981 avec l'album Paris Milonga. En 1982, il sort Appunti di viaggio et, face à son grand succès, décide de prendre un peu de recul et de faire le point. De retour en 1984 avec un troisième album homonyme, il est unanimement reconnu par les critiques.
En 1990, il surprend en sortant Parole d'amore scritte a macchina, album mêlant chœurs et sonorités électroniques. En 1992, il marque un retour à ses premières influences avec Novecento. En 1995 sort l'album de la maturité : Una faccia in prestito, mélange jazzy de chansons populaires, de tango, de chansons du passé et de comédies musicales. Razmataz confirme ce style original. Son dernier album est Live Arena di Verona. En 2006, il réalise une collaboration artistique avec le groupe de pop-jazz Piccola Orchestra Avion Travel, qui aboutira à la sortie en 2007 d'un album de reprise des chansons de Conte, l'album Danson metropoli.
Il a un frère, Giorgio Conte (né en 1941), qui chante et compose également.
Les années 1950 - Ses premiers pas dans le monde de la musique et sa passion pour le jazz
Paolo Conte est né à Asti en 1937, d’une famille de juristes. Son père, Luigi. est un notaire passionné de musique., tandis que sa mère est issue d’une famille de propriétaires terriens. Pendant la guerre, il passe beaucoup de temps à la ferme de son grand-père et, grâce à ses parents, férus de musiques classique et populaire, il apprend les rudiments du piano..
Pendant la période fasciste, son père se procure clandestinement des disques d’origine étrangère, éveillant chez Paolo une première passion, encore embryonnaire, pour le jazz. C’est ce que le musicien racontera lui-même dans une interview dans les années 1980 : « Mussolini avait interdit la diffusion de musique américaine et de jazz. Mais il était difficile de tout empêcher. Ainsi, les grands classiques étaient autorisés… à condition d’être exécutés par des orchestres italiens et sous des titres italiens : c’est comme cela que Saint Louis Blues est devenu Tristezze di San Luigi ! Mes parents, qui étaient encore très jeunes, et donc curieux, passionnés de musique et avides de nouveautés, parvenaient, à la barbe de la police, à mettre la main sur des disques ou des partitions de musique américaine, qu’ils déchiffraient pour pouvoir les jouer à la maison. C’est ainsi que j’ai été nourri dès l’enfance de jazz et d’Amérique »..
Après avoir fréquenté le lycée classique Vittorio Alfieri d’Asti, il obtient son diplôme de droit à l'Université de Parme, et commence à travailler comme assistant dans le cabinet de son père. tout en poursuivant des études de musique pour parvenir à un niveau semi-professionnel. Au milieu des années 1950, il apprend à jouer du trombone, puis du vibraphone, et entre dans plusieurs orchestres de la ville, comme la Barrelhouse Jazz Band, Taxi for Five, et enfin The Lazy River Band Society, dont les noms trahissent sa passion pour le swing d'outre-Atlantique. C’est notamment avec la Barrelhouse Jazz Band qu’il fonde l'USMA (« ») et ouvre un cercle musical auprès de l' (Association des chasseurs alpins) de la ville. Le groupe se produit tous les samedis après-midi de à et fait connaître aux jeunes des compositeurs alors peu connus, comme Rodgers & Hammerstein, George Gershwin, Cole Porter et Jerome Kern.. Puis ils commencent à jouer dans divers bars et boîtes et participent à quelques festivals tenus dans la ville pour promouvoir des groupes émergents. Sa fascination pour le jazz mènera le jeune Paolo à participer à la quatrième édition du Quiz international de jazz à Oslo, où il remportera la troisième place pour l’Italie.
Les années 1960 - Collaboration avec Vito Pallavicini et succès d'Azzurro Au début des années 1960, il fonde un nouveau groupe, le Paul Conte Quartet (avec son frère Giorgio à la batterie), qui lui donne l’occasion de faire son entrée sur le marché du disque avec un 33 tours de jazz intitulé mais l'album reste sans succès.. Il commence alors à écrire ses premières chansons, souvent en collaboration avec son frère Giorgio. Retenons parmi elles Ed ora te ne vai, chantée par Vanna Brosio et L'ultimo giorno, interprétée par Carla Boni sur un texte de Giorgio Calabrese.. Comme Francesco Guccini, Paolo Conte aborde le monde de la chanson essentiellement comme « auteur », composant des musiques et des arrangements pour d’autres artistes. La première chanson à remporter un certain succès s’intitule Chi era lui, figurant dans l’album La festa, d’Adriano Celentano ; le texte, d’inspiration nettement religieuse, est de Mogol et Miki Del Prete, et se trouve sur la face B du célèbre 45 tours Il ragazzo della via Gluck. Sa collaboration avec Celentano se poursuit avec La coppia più bella del mondo (paroles de Luciano Beretta et Miki Del Prete) et surtout avec Azzurro, dont le texte est signé Vito Pallavicini, parolier avec lequel le musicien entamera alors une coopération prolifique qui durera pratiquement pendant toutes les années 1960.
En 2007, Celentano a lui-même révélé, à l’occasion de la mort de Pallavicini, la genèse d’Azzurro : « Un jour, Pallavicini m’a téléphoné et m’a dit : une idée folle m’est venue en tête, mais il faut que je te voie pour t’expliquer. J’ai écrit le texte d’une chanson sur une musique de Paolo Conte, que tu ne peux pas ne pas enregistrer, parce que ce sera l’hymne des Italiens : elle aura pour titre Azzurro »..
La chanson, devenue un classique de la musique italienne, est par la suite reprise par Conte lui-même et figure dans son premier album live Concerti, sorti en 1985. Pour preuve du succès exponentiel que la chanson a remporté à l’époque, un sondage organisé, toujours en 2007, sur le site de la Società Dante Alighieri propulse Azzurro à la première place des chansons italiennes les plus célèbres et les plus chantées dans le monde, détrônant le tube Nel blu dipinto di blu de Domenico Modugno.. Conte collabore ensuite avec le compositeur Michele Virano, avec lequel il crée la musique d’autres chansons à succès, comme Insieme a te non ci sto più pour Caterina Caselli et Tripoli 1969 pour Patty Pravo.
En 1968, il écrit avec Pallavicini et d’autres musiciens tels qu’Enrico Intra et Mansueto Deponti, le morceau de jazz No amore pour la chanteuse Giusy Romeo, connue plus tard sous le nom de Giuni Russo.
Toujours avec Pallavicini, il crée une chanson tourmentée et dramatique intitulée La speranza è una stanza, particulièrement bien adaptée au style de Dalida.
Enfin, parmi ses succès d’auteur, il convient de mentionner le single Santo Antonio Santo Francisco, écrit pour Piero Focaccia et Mungo Jerry, chanson qui participera au Festival de Sanremo en 1971.
Les années 1970 Reconversion en auteur-compositeur-interprète Ce n’est qu’en 1974, alors qu’il était sur le point d’abandonner la musique pour se consacrer à sa profession d’avocat, qu’il se décide (convaincu entre autres par son premier producteur Lilli Greco) à présenter lui-même ses propres chansons. Il publie alors pour la RCA Italiana son premier 33 tours intitulé Paolo Conte (album 1974), ce qui marque la reconversion définitive de l’artiste en auteur-compositeur-interprète. Il signe désormais lui-même les textes de ses propres chansons, où l’on trouve déjà à l’état embryonnaire tout son style réflexif, souvent empreint d’une ironie mordante.. Pour la critique, ce disque est une œuvre encore hésitante, pour ainsi dire une anthologie qui passe en revue les chansons qu’il avait écrites par le passé. L'album, au moment de sa sortie, ne trouve pas la résonance espérée ; pourtant, certains morceaux compteront, au fil des ans, parmi ceux les plus renommés du musicien, comme La ragazza fisarmonica, Una giornata al mare, La fisarmonica di Stradella et surtout Onda su onda, dédiée la même année à son ami et collègue Bruno Lauzi. Avec la chanson Sono qui con te sempre più solo, commence la saga musicale consacrée à l’« Homme du Mocambo », histoire du propriétaire d’un bar fictif, dans laquelle l’auteur se plait à traiter des situations d’un goût décadent, impliquant souvent des administrateurs de faillites (aidé en cela par un esprit autobiographique acéré). L'architecture du bar (avec ses canapés marron, ses enseignes, ses lumières, etc.) reste à peu près identique dans toutes les chansons de la saga. Le personnage de l’homme du Mocambo revient dans les chansons La ricostruzione del Mocambo, Gli impermeabili et enfin dans La nostalgia del Mocambo.
La ricostruzione del Mocambo paraît dans son album sorti en 1975, qui marque l’abandon de la production de chansons pour d’autres interprètes et contient toute une collection de morceaux parmi les plus significatifs de sa carrière, comme Genova per noi (considérée par l’auteur comme l’une de ses chansons les plus importantes), La Topolino amaranto, Pittori della domenica et Luna di marmellata.
Le succès se fait attendre mais l’artiste, pourtant réservé, commence à se produire en public. Dans les colonnes du Corriere della Sera, il dit de son premier concert :
À la fin de 1976 et au début de 1977, il se produit à nouveau en concert avec quelques amis connus à la RCA, dont Piero Ciampi, Nada Malanima et Renzo Zenobi, mais ces soirées ne remportent qu’un succès modeste.. À la suite de cette rencontre, Nada enregistre la même année trois chansons de Conte : Avanti bionda, Arte et La fisarmonica di Stradella.. En 1977, Conte participe à l’émission télévisée de Lucio Dalla, Il futuro dell'automobile e altre storie, où il chante au piano Onda su onda et La Topolino amaranto ; à la même époque, il collabore aux arrangements de l'album Danze, écrit par son ami Renzo Zenobi. Enfin il écrit pour Gipo Farassino la chanson Monticone, portrait amusant du typique personnage piémontais..
==== Le Club Tenco et le succès dUn gelato al limon ==== C’est avec ces mots que le photographe Roberto Coggiola rappelle, en 2007, les premiers pas de l’artiste, lors d’une exposition photographique présentée au théâtre Ariston et intitulée Paolo Conte à Sanremo de 1980 à 2005..
En effet, c'est sur la scène de Sanremo que Conte aura l’occasion de faire connaître ses premières chansons, notamment dans le cadre des diverses représentations du Club Tenco, pour en devenir (avec ses collègues Francesco Guccini et Roberto Vecchioni) un protagoniste de pointe. Parmi les distinctions qu’il y recevra, figure notamment le prix Tenco de la meilleure chanson italienne attribué à la chanson Elegia, contenue dans le disque homonyme sorti en 2004..