Le championnat du monde des voitures de sport (World Sportscar Championship ou WSC), également connu sous le nom de « championnat du monde d'endurance », est un championnat de courses d'endurance sur circuit, ouvert aux voitures de sport et sport-prototypes, se tenant sur différents circuits à travers le monde, organisé et régi par la FIA de 1953 à 1992.

Le nom de ce championnat a changé au cours des années. on l'a toutefois généralement connu comme « championnat du monde des voitures de sport » depuis son commencement en 1953.

Le championnat du monde des voitures de sport est, avec le championnat du monde de Formule 1, l'un des deux principaux championnats du monde dans la course automobile sur circuit.

Outre les 18 victoires de Porsche toutes catégories confondues, il a couronné en douze années (de 1981 à 1992) en catégorie Pilotes trois concurrents, chacun comme double-champion et vice-champion : Jacky Ickx (1982 et 1983, vice-champion en 1984), Derek Bell (1985 et 1986, vice-champion en 1983) et Jean-Louis Schlesser (1989 et 1990, vice-champion en 1988).

Histoire 1953 à 1961

Dans les premières années du championnat, les courses de légende comme les Mille Miglia, la Carrera Panamericana et la Targa Florio sont présentes au calendrier, suivies par les 24 Heures du Mans et les 12 Heures de Sebring (également les 24 Heures de Spa en 1953). Les constructeurs comme Ferrari, Jaguar, Mercedes-Benz, Porsche et Aston Martin entrent en compétition avec parfois des pilotes professionnels ayant de l'expérience en Formule 1, ou parfois de simples « gentlemen drivers ». Les catégories se divisent en deux, les GT (carrosserie fermée) et les voitures de Sport (carrosserie ouverte), puis en sous-catégories suivant la cylindrée du moteur.

1962 à 1967 En 1962, le calendrier est augmenté par l'apport de plus petites épreuves comme les courses de côte, car la FIA essaye de privilégier les voitures de Grand Tourisme, sans succès.

Mais surtout cette période voit une lutte sans merci entre Ford et Ferrari, remportée par la petite usine italienne en 1962, 1963, 1964 et 1965, puis par le géant américain (avec ses GT40 MkII puis ses MkIV de 7 litres de cylindrée en 1966 et 1967), l'escalade de moyens et de vitesse conduisant la Fédération à créer dès 1968 une limite à 5 litres pour la catégorie Sport réservée à des voitures construites à au moins 50 exemplaires, et à 3 litres (comme la Formule 1) pour la catégorie Prototypes.

La lutte entre Ford et Ferrari s'étend à la catégorie GT, puisqu'aux Ferrari 250 GTO alignées de 1962 à 1964 par l'usine de Modena. Ford oppose à Ferrari d'abord les AC Cobra, puis surtout les Cobra Daytona dont la ligne est fortement inspirée des GTO, mais, étant propulsées par un moteur 7 litres, dépassent en performance les Ferrari. Enzo Ferrari tente de faire bénéficier pour 1965 sa 250LM à moteur central de l'homologation des 250 à moteur avant, mais la FIA refuse et le Commandatore se retire de la catégorie GT en signe de protestation.

Parallèlement, des voitures originales comme les Chaparral à moteur Chevrolet 7 litres ou la Howmet TX à turbine voient le jour pendant cette période faste, que beaucoup considèrent comme l'âge d'or des courses d'automobiles d'endurance et du championnat WSC.

1968 à 1981 À partir de 1968, l'équilibre entre les catégories S (voitures de sport de de cylindrée) et P (prototypes de de cylindrée) est réel, avec pour résultat une lutte entre, d'un côté, les lourdes GT40 et Lola T70 et, de l'autre, les légères Matra, Ferrari, Alfa Romeo équipées de moteurs dérivés de la F1.

Porsche, de son côté, engage les 906 en catégorie Sport 2 litres et la 908 en catégorie Prototypes 3 litres. À l'annonce de la FIA que le minimum pour la catégorie Sport va être abaissé dès 1969 à 25 exemplaires au lieu de 50, Ferdinand Piech réussit à convaincre la direction du constructeur allemand de lancer la fabrication à 25 exemplaires d'un véritable prototype de 5 litres de cylindrée : c'est la célèbre 917, aux débuts difficiles en raison d'un équilibre aérodynamique perfectible, mais dominatrice dès 1970 avec une nouvelle carrosserie.

Ferrari décide de relever le défi et de construire lui aussi un prototype de 5 litres à 25 exemplaires, de sorte que l'édition 1970 des 24 h du Mans, où l'affrontement a lieu, reste dans les annales.

Affolée par les vitesses atteintes par les 917 en 1971 (392 km/h dans les Hunaudières), la FIA décide alors de supprimer à partir de 1972 la catégorie Sport pour laisser place uniquement aux prototypes trois litres (essentiellement les Ferrari 312, Matra 660 ou 670, Alfa Romeo 33 et de nombreux prototypes à moteur Ford Cosworth, comme les Gulf Mirage de John Wyer).

Mais après le retrait fin 1973 de Ferrari, battu par Matra, puis de Matra fin 1974, les constructeurs perdent petit à petit l'intérêt pour ce championnat. Les prototypes restants en compétition (des châssis de Lola et de Chevron motorisés par des moteurs de Formule 2 Ford et BMW équipant des écuries privées) courent dans un championnat européen d'endurance qui se tient pendant une saison, en 1978.

De 1976 à 1981, le championnat du monde des marques est créé et ouvert aux voitures de production spéciale du Groupe 5 et aux voitures de GT du Groupe 4. C'est pendant cette période que l'on voit les Porsche 935 dominer largement le championnat d'endurance. Lorsque les prototypes reviennent, ils ne peuvent vaincre la quantité de Porsche 935 présentes sur les circuits, ni contrer l'expérience acquise des Lancia Beta Montecarlo.

En 1981, la FIA institue également un championnat « Pilotes ».

1982 à 1992 En 1982, la FIA essaye de parer à une inquiétante montée en puissance des moteurs dans la catégorie GT, en présentant une nouvelle catégorie spécifique à l'endurance appelée Groupe C, une catégorie pour les Sport-prototypes fermés (voitures de courses spécifiques) avec une limite en consommation de carburant (la théorie étant que, en limitant la consommation de carburant, la règlementation sur les moteurs pourrait en contrepartie être plus libre). Tandis que ce changement s'avère fâcheux pour certaines équipes privées, le soutien des constructeurs aux nouveaux règlements est immense. Plusieurs des constructeurs de la « vieille garde » reviennent au WSC dans les deux années suivantes, accroissant la diversité du championnat. Selon les nouvelles règles, il est théoriquement possible que les moteurs atmosphériques concurrencent les moteurs turbo-compressés chers à entretenir qui avaient dominé le championnat dans les années 1970 et le début des années 1980. En outre, la plupart des courses se courent sur une distance de 500 ou kilomètres, habituellement allant de trois et six heures, respectivement. Il est question ici de faire allusion à des courses comme les 6h de Spa , les 24h du Mans... Ainsi il est possible pour les différents concurrents de souligner l'aspect de « résistance » de leurs automobiles. Les voitures du Groupe B, une catégorie de GT, sont autorisées à continuer de concourir, mais les engagements dans cette catégorie sont rares, ce qui conduit à leur disparition, en raison aussi de la domination des Sport-prototypes au championnat.

Porsche est le premier constructeur à rejoindre le championnat, avec les 956, mais bientôt plusieurs autres marques rejoignent la compétition comme Jaguar, Mercedes-Benz, Nissan, Toyota, Mazda et Aston Martin. À mesure que les coûts augmentent, la catégorie C2 (à l'origine appelée C junior) est créée pour accueillir des équipes privées et les petits constructeurs, avec davantage de limites à la consommation de carburant. Dans cette catégorie, la plupart des voitures utilisent le moteur de la BMW M1 ou le nouveau Cosworth DFL, mais, comme dans la catégorie principale, une variété de solutions est utilisée par chaque constructeur indépendant. Alba, Tiga, Spice et Ecurie Ecosse sont parmi les plus performants dans cette catégorie. Tandis que le Groupe C voit de nouveaux constructeurs s'engager dans le championnat, c'est encore Porsche - avec ses 956 et 962, qui continue à dominer.

Bien que la catégorie Groupe C soit un succès, les nouvelles règles présentées par la FIA pour le championnat du monde 1991 de voitures de sport entrainent l'apparition d'un nouveau type de Sport-prototypes : des machines de avec des moteurs de . Bien que la puissance est généralement plus faible que pour la plupart des voitures du groupe C (autour de comparé à près de ), ce type de voiture est considéré sur le papier comme parmi les plus rapides parmi les voitures de sport. Cependant, la mise en place de ces nouveaux règlements n'est pas populaire, et donc les nouvelles règles ne prennent pas leur plein effet avant la saison 1992. Seule une poignée de voitures construites conformément aux nouveaux règlements sont prêtes pour la saison 1992.

La nouvelle génération de moteurs de course WSC était prévue pour réduire les coûts et pour engendrer plus de concurrence, mais ces moteurs sont rapidement devenus plus chers que leurs prédécesseurs, et comme cela s'était déjà produit dans le passé, les constructeurs désertent le championnat. En particulier, Mercedes et Peugeot, les précédents vainqueurs partent en Formule 1, indiquant que les coûts sont semblables à ceux d'un programme de moteur de F1. Les coûts des moteurs plus « exotiques » deviennent exorbitants pour des équipes comme Spice et ADA, après que les grands constructeurs aient quitté les compétitions d'endurance, la fabrication s'étant pratiquement effondrée. Un manque d'engagements et de compétiteurs entraine une annulation de la saison 1993 avant le début de la première course, et la disparition du championnat.

1993 à 2011 vignette|droite|Trois Porsche 919 Hybrid aux 6 Heures de Spa 2015, deuxième manche du WEC 2015. En 1994, le titre de championnat du monde des voitures de sport part dans les mains de l'International Motor Sports Association (IMSA) aux États-Unis pour être utilisé dans les courses d'IMSA GT. Le nom est utilisé pour la catégorie supérieure des séries de prototypes jusqu'en 1998, puis la catégorie disparait.

Parallèlement, en 1994, se produit le retour des courses internationales de GT après une absence de plus d'une décennie, avec l'introduction du Championnat BPR. Le succès de la série amène la FIA à en prendre le contrôle en 1997, et celui-ci devient le championnat FIA GT. Les prototypes étaient principalement absents des circuits européens (le Mans étant l'unique exception) jusqu'en 1997, qui voit la création de l'International Sports Racing Series, série devenant en 1999 la Sports Racing World Cup, puis le FIA Sportscar Championship en 2001, avant de disparaître fin 2003 Endurance 50 ans d'histoire volume 3 Jean Marc Tesseidre page 234..

La FIA maintient toujours que les GT et les prototypes courent séparément, hormis dans les compétitions sanctionnées par l'ACO.

En 1999, Don Panoz obtient la permission de l'ACO d'appliquer son règlement pour des courses d'endurance sur le sol américain et fonde la série American Le Mans Series.

En 2010, l'ACO organise l'Intercontinental Le Mans Cup, qui est un championnat du monde basé sur les règles établies par ACO.

Le , l'annonce de la création du championnat du monde d'endurance FIA pour 2012 est officialisée lors d'une conférence de presse se tenant dans le cadre des 24 Heures du Mans 2011, en présence du président de la FIA, Jean Todt.

Depuis 2012

Le WEC traverse plusieurs périodes distinctes, différentes catégories et classes apparaissant et disparaissant.