vignette L’hymne européen est l'hymne utilisé lors des cérémonies officielles de plusieurs organismes internationaux européens. Il s'agit d'un arrangement d'environ deux minutesLa version du Teatro da Trinidade de Lisbonne de 1994, utilisé par l'Union européenne, dure deux minutes et sept secondes, d'après le site dédié de l'Union européenne . du thème musical de lOde à la joie, dernier mouvement de la Symphonie composée en 1823 par Ludwig van Beethoven.
Cet hymne est actuellement utilisé par le Conseil de l'Europe et par l'Union européenne.
Historique Premières propositions Après la Seconde Guerre mondialeLes documents primaires cités dans la section sur l'historique ont fait l'objet d'une recension et d'une sélection par le Conseil de l'Europe. Ces documents choisis peuvent être consultés sur le site de l'institution : ., concomitamment à la question d'un drapeau pour les nouvelles institutions européennes, la question d'un hymne suscita un regain d'intérêt. Le Conseil de l'Europe reçut ainsi une vingtaineNombre mentionné dans la lettre de Paul Michel Gabriel Lévy au sénateur belge M. A. Molter datée du 12 mars 1995. de propositions de musiques et paroles.
Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi avait songé dès 1929 à utiliser l’Ode à la joie comme hymne européen. Cependant, après le rejet de sa proposition de célébration de journée de l'Europe, il craignait de faire lui-même la proposition officiellementLettre de Coudehove-Kalergi du 3 août 1955 (écrite à Berne) à Paul Michel Gabriel Lévy, adressée au Conseil de l'Europe.. Cependant il évoqua à nouveau la question en 1951La Neuvième de Beethoven d'Esteban Buch - 1999 - Gallimard.. Entre 1952 et 1966, alors que les deux États allemands présentent des équipes communes aux Jeux olympiques, lOde à la joie tient lieu d'hymne national.
Parmi les diverses propositions envoyées par de simples citoyens, il y eut :
le Chant de la paix de Jehane-Louis Gaudet (professeur de chant à Lyon), datée du , adressée et dédicacée à Paul-Henri Spaak, alors président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. L'auteur destine en réalité ce chant aux Nations unies ; un Hymne eines geeinten Europas ou Hymne à une Europe unifiée (les deux titres sont de l'auteur) de Carl Kahlfuss, de Charlottenburg, datée du Dans une lettre ultérieure, datée du 14 octobre 1950, l'auteur appelle cet hymne Paneuropa. ; un hymne intitulé Invocata de 1950Une lettre de l'Assemblée consultative à l'auteur indique que l'œuvre a été transmise à l'Assemblée par la Représentation allemande le 28 août 1950. Cette lettre mentionne que les projets d'hymnes ont été regroupés et que la question de l'opportunité d'un hymne ne sera traitée par l'Assemblée qu'une fois résolue la question du drapeau. de Hans Horben, de Deggendorf.
Il apparut aux représentants européens que la question de l'hymne ne saurait être résolue qu'après l'adoption d'un drapeauLa lettre de Paul Michel Gabriel Lévy à Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi datée du 5 septembre 1955 mentionne que la question de l'hymne sera résolue « assez facilement » mais seulement après l'adoption d'un drapeau. Elle propose à Coudenhove-Kalergi de « favoriser l'exécution de l'Hymne à la Joie de la dans toutes les manifestations européennes ».. Cependant, l'adoption d'un drapeau fin 1955 ne donna pas lieu à celle d'un hymne.
Rôle des communes Depuis 1955, l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe décernait un prix de l'Europe et récompensait les communes œuvrant à la construction européenne. Les célébrations réalisées localement pouvaient comporter des représentations musicales et chorales et donnaient ainsi lieu à des interprétations de divers hymnesLe fait que des interprétations musicales soient habituellement associées aux célébrations européennes est mentionné dans le document AS/Loc 22 daté du 30 avril 1971, et présenté comme justifiant la nécessité d'adoption d'un hymne européen, à la suite de l'adoption d'un drapeau ()..
En 1961, la section belge du Conseil des communes d'Europe commanda à Geo Teirlinck un arrangement musical de lOde à la joie, qu'elle associa à des paroles en rapport avec son domaine d'action, les jumelages de communes européennes. Ce choix, rapporté par René Radius dans le rapport de l'Assemblée consultative (), avait été explicité auprès des instances européennes par une lettre du Conseil des communes d'Europe datée de 1963, comme étant une « mélodie qui a[vait] déjà été enseignée dans les écoles bien avant qu'il n'en fût question au Conseil de l'Europe ».
Ce même Conseil des communes d'Europe, en Assemblée générale à Rome le , émet la recommandation qu'un hymne soit adopté, à la fois par le Conseil de l'Europe et par la Communauté européenne.
Le débat au Conseil de l'Europe En , une réunion du Comité pour la réactivation du Jour de l'Europe relance la question de l'hymne européen. Kjell T. Evers, président de la Conférence européenne pour les autorités territoriales, et qui avait présidé à la session, demande en mars à René Radius, président du comité sur les autorités territoriales auprès de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe, d'inclure la question d'un hymne dans les délibérations de son comitéDocument AS/Loc (22) 37. Ce comité se réunit le et décide de proposer le mouvement final de la comme hymne, en laissant à plus tard le choix de parolesDocument AS/Loc (22) PV 10, lire en ligne..
L'adoption officielle comme hymne européen se fera dans l'euphorie du bicentenaire de la naissance de Beethoven en 1970. Tenant compte d'un début d'usage de la symphonie dans des cérémonies européennes, l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe adopte cette mélodie comme hymne en Résolution 492 du 8 juillet 1971 : « Il convient de porter le choix sur une œuvre musicale représentative du génie de l'Europe et dont l'utilisation dans les manifestations à caractère européen constitue déjà l'ébauche d'une tradition », lire en ligne.. Le Conseil des ministres adopta de même cet hymne en . Comme pour le drapeau européen, l'assemblée incita par la suite les autres institutions européennes à adopter le même symboleHymne européen sur le portail officiel de l'UE..
Adoption par les Communautés européennes Les réflexions sur l'adoption d'un hymne pour les Communautés européennes ont commencé en 1985 (simultanément aux discussions sur le drapeau) lors du Conseil européen de Milan« There is clearly a need, for both practical and symbolic reasons, for a flag and an emblem to be used at national and international events, exhibitions and other occasions where the existence of the Community needs to be brought to public attention. A decision on this matter is required in order to avoid misunderstanding and confusion. » -- Report submitted to the Milan European Council (Milan, 28-29 juin 1985), in Bulletin of the European Communities. 1985, No Supplement 7/85, , lire en ligne.. La décision fut prise par le Conseil « affaires étrangères » des 21 et , programmant une levée solennelle de drapeau et une interprétation du nouvel hymne le « La musique de l'«Hymne à la joie », tirée du quatrième mouvement de la neuvième symphonie de Beethoven, sera utilisée lors de manifestations européennes. M. Carlo Ripa di Meana, membre de la Commission responsable de l'Europe des citoyens, a fait, à l'issue du Conseil, la déclaration suivante : « […] Une cérémonie solennelle de levée du drapeau aura lieu à Bruxelles devant le siège de la Commission le 29 mai, le prélude de l'Hymne à la joie de Beethoven, nouvel hymne européen, sera interprété […] » -- Bulletin der Europäischen Gemeinschaften. Avril 1986, Nr. 4, S. 54 ; 57, lire en ligne..
Utilisations postérieures En dépit des protestations du Conseil de l'EuropeMemorandum du 30 septembre 1974 : Utilisation de l'hymne européen par la Rhodésie comme hymne national, la mélodie de Beethoven a été choisie par Ian Smith en 1974 comme l'hymne national du régime d'apartheid de Rhodésie du Sud, jusqu'à sa chute en 1980.
Le prélude de lOde à la joie dans sa version originale a été utilisé par le Kosovo comme hymne national en 2008 pour les préparatifs de son indépendanceReuters, 6 février 2008, Kosovo's countdown plays out to Beethoven, lire en ligne, annonce les répétitions de l'Orchestre philharmonique du Kosovo ; Reuters (Nebi Qena et William J. Kole), annonce que la partition a été jouée à l'occasion de la déclaration d'indépendance, lire en ligne..
Discussions Le choix de l'Hymne à la joie : d'un côté, on a envisagé un coup de main par von Karajan ; de l'autre côté le choix semble trop lié à l'Allemagne : Beethoven est allemand et lOde à la joie (soit Hymne à la joie) a été écrite en allemand par un poète allemandMarcello Landi, Unione Europea. Come sbagliare l'Inno (en italien)..
Composition L'Hymne utilisé par les organisations européennes repose sur la seule mélodie, sans référence au texte de Schiller utilisé et remanié par Beethoven pour la composition de sa symphonie.
La version officielle du Conseil de l'Europe est celle enregistrée par le chef d'orchestre autrichien Herbert von Karajan et l'orchestre philharmonique de Berlin en février-. Sa durée est de 2 minutes et 15 secondes.. Elle correspond aux mesures 140-187 du quatrième mouvement de la symphonie.. Le Parlement européen a limité la durée de l'hymne lors de cérémonies officielles à 2 minutes et 07 secondes. Outre la mélodie, Karajan retient deux des trois variations de Beethoven (variation aux violons et sa transformation dans le sens d'une marche solennelle) et conclut sur une cadence sous une forme close que renforce un ritenuto molto. Le tempo est sensiblement ralenti (noire à 120 au lieu de blanche à 80) et l'instrumentation va vers un renforcement uniforme de la sonorité au détriment de la richesse de la texture et de timbre.
En réalisant cet arrangement, Karajan devient coauteur de l'hymne. Le Conseil de l'Europe lui demande de renoncer à ses droits mais celui-ci refuse. Ses héritiers touchent désormais des droits d’auteur sur chaque vente de l’arrangement et sur ses diffusions sauf si ces dernières sont officielles.
En 2000, le Conseil de l'Europe commande au compositeur Christophe GuyardRhapsodie sur l'Hymne européen dans l'œuvre de Christophe Guyard. une Rhapsodie sur l'Hymne européen dont elle utilise un enregistrement pour illustrer des documents audiovisuels concernant le Conseil. Sa durée est de 6 minutes et 34 secondes.
Proposition de paroles Origine de l'absence de paroles et projets L'hymne européen a été adopté sans titre et sans paroles, en raison du multilinguisme européen. Ceci lui retire la capacité d'être mémorisé, au contraire des hymnes nationaux qui, par leurs paroles, peuvent être appris par tous et deviennent un élément symbolique fort. Officiellement, il est considéré que la musique est un langage per se qui exalte les idéaux européenshttp://europa.eu/abc/symbols/anthem/index_fr.htm Symboles de l’Union européenne.. Cette situation a fait l'objet de critiques de certains politiciens. Gerardo Fernández-Albor, député espagnol au Parlement européen, avait demandé en 1992 et 1994 à la Commission européenne si elle souhaitait apporter une version de l'hymne dans chaque langue européenne, ce à quoi la Commission a réaffirmé qu'elle n'en avait pas l'intentionQuestion écrite posée par Gerardo Fernández-Albor (PPE) à la Commission, intitulée « Version officielle communautaire de l'hymne européen », datée du 22 novembre 1994, référence E-2383/1994, publiée au JO C 81 du 3/4/1995 (), . La réponse est datée du 12 décembre 1994 et a été donnée par Jacques Delors, . La réponse du président Delors fait référence à la première question du même député, numérotée 1174/92 et publiée au JO no C 40 du 15. 2. 1993..
Cependant, l'écriture de paroles pour l'hymne européen a suscité différents projets en différentes langues, sans faire l'objet d'un consensus au niveau européen.