George Armstrong Custer est un lieutenant-colonel de cavalerie américain ( New Rumley, Ohio - , Montana), ex-major-général de l'armée régulière nordiste durant la guerre de Sécession. Il est célèbre pour être l'une des principales figures américaines des guerres contre les Indiens au . Il est tué lors de la bataille de Little Bighorn durant laquelle ses troupes du de cavalerie (1/3) sont défaites par une coalition de tribus indiennes.
Biographie Enfance et études redresse|gauche|vignette|Custer, cadet à West Point photographié en 1859.
George Custer est né en 1839, dans l'Ohio, aux États-Unis.. Il est le fils aîné d'Emanuel Henry Custer (1806-1892), forgeron devenu par la suite fermier, descendant d'immigrants allemands Paulus et Gertrude Küster (venue de Rhénanie en 1693), et de Marie Ward Kirkpatrick (1807-1882), d'origines irlandaises... Ses frères Thomas Custer et sont tous les deux morts avec lui sur le champ de bataille de Little Bighorn.. Il a pour sœur cadette Margaret Emma Custer et plusieurs demi-frères et sœurs plus âgés que lui..
Après ses études secondaires, il entre à la McNeely Normal School de Hopedale pour devenir enseignant. ; après avoir obtenu son certificat, il enseigne à Cadiz dans l'Ohio.. Custer a d'autres ambitions que de rester instituteur, il commence à lorgner vers l'Académie militaire de West Point, bien qu'il n'ait pas les qualifications requises. Son ambition et son assurance sont telles qu'il envoie une lettre au représentant républicain de son État, John Bingham, pour le convaincre de lui faire intégrer en 1857, malgré son âge et son manque de formation, la prestigieuse Académie militaire de West Point.... Ambitieux mais insubordonné, et se désintéressant des études, il sort bon dernier de la promotion de de West Point en juin 1861.. Durant ses études à West Point, il cumulera 726 avertissements, un record dans les annales de l'académie.. Son indiscipline le conduira par deux fois devant la cour martiale..
La guerre de Sécession Sous-lieutenant, il est affecté à la compagnie G du second régiment de cavalerie de l'US Army, qui participera à la première bataille de Bull Run. En 1862, il est affecté au de cavalerie, qui rejoint l'armée dite de la campagne de la Péninsule, placée sous le commandement du major général (général de division) George B. McClellan. Sa fougue et son courage, lors de la bataille de la Chickahominy, attirent l'attention du général George McClellan, qui en fait son aide de camp, comme capitaine.Cornut, Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire, Anovi, 2006...
vignette|Avec le grade de lieutenant, en 1862. En 1863, alors qu'il est capitaine de l'armée régulière, il est promu par le général George G. Meade, sur recommandation du général Alfred Pleasonton, au grade de général de brigade des engagés volontaires du Michigan.
Il se distingue à la bataille de Gettysburg, où, sous les ordres du général David McMurtrie Gregg, il mène une charge de cavalerie pour contrer l'assaut de la cavalerie confédérée menée par le général J. E. B. Stuart.., et dans les opérations suivantes de la campagne de 1863. Lorsque, en 1864, la cavalerie de l'armée du Potomac est réorganisée, sous le commandement de Philip Sheridan, Custer prend part à de nombreuses manœuvres de cavalerie à la bataille de la Wilderness et dans l'armée de la Shenandoah. En , il attaque un camp de confédérés à la . Fin septembre, il est nommé au commandement de la de cavalerie. Il mène, le , une attaque victorieuse à la bataille de Woodstock.
Toujours capitaine, il reçoit rapidement un brevet lui permettant d'agir en tant que major, lieutenant-colonel, colonel et même major-général des détachements de volontaires, pour ses services rendus à Gettysburg, à la bataille de Yellow Tavern, à la bataille de Winchester et surtout à la bataille de Cedar Creek. Custer est, , le plus jeune officier faisant fonction de général de division de l'histoire de l'Armée des États-Unis, les journaux tressant des couronnes de gloire au « jeune général ». Il sert avec le général Philip Sheridan lors du dernier grand raid de cavalerie, l'emporte à la bataille de Waynesboro, à la et à la bataille de Five Forks, où son propre frère, Thomas Custer, obtient la plus haute distinction américaine, la médaille d'honneur (il l'obtiendra à nouveau lors de la bataille de Sayler's Creek, devenant ainsi le premier à recevoir par deux fois cette distinction..).
redresse|gauche|vignette|Custer et sa femme Elizabeth, 1864.
Custer épouse le , le père de la mariée, le juge Daniel Bacon, ayant finalement approuvé le mariage lorsque Custer est nommé général de brigade..
À la fin de la guerre, nommé général de l'armée régulière, il est promu général de corps d'armée des troupes volontaires, puis est sollicité par les républicains mexicains, en lutte contre les impériaux soutenus par la France, pour prendre le commandement des forces armées de la République. Le gouvernement américain s'y oppose. Custer prétend devant Sheridan qu'avec dix mille cavaliers il aurait pris Mexico en moins de six moisAlain Gouttman, La Guerre du Mexique (1862-1867) : le mirage américain de Napoléon III, Perrin, 2008..
Les guerres indiennes À la fin de la guerre de Sécession, l'armée de 1,5 million d'hommes est réduite à et Custer reprend son grade ordinaire de capitaine. Le , il est fait lieutenant-colonel du de cavalerie, et prend part sous les ordres du général Winfield Scott Hancock à l'expédition contre les CheyennesAppelée le plus souvent « campagne de 1867 ». Voir Utley, Custer, Cavalier in buckskin, University of Oklahoma Press, rééd. 2001.. Mais cette campagne de Hancock le frustre car il ne peut montrer son courage dans la guérilla insaisissable où les Amérindiens connaissent parfaitement le terrain..
En 1867, il passe en cour martiale pour abandon de poste (il a voyagé avec escorte pour chercher des fournitures et pour voir sa femme) et parce que des déserteurs armés ont été abattus par ses troupes.. Il est suspendu pour une année. En proie à des difficultés financières, il gagne un peu d'argent en écrivant pour des magazines de chasse et de nature. Avant la fin de sa suspension, il est rappelé par le général Phillip Sheridan qui a besoin d'officiers valeureux pour lutter contre les AmérindiensMonaghan, Custer: The life of General George A. Custer, University of Nebraska Press, 1971..
Le , en violation du traité de Medicine Lodge, il participe à la campagne d'hiver contre les Cheyennes retranchés dans leurs camps, notamment à la bataille de la Washita. Custer affirme avoir tué 103 guerriers mais il s'agit surtout de vieillards, de femmes et d'enfants.. Selon les Cheyennes, 11 chefs de guerre ont été tuésListe des chefs de guerre tués, donnée à l'interprète Richard Curtis : Buffalo Tongue ; Tall White Man ; Tall Owl ; Poor Black Elk ; Big Horse ; White Beaver ; Bear Tail ; Running Water ; Wolf Ear ; The Man That Hears the Wolf ; Medicine Walker ; Black Kettle ; Little Rock. .. Les troupes américaines font prisonniers 53 femmes et enfants. Cet engagement est considéré comme un des premiers succès significatifs de l'armée américaine contre les Indiens des Plaines du Sud. Puis il est chargé de 1871 à 1873 de traquer les carpetbaggers et le Ku Klux Klan dans les terres hostiles du Kentucky.. Parallèlement, il essaie, sans succès, d'investir en bourse (parts dans des mines d'argent non rentables, actions à risque)..
L'expédition le long de la rivière Yellowstone
En 1873, il est envoyé dans le territoire du Dakota pour protéger une ligne de chemins de fer contre les Sioux, la future Northern Pacific Railroad qui reliera le lac Supérieur à l'océan Pacifique. Le , le chemin de fer atteint la petite ville nouvelle de Bismarck, encore en projet et à peine habitée. George A. Custer y est accueilli par son ami Clement A. Lounsberry, un colonel de l'armée américaine pendant la guerre de SécessionBiographie et éclairages sur le colonel Lounsberry devenu journaliste, qui fait paraître, pour la première fois, le le Bismarck Tribune. Custer lance alors à l'été 1873 l'expédition de la rivière Yellowstone, le long d'un autre affluent du Missouri, dans le Montana. Il s'agit d'étudier la faisabilité d'un futur parcours ferroviaire, sur , le long de la rivière. Les ingénieurs chargés d'étudier le tracé sont protégés par , qui se heurtent aux Sioux. Custer est accompagné du général Tom Lafayette Rosser, son ex-camarade de chambrée à West Point, tandis que le chef de l'expédition est le général David Sloane Stanley, un alcoolique qui déteste Custer.. Sans scrupule, Custer et sa troupe n'hésitent pas à profaner un cimetière amérindien..
Le , Custer et le de cavalerie rencontrent les Sioux pour la première fois. Deux assauts amérindiens sont brisés.. Mais de nouveaux affrontements ont lieu les et . Ces escarmouches réduisent la confiance de Wall Street dans la compagnie des chemins de fer Northern Pacific Railway, qui rate dès septembre le placement d'une émission obligataire, provoquant la quasi-faillite, le , de son principal actionnaire et créancier, Jay Cooke. C'est la Panique du 18 septembre 1873, obligeant Wall Street à fermer ses portes pendant dix jours. En , Custer et son régiment établissent leurs quartiers dans le Fort Abraham Lincoln..
L'expédition dans les Black Hills
thumbnail|left|Chasse au grizzly avec son ami et éclaireur indien Bloody Knife, 1874. En 1874, Custer est à la tête des participant à l'expédition des Black Hills, alors territoire indien, afin d'étudier la possibilité d'installer un fort derrière les collines. De l'or est trouvé, conformément aux rumeurs qui attestaient de la présence du métal jaune depuis des années, ce qui provoque la ruée vers l'or dans les Black Hills. Des prospecteurs s'y installent au mépris du traité de Fort Laramie (1868). Le , Custer, que les Indiens avaient surnommé « Pahuska » (Cheveux longs), s'enfonça profondément dans les Black Hills à la tête du de cavalerie, atteignant la région de Paha Sapa, lieu sacré jamais foulé par l'Homme blanc. Il trace ainsi une route sur le passage de ses troupes, que les Amérindiens surnommeront « La piste des voleurs », car elle sera par la suite empruntée par tous les colons et chercheurs d'or qui traverseront par la suite les Black Hills. thumbnail|Pique-nique avec des officiers du de cavalerie, 1875. Il a emmené avec lui une dizaine de journalistes. Le premier journal à sortir le scoop de la découverte de l'or est celui de son ami, le Bismarck Tribune. Custer écrivit dans le même temps, sous le pseudonyme de Nomad, des articles dans les journaux, qui sont réunis dans un livre, Ma vie dans les Plaines qui devint un best-sellerMy Life on the Plains, général Custer.
Au printemps 1876, il risque d'être radié de l'armée pour avoir critiqué devant une Commission officielle la politique des réserves indiennes du gouvernement des États-Unis.
En 1876, on lui confie une autre mission qui conduit le à la bataille de Little Bighorn où il meurt au combat.
La bataille de Little Bighorn
vignette|droite|Champ de bataille de Little Bighorn : la stèle marquée de noir indique où est tombé Custer.