Christine Angot (API : kʁis.tin ɑ̃.ɡo), née Schwartz le à Châteauroux (Indre), est une romancière, une dramaturge et une cinéaste française. Elle pratique fréquemment la lecture publique de ses textes, notamment sur scène.

L'œuvre littéraire de cette figure emblématique de l'autofiction ainsi que ses nombreux articles et ses interventions médiatiques suscitent la controverse. Depuis la parution de L'Inceste en 1999, elle est devenue une personnalité de la littérature francophone contemporaine, lauréate du prix France Culture en 2005, du prix de Flore en 2006, du prix Décembre en 2015 et du prix Médicis en 2021. Elle est membre de l’académie Goncourt depuis le 28 février 2023.. Son premier film en tant que réalisatrice, Une famille, sort le 20 mars 2024..

Biographie Enfance et études Christine Angot passe son enfance à Châteauroux, avec sa mère Rachel Schwartz, fille d'un juif d'Europe centrale, né en Alexandrie en ÉgypteVoir sur onlalu.com.Ainsi s'expliquent par exemple les inscriptions antisémites qui visaient la romancière, invitée au festival Les Émancipées qui se tenait à Vannes en , et dont la philosophe Sabine Prokhoris a dénoncé l'abjection dans une tribune du Monde en date du : ., et sa grand-mère maternelle, catholique. Son père, Pierre Angot, traducteur auprès des institutions européennes et pour la base aérienne américaine de Châteauroux-Déols, fils d'un rédacteur géographe pour le Guide MichelinChaque week-end, les premières pages d'un roman de la rentrée (5/7). Christine Angot : « Mon père et ma mère se sont rencontrés à Châteauroux », Libération, ., a quitté le foyer familial avant sa naissance et ne la reconnaîtra officiellement que lorsqu'elle aura quatorze ans. Elle prend alors le nom d'Angot.

Comme elle l'a confié au Monde, entre treize et seize ans, elle est violée à plusieurs reprises par son père. Elle raconte ces viols dans ses romans L'Inceste, Une semaine de vacances, Un amour impossible ainsi que dans Le Voyage dans l'Est..

Elle quitte Châteauroux et s'installe à Reims avec sa mère quand son père la reconnaît. Après le baccalauréat, elle entame des études d'anglais et de droit. Elle obtient un DEA de droit international public, sur l'imputabilité des crimes contre l'humanité en droit international, puis commence une spécialisation en droit européen au Collège d'Europe, à Bruges, qu'elle quitte en milieu d'année et dont elle n'est pas diplômée« Repères biographiques », laregledujeu.org, consulté le ..

Parcours littéraire Débuts Christine Angot se désintéresse alors de ses études et commence ses premières années d'écriture :

vignette|Christine Angot (années 1990) Dès lors, pendant six ansElle est mariée avec Claude Chastagner, elle est mère d'une fille, Léonore, et réside à Nice., ses manuscrits lui sont retournés par les maisons d'édition à qui elle propose ses textes. Elle ne publie son premier roman, Vu du ciel, qu'en 1990 chez Gallimard dans la collection « L'Arpenteur » dirigée par Gérard Bourgadier. Ce roman et les deux suivants, Not to Be et Léonore, toujours, connaissent une faible résonance médiatique et se vendent peuLe premier ouvrage, Vu du ciel, s'est vendu à , quand Not to be et Léonore, toujours à chacun. (Source : Christine Angot, L'Usage de la vie, Fayard, 1998, ).. Son quatrième manuscrit, Interview, est refusé par son éditeur. Angot quitte alors Gallimard à la suite d'un rapport de lecture qui lui est défavorable : Elle est ensuite éditée chez Fayard puis Stock, enfin par Jean-Marc RobertsChristine Angot, « Te perdre c'est aussi me perdre » : hommage à Jean-Marc Roberts, Libération, ..

Reconnaissance et critiques Christine Angot est propulsée sur le devant de la scène littéraire en 1999 avec la publication de L'Inceste, qui défraie la chronique littéraire et qui se vendra à près de Chiffre fourni par Christine Angot dans Quitter la ville et par Jean-Marc Roberts dans le magazine Lire, , ..

Le livre suscite un accueil médiatique et critique houleux. Pierre Jourde et Éric Naulleau dans Le Jourde & Naulleau notent que Au contraire, dans Le Monde, Josyane Savigneau écrit :

En 2005, elle obtient le prix France Culture pour Les Désaxés et Une partie du cœur« Angot et Kureishi prix France Culture », Libération, ..

En 2006, elle quitte Stock pour Flammarion où elle publie Rendez-vous qui obtient le prix de Flore« Le prix de Flore va à Christine Angot », Le Nouvel Observateur, ..

Elle entretient une courte liaison avec Doc Gynéco qu'elle a rencontré lors d'une foire littéraire.. Elle évoquera cette relation dans son roman Le Marché des amants paru en 2008.. Toujours en 2006, elle intervient régulièrement dans l'émission CampusArticle sur Buzz… littéraire., animée par Guillaume Durand sur France 2.

En 2007, elle prend pour agent littéraire Andrew Wylie qui négocie son transfert aux Éditions du Seuil en 2008Mohammed Aïssaoui, « Le contrat en or de Christine Angot », Le Figaro, .. Ce transfert est largement médiatisé en raison de la somme déboursée par la maison d'édition, Article sur les agents et transferts littéraires sur La Fabrique du livre, 2008.. Elle se met en couple avec Charly Clovis, musicien martiniquais et un des meilleurs amis de Doc Gynéco. et publie son roman Le Marché des amants dans lequel l'ex-compagne de Charly Clovis reconnaît une partie de sa propre vie..

En 2011, Angot fait son retour chez Flammarion, où elle publie Les Petits. À partir de la même année, elle fait partie du jury du prix Saint-Germain« Le prix Saint-Germain : rendez-vous le », bernard-henri-levy.com, consulté le . qu'elle préside en 2012.

En 2012, elle obtient le prix Sade pour Une semaine de vacances, court roman qui fait scandaleQuentin Girard, « Une semaine de vacances de Christine Angot reçoit le prix Sade », Libération, .. Son éditeur, Flammarion, avait pourtant annoncé qu'il ne souhaitait pas qu'elle reçoive ce prix, notamment pour lui donner plus de chances d'en obtenir un autre plus prestigieux« Christine Angot récompensée contre son gré par le prix Sade », Le Magazine littéraire, .. Elle refuse le prix, dans une lettre au président du jury, Emmanuel Pierrat.

Interprétation de ses œuvres vignette|Christine Angot à la librairie Les cahiers de Colette à Paris (5 avril 2014) Au-delà des lectures organisées dans les librairies, Christine Angot se produit régulièrement sur des scènes théâtrales, comme en 2000, au théâtre national de la Colline, où elle propose une lecture de Quitter la villeLe cas Angot, lexpress.fr, . – théâtre dans lequel, en 2008, elle ouvre le festival Mediapart avec une lecture de son roman Le Marché des amantsFestival Mediapart : Christine Angot à la Colline, Médiapart, ..

Plusieurs « événements » consacrés à son œuvre ont été organisés : en 2013, par exemple, durant le festival d'Avignon, Christine Angot, accompagnée de comédiens, propose des lectures, mises en scènes et conversations autour de ses œuvres dans la cour du musée Calvet. Le programme est retransmis sur France Culture sous le titre Une semaine de vacances avec Christine AngotUne semaine de vacances avec Christine Angot, France Culture, consulté le .. La même année, le théâtre Sorano à Toulouse lui est confié et propose, durant une semaine, des rencontres, des lectures et des projections avec, notamment, Laure Adler, Jacques-Alain Miller, Camille Laurens, Rachid O. et Tiphaine Samoyault, laregledujeu.org..

À partir de 2013, Angot se produit régulièrement à la Maison de la poésie à Paris, où elle propose notamment des lectures, maisondelapoesieparis.com, consulté le . et conférences, maisondelapoesieparis.com, consulté le . autour de ses livres et des lectures d'œuvres d'autres écrivains comme Marguerite Duras, maisondelapoesieparis.com, consulté le ..

Autres activités littéraires En , elle est la rédactrice en chef du supplément Libé des écrivains du journal LibérationL'écrivaine Christine Angot sera la rédactrice en chef du « Libé des écrivains » à retrouver demain en kiosques., liberation.fr, ..

Par ailleurs, Angot publie des récits« Mélodrague », Marie Claire, , ., ainsi que des articles en lien avec son travail d'écriture« Acte biographique », La Nouvelle Revue française, , . et qui évoquent la réception de ses livres« La Page noire », Libération, .« Non, non, non et non », Le Monde, ., ses apparitions médiatiques« Une femme sous influence vous influence », Livre Hebdo, 2000<. ou encore des sujets plus intimes« Sujet : l'amour », L'Infini, , 1999.« La Carte chance », Télérama, , 2011..

Des textes sont également publiés dans le magazine Epok, lorsque l'auteur y tenait la chronique « Le mot d'Angot », au début des années 2000.

Invitée du musée Eugène-Delacroix En 2017, Christine Angot se voit invitée par le musée national Eugène-Delacroix à Paris pour un accrochage « carte blanche » intitulé « Regards sur les collections », à la faveur duquel elle rédige divers cartels et met les œuvres en perspective avec sa vie et ses points de vue. Cette intervention est vivement déplorée et critiquée pour son égocentrisme et sa banalité..

Personnalité médiatique Christine Angot collabore régulièrement au journal Libération au sein duquel elle tient, en alternance avec d'autres écrivains, la chronique « Écritures »Chroniques de Christine Angot parues dans le journal Libération, consulté le .. Elle publie également, de façon fréquente, notamment dans Le Monde, Le Point ou encore Télérama, des chroniques sur la littérature et l'art (sur Emmanuel CarrèreChristine Angot, « Nous sommes tous des Jean-Marie Le Pen », Les Inrockuptibles, semaine du au ., Michel HouellebecqChristine Angot, « C'est pas le moment de chroniquer Houellebecq », Le Monde,., Van Gogh« Van Gogh : le suicidé de la société », Le Monde, ., Marguerite Duras par exemple), des réactions en lien avec l'actualité« Chère Christiane Taubira… », Libération, ., ainsi que des portraits de politiques (dont François Hollande« Dans la voiture de François Hollande », Le Point, , ., Ségolène Royal« Rendez-vous avec Ségolène Royal », Le Point, ., Dominique Strauss Kahn« Le Problème de DSK avec nous », Libération, ., Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen« Miss France : portrait de Marine Le Pen », Télérama, .) et de personnages médiatiques (Bernard-Henri LévyChristine Angot, « Plexus, solaire : portrait de BHL », Le Point, , ., Jean-Marc Roberts« Te perdre c'est aussi me perdre », Libération, .). À partir de 2016, elle collabore au journal Le Nouvel Observateur, pour lequel elle rédige des portraits des candidats à l'élection présidentielle de 2017.

Recrutée pour remplacer Vanessa Burggraf, elle est chroniqueuse de à , aux côtés de Yann Moix (2017-2018) puis de Charles Consigny (2018-2019), dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché, diffusée par France 2. Elle s'y distingue par des prises de position et des réactions polémiques. La période voit les audiences baisser, un essoufflement qui serait dû d'après François Jost, professeur en science de l'information et de la communication, à une perte de légitimité des chroniqueurs dans des échanges où la forme a pris le pas sur le fond. Jost souligne également l'« impopularité de Christine Angot » causée par son « incapacité à dialoguer », une attitude qu'il qualifie de « consternante », voire de « dramatique »..

Prises de positions politiques En , elle fait partie des signataires d'une lettre ouverte adressée au président de la République François Hollande, publiée dans Libération, qui s'oppose à la gestation pour autrui.

En , Christine Angot exhorte François Hollande à se représenter à l’élection présidentielle. Dans une lettre ouverte, elle affirme que celui-ci dans les situations exceptionnelles, a « Christine Angot écrit à François Hollande : “Ne désertez pas” », lejdd.fr, ..

Décorations (2 novembre 2023). ; officier le 17 janvier 2013Arrêté du portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Controverses Coups d'éclat à la télévision