Courtrai (Kortrijk en néerlandais) est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d'arrondissement en province de Flandre-Occidentale.

La ville de Courtrai est située à une trentaine de kilomètres au nord-est de Lille en France, elle est traversée par la Lys. La ville compte https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK. Elle occupe un espace de .

Courtrai et Lille font partie d’un eurodistrict : l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai (depuis ) avec environ .. C’est le premier GECT (Groupement européen de coopération territoriale) d’Europe. Avec les villes de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, elle participe aussi à un ensemble métropolitain de près de d'habitants, appelé « aire métropolitaine de Lille ».

Ville de garnison, Courtrai a connu une histoire mouvementée du Moyen Âge à la Révolution française. La bataille des éperons d’or eut lieu à l’extérieur de ses murs le .

Cité marchande depuis ses origines, manufacturière depuis le , la révolution industrielle en fera une grande capitale industrielle principalement autour des industries textiles et mécaniques. À partir des années 1990, la reconversion vers le secteur tertiaire et la réhabilitation des quartiers sinistrés ont donné un autre visage à la ville.

Toponymie Le nom de la ville est attesté sous la forme latinisée Cortoriacenses vers 400, dans une copie du , puis Corturiacensis au . Ensuite, on trouve régulièrement Curtriaco jusque fin , puis Curtraco au -..

Courtrais en ancien français, Cortryck et Cortrijcke en ancien flamand.

La forme Cortoriacensis est un dérivé avec le suffixe latin -ensis indiquant l'origine, la provenance, à partir du radical Cortoriac-. Il semble issu du celtique *Kortoriako(n), nom primitif de la localité. Il est basé sur le suffixe celtique localisant *-ako(n), précédé d'un élément celtique indéterminé. Il peut être issu directement d'un type toponymique celto-roman *CURTORIACU, constitué du même suffixe au sens étendu de « propriété » et précédé du nom de personne latin (porté par un autochtone) Curtorius, cité par Albert Dauzat et Charles Rostaing à propos de Courtry.. Même sorte de rapport étymologique qu'entre les types toponymiques Tournai et Tourny, etc.

Héraldique

Géographie Situation

Courtrai est située dans l'Ouest de la Belgique, dans le Sud de la province de Flandre-Occidentale et à proximité de la France, à une trentaine de kilomètres de la métropole lilloise.

Elle s'est établie dans la vallée de la Lys dont plusieurs bras parcourent la ville. Naviguée depuis l'époque gallo-romaine, la rivière traverse la ville du sud-ouest au nord-est et forme l'île « Buda » en centre-ville.

Courtrai est à la croisée de grands itinéraires européens, routiers, mais aussi ferroviaires ou maritimes, Est-Ouest entre l'Allemagne, la Belgique, la France et le Royaume-Uni, Nord-Sud entre les Pays-Bas, la Belgique, la France et l'Espagne.

Par la route, Courtrai est distante de de Bruxelles, de de Lille, de de Gand, de de Paris, de d'Ostende, de d'Anvers, de d'Amsterdam, de de Luxembourg, de de Cologne et de de Bonn.

Sections de la commune

vignette|gauche|redresse|Les sections de Courtrai.

# Section Superf.(km). Habitants(2020) Habitantspar km Code INS 1 Courtrai (I) 22,57 44.590 1.976 34022A 2 Heule (II) 11,80 12.588 1.067 34022B 3 Bissegem (III) 3,39 5.510 1.624 34022C 4 Marke (IV) 8,27 7.633 923 34022D 5 Aalbeke (V) 7,22 2.901 402 34022E 6 Rollegem (VI) 8,59 2.847 331 34022F 7 Bellegem (VII) 14,03 3.863 275 34022G 8 Kooigem (VIII) 4,83 813 168 34022H

Hydrographie La Lys est une rivière au débit faible perdue dans une large vallée. Très fortement anthropisée dès le Moyen Âge, les multiples états de ses canalisations et aménagements, dans un contexte de relief très peu marqué, rendent difficile la perception de son tracé originel.

La ville ancienne était traversée par de nombreux canaux, pour certains issus du cours originel des petites rivières qui convergeaient vers la Lys, pour d'autres issus des fossés des enceintes successives ou creusés pour des besoins spécifiques. Soumis à un fort envasement et considérés comme des agents infectieux, la plupart ont été comblés ou transformés en égouts et recouverts au cours du .

vignette|gauche|Le nouveau pont Groeninghe.

À partir des années 1990, des grands travaux sont en cours de réalisation afin de réaliser une liaison fluviale internationale entre la Seine et l’Escaut. Afin de permettre le passage de porte-conteneurs en centre-ville de Courtrai, les ponts dans le trajet doivent être adaptés. En les rehaussant, on obtient une hauteur libre de : les bateaux peuvent dès lors embarquer trois étages de conteneurs. La navigation intérieure est aussi très adaptée au transport de grandes pièces non démontables et une hauteur de passage libre de a un avantage en plus. De surcroît, la largeur sous les ponts est minimale pour les bateaux de classe Vb.

Sept ponts en centre-ville de Courtrai doivent être démolis et de nouveaux ponts doivent être construits, à savoir le « Groeningebrug », le « Collegebrug », le « Dambrug », le « Budabrug », le « Reepbrug », le « Noordbrug » et le « Ronde van Vlaanderenbrug ». Afin de conserver le caractère récréatif des rives de la Lys, le chemin de halage n’est pas interrompu sous les ponts.

Pour un passage aisé des bateaux, quatre types de travaux d’aménagement et d’infrastructure ont été prévus sur toute la longueur du trajet : adaptation de la voie navigable ; adaptation des ponts ; construction de nouvelles écluses ; construction de zones de passage.

La liaison internationale de navigation intérieure est reprise dans le Réseau transeuropéen de transports (RTE-T). La liaison fluviale Seine-Escaut est incluse entre les trente projets prioritaires.

Climat On rencontre à Courtrai les principaux traits des climats tempérés océaniques : les amplitudes thermiques saisonnières sont faibles, les précipitations ne sont négligeables en aucune saison. Les hivers y sont doux et les étés frais.

Mois J F M A M J J A S O N DTempératures maximales (°C) 5 6 10 13 18 20 22 23 19 15 9 6Températures minimales (°C) 1 2 4 5 9 12 14 14 11 8 5 3Températures moyennes (°C) 3.0 4.0 7.0 9.0 13.5 16.0 18.0 18.5 15.0 11.5 7.0 4.5Précipitations (hauteur moyenne en mm) 49.1 38.0 36.1 33.7 33.3 59.2 56.4 53.4 52.8 48.8 55.4 53.4Source : MSN Weather..

Démographie

Évolution démographique avant la fusion de 1977

Sources : INS, Rem. : 1806 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre..

Évolution démographique de la commune fusionnée

Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque .

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,8199499,8199599,5199699,4199799,0199898,7199998,3200097,9200197,6200297,6200397,3200496,9200596,4200696,4200796,6200896,9200997,2201098,1201198,0201298,5201398,3201498,4201598,5201698,8201799,2201899,82019100,52020100,92021101,12022101,82023103,42024104,82025105,72026106,7

Histoire Origines Le vicus gallo-romain de Cortoriacum se trouvait sur la route romaine Cologne – Maastricht – Cassel – Boulogne-sur-Mer et celle qui unissait Tournai et Oudenburg. Depuis le haut Moyen Âge, la Lys a été utilisée comme voie navigable. Courtrai s'est développée sur ses rives pour devenir un centre commercial important. Au cours du , Baudouin II le Chauve, comte de Flandre, fortifia l'endroit contre les Normands. La liaison qui existait à l'origine entre la ville et Tournai fut rompue en 1071 et Courtrai devint capitale d'une châtellenie.

En avril 1190, Philippe d'Alsace confirma les privilèges de la ville à laquelle il accorda le droit de s'administrer elle-même, si bien que les serfs purent s'établir dans la ville en tant que citoyens libres (poorters).

vignette|gauche|Le deuxième château de Courtrai. Au cours du , Ferrand du Portugal se heurta aux villes de Flandre quand le roi de France Philippe Auguste voulut le faire comte de Flandre. Ferrand se retrancha dans Courtrai et la ville fut pillée par les troupes de Gavere et d'Audenarde. Les deux parties se réconcilièrent, mais Philippe Auguste n'accepta pas l'accord. Son fils Louis (le futur Louis VIII) envahit Courtrai à partir de Lille et laissa la ville en ruines. Les comtes de Flandre la firent reconstruire.

Au cours du Courtrai devint une ville drapière prospère. La qualité était moindre que celle des villes flamandes plus importantes et on parlait de petite draperie. Au cours du , on fabriqua de la toile avec du lin cultivé sur place, ce qui était plus intéressant.

Moyen Âge vignette|L'Hôtel de ville de Courtrai Les conflits entre le roi de France et la Flandre firent stagner l'économie de la ville. À l’occasion de la bataille des éperons d’or le , elle fut occupée par les troupes françaises qui bâtirent au-dessus d'elle, pour la surveiller, une citadelle dont les restes sont encore visibles.

Le , l'armée féodale du roi Philippe le Bel rencontre les milices communales de Flandre aux abords de la forteresse de Courtrai. Cette bataille survient quelques semaines après les matines de Bruges, une journée qui vit le massacre de la garnison française de la ville. Les combattants flamands massacrent les chevaliers à terre. Les troupes victorieuses ramènent comme trophées les éperons d'or de tous les chevaliers tombés dans la bataille. Ces trophées orneront l'église Notre-Dame de Courtrai.

Les Flamands considèrent souvent cette victoire comme le début de leur indépendance. Cette bataille est immortalisée par le peintre Nicaise de Keyser (Bataille des Éperons d'Or, 1836). On trouve aussi des détails de cette bataille sur les panneaux en bois d'une malle : la malle de Courtrai.

Le souvenir de cette bataille, romancé notamment par Henri Conscience dans son roman Le Lion de Flandre de 1838, est resté présent en Flandre jusqu'à nos jours. Cet événement a acquis une valeur symbolique puisque le jour de la bataille () a été choisi comme date de la fête annuelle de la communauté flamande en Belgique.

80 ans après la bataille des éperons d'or, le , dans la foulée de la bataille de Roosebeke, victoire des armées franco-bourguignonnes contre les Flamands révoltés de Philippe van Artevelde, le roi Charles VI tint à montrer sa détermination d'en finir avec les soulèvements flamands. Il décida de détruire la ville de Courtrai devenue le symbole de l'esprit d'indépendance des Flandres. Charles VI, âgé de 14 ans, resta insensible aux supplications de Louis de Male, seigneur de la ville et beau-père du duc de Bourgogne Philippe le Hardi. La population fut soumise aux traitements les plus rigoureux et la ville livrée aux flammes. Le duc de Bourgogne décrocha des voûtes de la cathédrale les éperons d'or des chevaliers massacrés par les communiers flamands en 1302 et prit sa part du butin en transférant dans sa bonne ville de Dijon une magnifique horloge, le jacquemart, que l'on peut encore voir aujourd'hui sur une tour de l'église Notre-Dame de Dijon ainsi qu'une splendide tapisserie.

Époque moderne Alors qu'elle fait partie des Pays-Bas espagnols, la ville est conquise par la France, en juillet 1667, au cours de la guerre de Dévolution, et est annexée en mai 1668 par le traité d’Aix-la-Chapelle, qui y met fin. Cependant, elle ne demeure pas longtemps possession française, puisque dès septembre 1678, l’un des traités de Nimègue restitue ce territoire à la couronne espagnole.

À nouveau assiégée en novembre 1683 et prise par Vauban, . pour le compte du roi de France, Louis XIV, dans le cadre de la guerre des Réunions, elle est à nouveau restituée à la couronne espagnole par la trêve de Ratisbonne, en août 1684.

Période française et néerlandaise vignette|droite|Gravure de Adam François van der Meulen