La Berrichonne de Châteauroux est un club de football français fondé en 1935 et situé à Châteauroux.
L'entité actuelle est issue de la fusion des principaux clubs castelroussins pendant l'entre-deux-guerres. La dernière a lieu en 1935, entre l'Association sportive de Châteauroux, alors double champion du Centre, et le Berrichonne Avenir Club, alors que les deux clubs évoluaient au même niveau. Le nom Berrichonne, issu de la province historique du Berry, trouve son origine dans La Berrichonne, club omnisports fondé en 1883 ayant ouvert une section de football en 1916, qui fusionna en 1920 avec l'Avenir Club de Châteauroux pour former le Berrichonne Avenir Club.
Le football castelroussin émerge des championnats régionaux dans les années 1950. Au cours de son histoire, le club effectue l'essentiel de ses saisons de l'après-Seconde Guerre mondiale aux deuxième et troisième échelons du football français, participant notamment à 41 saisons de Division 2. Le club n'a cependant atteint la première division qu'une fois lors de la saison 1997-1998. Avant la suppression de la rupture amateur-professionnel en 1970, La Berrichonne est un club majeur de la Ligue du Centre, participant régulièrement à la Division nationale du championnat de France amateur, atteignant la finale en 1964. En 1970, La Berrichonne participe au premier championnat de « open » mêlant amateurs et professionnels et s'y maintient jusqu'en 1985. Remonté en D2 en 1991, le club remporte le titre de deuxième division en 1997 et auparavant celui de National 1 en 1994 après une année en D3. La Berri atteint la finale de la Coupe de France 2004 mais s'incline face au Paris Saint-Germain (1-0).
Le club dispute ses matchs à domicile au stade Gaston-Petit où il évolue en bleu et rouge. Il dispose depuis d'un centre de formation. Le club remonte en championnat de France de deuxième division lors de la saison 2017-2018 après avoir terminé premier de National lors de la saison saison 2016-2017. Après quatre saisons à ce niveau, le club retrouve en 2021 le championnat de National 1. Depuis , la Berrichonne de Châteauroux est la propriété de Stratton Oakmont Sports..
À l'issue de la saison 2024-2025, le club est relégué en National 2, une première depuis 1988. Néanmoins, en raison de la décision de rétrogradation administrative du club de Martigues par la DNCG, la Berrichonne est repêchée en championnat de National 1 pour la saison 2025-2026.
Classé de nouveau et premier relégable, le club est finalement relégué au 4eme échelon national à l'issue de la saison 2025-2026.
Histoire Genèse du club (1883-1918) discours lors de la première assemblée générale de La Berrichonne en 1883. Au début du , Cyprien Maze, enseignant de gymnastique, Armand Pautrot, fonctionnaire, et Léon Talichet se passionnent pour un jeu de ballon, issu de la Soule, importé en Angleterre par les marins bretons puis revenus en France, codifié par les Anglais, sous le nom de football association. Ce jeu atteint rapidement la capitale, puis Châteauroux, où il est adopté par les lycéens.
À son origine, la société sportive et patriotique La Berrichonne est fondée par des professeurs du lycée de la ville et des notables castelroussins. Fondé en , son premier président est Leune, professeur de philosophie, avec à ses côtés messieurs Maze et Talichet. Pour eux, le sport et l'éducation physique sous toutes ses formes sont facteurs de santé et de bon équilibre psychique.
La Berrichonne est l'un des plus vieux club omnisports français et la première société sportive créée à Châteauroux. À sa création, c'est une société omnisports comprenant des sections d'instruction gymnique et militaire. Le , la société prend officiellement le nom de « La Berrichonne » avec comme devise « Pour la patrie ». Gymnastique, boxe française, escrime, tir et préparation militaire sont les activités principales de la société au cours des premières années..
Pratiqué dès 1891 au lycée, La Berrichonne s'initie au football sur son propre terrain aux installations rudimentaires. Celui-ci est remplacé par le Parc des Sports, premier stade de Châteauroux.
La première équipe est constituée des joueurs du Football Club du Lycée de Châteauroux (FCLC) et voit le jour à la veille de la Première Guerre mondiale, en 1913. La Berrichonne, avec l'appoint des militaires basés sur place, crée son équipe en sous l'impulsion d'Armand Pautrot.. Pour distinguer les footballeurs des gymnastes, athlètes et tireurs à la tenue blanche et bleue, ces premières équipes revêtent des maillots blancs à bandes verticales rouges. Plusieurs dizaines de jeunes évoluent alors sous les couleurs de La Berri, heureux de pratiquer un sport connaissant un grand succès dans les cours de récréation des lycées. Pendant le conflit, les soldats français, anglais et américains participent à des rencontres sportives où le drapeau américain voisine avec celui de La Berrichonne sur la pelouse du Parc des Sports.
Fusion des clubs castelroussins (1918-1935)
À Châteauroux, trois clubs essaient d'attirer les jeunes sportifs sous leurs couleurs. , lAvenir Club, . LAS Châteauroux, au maillot blanc et violet, domine le football local à partir de 1920.. L'ASC, qui joue aussi au Parc des sports, attire de plus en plus de joueurs. Toutefois, les deux clubs réalisent rapidement que la rivalité entre eux est préjudiciable dans le domaine du recrutement. La municipalité encourage alors une fusion pour mieux représenter la ville dans le championnat régional. En 1931, l'AS Châteauroux remporte une dernière fois le championnat du Centre, avant la fusion quatre ans plus tard. Victor Hélin assure la présidence de ce nouveau club. Les deux clubs évoluaient ensemble dans le District Berry de la Ligue du Centre. Par cette association, la nouvelle structure récupère le stade de la rue Henri Dunant. Maurice Duquesne, secrétaire général de l'AS Châteauroux, est l'un des promoteurs de la fusion entre les deux clubs et devient vice-président et directeur sportif de La Berrichonne.
Émergence régionale (1935-1945)
Les joueurs revêtent des maillots bleus et rouges et remportent la Coupe de l'Indre en 1937. Après s'être dotée pour la première fois en 1938 d'un entraîneur, Roder, La Berrichonne aborde dans des conditions difficiles la période de la Seconde Guerre mondiale et l'occupation. Se trouvant en zone libre, La Berri ne peut plus rencontrer ses anciens adversaires de la Ligue du Centre, tous en zone occupée. Rattachée à la Ligue Auvergne-Limousin, elle doit attendre la fin du conflit pour retrouver Orléans, Tours, Poitiers, Blois, Châteaudun, Chartres.
Certains joueurs se distinguent tels que Roger Mindonnet, sélectionné plus tard en équipe de France. En 1943, l'ex-gardien du RC Paris, Roger Cabanis, rejoint la Berrichonne comme entraîneur-joueur. L'année suivante, l'équipe, composée de joueurs comme Mindonnet mais aussi Torta et Devillière sans oublier Cabanis, enlève une nouvelle fois la Coupe du département.
Entre CFA et Division d'Honneur (1945-1970) redresse|vignette|gauche|Gérard Wozniok, joueur-entraîneur après la Seconde Guerre mondiale.|alt=Photo de Gérard Wozniok en sepia de trois-quart.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et du départ de l’entraîneur Roger Cabanis en 1946, La Berrichonne fait appel à Gérard Wozniok, qui rejoint le club en tant qu'entraîneur-joueur. Âgé de 34 ans, il renforce l'équipe avec pour but de faire accéder le club au championnat de France amateur (CFA). Tout en remportant la Coupe du Centre en 1949 et en 1950, Châteauroux est promu en CFA lors de la seconde année sous la houlette de Wozniok après un doublé régional Coupe-Championnat.. Lors de la saison 1951-1952, La Berrichonne termine troisième du groupe Ouest du CFA et Wozniok gagne le surnom de « Sorcier Berrichon ».
Au terme de la saison, le contrat de Wozniok n'est pas renouvelé. Les entraîneurs se succèdent alors. Lors de la saison 1952-1953, Charles Carville, Ambroise Torta et le Tchèque Antonin Tichy se succèdent à la tête de l'équipe, qui termine huitième du groupe Centre. Pour l'exercice suivant, Joseph Rabstejnek mène le groupe berrichon à la dixième place de la poule Sud-Ouest. Vient ensuite François Maestroni qui s’occupe de toutes les équipes du club jusqu'en 1958 et la relégation de l'équipe première en DH Centre, après trois saisons en milieu de tableau.
Sélectionné une fois en équipe de France et multiple vainqueur de la Coupe de France, Albert Dubreucq prend la suite de Maestroni. Au bout de trois ans, en 1961, La Berri retrouve le CFA. Maurice Lafont, troisième du Mondial 1958 avec la France, devient entraîneur-joueur et reste deux saisons dans l’Indre. Sous sa direction, l'équipe termine dixième, puis cinquième de son groupe.. Lors de la saison 1963-1964, l'équipe de l'entraîneur Henri Burda remporte le groupe Ouest de CFA et se qualifie ainsi pour la phase finale. Le club va jusqu'en finale mais s'incline contre l'équipe réserve de l'AS Monaco, devenant toutefois vice-champion de France amateur. En 1965, un nouveau stade municipal est construit. La maladie emporte Burda en octobre de la même année et Léon Deladerrière, ancien ailier gauche de la sélection française, prend alors la gestion du groupe. Les rouge et bleu terminent en tête du groupe Centre de CFA, mais n’atteignent pas ensuite la finale comme deux ans auparavant. Deladerrière s'en va au terme de la saison suivante : après une troisième place en championnat, il est remplacé par Robert Vicot. En 1970, après deux sixièmes places, l'entraîneur-joueur et son club terminent sur la seconde marche du podium du groupe Ouest. À la suite de la réforme des compétitions en fin de saison, les trois premiers de chaque groupe de CFA sont promus en Division 2 désormais « open », c'est-à-dire ouvert aux clubs professionnels et amateurs. La Berrichonne de Châteauroux accède ainsi pour la première fois de son histoire à la deuxième division.
Premier passage en Division 2 puis traversée du désert (1970-1988)
André Strappe, une des grandes vedettes du football français de l’après-guerre, vient terminer sa carrière d'entraîneur à Châteauroux. En Division 2, il rechausse les crampons de temps à autre (10 matchs et 2 buts) pour dépanner une équipe qui termine dixième pour sa première saison dans l'antichambre de l'élite français..
Pour la seconde saison en D2, le président Claude Jamet rappelle Gérard Wozniok à La Berrichonne. Formé par Wozniok et joueur en équipe première dès l'âge de 18 ans, Jamet le réintègre dans le staff. L'entraîneur fait appel au jeune Denis Mérigot, 17 ans, futur joueur important du club, qui pour ses débuts marque les deux buts de la victoire contre l'ES La Rochelle. Wozniok lance également le jeune Christian Verrier, autre futur joueur important de La Berrichonne. À la fin de la saison, Wozniok prolonge son contrat d'un an et recrute en Pologne. Son premier choix se porte sur Antoni Nieroba, vingt fois international polonais, suivi d'Antoni Piechniczek (dix sélections). Malgré quelques jolis succès, l'équipe fanion connaît une crise morale et Wozniok passe le relais à Lucien Troupel après une seizième place en 1972-1973, avant de s'occuper de l'école de football. Troupel apporte son expérience en tant qu'entraîneur mais La Berrichonne a pendant sept saisons consécutives des résultats en milieu de tableau (entre huitième et dixième, outre une treizième place lors du premier exercice et une quatorzième pour le dernier).
redresse|vignette|droite|Hervé Revelli, grand buteur français ici en 1968, vient terminer sa carrière à la Berrichonne et entraîner l'équipe en même temps.|alt=Photo noir et blanc de face d'Hervé Revelli accroupi en tenue de footballeur.