Françoise Rosay est une actrice française, née le dans le et morte le à MontgeronFrançoise Rosay sur lesgensducinema.com. Sa carrière cinématographique s'étend sur plus de soixante ans, faisant d'elle un personnage légendaire dans le cinéma français.

Biographie Enfance Fille naturelle de Marie-Thérèse Chauvin, comédienne de théâtre connue sous le nom de Sylviac, et du comte Gilbert Bandy de Nalèche, frère d'Étienne Bandy de Nalèche, directeur du Journal des débats, tous deux fils du député creusois Louis Bandy de Nalèche, Françoise Rosay naît sous le nom d'état civil de Françoise Gilberte Chauvin le au 46 rue La Bruyère à Archives de Paris 9e, acte de naissance , année 1891 (vue 2/31)(avec mentions marginales de mariage et de reconnaissance). Sa mère la reconnaît le Acte de naissance de Paris 9e, 2 janvier 1901 (acte n° 1)-21 janvier 1901 (acte n° 92), cote V4E 8873 page 10/27 acte N°19 et son père ne la reconnaît que le , alors qu'elle est une actrice déjà très connueDaniel Dayen, Une famille de notables creusois : les Bandy de Nalèche in Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, Guéret, 1998.. Elle prend alors le nom de Françoise Gilberte Bandy de Nalèche à l'état civil.

Élevée par sa grand-mère, elle annonce à sa mère, qui est comédienne, qu'elle veut être actrice ; celle-ci lui répond qu'elle est laide, dégingandée et lui prédit qu'elle sera incapable de se tenir sur une scène. Rien de tel pour forger la volonté de Françoise Rosay qui n'en projette pas moins de devenir cantatrice et, après le Conservatoire, travaille au théâtre et va même jouer en Russie à la veille de la guerreJean Nohain, La Main chaude, Julliard, Paris, 1979..

Françoise Rosay porta le même pseudonyme que sa mère, Sylviac, au début de sa carrière, jusque 1911Paris, quotidien, 1911/03/31. Son nom d'actrice, « Rosay », est à relier avec le nom de la commune creusoise de Moutier-Rozeille, d'où était originaire sa famille paternelle.

Malgré des relations difficilesJean Nohain, La Main chaude, Julliard, Paris, 1979., la mère et la fille jouèrent à plusieurs reprises ensemble au théâtre, dans sa propre pièce Coiffeur pour dames à la Comédie-Royale en 1909Gil Blas, quotidien, 1909/01/28. et au cinéma, dans Pension Mimosas.

Débuts au cinéma Elle débute au cinéma à l'âge de vingt ans dans Falstaff, en 1911, et devient célèbre en jouant les « peaux de vache ». En 1917, elle gagne un prix au Conservatoire de Paris. Elle fait alors ses débuts au palais Garnier dans le rôle-titre de l'opéra Salammbô (1890) d'Ernest Reyer. Elle chante aussi dans Castor et Pollux, tragédie lyrique (1737) de Jean-Philippe Rameau et Thaïs (1894), opéra de Jules Massenet.

En 1917, elle rencontre son futur mari à l’opéra de Lyon, le cinéaste Jacques Feyder avec qui elle se marie le Archives de Paris 7e, acte de mariage , année 1917 (vue 29/31)(avec mention des professions). Il la fait tourner dans ses principaux films: La Kermesse héroïque, Le Grand Jeu, Pension Mimosas, etc.

Les trois fils de Françoise Rosay et Jacques Feyder travaillèrent tous dans le cinéma : Marc Frédérix (1919-2004) fut décorateur. Paul Feyder (1922-1999) était réalisateur. Enfin, Bernard Farrel (1926-1999) a été auteur, scénariste, réalisateur et comédien.

Entre-deux guerres

vignette|redresse|gauche|Françoise Rosay en 1930. Dans l'entre-deux guerres, et sous le régime nazi, elle se rend en Allemagne en 1934 et y tourne un film. Le , elle écrit à Fernand de Brinon pour lui faire attester qu'elle n'est pas juive.

Seconde Guerre mondiale thumb|redresse|right|Volksempfaenger, « récepteur du peuple » cher à Goebbels. De septembre à décembre 1939, elle s'adresse quatre fois à la radio aux femmes allemandesLes Amis de la Fondation de la Résistance / Françoise Rosay (car elle avait connu les milieux dirigeants nazis en tant que comédienne et le pouvoir propagandiste de la radio nazie) et entre en Résistancewww.christian-et-regina.com / Des femmes d'exceptionTexte du discours de Françoise Rosay aux femmes allemandes / Site cinéphile : La Belle équipe. Le (extrait) : « Femmes, je vous adjure de réfléchir. Si vos yeux ne sont pas ouverts aujourd’hui, ils s’ouvriront bientôt. Nul ne peut arrêter la vérité. Elle arrivera jusqu’à vous malgré vos forteresses, malgré les murs de vos prisons, malgré les rigueurs de vos censures… Mais alors femmes allemandes, il sera trop tard. Vos fils seront morts, votre patrie morcelée ; il ne vous restera plus, comme en 1918, qu’à pleurer d’humiliation, à regretter votre aveuglement et à vous reprocher jusqu’au tombeau votre asservissement à des époux égarés. » ; le (extrait) : « Femmes allemandes, je vous plains ; vous avez vécu, vous avez souffert, vous avez mis des enfants au monde en vain… car vous n’avez vécu que pour Hitler, vous souffrez par Hitler, le sort de vos enfants est entre les mains d’Hitler, et HITLER EST UN FOU! » Deux ministres allemands lui répondent par voix radiophoniques. Lorsque les chars allemands arriveront, elle fuira.

Au début de l'occupation allemande, elle entre dans un réseau tout en tournant dans quelques films. Fin 1942, lorsque les Allemands envahissent la zone libre, elle manque d'être arrêtée et parvient à s'enfuir en Tunisie et, de là, gagne Alger. Elle séjourne ensuite à Londres, où on la voit dans différentes réunions de soutien à la France librePierre Clostermann, Le grand cirque 2000, Flammarion, 2001, p. 87.. Durant l'année 1943, elle rejoint son mari en Suisse et donne des cours de théâtre au Conservatoire de Genève.

Après guerre Elle joue en virtuose sur tous les registres, de l'émotion au drame, de la comédie de boulevard à la farce, elle tire des larmes comme elle déclenche les rires. Elle enchaîne les films, passe d'un chef-d'œuvre à l'autre, de Drôle de drame de Marcel Carné à Un carnet de bal de Julien Duvivier, de Macadam de Marcel Blistène à L'Auberge rouge de Claude Autant-Lara.

La mort de Feyder, en 1948, la laisse désemparée. Pour leurs trois fils, Marc, Paul et Bernard, elle trouve le courage de surmonter ce deuil, souffre énormément Didier Griselain lui rend hommage sur Persée et reprend sa carrière internationale (elle est parfaitement trilingue en français, anglais et allemand).

thumb|gauche|redresse|Françoise Rosay en 1956 (Studio Harcourt). Déjà ébauché pour le personnage de Berthe dans Du rififi chez les femmes réalisé par Alex Joffé sorti en 1959, l'actrice endosse le rôle d'une dame âgée à la gouaille parigote et à l'autorité certaine, faisant partie de l'univers des malfrats et autres voleurs. Ainsi, en 1961, dans Le cave se rebiffe réalisé par Gilles Grangier, elle incarne le rôle de Pauline, aux côtés de Jean Gabin et Bernard Blier, composant avec les dialogues savoureux de Michel Audiard ainsi qu'en 1965, dans La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre, donnant la réplique à Lino Ventura notamment, dans un personnage similaire. Audiard la fait jouer en tête d'affiche de sa première réalisation intitulée Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages en 1968, toujours dans un personnage de mammie autoritaire, appartenant au « milieu ».

thumb|La tombe de la famille Triadou où est inhumée Françoise Rosay, au cimetière de Sorel-Moussel (Eure-et-Loir).

Domiciliée à Paris, rue de l'Université, elle meurt le à Montgeron, à l'âge de 82 ans des suites d'une intervention chirurgicale, après une carrière de plus de 60 ans : « Je n'ai pas du tout envie de vivre centenaire, disait-elle, ce ne serait pas poli. » Elle est inhumée au cimetière de Sorel-Moussel dans l'Eure-et-Loir.

Francoise Rosay est faite chevalière de la Légion d’honneur le , au titre de l’industrie et du commerce françaisJournal officiel, quotidien, 1957/09/22.. À la fin des années 1960, elle est devenue officière de la Légion d’honneurLe Monde, quotidien, 1974/03/30.

Famille Arrière-arrière petite-fille du général et baron de l'Empire, Gilbert Bandy de NalècheGoogle livre "Dictionnaire des parlementaires du Limousin sous la IIIe République" Page 31 de Jean Gammal, Pascal Plas et Guy Avizou, éditions Pulim, consulté le 19 mai 2021., Françoise Rosay est également la petite-fille de Louis Bandy de Nalèche qui reçut du pape Pie IX le titre de comte romain en 1861Site palisep.fr, page 45 sur la famille Bandy de Nalèche, consulté le 19 mai 2021..

Filmographie Cinéma

1911 : Falstaff de Henri Desfontaines, Clément Maurice 1915 : Les Vampires de Louis Feuillade 1916 : Têtes de femmes, femmes de tête (moyen métrage - 792 mètres) de Jacques Feyder 1916 : La Trouvaille de Buchu (court métrage - 141 min) de Jacques Feyder 1916 : Le Billard cassé (court métrage - 112 min) de Jacques Feyder 1917 : L'instinct est maître (court métrage) de Jacques Feyder 1917 : Abrégeons les formalités (court métrage - 185 min) de Jacques Feyder 1917 : Les Vieilles Femmes de l'hospice (court métrage - 523 min) de Jacques Feyder 1917 : Le Bluff (court métrage - 460 min) de Jacques Feyder 1918 : Le Frère de lait (court métrage - 180 min) de Jacques Feyder 1918 : La Faute d'orthographe (court métrage - 26 min) de Jacques Feyder 1922 : Crainquebille de Jacques Feyder : La cliente 1923 : Visages d'enfants de Jacques Feyder - F. Rosay est uniquement l'assistante de Feyder pendant une quinzaine de jours 1925 : Gribiche de Jacques Feyder : Maranet 1927 : Le Bateau de verre de Constantin J.David et Jacqueline Milliet : d'Arcy 1927 : Madame Récamier de Gaston Ravel : de Staël 1929 : Les Deux Timides de René Clair : La tante de Jules 1929 : The One Woman Idea de Berthold Viertel : Zuleide, la mère d'Alizar 1930 : The Playboy of Paris de Ludwig Berger – Non créditée au générique 1930: Si l'empereur savait ça de Jacques Feyder : la princesse Plata d'Ettingen 1930 : Le Procès de Mary Dugan de Marcel De Sano : la veuve 1931 : Soyons gais, version tournée en français de Let Us Be Gay : Boucijon 1931 : Le Petit Café de Ludwig Berger : Mlle Edwige 1931 : The Magnificent Lie de Berthold Viertel: Rosa Duchêne 1931 : La Chance de René Guissart : Mougeot 1931 : Quand on est belle d'Arthur Robison (version française de The Easiest Way de Jack Conway) : Elfie Brown 1931 : La Femme en homme d'Augusto Genina : La princesse Mary 1931 : Échec au roi de Léon d'Usseau et Henry de La Falaise : La reine de Bellonie 1931 : Casanova Wider Willen d'Edward Brophy (version allemande de Buster se marie d'Edward Sedgwick) : Angélique 1931 : Buster se marie d'Edward Brophy et Claude Autant-Lara : Angélique 1931 : Jenny Lind de Arthur Robison 1932 : Le Rosier de madame Husson de Dominique Bernard-Deschamps : Husson 1932 : La Pouponnière de Jean Boyer : Delannoy 1932 : Papa sans le savoir de Robert Wyler : Jacquet 1933 : L'Abbé Constantin de Jean-Paul Paulin : La comtesse de Laverdan 1933 : Tout pour rien de René Pujol : Bossu 1933 : Tambour battant d'André Beucler et Arthur Robison : La princesse mère 1933 : Remous d'Edmond T. Gréville : Gardanne 1933 : Coralie et Compagnie d'Alberto Cavalcanti : Coralie, couturière 1934 : Vers l'abîme de Hans Steinhoff et Serge Veber : Sylvia 1934: Maternité de Jean Choux : Duchemin 1934 : Die Insel, version allemande de Vers l'abîme de Hans Steinhoff : Sylvia 1934 : Le Grand Jeu de Jacques Feyder : Blanche 1934 : Le Billet de mille de Marc Didier : Une comtesse russe 1935 : La Kermesse héroïque de Jacques Feyder : Cornélia, la bourgmestre 1935 : Pension Mimosas de Jacques Feyder : Louise Noblet 1935 : Marie des Angoisses de Michel Bernheim : de Quersac 1935 : Marchand d'amour d'Edmond T. Gréville : Clara 1935 : Die klugen Frauen, version allemande de La Kermesse héroïque de Jacques Feyder : Cornélia, la bourgmestre 1935 : Gangster malgré lui d'André Hugon 1936 : Le Secret de Polichinelle d'André Berthomieu : Jouvenel 1936 : Die Letzten Vier von Santa Cruz de Werner Klingler : Nadja Danow 1936 : La Symphonie des brigands (The Robber Symphony) de Friedrich Feher : La diseuse de bonne aventure