Une céphalée de tension (CT) est un type particulier de maux de tête, souvent chronique, non pulsatiles (contrairement aux migraines). Elle peut avoir différentes origines, due à des problèmes musculaires et squelettiques cervicaux, psychosomatique ou encore liée au stressvoir Céphalées de tension, Organisation Mondiale de la Santé (WHO - OMS). Les mécanismes de la céphalée de tension restent mal connus. Cependant, une origine multi-factorielle (combinaison de causes) est orientée, avec des mécanismes différents entre les céphalées de tension peu fréquentes ou fréquentes et les céphalées de tension chroniquesDocteur Michel Lantéri-Minet, Céphalées de tension, MEDI-TEXT Éditions, 2009, page 14..
Description Les céphalées de tension (CT) sont des maux de tête se manifestant par une douleur au niveau de la nuque, des zones temporales ou du front, pouvant se manifester en casque, en barre horizontale, etc. Elles peuvent apparaître des deux côtés de la tête (bilatérales), alors que les migraines apparaissent souvent d'un seul côté. Elles peuvent être épisodiques ou chroniques. Elles sont en général non pulsatiles, contrairement aux migraines.
Causes Plusieurs causes combinées (c'est-à-dire la combinaison de plusieurs facteurs ou modèle multi-factoriel) seraient à l'origine des céphalées de tension (CT)Michel Lantéri-Minet, ibid, pages 32 & 33 : des facteurs musculaires ou posturaux (dans le cas des CT épisodiques peu fréquentes), des épisodes de stress psychologique répétés + réactivité musculaire (dans le cas des CT épisodiques fréquentes) et un dysfonctionnement du système nerveux central (dans le cas des CT chroniques), mais selon certains médecins, la CT chronique serait une forme compliquée d'une CT épisodique mal maîtrisée initialementLanteri-Minet, ibid, page 15). En effet, la CT chronique viendrait d'un épuisement du système nerveux central à la suite d'une exposition prolongée intense et/ou répétée à un facteur stressant ou à une forte pression. Le seuil de tolérance est abaissé et plus faible que la majorité de la population. Le système nerveux central devient très sensible au moindre stimulus extérieur.
Précisons ces causes : des troubles psychosomatiques liés au stress (professionnel, familial) et liés à une angoisse (qui renforcerait la CT). Cette angoisse serait elle-même causée ou liée, par exemple, à des traumatismes passés, plus ou moins graves ou répétitifs. Certains facteurs moduleraient la manifestation « l'intensité » de la céphalée de tension : des facteurs internes propres à l'individu (l'état de stress, période particulière du cycle hormonal) et des facteurs environnementaux (rythme de vie, facteurs climatiques).
D'autres causes ont été fréquemment observées telles que des abus médicamenteuxCéphalées chroniques quotidiennes de l'adulte, Dominique Valade (Centre d'urgences des céphalées, Hôpital Lariboisière, Paris), Médecine. Volume 2, Numéro 5, 211-4, mai 2006, Stratégies, http://www.jle.com/fr/revues/medecine/med/e-docs/00/04/19/3A/article.mdRecommandations pour la pratique clinique : CCQ (Céphalées chroniques quotidiennes) : Diagnostic, Rôle de l’abus médicamenteux, Prise en charge, Synthèse des recommandations, ANAES, septembre 2004, http://www.has-sante.fr/portail/types/FileDocument/doXiti.jsp?id=c_451076. Il est alors question de . Le patient augmente régulièrement ses doses de médicaments antalgiques ou analgésiques, pour soulager ses souffrances. À la longue, il dépasse les doses prescrites et devient alors dépendant à ses médicaments. Et dès qu'il tente de se sevrer, il est pris de violentes céphalées de tension. Ce qui l'oblige alors à augmenter, sans cesse, ses doses de médicaments, pour éviter le retour de la douleur (voir sevrage et dépendance).
Les causes physiologiques incluent : Problèmes de vertèbres cervicales : Des vertèbres pourraient causer une pression sur certains nerfs (compression des nerfs d'Arnold, de la moelle épinière ou moelle spinale, d'autres nerfs…)Céphalées et cervicalgies, Entretien avec le Dr D. Valade (Chef de service du Centre d'Urgence des Céphalées à l'hôpital Lariboisière à Paris), Propos recueillis par le Dr P. Sichère. Synoviale, mai 2006, , http://www.medspe.com/site/templates/template.php?identifiant_article=3203&surlignage=5&PHPSESSID=ad. Problèmes de gouttière dentaire mal refermée : Des céphalées de tension seraient associées à certains cas de bruxismeRelation étroite entre les maux de tête et les désordres temporomandibulaires, Olivier Bédard, Maxime Vézina, Jean-Sébastien Dionne sous la direction de Dr Jean-Paul Goulet, Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval (Québec)Bruxisme, Gérard Quilliou Paris 75015, MCS-Dentaire, groupe de travail sur les douleurs et les dysfonctions inhérentes à un déséquilibre mandilo-postural http://www.mcs-dentaire.fr/Praticiens/_BuxismePrat.html. Malformation d’Arnold-Chiari (rare) : La pression excessive exercée par les os de la boîte crânienne sur le cervelet serait à l'origine des céphalées de tension liées à la malformation d’Arnold-ChiariAicadi J., Diseases of the nervous system in childhood. Clin Dev Med 1992;115/118:1132-5, puis Mac Keith Press, Cambridge, 1998, page 647-52Urgences pédiatriques: Vol. 1 / Pathologies : clinique, examens, stratégies, gestes. par Philippe Labrune, Denis Oriot, Bernard Labrune, Gilbert Huault, Éditeur Estem, 2004, page 675. Elles sont détectables grâce à l'IRM. Névralgie d'ArnoldLa névralgie d’Arnold, Un diagnostic parfois trop facile, un traitement pas si simple, Maurice Bensignor (Clinique Viaud, Nantes), Le médecin généraliste et la douleur, septembre 2000, www.institut-upsa-douleur.org/UserFiles/IGWSIUD/File/MG_douleur/mg_douleur_01.pdf. Fistule durale du sinus caverneux Accident ischémique transitoire
Une autre cause diverse rare et très rare notamment l'hydrocéphalie associées des céphalées de tension (cas rares), les céphalées de tension seraient mises sur le compte de la pression excessive du liquide céphalo-rachidien sur le cerveau Neuropédiatrie DCEM, Module Intégré 4 "Tête et Cou", Les Céphalées Récidivantes de l’Enfant, Dr François Rivier (UFR de Médecine - Université Montpellier I, Service de Neuropédiatrie - Hôpital Gui de Chauliac), www.med.univ-montp1.fr/Enseignement/cycle_2/MID/Ressources_locales/Neuro/MID_neurologie_item_188_190_235.pdf.
La nicotine présent dans le tabac mais aussi dans la fumée de tabac peut déclencher des céphalées de tension dans le cadre du tabagisme actif autant que du tabagisme passif.
Syndrome de sensibilité centrale Selon certains médecins, les CT semblent avoir des relations avec d'autres syndromes (fibromyalgies, syndrome de l'intestin irritable, fatigue chronique…) au point d'être désignées par une dénomination commune : « Central Sensitivity Syndromes » (CSS)Central Sensitivity Syndromes : A New Paradigm and Group Nosology for Fibromyalgia and Overlapping Conditions, and the Related Issue of Disease versus Illness. Seminars in arthritis and rheumatism. 2008, vol. 37, no6, pp. 339-352. [14 page(s)]. Mohamed B. Yunus (Section of Rheumatology, The University of Illinois, College of Medicine at Peoria, Peoria, Illinois, États-Unis)..
Pour ces médecins et d’autres, un dérèglement durable de certaines fonctions cérébrales (au niveau du système de gestion de la douleur), au sein du système nerveux central, conduirait à ces maladies (dont les céphalées de tension chroniques).
Conséquences sociales Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elles peuvent être invalidantes dans leur forme chronique. Le docteur Lantéri-Minet, indique dans son livreCéphalées de tension, MEDI-TEXT Éditions qu'on évalue .
Les conséquences sociales des CT chroniques sont multiplesMICHEL P., AURAY JP, CHICOYE A, DARTIGUES JF, LAMURE M, DURU G., SALAMON R et le GRIM. Prise en charge des migraineux en France: coût et recours aux soins. J Économie Med 1993 11: 71-80MICHEL P., DARTIGUES JF, LINDOULSI A, HENRY P. Loss of productivity and quality of life in migraine sufferers among French workers: results from the GAZEL cohort. Headache 1997 37: 71-78Étude de la qualité de vie des migraineux, P. MICHEL, P. HENRY, www.ammppu.org/abstract/cephalees_quotidiennes_recommandations_06.pdf : absentéisme professionnel, angoisse, agressivité, dépression, anxiété et difficultés pour les études.
Les CT, en particulier chroniques ont un retentissement sur l'activité professionnelle, principalement en augmentant l'absentéisme et provoquant une perte de productivité, ainsi des étudesLanteri-Minet, ibid, page 43Rasmussen BK. Cephalalgia 1999; 19 (suppl 25:20-23 ont montré que 60 % des malades souffrant de CT ont connu une incapacité de travailler ; et 64 % ont connu une réduction de leurs performances professionnelles.
Les CT ont des taux de mortalité et de morbidité nuls, mais peuvent être à l'origine de dépressions gravesLanteri-Minet, ibid, page 60.
Traitements Médicaments Se basant sur l'hypothèse, généralement admise, d'une origine psychosomatique à la plupart des CT, elles sont, en général traitées par des médicaments psychotropes tels que des antidépresseurs dont les effets partiellement anti-douleur sont utilisés, les antiépileptiques, dont l'effet antalgique sur les douleurs neuropathiques ou « neurogènes » ont été constatées, et les neuroleptiques. Pour qu'ils fassent effet, les psychotropes doivent être alors souvent pris pendant une période plus ou moins longue. Les effets psychologiques et physiologiques de ces derniers sont souvent loin d'être négligeables. Ils peuvent provoquer des troubles sexuels, une prise de poids, une certaine somnolence, des pertes de vigilance et de concentration ayant des effets dangereux pour certains métiers (tels que les conducteurs, les pilotes) requérant toute l'attention de l'employé. Le traitement de première ligne est l'amitriptyline, tandis que la mirtazapine et la venlafaxine peuvent être des options de seconde ligne.
Se basant sur l'hypothèse d'une cause musculaire péri-crânienne aux CT, certains médecins explorent la voie des injections péri-crâniennes de Botox (nom commercial de la toxine botulique), un paralysant musculaire Charles P. Vega « Botulinum for Tension Headaches - Does It Do Any Good ? : A Viewpoint » sur www.medscape.com le 12 septembre 2006, en commentaire à Cephalalgia 2006;26:790-800 [Silberstein SD, Turkel C « Botulinum Toxin Type A in the Prophylactic Treatment of Chronic Tension-Type Headache: A Multicentre, Double-Blind, Randomized, Placebo-Controlled, Parallel-Group Study »]. Le traitement par la toxine botulique pose un certain nombre de problèmes. Celui-ci requiert de trouver la localisation précise du point à l'origine de la douleur , d'estimer la dose réelle à injecter afin de relaxer totalement le muscle contracté, impliqué dans la sensation douloureuse et de prendre en compte la toxicité du produit : la tête risque de ne plus pouvoir être soutenue ou être tournée de gauche à droite ou de bas en haut, à cause de la paralysie de certains muscles. Les injections doivent être faites progressivement, lors d'un protocole se déroulant sur plusieurs séances. L'efficacité d'un tel traitement n'est pas démontrée Jackson JL, Kuriyama A, Hayashino Y, « Botulinum toxin A for prophylactic treatment of migraine and tension headaches in adults: A meta-analysis » JAMA 2012;307:1736-1745.
Ces médicaments ne peuvent être délivrés que sur ordonnance médicale..
Psychosomatiques L'efficacité des traitements psychosomatiques reste à prouver scientifiquement.