La géographie de la Chine est à la fois marquée par des contraintes naturelles, une histoire ancienne, un système politique particulier et une récente ouverture sur le monde.

La Chine est le troisième pays le plus vaste du monde. Avec plus de d’une frontière à l’autre, la Chine Populaire présente des paysages très variés. La moitié orientale du pays est composée de plaines fertiles, de montagnes, de déserts et de steppes. La moitié occidentale est occupée par des dépressions, des plateaux vallonnés et des massifs.

Politique et administration

Limites

La Chine possède la plus grande frontière terrestre avec d'autres pays.

Découpages territoriaux

Le territoire chinois est défini en plusieurs grandes régions, qui n'ont plus de statut administratif mais plutôt historique et géographique :

Dongbei (Nord-Est) Huabei (Nord de Chine) Huadong (Est de Chine) Zhongnan (Centre-Sud), comprenant Huazhong (Centre de Chine) et Huanan (Sud de Chine) Xibei (Nord-Ouest) Xinan (Sud-Ouest)

Revendications

Taïwan et Chine continentale, revendiqué à la fois par la République de Chine et la République populaire de Chine, les deux pays tendant historiquement à parler d'« une Chine, deux gouvernements » mais depuis l'élection du Parti démocrate progressiste (PDP) à Taïwan et la prépondérance des électeurs du PDP, le peuple Taïwanais se considère comme un pays à part entière ; îles Diaoyu (îles Senkaku en japonais), revendiquées par le Japon et la Chine ; une partie du Cachemire ; Arunachal Pradesh ; îles de la mer de Chine méridionale (îles Spratleys et îles Paracels notamment).

Relief

Le relief de la Chine est avant tout marqué par la montagne : 40 % du territoire chinois se trouve au-dessus de d'altitudeY. Germond, La Chine, 2007, . Les géographes distinguent en général trois grands ensembles, disposés en escalier, avec un gradient d'altitude décroissant de l'ouest vers l'est. Un escarpement continental, qui court du Grand Khingan au plateau Yunnan-Guizhou en passant par les monts Taihang, sépare les plateaux arides du nord et de l’ouest des plaines fertiles de l’est, où se concentre la grande majorité de la population et de l’agriculture intensive.

La Chine occidentale : montagnes, hauts plateaux et bassins L'Himalaya sépare le monde chinois (au nord) du monde indien (au sud). La chaîne culmine à mètres à l'Everest, situé à la frontière entre le Nepal et la region autonome du Tibet, sous administration chinoise. Derrière l'Himalaya, en allant vers le nord, on trouve le plateau tibétain, encadré par le Karakoram et les monts Kunlun. Ces derniers se séparent en plusieurs branches au fur et à mesure que l’on part vers l’est depuis le Pamir. Les branches septentrionales, l’Altyn-Tagh et le Qilian Shan, forment le bord du plateau tibétain et contournent le bassin du Qaidam, une région sablonneuse et marécageuse contenant plusieurs lacs salés. La branche sud des monts Kunlun sépare les bassins collecteurs du fleuve Jaune et celui du Yangzi Jiang. Le nord-ouest de la Chine est occupé par deux bassins désertiques séparés par la chaîne du Tian Shan : au sud, le bassin du Tarim, le plus grand du pays, riche en charbon, pétrole et minerai et la Dzoungarie au nord. Enfin, la frontière avec la Mongolie est marquée par la chaîne de l’Altaï et le désert de Gobi, qui s'étend au nord des monts Qinling. Le corridor du Gansu, à l’ouest du coude du Huang He, fut une voie de communication importante avec l’Asie centrale.

La diversité du centre vignette|gauche|Paysage montagneux du Yunnan Le centre de la Chine est en moyenne moins élevé que les régions occidentales du pays. Le relief se compose de moyennes montagnes, de plateaux, de collines et de bassins. Mais on peut distinguer plusieurs sous-ensembles souvent compartimentés.

Au nord de la Grande Muraille se trouve le plateau de Mongolie à une altitude moyenne de ; il est traversé d’est en ouest par les monts Yin à d'altitude environ. Au sud se trouve le plus grand plateau de lœss au monde, couvrant une surface de à cheval sur les provinces de Shaanxi, Gansu et Shanxi, ainsi qu’une partie de la région autonome du Níngxià.

Au sud du Qinling se trouvent les régions densément peuplées et fortement industrialisées des plaines du Yangzi Jiang ainsi que, en amont, le bassin du Sichuan.

Secondaire au Qinling en tant que frontière intérieure, la chaîne du Nanling est la plus méridionale des chaînes traversant le pays d’est en ouest. Au sud du Nanling, le climat tropical permet deux récoltes de riz annuelles. Au sud se trouve le bassin de la rivière des Perles. À l’ouest, le plateau Yunnan-Guizhou s’élève en deux étapes, atteignant respectivement et d’altitude, en direction des montagnes escarpées marquant la limite orientale du plateau tibétain.

Le sud de cet ensemble est davantage marqué par l'altitude : le Yunnan se distingue par son relief karstique et ses vallées encaissées.

L'est des faibles altitudes Mis à part les moyennes montagnes du sud-est (Fujian), les régions littorales sont constituées de plaines et de collines de faible altitude propices à l'agriculture et aux fortes densités humaines. C'est dans cette région que les trois grands fleuves chinois se jettent dans la mer, en formant des deltas. La côte méridionale est davantage découpée que celle du nord.

Hydrographie vignette|upright=3|Carte des bassins versants des fleuves chinois. Légende : 1 : Suifen - 2 : Tumen - 3 : Yalu - 4 : Liaodong - 5 : Fleuves côtiers du Hebei et du Liaoning occidental - 6 : Luan - 7 : Fleuves de la péninsule du Shandong - 8 et 9 : Fleuves côtiers du sud-est - 10 : Fleuves du Hainan - 11 : Fleuves de la péninsule du Leizhou, rivières du Guangxi sud-est - 12 : Yun Jiang / Song Hong - 13 : Lancang (Mekong) - 14 : Nu / Salouenn - 15 : Dulong (affluent de l'Irrawaddy) - 16 : Panjnad/ Sênggê Zangbo affluent de l'Indus - 17 : Ili - 18 : Ertix (cours supérieur de l'Irtych) - 19 : Corridor du Hexi - Alxa - 20 : Mongolie-Intérieure.

Le territoire chinois se divise en deux zones. À l’ouest, une zone endoréique englobe un tiers du territoire chinois avec une hydrographie qui ne parvient pas à la mer. Et à l’est, une zone exoréique recouvre les deux tiers du territoire. On compte en Chine près de cours d’eau avec un bassin supérieur à et plus de lacs supérieur à .

Dans la zone endoréique, on trouve trois bassins principaux. Le bassin du haut Tibet avec représente 0,1 % des écoulements d'eau douce du territoire chinois. Le bassin du Xinjiang couvre et assure 0,3 % des écoulements d'eau douce de la Chine. Enfin, le domaine mongol occidental qui s'étend sur les du désert de Gobi, ne présente pas d’écoulement permanent.

La zone exoréique comporte plusieurs bassins principaux. Le bassin du Heilong Jiang couvre une surface de et concerne 7 % de l'écoulement d'eau douce en Chine, il a trois affluents principaux. Le bassin de la Chine du Nord, , se caractérise par une faible alimentation générale mais des crues extrêmement brutales dues aux pluies concentrées essentiellement sur 2 mois, et par le record du monde de turbidité. Dans le réseau du Sud-Est qui s'étend sur , la course des fleuves est forte mais courte. Son alimentation, très importante, a pour origine la mousson et les typhons. Le débit y est important mais la turbidité y est plus faible qu’au nord. Le réseau méridional alimente le fleuve Xi Jiang, troisième fleuve de Chine, qui prend sa source aux Yunnan, reçoit beaucoup d’affluents, essentiellement de rive gauche, et se jette à l’embouchure de la rivière des Perles. Ce bassin est deux fois moins étendu que celui du fleuve jaune mais écoule un volume cinq fois supérieur : en été, le débit peut atteindre /s. Le Xi Jiang est l’un des fleuves les moins dangereux de la Chine. Enfin, le réseau du Sud Ouest se compose de fleuves nés au Tibet et qui s’écoulent ensuite en Inde et dans la péninsule indochinoise. Les fleuves sont encaissés et alimentés par la mousson du Bengale et la fonte des neiges.

Fleuves vignette|Le Huang He à Lanzhou

Le Yangzi Jiang (le fleuve Bleu) est le plus long fleuve de Chine, troisième fleuve du monde après le Nil et l’Amazone. Il est navigable sur une grande partie de sa longueur et porte le site du barrage des Trois-Gorges. Il prend sa source au Tibet puis traverse au cœur de la Chine, drainant un bassin hydrographique de de km avant de se jeter dans la mer de Chine orientale. Le bassin du Sichuan bénéficie d’un climat doux et humide et d’une longue saison de croissance, ce qui le rend propice à de nombreuses cultures. La province est une grande productrice de soie ainsi qu’une importante région industrielle et minière.

Le fleuve Jaune prend sa source dans les hauts plateaux tibétains, puis traverse la plaine de la Chine du Nord, centre historique de l’expansion de la culture chinoise. Ses riches sols alluviaux sont cultivés depuis la Préhistoire. La plaine elle-même est une continuation de la plaine de Mandchourie vers le sud-ouest, bien qu’elle en soit séparée par la mer de Bohai.

Le Hai He, comme la rivière des Perles et les autres grands fleuves, coule d’ouest en est. Sa course en amont est composée de cinq rivières confluentes au niveau de Tianjin. Il parcourt ensuite avant de se jeter dans la mer de Bohai. La rivière Huai naît quant à elle dans la province de Henan et alimente plusieurs lacs avant de se jeter dans le Yangzi Jiang près de Yangzhou.

Mers Les eaux territoriales chinoises sont principalement des mers de l’océan Pacifique et baignent environ îles le long des de côtes. La côte est principalement rocheuse au sud de la baie de Hangzhou, et plutôt sableuse au nord. Les mers qui bordent la Chine sont, du nord au sud, la mer Jaune, comprise entre la région de Jiangsu, à l'ouest, et la péninsule de Corée, à l'est; la mer de Chine orientale, délimitée par l'archipel d'Okinawa, l'île de Kyushu (Japon), la côte de Chine centrale, et l'île de Taïwan; et la mer de Chine méridionale, bordée de Taïwan, des Philippines, de la côte chinoise sud, et du Viet Nam.

Climat

vignette|Carte des précipitations annuelles en Chine continentale et à Taïwan. Le climat de la Chine est très varié, de subtropical (appelé d'ailleurs parfois « climat chinois ») au sud (de l'île de Hainan à Shanghai) à subarctique au nord (province de Heilongjiang), et marqué par la mousson résultant de la différence de capacité du continent et de l’océan à absorber la chaleur. C’est en effet la mousson qui est responsable pour une large part de la quantité de précipitations que reçoivent les différentes régions du pays. La répartition de la population chinoise est à mettre en rapport avec les contraintes climatiques.

Les régions arides du Nord-Ouest (Mongolie intérieure et Xinjiang) subissent de grands écarts de température, avec des étés caniculaires et secs, et des hivers froids et très secs. Le plateau tibétain, avec une altitude moyenne de , connaît des hivers extrêmement froids et rigoureux, et des étés courts et relativement doux. Il reçoit un ensoleillement abondant toute l'année. Au nord-est les étés sont brefs et frais, les hivers sont longs et rudes. Le long des régions côtières de l'Est, le climat océanique domine. Dans le centre agricole, le long du fleuve Yangzi, les étés sont toujours chauds et très pluvieux. Le climat de la Chine du Sud est de type subtropical, avec des hivers doux et humides, et des étés chauds et pluvieux. L'extrême frange sud du Yunnan, du Guangxi et du Guangdong et l'île de Hainan ont un climat tropical. La mousson arrose toute la Chine orientale et centrale en remontant du sud au nord pendant la saison chaude.