Ahmed Ben BellaAhmed Ben Bella, France Culture, , Séverine Labat (5 émissions de 28 minutes - ) 1/5- Les années de formation 2/5- Révolutionnaire professionnel 3/5- À la tête de la République Algérienne indépendante 4/5- Les grandes causes défendues 5/5- Réconciliateur national (en ), né officiellement le à Maghnia près de Tlemcen en Oranie, au nord-ouest de l'Algérie (alors départements français), et mort le à Alger., est un combattant de l'indépendance algérienne et un homme d'État algérien. Il est chef du gouvernement de 1962 à 1963 puis le premier président de la République de 1963 à 1965.

Ben Bella est un des neuf du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), à l'origine du Front de libération nationale (FLN), parti indépendantiste algérien. Il est arrêté pendant la guerre d'Algérie mais prend part à l'indépendance du pays à la tête du FLN et devient le premier président de la République algérienne le , poste qu'il cumule avec celui de Premier ministre. Il occupe cette dernière fonction à partir du .

Il est renversé par le coup d’État du 19 juin 1965 mené par son vice-Premier ministre, le colonel Houari Boumédiène. Il est contraint à l'exil de 1980 à 1990 après avoir été emprisonné depuis le coup d'État.

Biographie Enfance et jeunesse Ahmed Ben Bella est d'origine marocaine par ses parents, petits paysans émigrés de la région de MarrakechL'Algérie en guerre: Abane Ramdane et les fusils de la rébellion de BélaïdBen Bella, héros de l'indépendance algérienne, Le Monde.fr du 11/04/2012... Il se définit lui-même comme berbère, tout en reconnaissant l’importance de l’arabité, qu’il associe notamment à l’islam. Il déclare ainsi : « La révolution algérienne, l’un de ses fondements c’est la culture, c’est notre histoire, c’est l’arabité. Nous ne sommes pas des Arabes, nous sommes des Amazigh. Vous savez, nous sommes devenus arabe par l’islam. ». Dans un autre entretien, il souligne le lien qu’il établit entre islam et arabité, déclarant notamment qu’il « ne fait pas la différence entre, sincèrement, l’islamisme et l’arabisme » en ajoutant « si c’est l’arabisme tout seul, je suis un berbère. », car « c’est l’islam qui [l’]a amené à endosser la dimension culturelle arabe. ».

Il naît à Maghnia, dans la région oranaise, en Algérie. Sa date de naissance n'est pas connue avec exactitude (entre 1914 et 1918..), mais son historiographie retient 1916. Il fait ses études secondaires à Tlemcen.

Ben Bella, qui pratiquait le football dans sa ville natale, a joué pour l'Olympique de Marseille lors de la saison 1939-1940 — il ne joue qu'un match de coupe de France, contre le FC Antibes (victoire 9-1 à Cannes, dont un but de Ben Bella) — et aussi pour l'équipe de France militaire au poste de milieu de terrain alors qu'il était sous-officier, engagé dans la Seconde Guerre mondiale..

Il est par ailleurs le premier footballeur ayant évolué à l'Olympique de Marseille et devenu par la suite président de la République, le second étant le Libérien George Weah..

Seconde Guerre mondiale Durant la Seconde Guerre mondiale, Ben Bella combat dans les forces armées françaises au sein du de tirailleurs marocains de la d'infanterie marocaine ( DIM).

En 1944, il participe à la bataille de Monte Cassino au sein du corps expéditionnaire français en Italie commandé par le général Juin, puis à la libération de la France et à la campagne d'Allemagne (1945) au sein de la du général de Lattre de Tassigny. Promu adjudant, il est cité quatre fois dont deux fois à l'ordre de l'Armée et décoré de la médaille militaire par le général de Gaulle en en Italie...

Guerre d'Algérie Marqué par les massacres de Sétif et Guelma du 8 mai 1945 et après avoir été initié par Mohammed El Kébir qu’il remplaça alors que celui-ci était sur le point de faire l’objet d’une arrestation, Ben Bella adhère au Parti du peuple algérien (PPA) et au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), de Messali Hadj. Il est ensuite élu conseiller municipal de sa ville natale de Maghnia en 1947. Membre de l'OS dirigée par Hocine Aït Ahmed avec Rabah Bitat, pendant très longtemps, il lui a été attribué sans qu'il ne le démente, le braquage de la poste d'Oran de 1949 afin de financer le parti., quoiqu'en réalité, Ben Bella n'ait jamais pris part à cette attaque et se trouvât à Algerhttps://www.liberte-algerie.com/actualite/ben-bella-a-ete-fabrique-par-les-francais-1057/pprint/1..

En , il est arrêté à Alger, jugé coupable, il est condamné à dix ans de prison. Il s'évade en et se réfugie au Caire auprès d'Hocine Aït Ahmed et de Mohamed Khider avec qui il formera plus tard la délégation extérieure du Front de libération nationale (FLN)Décès de Ahmed Ben Bella, premier président de l'Algérie, Le Monde.fr avec AFP du 11/04/2012.

Un ordre d'assassinat par le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece) est annulé au dernier moment par le gouvernement français en ..

Il est arrêté une deuxième fois le lorsque l’avion civil marocain qui le conduisait du Maroc à la Tunisie en compagnie de Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf est détourné par les forces armées françaises. .

En 1956, il promet à l'Égyptien et membre des frères musulmans Tawfik El Shawi qu’il serait responsable de la rédaction de la constitution algérienne après son indépendance.

Algérie indépendante

Libéré en 1962, après six ans d'emprisonnement et de résidence surveillée en France, d'abord à la prison de la Santé, ensuite au fort Liédot sur l'île d'Aix, puis au château de la Fessardière à Turquant et finalement au château d'Aunoy, il est le seul de ces prisonniers à répondre positivement aux offres de l'armée des frontières et de celui qui en a pris la direction Houari Boumediene. Cet accord lui permet d'obtenir le soutien de l'arméeAbdelkader Yefsah, L'armée et le pouvoir en Algérie de 1962 à 1992, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Année 1992, 65, pp. 77-95. Il participe au congrès de Tripoli où un différend l'oppose au Gouvernement provisoire de la République algérienne (GRPA). Après les accords d'Évian, il critique en effet la légitimité du gouvernement provisoire et se heurte à Mohamed Boudiaf et Krim Belkacem.

Le , Ben Bella installe un bureau politique provisoire, qu'il dirige., et qui se déclare chargé des affaires étatiques.. Celui-ci est installé le ., et Benyoucef Benkhedda lui transmet ses pouvoirs.. Benkhedda se propose sans succès comme médiateur entre le bureau politique et les factions dissidentes, mais sa proposition est rejetée par le premier..

L'armée des frontières, avec à sa tête Boumédiène, entre dans Alger le , entraînant une intensification des tractations politiques pour renverser les alliances au profit de Ben Bella. Battue militairement, l'instance civile, le GPRA, capitule sans condition. C'est le « clan d'Oujda » qui obtient le pouvoir en Algérie. Sa nature est clairement politico-militaire même si, sous l'effet de la pression de la rue, un semblant de consensus politique a été réalisé par l'intégration de quelques opposants, comme Ferhat Abbas. Sur le fond, la victoire de Ben Bella et de l'armée des frontières entérine la mainmise du pouvoir militaire, et notamment de l'état-major de l'armée des frontières, sur le pouvoir civil. Ben Bella, lui est rentré à Alger et s'installe à la villa Joly, l'Assemblée nationale constituante l'investit le , par 159 voix sur 179 votants. Il devient ainsi le président du Conseil. Abderrahmane Farès transmet ses pouvoirs à l'assemblée constituante le et au gouvernement Ben Bella le .. Mohamed Khider devient secrétaire général du FLN..

Cette mainmise de l'armée se manifeste dans le poids et le rôle de l'état-major de l'armée des frontières au sein du nouvel État: la Défense revient à Houari Boumédiène nommé vice-président de la République, l'Intérieur à Ahmed Medeghri, Abdelaziz Bouteflika se contente du ministère de la Jeunesse.

thumb|right|Ben Bella et Nasser en 1962. Ben Bella a pour objectif de construire un socialisme typiquement algérien (liens avec Cuba et la France à la fois). Il lance une réforme agraire, nationalise le commerce et l'industrie et cherche à promouvoir l'autogestion sur les conseils du révolutionnaire trotskiste Michel Pablo. Il fait par ailleurs expulser du parti, de l'armée et de l'administration ses rivaux lorsqu'il devient secrétaire général du bureau politique du FLN en .. Son dauphin désigné est alors le colonel Boumédiène. Après l'adoption d'une constitution, il est élu en président de la République algérienne, il réduit les insurrections kabyles et les diverses oppositions politiques. Soutenue par l'Égypte et par Cuba, l'Algérie signe un accord de paix avec le Maroc lors de la guerre des sables. Il se rapproche des puissances communistes, Chine et URSS.

Partisan du panarabisme et admirateur du colonel Nasser, il organise une aide concrète aux révolutionnaires anticolonialistes africains.

Il s'oppose à Mohamed Khider, alors secrétaire général du FLN, qui souhaite que l'armée regagne les casernes. Ce dernier démissionne en et Ben Bella lui succède. Dans le deuxième gouvernement Ben Bella, Kaïd Ahmed et Chérif Belkacem (anciens commandants de l'armée des frontières) deviennent ministres. Houari Boumédiène voit ses prérogatives étendues au poste de premier Vice-Président de la république. Alors que l'armée renforce son pouvoir, les partisans de Ben Bella sont écartés. Le Front des forces socialistes (FFS), interdit comme les autres partis, décida le de mener une lutte armée contre le régime « fascisant » de Ben Bella. Bien que la nouvelle constitution, critiquée par ses adversaires politiques, lui accorde des pouvoirs renforcés, Ben Bella se trouve de plus en plus l'otage de l'armée à laquelle il n'a cessé de faire appel.

Quand finalement, en 1964, inquiet des ambitions de l'armée, il se décide de mettre au pas le clan d'Oujda en procédant à l'éviction d'Ahmed Medeghri et d'Abdelaziz Bouteflika, en tentant de créer une milice populaire et de trouver un accord avec le FFS, il est déjà trop tard.

Renversement et emprisonnement

Il est renversé par le coup d'État de Houari Boumédiène le 19 juin 1965 à Alger, emprisonné jusqu'en , puis assigné à résidence jusqu'à sa libération en . Durant cette période, il épouse Zohra Sellami, le couple adopte par la suite deux filles et un garçon en situation de handicap. Zohra Sellami décédera le à Paris à l’âge de 67 ans.

Exil Gracié par le président Chadli Bendjedid, il s'exile en Suisse à partir de 1981, témoignant lui-même: "J'ai résidé en divers endroits de Suisse romande. Tout d'abord à Villars-sur-Ollon, puis à Genève au n° 44 de la route de Florissant, ainsi qu'à Pregny-Chambésy, au départ de l'autoroute. Enfin, toute ma grande famille s'est retrouvée dans le charmant village de Bougy-Villars. [...] Ma femme a obtenu, avec mon beau-frère [Farouk Sellami], un permis de séjour."Article de presse, sept. 1990, dans Archives cantonales vaudoises, Dossier ATS Ben Bella (Ahmed). Aussi Alexis Favre, "Le vigneron et le président". Le Temps, 21 avril 2012.. C'est donc de Bougy-Villars [et non de Begnins, comme on l'a ditLe Monde, 18 juillet 2026, p. 24.] qu'il dirige le Mouvement pour la démocratie en Algérie qu'il a fondéTribune de Genève, 11 avril 2012.. Il se rapproche d'un autre « chef historique » de la révolution algérienne, Hocine Aït Ahmed, exilé lui aussi. Revenu en France, il charge Gilbert Marquis, trotskiste pabliste, de diriger des revues d'opposition au régime algérien, toutes interdites par Paris pour motif diplomatique.Mohammed Harbi, Gilbert Marquis, nécrologie du Monde, 11 février 2015. Son avocat, Ali Mécili, est assassiné à Paris, en 1987, par la Sécurité militaire, le service de renseignement de l'Algérie.

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