Les territoires palestiniens occupés sont les territoires délimités par la ligne d'armistice de 1949 (ligne verte), dévolus théoriquement à la constitution d'un État palestinien, et actuellement occupés illégalement et colonisés par Israël. Ils sont constitués de la Cisjordanie, incluant Jérusalem-Est, et de la bande de Gaza.

Au cours du , la région historique de Palestine a connu plusieurs occupations. Sous la domination de l'Empire ottoman de 1517 jusqu'en , elle est ensuite placée sous mandat britannique jusqu'au . Puis, alors que le plan de partage de la Palestine historique prévoyait de séparer la région en trois entités : une zone internationale (Jérusalem), un État juif et un État arabe, la guerre israélo-arabe de 1948-1949 empêche son aboutissement pour les Palestiniens. Israël conquiert alors une partie du futur État arabe ainsi que Jérusalem-Ouest, la Jordanie occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, et l’Égypte, la bande de Gaza. Après la guerre des Six Jours, en 1967, tous ces territoires sont occupés puis administrés par Israël, qui commence à y implanter des colonies de peuplement. En 1993, à la suite des accords d'Oslo, certains des territoires occupés sont placés sous administration partielle de l'Autorité palestinienne (la Zone A et une partie de la Zone B), puis, en 2005, la bande de Gaza, à la suite du retrait israélien. L'Autorité palestinienne revendique les territoires occupés pour devenir l'État de Palestine« Territoires palestiniens occupés », medea.be..

L’Organisation des Nations unies (ONU) emploie la dénomination de dans la résolution 242 du . À partir des années 1970, l'ONU parle de . Dans sa résolution 58/292 du , l'Assemblée générale des Nations unies avalise la notion de ..

De son côté, le gouvernement israélien considère Jérusalem-Est comme annexée et partie indissociable de sa capitale, Jérusalem. Quant aux autres territoires, il les considère comme étant des au statut qui reste non défini. Le , le gouverneur militaire israélien qui gère ces territoires décide qu'à l'avenir les services de l'État d'Israël ne devront plus employer les termes de ni de , mais les expressions et . Cependant, la plupart des Israéliens les appellent (en , ha-chtakhim). Depuis 2010, à la suite de la Seconde Intifada et de la non-reprise des négociations de paix, une minorité active en Israël demande l'annexion immédiate de la Zone C définie par les accords d'Oslo. Le , le Parlement israélien adopte une motion appelant à annexer l'ensemble de la Cisjordanie, pour contrer la création d'un État palestinien.

En 2023, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme a constaté que vivaient illégalement en Cisjordanie occupée. Les experts, à l’instar du Conseil de sécurité des Nations unies, affirment que l'expansion des colonies israéliennes sur les terres palestiniennes constitue un obstacle majeur à une solution à deux États. Chaque année, une partie des territoires occupés est annexée par l’État israélien. Celui-ci est régulièrement accusé de soumettre le peuple palestinien a un régime d'apartheid.

Histoire

Genèse des territoires palestiniens (1947-1967)

Partage de la Palestine mandataire en 1947 et guerre civile de 1947-1948 Le plan de partage de la Palestine, voté par la du lors de l’Assemblée générale de l’ONU, recommandait que le Mandat britannique sur la Palestine, constitué en vue d'établir un Foyer National Juif, soit partagé entre Juifs et Arabes pour fonder un État juif et un État arabe. Les Palestiniens juifs - qui sont lors du vote environ (30 % de la totalité des habitants de la Palestine sous mandat), devaient obtenir 54 % du territoire de la Palestine mandataire dont une grande partie constituée du désert du Neguev, tandis que les Palestiniens arabes, qui étaient alors plus d'un million d'habitants (70 % de la population totale de la Palestine d'alors), en recevaient 44 %. Jérusalem et ses environs (2% du territoire) devaient devenir « corpus separatum », soit un territoire placé sous autorité internationale de l'ONU.

Si la résolution 181 est accueillie avec ferveur par la plus grande partie des Palestiniens juifs ; elle est rejetée par les Palestiniens arabes et par les pays arabes qui s'estiment lésés. S'installe alors un état de guerre civile entre Palestiniens arabes et Palestiniens juifs entre le début de jusqu'au début de .

Proclamation de l'État d'Israël et guerre israélo-arabe de 1948-1949 vignette|redresse|La Palestine en 1949. En vert foncé, les territoires conquis par Israël sur le projet d'État d'arabe. À la suite de la proclamation de l'État d'Israël le à Tel Aviv, par David Ben Gourion (en tant que président du Yichouv), la première guerre israélo-arabe débute le lendemain entre Israël et les puissances arabes.

Le royaume hachémite de Transjordanie, État devenu indépendant le et qui est la transformation de l'ancien Émirat de Transjordanie (lui-même créé par les autorités britanniques le sur la Palestine à l'est du Jourdain), conquiert le secteur Est de Jérusalem (dès la fin du mois de ) puis une partie des anciennes provinces de Judée et Samarie (conquises entre juin et ). Ces trois territoires forment l'actuelle Cisjordanie. En , le roi de Transjordanie rebaptise son royaume en Jordanie. Il s'était fait également proclamer « roi de Palestine » à Jéricho le . À la même période (mai à ), l’Égypte conquiert, avec son armée, la bande de Gaza.

De son côté, Israël arrive à conquérir environ 23 % supplémentaires du territoire de l'ancienne Palestine, qui s'ajoutent au 55 % dévolu par le plan de partage, ce qui représente un total de 78 %.

À la suite des accords d’armistice de 1949, une ligne de cessez-le-feu (ligne verte) est établie autour de ces territoires le entre l'Égypte et Israël concernant la zone de Gaza, puis le entre Israël et la Jordanie, pour Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Les pays membres de l'ONU reconnurent Israël dans les territoires délimités par ces lignes de cessez-le-feu, ce qui ne fut le cas de la part d’aucun pays arabe ou à majorité musulmane, à l'exception de la Turquie.

Gestion jordanienne et égyptienne entre 1948 et 1967 Après avoir été conquises entre juin et par les forces armées jordaniennes, la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont officiellement annexées par la Jordanie en 1950, mais seuls le Royaume-Uni et l'Irak reconnaissent de jure cette annexion (à l’exception de Jérusalem-Est). Du côté palestinien, l’annexion jordanienne est bien accueillie par une grande partie de la population palestinienne, favorable au premier roi du jeune État jordanien, Abdallah Ier. Les habitants de Cisjordanie reçoivent alors la nationalité jordanienne, à compter d'une loi du ..

Au sein de la bande de Gaza, l’Égypte exerce son autorité et l’administration civile et militaire du territoire.

Conquête et occupation par Israël (depuis 1967) vignette|redresse|Territoires occupés par Israël après la guerre des Six Jours de 1967 : Sinaï, détroit de Tiran, bande de Gaza, Cisjordanie, Jérusalem-Est, et Golan.

Guerre des Six Jours et guerre de Quatre Ans En 1967, à la suite de la guerre des Six Jours, Israël prend (en plus du Golan syrien et du Sinaï égyptien) le contrôle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, après sa victoire militaire sur les troupes jordaniennes et irakiennes d'une part, et égyptiennes et palestiniennes d'autre partL’Égypte a formé plusieurs bataillons de soldats palestiniens dans la bande de Gaza..

Le , Israël attaque d'abord l'Égypte et prend rapidement le contrôle du ciel. La bande de Gaza et la péninsule du Sinaï sont envahies. La Jordanie s'engage à son tour dans le conflit avec l'aide de forces irakiennes stationnées en Jordanie. Toutefois, Israël prend le contrôle de Jérusalem-Est le dans la matinée et de la Cisjordanie le au soir, mettant fin au statut dû à l'annexion jordanienne depuis 1950. Commencent alors la conquête et la gestion des territoires palestiniens occupés par les forces armées israéliennes.

La résistance palestinienne à Gaza entame la guerre de Quatre Ans en opposition à l’occupationJean-Pierre Filiu, Histoire de Gaza, Paris : Fayard, 2024, collection « Pluriel », , 187-214..

Première condamnation de l'occupation israélienne

Israël fait l'objet de résolutions demandant son retrait des territoires occupés depuis la votée le du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci, conçue par l'ONU comme un règlement juste, viable et complet du conflit israélo-arabe, exige, dans sa version anglaise, le (evacuation from occupied territories), alors que, dans les autres langues officielles de l'ONU (français, espagnol, arabe, russe et chinois), il est exigé un (donc, un retrait total, alors que la version anglaise permet un retrait seulement partiel).

Droit à l'auto-détermination pour les Palestiniens Dans une guerre menée pour récupérer leurs territoires perdus depuis , l'Égypte et la Syrie attaquent Israël le jour du Yom Kippour de 1973 (guerre du Kippour, qui durera du 6 au ) mais des accords de paix sont signés en 1979 avec l'Égypte qui récupère le Sinaï puis avec la Jordanie en 1994. L'Assemblée générale des Nations unies vote, elle, en faveur d'une reconnaissance diplomatique de l'application du principe d'auto-détermination pour les Palestiniens, sans en préciser les conditions. Israël qui initialement considérait la Jordanie comme l'État des Palestiniens arabes, reconnait par la suite une autorité palestinienne en Cisjordanie.

Annexion israélienne de Jérusalem-Est en 1980 En 1980, Israël annexe unilatéralement Jérusalem-Est et des territoires limitrophes, afin d'en faire sa capitale « éternelle et indivisible ». Pour gérer cette nouvelle zone, est créé par l’État juif un nouveau ministère intitulé « ministère de Jérusalem et de la tradition ». Le territoire nouveau de Jérusalem, nouvelle capitale de l’État juif, se trouve augmenté de pris sur la Cisjordanie. Auparavant, Jérusalem-Ouest, sous contrôle israélien de 1948 à 1967, avait une superficie de , et Jérusalem-Est, sous contrôle jordanien pour la même période, avait une superficie nettement moindre, soit .

Toutefois, cette annexion et cette extension de Jérusalem comme des autres territoires conquis puis administrés par l’État juif ne sont pas reconnues par la communauté internationale.

Colonisation israélienne dans les territoires occupés

vignette|À droite, la colonie israélienne de ; à gauche, le camp de réfugiés de Shu'fat, bordé du mur de séparation israélien. Israël favorise les Israéliens à s'implanter volontairement dans les territoires occupés, surtout en Cisjordanie où la colonisation bénéficie d'un soutien actif de l’État. La souveraineté sur les territoires conquis par les Israéliens, le démantèlement des colonies et le transfert de la population juive israélienne en dehors de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est sont des points de contestation, revendiqués par l'Autorité palestinienne lors de négociations avec l'État d'Israël.

Selon l'ONU, les constructions faites par les Israéliens n'ont aucune validité en droit et la IV convention de Genève doit être respectée (résolution 465 de 1980).. L'universitaire américain et pro-israélien Eugene V. Rostow soutient quant à lui que les droits des Juifs à s'établir dans l'ensemble du territoire de la Palestine mandataire sont protégés par l'article 80 de la Charte des Nations unies..