Philip Mountbatten, duc d'Édimbourg, né Philippe de Grèce (en anglais : et en grec moderne : ) le à Corfou en Grèce et mort le à Windsor (Angleterre) au Royaume-Uni, est le prince consort du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth de 1952 à sa mort en tant qu'époux de la reine Élisabeth II.

Prince de Grèce et de Danemark jusqu'à son mariage, il est le cinquième enfant et seul fils du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg, le petit-fils du roi des Hellènes Georges et un cousin germain des rois Georges II et Paul . Il est également un petit-neveu de la dernière tsarine Alexandra Fiodorovna Romanova et de la princesse Irène de Prusse, belle-sœur de l'empereur allemand Guillaume II. Par sa mère Alice de Battenberg, Philip Mountbatten est aussi arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria du Royaume-Uni.

Membre de la maison dano-allemande de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksburg, le prince Philip naît dans la famille royale de Grèce, mais sa famille s'exile alors qu'il a un an et demi. Après des études en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, il rejoint la Royal Navy à l’âge de en 1939. En , il commence à correspondre avec la princesse Élisabeth, la fille aînée et héritière présomptive du roi George VI. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert dans les flottes de Méditerranée et du Pacifique. Après la guerre, Philip obtient la permission de George VI d’épouser Élisabeth. Avant l'annonce officielle des fiançailles, il renonce à ses titres et prédicats royaux grecs et danois, se convertit de la religion orthodoxe grecque à l'anglicanisme et devient sujet naturalisé britannique, adoptant le nom de famille Mountbatten de ses grands-parents maternels britanniques.

Après cinq mois de fiançailles, devenu le lieutenant Philip Mountbatten, il épouse la princesse Élisabeth le . Le jour de son mariage, il reçoit de son beau-père le prédicat d'altesse royale et le titre de duc d'Édimbourg. Philip quitte le service actif, ayant atteint le grade de commander, quand Élisabeth devient reine en 1952. Son épouse le fait prince du Royaume-Uni en 1957 et Lord Grand Amiral en 2011. Philip a quatre enfants avec Élisabeth : Charles, Anne, Andrew et Edward. Depuis un décret en conseil datant de 1960, les descendants de Philip et Élisabeth ne portant pas de titres royaux peuvent utiliser le nom de famille Mountbatten-Windsor. Sportif passionné, Philip aide au développement de l'attelage équestre. Il est le président de plus de et le président du pour les personnes âgées de .

Retiré de la vie publique à partir de 2017, il meurt deux mois avant son centième anniversaire. Il est la personnalité ayant occupé le plus longtemps le rôle de consort du Royaume-Uni, ainsi que le conjoint étant resté le plus longtemps marié à un monarque britannique régnant (plus de ).

Jeunesse Naissance et famille vignette|redresse|gauche|alt=Photographie en noir et blanc d'une femme portant un diadème, entourée de trois petites filles et tenant sur ses genoux un bébé.|Alice de Battenberg entourée de ses quatre filles (1914). Le prince Philippe de Grèce et de Danemark naît le au palais de Mon Repos, sur l'île de Corfou, en Grèce. Il est le seul fils et le cinquième enfant du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg, après ses quatre sœurs aînées les princesses Marguerite, Théodora, Cécile et Sophie. En tant que membre de la maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, elle-même branche de la maison d'Oldenbourg, et en sa qualité de descendant en ligne masculine du roi des Hellènes Georges (son grand-père) et du roi de Danemark Christian IX, il est à la fois prince de Grèce et prince de Danemark, membre des familles royales de Grèce et de Danemark. À sa naissance, il fait partie de l'ordre de succession au trône de ces deux royaumes. Cependant, en 1953, la Loi de succession écarte sa branche familiale de l'ordre successoral danois.

Enfance mouvementée gauche|vignette|Philip âgé de 1 ans, juillet 1922. Trois mois après la naissance de Philip, son grand-père maternel, Louis Mountbatten (né Louis de Battenberg), marquis de Milford Haven, meurt. Louis était un sujet britannique par naturalisation qui, après une carrière dans la Royal Navy, avait renoncé à ses titres allemands et adopté le nom de famille Mountbatten pendant la Première Guerre mondiale, en raison du sentiment anti-allemand au Royaume-Uni. Après s'être rendus à Londres pour les funérailles de ce dernier, Philippe et sa mère retournent en Grèce, où le prince André était resté pour commander une division de l'armée impliquée dans la guerre gréco-turque (1919-1922).

Cependant, la guerre tourne en défaveur de la Grèce et les Turcs obtiennent des gains territoriaux importants. Le , l'oncle de Philippe, le roi Constantin , est contraint d'abdiquer et le nouveau gouvernement militaire arrête le prince André, ainsi que d'autres personnes. Le , le commandant en chef de l'armée hellénique, le général Geórgios Chatzianéstis, et cinq hommes politiques de haut rang sont exécutés. La vie du prince André est alors considérée comme étant en danger, et Alice est placée sous surveillance. En décembre, un tribunal révolutionnaire bannit à vie le prince André de Grèce et le navire de la marine britannique évacue sa famille. Le prince Philippe est mis en sécurité dans un lit de camp constitué d'une caisse d'oranges. La famille de Philippe se rend en France et s'installe, en 1927, rue du Mont-Valérien à Saint-CloudIsabelle Rivère, « Le prince Philip: une enfance à Saint-Cloud », sur pointdevue.fr, 17 juillet 2017., en banlieue parisienne, dans une maison que leur avait prêtée sa riche tante, la princesse Marie Bonaparte.

Éducation en France Jusqu'en 1930, Philip passe son enfance en France, où ses parents sont installés aux côtés de la princesse Marie Bonaparte et de son époux, Georges de Grèce. En 1927, Philip commence sa scolarité à Paris dans une école privée américaine, connue sous le nom de (Les Ormes, avenue Eugénie à Saint-Cloud, dans l'ancienne maison de Jules Verne), où il est élève demi-pensionnaire en raison du train de vie modeste de ses parents. L'établissement, où l'on pratique des sports tels que le baseball ou le football, est dirigé par Donald MacJannet, qui décrit Philip comme . Parmi ses camarades d'école, figurent ses cousins Jacques et Anne de Bourbon-Parme, qui a épousé par la suite Michel . Grâce à ce passage dans l'Hexagone, il parle le reste de sa vie couramment le français..

En 1930, Philip est envoyé au Royaume-Uni à la , une école préparatoire alors située dans le comté de Surrey. Il vit dès lors, tantôt au palais de Kensington auprès de sa grand-mère maternelle, Victoria de Hesse-Darmstadt, tantôt auprès de son oncle et tuteur, George Mountbatten, au Lynden Manor de Bray, dans le Berkshire. En 1930 et 1931, ses quatre sœurs épousent des aristocrates allemands et s'installent en Allemagne, alors que sa mère est internée durant trois ans (de 1930 à 1933) dans deux cliniques successives après avoir été diagnostiquée schizophrène et que son père s'installe dans un petit appartement à Monte-Carlo. Philip a peu de contacts avec sa mère pendant le reste de son enfance.

Adolescence vignette|alt=Photo en couleurs d'un bâtiment flanqué de deux ailes massives de teinte gris clair sous un ciel bleu.|La Gordonstoun School, où Philip est éduqué de 1934 à 1939. En , Philip est envoyé à la Schule Schloss Salem en Allemagne, ce qui présente « l'avantage d'économiser les frais de scolarité » car l'école est la propriété de la famille de son beau-frère, Berthold de Bade. En raison de la montée du nazisme en Allemagne, le fondateur juif de Salem Kurt Hahn fuit la persécution et fonde la Gordonstoun School en Écosse. Après deux trimestres à Salem, Philip s'installe à l'automne 1934 à Gordonstoun, dont le programme éducatif promeut la maîtrise de soi et l'exercice physique.

Le , sa sœur Cécile, le mari de celle-ci (Georges-Donatus, grand-duc héritier de Hesse), leurs deux jeunes fils et la mère du grand-duc périssent dans un accident aérien à Ostende ; Philip, qui n'a alors que seize ans, assiste aux funérailles à Darmstadt. L'année suivante, le , son oncle et tuteur George Mountbatten, marquis de Milford Haven, meurt d'un cancer des os.. C'est désormais à son autre oncle maternel, Louis Mountbatten, que la responsabilité de Philip est confiée.

Carrière militaire Débuts dans la Royal Navy Après avoir quitté Gordonstoun en , le prince Philip rejoint la Royal Navy, où il se distingue l'année suivante au Britannia Royal Naval College de Dartmouth comme le meilleur cadet de sa promotion.. Il est nommé aspirant en et passe quatre mois sur le cuirassé qui assure la protection des convois de la Force expéditionnaire australienne dans l'océan Indien, suivi par de plus courts passages sur les navires , et à Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka)..

Premiers déplacements vignette|La Standard Nine modèle 1935 du prince, durant son séjour à Ceylan. Après l'invasion de la Grèce par l'Italie en octobre 1940, il est transféré de l'océan Indien sur le cuirassé de la flotte de Méditerranée. Parmi d'autres missions, il participe à la bataille de Crète, et est cité pour son comportement pendant la bataille du cap Matapan. où il est chargé du contrôle des projecteurs du cuirassé.

Philip reçoit une citation à l'ordre de la Royal Navy le ainsi que la croix de guerre française 1939-1945 avec palme. Il reçoit également la croix de guerre grecque de la Vaillance. Il occupe des fonctions moins prestigieuses comme celle de chef de la chaufferie sur le navire de transport ..

Seconde Guerre mondiale vignette|Philip à Melbourne (Australie), en 1945. Philip est promu Sub-Lieutenant (enseigne de vaisseau de classe) après une série de cours à Portsmouth où il termine premier dans quatre des cinq catégories. En , il est affecté sur le destroyer des anciennes classes V et W reclassé escorteur antiaérien, le HMS Wallace, et qui est chargé d'escorter des convois sur la côte est de l'Angleterre, ainsi que pour l'invasion alliée de la Sicile.. Il est promu au grade de lieutenant de vaisseau le . En octobre de la même année, à tout juste , il est nommé « First lieutenant » (officier en second) du destroyer HMS Wallace devenant ainsi l'un des plus jeunes officiers en second de la Royal Navy. Lors de l'invasion de la Sicile, en , alors qu'il est toujours officier en second du HMS Wallace, il réussit à faire lancer un radeau avec des fumigènes qui distrait suffisamment les bombardiers pour permettre au navire de s'échapper en passant inaperçu. En 1944, il est à nouveau affecté sur un destroyer, mais plus récent, le HMS Whelp de la classe W, qui fait partie de la flotte britannique du Pacifique au sein de la de destroyers. Il est présent dans la baie de Tokyo pour la signature des actes de capitulation du Japon. En , Philip retourne au Royaume-Uni sur le HMS Whelp et est affecté comme instructeur à l'école des officiers mariniers, l'établissement à terre () HMS Royal Arthur, installé à Corsham, dans le Wiltshire.

Fin de carrière vignette|redresse|gauche|Le prince Philip en 1951. Il est promu lieutenant commander (capitaine de corvette) en 1950, puis commander (capitaine de frégate) en 1952 et enfin amiral en 1953.

Il est colonel en chef honoraire de six unités canadiennes : les Cameron Highlanders of Ottawa, les Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada, The Royal Canadian Army Cadets, le Royal Canadian Regiment, le Royal Hamilton Light Infantry (Wentworth Regiment) et les Seaforth Highlanders of Canada.. Il est président d’honneur de l’Association des Officiers de la Marine du Canada et de la Royal Canadian Regiment Association, et commodore d’honneur de la Royal Canadian Naval Sailing Association..