Araneus diadematus, l'Épeire diadème, est une espèce d'araignées aranéomorphes de la famille des Araneidae.

Présente en Europe et Amérique du Nord, elle est parfois appelée Araignée des jardins ou Araignée porte-croix.

Étymologie Épeire dérive des mots grecs ἐπί (epí) « au-dessus » et εἴρω (eírō) « entrelacer », ce qui donne littéralement « sur la toile ». Ce nom fait référence à la capacité qu’a cette araignée de tisser les toiles classiques verticales en spirale avec rayons..

Le mot diadème est une allusion à la croix que porte l'abdomen..

Description

Elle présente, au niveau du dos de l'abdomen, un (dessin qui affecte la forme d'une feuille ornementale) caractéristique utilisé pour sa diagnose. Ce dessin présente un ensemble de taches blanches formant une croix et une partie médiane brune se terminant en pointe, bordée d'une ligne blanche en dents de scie. Ce dessin est d'ailleurs caractéristique d'un groupe d'épeires (Araneus marmoreus, Araneus pallidus)..

Ces taches blanches proviennent de l'accumulation de guanine, molécule jouant le rôle d'un pigment blanc synthétisé dans les guanocytes à la périphérie de diverticules intestinaux..

Le céphalothorax est très velu tandis que les pattes sont très épineuses.

Les deux sexes de l'espèce ont un aspect assez différent, principalement au niveau de la taille (dimorphisme sexuel). Ainsi, les individus mâles font moins d'un centimètre alors que les femelles peuvent atteindre deux centimètres et ont un abdomen plus volumineux, de forme arrondie.

Les mâles mesurent de et les femelles de « Araneus diadematus Clerck, 1757 », Araneae (Spiders of Europe), juin 2014, document archivé sur Internet Archive..

Une autre particularité de l’épeire diadème est qu’elle fabrique des toiles beaucoup trop grandes par rapport à sa propre taille, qui peuvent atteindre exceptionnellement un mètre, avec des fils particulièrement solides qui craquent sèchement lorsqu'ils rompent. L'épeire ne répare pas sa toile et en refait une chaque matin (Jean-Henri Fabre).

Biologie L'Épeire diadème a une durée de vie d'un an.

La toile pèse un demi milligramme en moyenne (). La première toile d'une jeune épeire mesure à peine d'envergure..

Reproduction

Du fait de sa taille réduite, le mâle doit faire extrêmement attention lorsqu'il souhaite approcher la femelle car elle risque de l'attaquer et de le dévorer comme n'importe quelle autre proie. C'est pourquoi le mâle apporte parfois un repas pour l'approcher. Les phéromones émises par la femelle permettent au mâle de la trouver. La femelle est réceptive trois ou quatre jours dans sa vie. Jusqu'à soixante mâles différents peuvent défiler, jour après jour sur une même toilePierre Déom, Op. Cit. p.13.. Elle se reproduit en fin d'étéMichel Lodewijck, Araignée du mois (3) : Araneus diadematus, .. Le mâle survit rarement à la fin de l'accouplement.

Une fois fécondée, la femelle dépose ses œufs dans un cocon protecteur avant de se laisser tomber pour mourir d'épuisement. Les cocons contiennent 500 à 900 œufs et sont cachés sous les écorces. La diapause embryonnaire s'interrompt avec le froid. À l'éclosion de l'œuf en mai, la jeune épeire a déjà toutes les caractéristiques d'un adulte, en dehors de la taille et des organes génitaux.

Toxicité L'épeire diadème est très peu agressive. Si elle se sent en danger, elle peut occasionnellement mordre la peau humaine aux endroits où celle-ci est fine, mais son venin n'est guère différent d'une piqûre de moustique. La morsure est peu douloureuse, mais il peut y avoir apparition d'un œdème inflammatoire douloureux autour d'une tache cyanotiqueDictionnaire médical de l'Académie de médecine, « morsure d'araignée », 2018..

Distribution et habitats vignette|Épeire diadème femelle.

Distribution Cette espèce se rencontre en zone holarctique. Une étude menée en Suisse en 2019 conclut à un effondrement de ses populations.

Habitat Elle est présente dans les jardins, sur les barrières et les haies, elle se cache souvent sous une feuille à proximité de sa toile. Il y a généralement un arbre à proximité de la toilePierre Déom, Op. Cit. p.12.

Systématique et taxinomie L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl Alexander Clerck en 1757 Clerck, 1757 : Svenska spindlar, uti sina hufvud-slågter indelte samt under några och sextio särskildte arter beskrefne och med illuminerade figurer uplyste. Stockholmiae, .

Cette espèce admet de nombreux synonymes :

Les sous-espèces Araneus diadematus nemorosusSimon, 1929 : Les arachnides de France. Synopsis générale et catalogue des espèces françaises de l'ordre des Araneae ; . Paris, , . et Araneus diadematus sororSimon, 1874 : Les arachnides de France. Paris, , . ont été placées en synonymie avec Araneus diadematus par Breitling, Bauer, Schäfer, Morano, Barrientos et Blick en 2016 Breitling, Bauer, Schäfer, Morano, Barrientos & Blick, 2016 : Phantom spiders 2: More notes on dubious spider species from Europe. Arachnologische Mitteilungen/Arachnology Letters, , ..

L'Épeire diadème et l'Homme Culture populaire Dans un album de Tintin, L'Étoile mystérieuse, Tintin regarde dans la lunette d'un télescope et pense voir une énorme araignée mais découvre assez vite qu'il ne s'agissait que d'une Épeire diadème qui se promenait sur l'objectif (pages 4 et 5).

Publication originale Clerck, 1757 : Svenska spindlar, uti sina hufvud-slågter indelte samt under några och sextio särskildte arter beskrefne och med illuminerade figurer uplyste. Stockholmiae, . (lire sur Wikimedia)

Voir aussi

Articles connexes Épeire

Liens externes

Animation montrant comment l'eipère diadème crée sa toile sur le site de l'espace des sciences de Rennes

Notes et références

Catégorie:Araneidae Catégorie:Araignée (nom vernaculaire) Catégorie:Arachnide décrit en 1757