vignette|Malaisie au présent La Malaisie actuelle résulte de l'entrée en 1963 des territoires britanniques de Bornéo devenus indépendants, Sabah et Sarawak, dans la fédération de Malaisie (1948-1963), elle-même devenue indépendante en 1957.
En 2024, la population du pays est d'environ d'individus, se dénommant Malaisiens/Malaisiennes sans se soucier des anciennes appellations de Chinois de Malaisie ou d'Indiens de Malaisie. La est estimée à . Pour mémoire, la population globale était (en millions) de 30 en 2013, 20 en 1994, 15 en 1983, 10 en 1967, 8 en 1960, 5 en 1949.
Préhistoire & protohistoire
Préhistoire de l'Asie du Sud-Est
Insulinde, Austronésiens (3500-2000 AEC), Australoïde, Hoabinhien
Peuplement de l'Asie du Sud-Est Sites archéologiques d'Asie du Sud-Est
(11500 AEC, Chine)
Langues malayo-polynésiennes (langues austronésiennes)
Jusqu'au On a trouvé dans la vallée de Bujang des vestiges hindou-bouddhiques qu'on a datés du ou
Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, mentionne, parmi les quelque cent « contrées tributaires » du royaume, les noms de Kalanten (Kelantan), Keda (Kedah), Kelang (Klang dans l'État de Selangor), Lengkasuka (Langkasuka), Pahang et Tringgano (Terengganu). En réalité, le territoire contrôlé par Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les « contrées tributaires » étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.
Selon la tradition, Parameswara, un prince de Palembang dans le sud de Sumatra, refusant la suzeraineté de Majapahit, se réfugie sur l'île de Temasek (l'actuelle Singapour), puis s'établit finalement sur la côte ouest de la péninsule Malaise vers 1400 et fonde Malacca. Une mission chinoise se rend à Malacca en 1403.
Située en un point de passage obligé pour les échanges maritimes entre l'Inde et la Chine que contrôlent les marchands musulmans, Malacca devient le port le plus important d'Asie du Sud-Est. Le grand amiral chinois musulman Zheng He, qui mène sept expéditions vers l'Inde, le Moyen-Orient et l'Afrique de l'Est entre 1405 et 1433, fait plusieurs fois escale à Malacca. Les souverains de Malacca se convertissent à l'islam.
Une inscription à Pengkalan Kempas dans le Negeri Sembilan témoigne de la transition en train de s'opérer dans le pays. Écrite en malais, elle est constituée de deux parties. L'une est dans une écriture d'origine indienne semblable à celle de deux pierres tombales trouvées à en Aceh, dans le nord de Sumatra. Cette partie porte la date de 1385 de l'ère hindoue Saka, soit 1463 L'autre est rédigée en alphabet arabe.
Histoire de l'influence indienne en Asie du Sud-Est (dès 500 AEC) Indosphère
(150c-1475) Bouddhisme en Malaisie (, , estimations) Royaume de Tambralinga (897–1365) Atisha (982-1054), moine voyageur indien bengali bouddhiste Sriwijaya (650-1377), cité-État, thalassocratie commerciale (Sumatra), Invasion Chola de Sriwijaya (1025-1026) (1025-1068) (dès 878 à Malacca) (tombe musulmane à Brunei en 1264), Islam en Malaisie, Syariah (Malaisie) Sultanat de Kedah (1136) Royaume de Majapahit (1292-1527) Malacca (État) (1400), Sultanat de Malacca (1402-1511) Sultanant de Brunei (1405-présent) Johor, Sultanat de Johor (1528-1855, 1886-1942) (?)
L'arrivée des Européens () thumb|Fort hollandais de Malacca en 1780 Au , les Européens attirés par le commerce des épices arrivèrent après avoir cherché la route des Indes orientales pour supplanter le monopole arabe du commerce. Les Portugais, les Néerlandais et les Britanniques se sont successivement disputés le contrôle du détroit.
En 1511, une flotte portugaise partie de Goa en Inde sous le commandement du vice-roi Afonso de Albuquerque, s'empare de Malacca. Le sultan Mahmud déplace sa cour dans plusieurs lieux de la péninsule, pour finalement fonder Johor à la pointe sud en 1518. Johor tente à plusieurs reprises de reconquérir Malacca, sans succès. En 1536, une attaque portugaise inflige de telles pertes à Johor que le sultan Alauddin Riayat Shah I (règne 1529-64?) doit traiter avec eux.
La prospérité de Malacca reposait sur un réseau commercial dans lequel les Portugais n'arrivent pas à s'intégrer. Malacca périclite rapidement.
Le royaume d'Aceh dans le nord de Sumatra parvient à capter une part importante de l'activité des marchands musulmans. Les sont marqués par la rivalité entre Aceh et Johor, qui tentent tous deux de reprendre Malacca aux Portugais.
Comme les autres Européens, les Anglais cherchaient à avoir un accès direct aux régions productrices d'épices, l'archipel des Moluques. En 1591, James Lancaster obtient l'autorisation de la reine Elisabeth d'entreprendre la première expédition anglaise vers l'archipel indonésien. Il se rend en Aceh et à Penang, dans le sultanat de Kedah, mais le voyage est une catastrophe. La Compagnie anglaise des Indes orientales est fondée en 1600.
Alliés à Johor, qui espère reconquérir Malacca, les Hollandais prennent à leur tour la ville en 1641. Pour assurer leur approvisionnement en étain, ils passent ensuite une série d'accords commerciaux avec plusieurs États de la péninsule, dont Kedah en 1642, Ujung Salang en 1643 et Perak, où ils établissent un poste. En 1651, la garnison de Perak est attaquée et détruite par les Malais. En 1660, la VOC abandonne Ujung Salang.
(1509-1541) Prise de Malacca (1511) (1511-1641)
Siège de Malacca (1606) (), (Créoles portugais de Malacca)
L'implantation britannique () Le est caractérisé par les visées des Birmans du royaume d'Ava et des Siamois du royaume d'Ayutthaya sur la péninsule Malaise, dont ils ne sont séparés que par l'isthme de Kra. À l'époque, le sultanat de Terengganu est vassal du royaume de Siam. Le sultan de Kedah cède Penang à la Compagnie anglaise des Indes Orientales en 1786 en échange d'une protection militaire contre la menace birmane et siamoise. Le capitaine Francis Light y fonde un poste militaire et un comptoir commercial.
La Compagnie passe en 1761 un accord avec le sultanat de Sulu (dans le sud des Philippines actuelles), qui en 1703 avait obtenu du sultan de Brunei, en reconnaissance d'une aide pour combattre une rébellion, des territoires dans le nord de Bornéo. Les Anglais y établissent un comptoir.
En 1795, Guillaume V d'Orange-Nassau, dernier stathouder des Provinces-Unies, se réfugie en Angleterre devant l'invasion des armées françaises. D'Angleterre, il envoie une série d'instructions à ses administrateurs pour qu'ils cèdent les territoires néerlandais à l'Angleterre. Les Anglais occupent Malacca.
, Thomas Stamford Raffles, lieutenant-gouverneur de Bengkulu dans le sud de Sumatra, établit un comptoir commercial à la pointe sud de la péninsule. Raffles négocie avec le sultan de Johor et obtient la cession de l'île de Temasek, où il fonde Singapour en 1819. Le développement de cette nouvelle colonie dépasse très rapidement celui de Penang.
vignette|400px|Évolution de la Malaisie 1800-2000 En 1821, le Siam envahit Kedah et crée le sultanat de Perlis en le détachant de Kedah.
Par le Traité de Londres de 1824, les Hollandais cèdent finalement Malacca aux Anglais. Ce traité consacre la division du monde malais en deux parties, entre les futures Malaisie et Indonésie.
En 1826 Malacca, Penang et Singapour, sous le nom de Straits Settlements (« Établissements des détroits »), sont placés sous l'administration de la Compagnie britannique des Indes orientales, dont le siège est à Calcutta dans les Indes britanniques. Le sultanat de Johor, qui avait conservé le siège de son gouvernement à Singapour, le réinstalle sur la péninsule.
En 1839 un Anglais du nom de James Brooke (1803-68) achète, avec son modeste héritage, un yacht qu'il arme et avec lequel il part pour Singapour. De là, il se rend à Bornéo en quête d'aventure. Il se met au service d'un prince du sultanat de Brunei, en proie à une guerre civile. En 1841, il est récompensé en étant nommé raja (gouverneur) de la région de Kuching. C'est le point de départ d'un extraordinaire empire privé que Brooke et ses deux successeurs, les raja blancs, étendent.
Jusqu'en 1841, le nord de la Malaisie faisait partie du diocèse de Siam (aujourd'hui Thaïlande), diocèse confié aux Missions étrangères de Paris (MEP). En 1841, le Pape Grégoire XVI confia à cette même société missionnaire française le reste du territoire de la Malaisie. Ainsi, les missionnaires catholiques assuraient une présence continue de Bangkok jusqu'à Singapour. La présence de catholiques romains à Penang remonte à l'origine de la colonie. Dès 1810, des paroisses catholiques étaient desservies par des missionnaires des MEP.. La compagne du capitaine Francis Light, Martina Rozell, était elle-même catholique. Et c'est parmi les Eurasiens catholiques que l'administration coloniale britannique recrute ses premiers fonctionnaires et administrateurs.
L'administration des colonies est transférée à Londres en 1867. À cette époque, l'attitude des Britanniques à l'égard des États malais devient plus agressive. En l'espace de dix ans la plupart de la côte occidentale de la péninsule est tombée sous influence britannique.
Au début du , les guerres napoléoniennes avaient entraîné une récession de l'activité des Européens en Asie du Sud-Est. Elle permet aux marchands musulmans, Malais du détroit de Malacca et des côtes de Bornéo et habitants de Sulu et de Mindanao, de développer de nouveau un commerce actif. Avec la fin des guerres napoléoniennes, les Européens retrouvent leurs ambitions dans la région. L'antagonisme est inévitable avec le commerce musulman. Cette période a donné naissance à l'image du « pirate malais » dont les romans de Joseph Conrad (1857-1924) ou de Emilio Salgari (1862-1911) se font encore l'écho à la fin du .
Les négociants de ces comptoirs ont vu le gouvernement britannique intervenir dans leurs affaires, notamment dans les États malais producteurs d'étain. Les sultans malais refusaient que leurs sujets soient employés par les étrangers. L'administration britannique doit donc recourir à l'immigration de main d'œuvre. Des milliers de coolies venus de Chine travaillèrent dans les mines puis rapidement s'établirent comme négociants. L'exploitation des palmeraies nécessita l'importation d'Indiens venu surtout du Sud de l'Inde. Les Indiens du Nord furent choisis comme suppléants de l'administration et de la police. Cette politique explique la diversité des populations dans la Malaisie d'aujourd'hui.
Ces politiques racistes et classistes furent rapidement dénoncées. À la suite des perturbations créées par les sociétés secrètes chinoises et la guerre civile, la diplomatie britannique de la canonnière a dû être utilisée pour parvenir à une résolution qui a favorisé les négociants.
Le protectorat britannique thumb|upright=1.3|Les différents statuts en 1922 des futurs états fédérés malais : les États malais fédérés et leurs districts (en jaune), les États malais non fédérés (en bleu) et les Établissements des détroits (en rouge). Finalement, en 1874, les Britanniques signent le traité de Pangkor avec le sultanat de Perak, où ils installent un resident. C'est le début de l'intervention britannique dans les affaires des États malais. Les Britanniques installent également des residents dans les sultanats du Negeri Sembilan et de Selangor.
En 1877, le sultan de Sulu (sud des actuelles Philippines) donne en bail à la British North Borneo Chartered Company ses possessions dans le nord de Bornéo. La compagnie prend en charge l’administration de ce territoire, ainsi que d'autres obtenus du sultan de Brunei, en 1881. Bornéo du Nord devient protectorat britannique en 1888. Cette même année, les Britanniques nomment un resident auprès du sultan de Pahang.