Saint-Pierre-en-Faucigny est une commune française située dans le nord du département de la Haute-Savoie, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Centre urbain située dans la province de Faucigny (d'où son nom), la commune comptait en . Elle est née de la fusion en 1965 des communes de Passeirier, Saint-Maurice-de-Rumilly et de Saint-Pierre-de-Rumilly..

Géographie Situation Localisation Saint-Pierre-en-Faucigny est situé entre Bonneville et La Roche-sur-Foron. Elle occupe le cône de déjection du Borne en confluence avec l'Arve.

Entre la Pointe d'Andey () au sud-est et l'Arve au nord, entre « Bourre » (ruisseau s'écoulant depuis « sur Cou » , vers Amancy) à l'ouest et le Borne à l'est sur .

Saint-Pierre est limitée par les communes de Bonneville, Le Petit-Bornand-les-Glières, Saint-Laurent, Amancy et Arenthon. La commune est composée d'une mosaïque de hameaux et lieux-dits dont chacun mériterait une description toponymique. On peut citer : Bornette, Toisinges, les Tattes, Prêlaz, Delairaz, Passeirier, la Serthaz, Blansin, la Perrière, Le Peteray, Saint-Maurice-de-Rumilly, les Contamines...

Géologie et relief Saint-Pierre est située dans les Préalpes (massif calcaire provenant des dépôts sédimentaires de la mer urgonienne). Les reliefs actuels résultent du travail des glaciers du quaternaire.

La vallée de l'Arve doit son existence à un glacier géant qui du massif du mont Blanc rejoignait le glacier du Rhône au niveau du Léman. La moraine latérale créa une sédimentation importante qui donna naissance aux terrasses de Saint-Laurent et Saint-Sixt.

Le recul du glacier a laissé sur le plateau des Bornes, un dépôt de roches cristallines (granit, gneiss, protogine) ainsi que des blocs urgoniens provenant d'un éboulement de la Pointe d'Andey () survenu dans la cluse du Borne et dont les traces sont encore visibles à « Termine » (hameau de la commune de Le Petit-Bornand-les-Glières.

Le « Haut-Rumilly » (Saint-Pierre et Saint-Maurice) se trouvent sur le cône de déjection du glacier du Borne qui à la fin de la glaciation (Würm) va repousser l'Arve contre le Môle () et faire stagner l'eau qui donna naissance aux marais de Bonneville.

Du Trias à la fin du Crétacé, le massif est immergé, les sédiments se déposent.La dernière poussée alpine provoque des plissements, des fractures et des chevauchements cette complexité se remarque dans la montagne « sur Cou » ().

Hydrographie À Saint-Pierre, l'eau est partout présente avec les torrents (nants), ruisseaux, bédières et en sous-sol avec une nappe phréatique de . la commune fait partie du bassin versant de l'Arve qui donne son nom à la vallée.

Cette nappe d'eau souterraine prend naissance grâce au Borne dont l'eau s'infiltre dans le calcaire urgonien et par une géologie gravitaire. Le Borne et la pluie filtrée par le sol sont des composants neutres et la spécificité du calcaire assure la pureté de la nappe.

La consommation d'eau potable dépend peu de la nappe phréatique qui alimente surtout La Roche-sur-Foron et Bonneville (pompage de Passeirier). La montagne de Cou, la Pointe d'Andey et le plateau de Saint-Laurent fournissent les captages de Marny, Prélaz, Delairaz, Varlin et Arcine, l'eau qui alimente Passeirer vient du pompage de Blandet. Bourre et Restat (issu du plateau de Saint-Laurent), deux Nants de sur Cou fournissent l'essentiel de l'eau potable.

L'Arve longe la commune sur , il sépare Saint-Pierre de la commune de Bonneville.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bonneville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Flore Forêt La forêt occupe une partie importante de la commune de Saint-Pierre. En 1972 le conseil municipal, à la suite de la fusion des communes de 1965, décide la réunion des anciennes forêts afin d'en déterminer une meilleure gestion.

Saint-Maurice-de-Rumilly : 34 ha 45 Saint-Pierre-de-Rumilly : 75 ha 36 Section de Delairaz : 19 ha 67 Section de Prélaz : 23 ha 29 Soit : 152 ha 77.

Il convient d'ajouter 10 ha 70 des soumissions de 1967 afin de constituer une seule forêt dénommée Forêt communale de Saint-Pierre-en-Faucigny qui occupe donc : 163 ha 47 a, sans compter une parcelle privée, sise au Coudray de 15 ha..

Principalement cette forêt est située sur la rive gauche de l'Arve et du Borne, de la cote , sur le chemin de Dessy, (en limite de Bonneville), jusqu'à , au-dessus du hameau de Prélaz. Elle borde les communes de Bonneville, le Petit-Bornand-les-Glières et Saint-Laurent.

La forêt est composée de 60 % de feuillus et 40 % de résineux dont : épicéa 63 %, sapin 23 %, pin sylvestre 11 %, épicéa de Serbie (picea omorika) 2 %, pin noir 0,7 % et mélèze 0,3 %.

Suivant les étages, l'exposition ou la fertilité du sol on observe une végétation particulière : dans les stations sèches on découvre une végétation xérophile de type méditerranéen ; où le sol est plus profond et l'atmosphère moins chaude, on retrouve celle des Alpes du Nord.

Végétation des stations sèches : chêne pubescent, érable à feuilles d'obier, le cytise des Alpes, l'amélanchier, raisin d'ours... Végétation des stations plus fraîches : hêtre, frêne, fruitiers, chêne sessile, viorne, noisetier, aubépine...

Fleurs Les principales fleurs que l'on découvre en bordure de forêt ou en sous-bois sont : la Bruyère des neiges (Erica carnea — fleur rare et protégée), le muguet, le polygale faux-buis, le lys martagon, le cytise...

Faune La taille de la forêt de Saint-Pierre lui permet d’accueillir la faune des communes environnantes notamment celle de Le Petit-Bornand-les-Glières. Chevreuils, chamois (vers ), cerfs, sangliers, écureuils, renards, blaireaux peuplent, parfois selon la saison, cette forêt.

Voies de communication et transports

Urbanisme Typologie Au , Saint-Pierre-en-Faucigny est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de ClusesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Cluses comprend quatre villes-centres (Bonneville, Cluses, La Roche-sur-Foron, Scionzier) et quatorze communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (39 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (50,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (27,9 %), forêts (25,7 %), zones agricoles hétérogènes (22,7 %), prairies (11,3 %), terres arables (5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,6 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Toponymie Le nom de la commune est Saint-Pierre-en-Faucigny à la suite de la fusion de trois anciennes communes et paroisses : Passeirier, Saint-Maurice-de-Rumilly et de Saint-Pierre-de-Rumilly en 1965. La paroisse est dédiée à saint Pierre l'apôtre.

Rumilly-sous-Cornillon, devenu Saint-Pierre-de-Rumilly viendrait de Romiliacum-Rumiliacum « Petite Rome » ou du nom de la déesse des nourrices et des enfants, Rumilia avec le suffixe -iacum (« qui appartient à »).. Ce vocable expliquerait qu'au la paroisse fut dédiée à sainte Agathe, patronne des nourrices..

L'ancienne commune de Passeirier (Passere en 1153, Passeryeu en 1250, Passeyrie en 1302, ou encore Passeiry au cours du ) prend son nom d'un domaine gallo-romain *Passeriacum..

Le toponyme Sauterens, à l'emplacement d'une ancienne tour, proviendrait d'un patronyme, . Il s'agit très probablement du dérivé médiéval de , qui désigne un magistrat communal, chargé des forêts, un garde-champêtreRevue savoisienne, Volumes 49 à 51, Académie florimontane, 1908, .. Charge qui par la suite se serait transmise. Dans les comptes de la châtellenie du , une famille Tréper (Trappier) venue du Valais s'efforça de mettre en valeur les plaines et montagnes par un défrichement le lieu..

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Rmiyi, selon la graphie de Conflans..

Histoire Période antique vignette|Territoire des Allobroges.|alt=Carte montrant le territoire des Allobroges. La Romana Allobrogica La domination romaine sur le peuple Allobroge se fait essentiellement pour contrôler les accès aux cols reliant les deux versants des Alpes.