vignette|300px|Le buisson ardent est un symbole largement utilisé par les Églises presbytériennes comme par les Églises réformées, ici par l'Église presbytérienne en Irlande. L'inscription latine signifie « brûlant mais florissant ». Une version plus ancienne de cette devise utilisée par les réformés français était (« il brûle mais ne se consume pas »)..

Le presbytérianisme est une forme du protestantisme calviniste qui s'est développée en Écosse puis, notamment, en Irlande du Nord et aux États-Unis. Les bases théologiques et ecclésiales en sont communes avec les églises réformées, mais l'usage a consacré le terme presbytérien pour désigner les églises, essentiellement anglophones, qui se situent dans une tradition héritée de l’Église d'Écosse. Les calvinistes anglais, qui sont généralement appelés puritains, sont pour la plupart restés au sein de l’Église d'Angleterre, qui conserve une confession de foi calviniste, la Confession de foi de Westminster, excepté ceux qui ont voulu rendre l’Église totalement indépendante de l’État, qui sont devenus les congrégationalistes (aussi appelés ou non-conformistes). Les efforts missionnaires très importants des presbytériens ont conduit à la création de nombreuses Églises presbytériennes dans le monde.

Étymologie et raison d'être du terme « presbytérien » vignette|John Knox. Les Églises presbytériennes doivent leur nom à leur forme d'organisation, le mot anglais signifiant « consistoire ».

Inspiré directement par Jean Calvin, au travers du réformateur écossais John Knox, le presbytérianisme rejette sur un plan dogmatique l'organisation hiérarchique du clergé de l'Église catholique (diacre, prêtre, évêque, etc.) et lui substitue des paliers décisionnels (du local au national). Chaque communauté locale possède son conseil ou consistoire. Dans les Églises organisées selon le système presbytérien synodal, une assemblée des représentants des consistoires forme un synode, et si la taille de l’Église l'exige, un synode national ou synode général regroupe les synodes. Le synode général est alors le détenteur du pouvoir décisionnel dans l’Église.

Cette forme d'organisation, dite système presbytérien synodal, est censée permettre une meilleure représentation des fidèles dans la direction de l'Église. Elle est sous-tendue sur le plan dogmatique par la notion de sacerdoce universel qui reconnaît à chaque fidèle un ministère ecclésiastique distinct, sans hiérarchie. Elle est apparue pour la première fois avec Calvin à Genève et s'est développée par la suite au en Écosse (avec John Knox), mais aussi en France (avec les huguenots) et aux Pays-Bas. Elle s'est aujourd'hui étendue au-delà, notamment à l’Église anglicane et à beaucoup d’Églises luthériennes, baptistes et autres.

Toutefois, dans l'usage, le terme « presbytérianisme » ou « presbytérien » reste limité aux églises, essentiellement anglophones, qui se situent dans une tradition héritée de l’Église d'Écosse, à quoi s'ajoutent de par le monde, les églises parfois non anglophones, issues des missions presbytériennes.

En Écosse, le terme kirk est généralement utilisé pour désigner une église presbytérienne locale. De manière informelle, le terme « The Kirk » désigne l'Église d'Écosse.

Doctrine et croyances Orientation doctrinale

La théologie presbytérienne est fondée sur le calvinisme, importé au en Écosse par John Knox après ses séjours à Genève aux côtés de Jean Calvin dans les années 1553-1556. Curieusement, ce sont les persécutions mariales qui l'ont contraint à quitter l’Écosse et lui ont permis de se familiariser pleinement avec la théologie de Jean Calvin.

Certaines traditions presbytériennes ne retiennent, pour caractériser leur doctrine, que la Confession de foi de Westminster, qui est la confession de foi historique des presbytériens comme des anglicans. De nombreuses confessions presbytériennes, particulièrement en Amérique du Nord, ont adopté l'ensemble des canons de Westminster comme subordinate standards (normes doctrinales subordonnées à la Bible, qui vient toujours en première place), à savoir la Confession de foi de Westminster, le grand catéchisme de Westminster et le petit catéchisme de Westminster. Ces documents sont calvinistes dans leur orientation doctrinale. L'église presbytérienne du Canada conserve la confession de foi de Westminster dans sa forme originale, tout en admettant que la période historique dans laquelle elle a été écrite doit être comprise lorsqu'elle est lue.

Dans l'Église d'Écosse, la Confession de foi de Westminster est « la principale norme subordonnée de l'Église », mais « en tenant dûment compte de la liberté d'opinion sur les points qui n'engagent pas la substance de la foi ». Cette formulation résulte de nombreuses années de lutte sur la mesure dans laquelle la confession reflète la Parole de Dieu et des cas de conscience de ceux qui ne croyaient pas que c'était complètement le cas (par exemple William Robertson Smith). Certaines Églises presbytériennes, telles que l’Église libre d'Écosse, n'ont pas de telle « clause de conscience ».

L’Église presbytérienne aux États-Unis a adopté un Livre des confessions, qui inclut d’autres confessions réformées en plus des canons de Westminster parmi lesquelles des confessions réformées du (la Confession écossaise, le Catéchisme de Heidelberg, la Deuxième Confession Helvétique) et d'autres du (Déclaration de Barmen, Confession de foi adoptée en 1967 par l’Église presbytérienne (États-Unis)).

L'Église presbytérienne au Canada a élaboré le document confessionnel Living Faith (1984) et le conserve comme norme subordonnée de la confession. Il a un format confessionnel, mais, comme la Confession de Westminster, il attire l'attention sur le texte original de la Bible.

Les presbytériens d’Irlande qui ont rejeté le calvinisme et les confessions de Westminster ont formé l’Église presbytérienne d'Irlande.

Sacrements vignette|Un sacrement écossais, peinture de Henry John Dobson Dans la ligne de Jean Calvin et de John Knox, les presbytériens sont unis sur la question des sacrements au nombre de deux : le baptême, généralement pratiqué par aspersion ou affusion plutôt que par immersion, sur les enfants. On recueille alors les engagements des parents, parrain et marraine. La sainte cène (ou communion), dans lequel ils croient que le Christ est présent par le Saint-Esprit, par opposition à la présence matérielle.

Mariage La plupart des Églises presbytériennes dans le monde soutient uniquement le mariage entre un homme et une femme Donald K. McKim, The Westminster Dictionary of Theological Terms, Second Edition: Revised and Expanded, Westminster John Knox Press, USA, 2014, p. 192.

Certaines Églises presbytériennes laissent le choix aux églises locales de décider pour les bénédictions de mariage entre personnes de même sexe, comme l'Église presbytérienne (États-Unis), l'Église presbytérienne unifiante d'Afrique australe et l'Église presbytérienne du Canada..

More Light Presbyterians rassemble 230 églises inclusives et Covenant Network of Presbyterians rassemble 439 églises inclusives en 2025 qui soutiennent les bénédictions de mariage entre personnes de même sexe .

Services religieux

vignette|Catéchèse presbytérienne au . Historiquement, le principe moteur dans l'élaboration des normes du culte presbytérien est le principe régulateur du culte élaboré par Jean Calvin et John Knox, qui spécifie que, dans le culte, ce qui n'est pas commandé est interditConfession de foi de Westminster, chapitre XXI, paragraphe I..

Les confessions presbytériennes qui retracent leur héritage aux îles britanniques organisent leurs services religieux en s'inspirant des principes d'ordre du culte établis par l'Assemblée de Westminster dans les années 1640. Ce texte a documenté les pratiques et la théologie du culte réformé adoptées et développées au cours du siècle précédent par les Puritains britanniques, initialement guidées par Jean Calvin et John Knox. Il a été promulgué comme loi par le Parlement écossais et est devenu l'un des documents fondateurs de la discipline des églises presbytériennes.

Au cours des siècles suivants, de nombreuses Églises presbytériennes ont modifié ces prescriptions en introduisant le chant d'hymnes en plus des psaumes, l'accompagnement instrumental et un certain cérémonial dans le culte. Il n'y a donc pas de style de culte presbytérien fixe. La plupart des Églises presbytériennes suivent le Calendrier liturgique traditionnel et observent les fêtes traditionnelles, les saisons saintes telles que l’Avent, Noël, le mercredi des Cendres, la Semaine Sainte, Pâques, la Pentecôte, etc. Les anciennes prières liturgiques et les répons aux services de communion et suivent un lectionnaire quotidien, saisonnier et festif. Certains presbytériens conservateurs, cependant, tels que les Églises presbytériennes réformées, pratiqueraient encore la psalmodie a cappella, en plus d'éviter la célébration des jours saints.

Dans certaines églises protestantes et évangéliques où participent des presbytériens, des vêtements sacerdotaux ont été réintroduits et la robe pastorale noire traditionnelle a été remplacée par des vêtements tels que l'aube, la chasuble, voire la soutane et le surplis, que certains considèrent comme représentatives d'un passé plus œcuménique.

Architecture presbytérienne vignette|L'Église presbytérienne de Cold Spring près de Cape May (New Jersey), reconstruite en 1823. vignette|upright=1.2|Quatrième église presbytérienne (Chicago), édifiée en 1914. Les premiers presbytériens faisaient soigneusement la distinction entre « l'église », qui se référait aux personnes et la « salle d'assemblée », qui était le bâtiment dans lequel l'église se réunissait, que les réformés francophones appelaient, pour les mêmes raisons, « le temple ». Les quakers ont conservé ce vocabulaire de « maison d'assemblée ». Jusqu'à la fin du , les maisons d'assemblée (maintenant appelées églises) sont restées très simples, tant extérieurement qu'intérieurement, la décoration intérieure dépouillée permettant aux fidèles de se concentrer sur le culte et la prière : aucun vitrail, aucun mobilier élaboré et aucune image ne s'y trouvaient. La chaire, souvent surélevée et uniquement accessible par un escalier, était la pièce maîtresse du mobilier. (Voir par exemple l'Église presbytérienne de Cold Spring ci-contre.)

À la fin du , un changement progressif a commencé à se produire. Des congrégations prospères, notamment aux États-Unis, ont construit des églises imposantes, comme la quatrième église presbytérienne de Chicago ou l'église presbytérienne de la cinquième avenue à New York, et bien d'autres.

Les églises presbytériennes ne possèdent pas de statues de saints, ni d'autel orné, typique des églises catholiques. En son lieu et place, on trouve une « table de communion », généralement au même niveau que la congrégation. Il peut y avoir un chancel entre la table de communion et le « chœur » derrière elle, qui peut contenir une table de type autel plus décorative, un chœur ou des stalles de chœur, un lutrin et un espace réservé aux pasteurs. Des fonts baptismaux se trouvent soit à l'entrée, soit à proximité du chœur.