thumb|Un billig moderne fonctionnant au gaz Un billig en breton, portant de nombreux autres noms en gallo ou en français, est une plaque épaisse circulaire en fonte d'une quarantaine de centimètres de diamètre, utilisée en cuisine bretonne pour faire cuire les crêpes de froment ou de sarrasin, et les galettes (en breton Krampouez).
Anciennement chauffée au bois, la plaque est à présent chauffée au gaz ou à l'électricité. Elle s'utilise avec un rozell (petit râteau plat) et un spanell (spatule).
La plaque et ses accessoires portent de nombreux noms suivant les langues et les lieux de Bretagne.
Étymologie et autres appellations
En Basse-Bretagne En Basse-Bretagne, il se nomme , nom féminin en breton ; () étant la forme mutée (lénifiée) après l'article défini « ar » : « ar billig ».
En français billig est utilisé au masculin ou au fémininNathalie Beauvais, Bretagne, éd. Hachette Pratique, 2015, page 19, le déterminant en breton signifiant indifféremment « le » ou « la » sans distinction de genre.
Le mot pillig étant féminin, une mutation (de p en b) s'applique naturellement sur la première lettre lorsque le mot est employé au singulier : dire donc ar billig ; et ar pilligoù au pluriel.
En breton, le mot est également employé.
En Haute-Bretagne En Haute-Bretagne, l'instrument est désigné comme crépière, tuile, galetier, pierre, gachoué ou gaofferoué en gallo. Le terme galtouer est attesté en 1588 dans une cheminée du manoir de la Crochaye au Plessix-Balisson.
Les différents termes ont une racine probablement commune : jalet en gallo et en breton, tous deux signifiant « galet ».
Description vignette|Tuile à galettes en fonte du . L'anneau permet de suspendre la plaque quand elle ne sert pas. - Collections du musée de Bretagne. La plaque, d'un diamètre variant généralement entre 33 et 60 centimètres, est historiquement posée sur un trépied métallique.
À l'origine une pierre ronde, donnant son étymologie à l'appareil, ou une plaque en terre cuite, la plaque de cuisson est en fonte depuis le .
Avant l'apparition de l'électricité ou du gaz dans les campagnes bretonnes, la cuisson se faisait au feu de bois. Le trépied permet d'enserrer de petits fagots de bois secs enflammés suivant une méthode particulière ; pour cuisiner à l'extérieur, la plaque est posée sur un fourneau cylindrique.
Au courant du , le bois est progressivement remplacé par l'électricité ou le gaz, le trépied étant conservé afin d'isoler la source de chaleur du mobilier supportant la plaque de fonte.
Les plaques modernes sont en fonte usinée, ce qui nécessite une opération de culottage pour en préparer la surface, à l'aide d'huile ou de « lardiguel » (mélange d'œuf et de matière grasse — saindoux ou huile).
Ustensiles vignette|Rouable en bois vignette|Caillebotis à galette ou hèche. La pâte à crêpe est étalée à l'aide d'un petit râteau plat, nommé en Basse-Bretagne, ou parfois . En Haute-Bretagne, on dit un rouable ou une raclette.
Sitôt cuite, la crêpe est décollée et retournée avec une grande spatule, nommée , ou en Basse-Bretagne ; tournette ou viroué en Haute-Bretagne.
La spanell est en buis ou en frêne, maintenant on en fabrique en peuplier, et des spatules métalliques sont même parfois utilisées ; autrefois, elles constituaient des objets d'art avec des variations locales, et un manche souvent sculpté. Quant à la forme, les tournettes de la région de Rennes présentaient une pointe carrée ; celles de Redon étaient assez larges pour retourner une galette entière.
En Haute-Bretagne, les galettes fraîches sont placées sur une « hèche » (aussi nommée « cliae » ou un « hec »).
Une terrine contenant la pâte complète l'ensemble.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Articles connexes
Krampouz Crêpière (ustensile de cuisine)
Catégorie:Cuisine bretonne Catégorie:Appareil de cuisson Catégorie:Mot breton