est une société de production de cinéma américaine, créée en 1978 sous la forme d'une coentreprise entre Warner Bros. et cinq anciens cadres dirigeants de United Artists. En 1982, Orion fusionne avec Filmways et devient un distributeur indépendant sous le nom de Orion Pictures Corporation.
Parmi les premiers films produits par Orion, on peut citer C'était demain, Le Golf en folie et I Love You, je t'aime. Dans les années 1980, la société produit des films à grand spectacle comme Terminator, RoboCop et ses deux suites, mais aussi des films de Woody Allen, Amadeus de Miloš Forman, Platoon d'Oliver Stone, Danse avec les loups de Kevin Costner ou encore Le Silence des agneaux de Jonathan Demme. En 1986, le milliardaire John Kluge investit dans la société. Il en devient l'actionnaire principal, via sa société Metromedia, en 1988.
Au début des années 1990, Orion rencontre de graves difficultés financières et se met sous la protection de la loi sur les banqueroutes. Orion arrive à sortir de la banqueroute en 1996. En 1998, Metromedia revend Orion, ainsi que la Samuel Goldwyn Company et la Motion Picture Corporation of America, à Metro-Goldwyn-Mayer. À la suite du rachat de la MGM par Amazon en 2022, Orion fait désormais partie d'Amazon MGM Studios. Le catalogue de la période 1978-1982 d'Orion est cependant toujours détenu par Warner Bros..
Historique Les premières années Orion Pictures est créée en par Arthur B. Krim, et . Ils sont tous les trois d'anciens exécutifs de Transamerica, qui possédait alors le studio United Artists. Arthur B. Krim et Robert Benjamin dirigeaient United Artists depuis 1951 et avaient réussi à redresser le studio, alors en difficulté. Après le rachat d'UA par Transamerica en 1967, un désaccord s'était creusé entre Krim et le président de Transamerica, John R. Beckett, concernant les opérations du studio. Arthur Krim avait suggéré de scinder UA en une société distincte, ce que Beckett avait rejetéMedavoy and Young, .
Krim, Benjamin et Pleskow quittent United Artists le et seront suivis par les départs des vice-présidents principaux, William Bernstein et Mike Medavoy, trois jours plus tard. La semaine suivant ces démissions, selon le site Reference for Business, 63 personnalités importantes d'Hollywood publient une annonce dans un journal professionnel avertissant Transamerica qu'elle avait commis une erreur fatale en laissant partir les cinq hommes. Cette « erreur fatale » se concrétisera après le désastre financier du film La Porte du paradis de Michael Cimino sorti en 1980.. L'échec du long métrage poussera Transamerica à vendre UA à Metro-Goldwyn-Mayer (MGM).
En 1980, les cinq anciens d'UA signent un accord avec Warner Bros.. Ils fondent alors Orion Pictures Company, en référence à la constellation d'Orion qui, selon eux, possède cinq étoiles principales (elle en compte en réalité sept ou huit). Cette nouvelle société a alors pour seul objectif de financer des projets, laissant aux cinéastes une totale autonomie créative, concept déjà mis en œuvre avec succès chez United Artists. Orion dispose alors d'une ligne de crédit de 100 millions de dollars et ses films seront distribués par la Warner. Cependant, Orion bénéfice contractuellement d'une liberté totale en matière de distribution et de publicité, ainsi que du nombre et du type de films dans lesquels les dirigeants choisiraient d'investirMedavoy and Young, .
Dès , Orion signe ses premiers contrats, notamment un two-picture deal avec la société de production de John Travolta, ou avec d'autres célébrités comme Barbra Streisand, James Caan, Jane Fonda, Peter Sellers, Jon Voight, Burt Reynolds, Francis Ford Coppola, Blake Edwards, John Milius, Peter Frampton ou encore Ray StarkAssociated Press. "Top Stars Join Orion Pictures" Wilmington Morning Star (November 22, 1978; page 10-A). Retrieved November 2, 2011.. Orion signe un contrat avec EMI Films. Au cours de sa première année, Orion lance une quinzaine de films en production et est en négociations avec une douzaine d'autres acteurs, réalisateurs et producteurs.
Le premier film d'Orion, I Love You, je t'aime de George Roy Hill, sort en Medavoy and Young, . En , sort le film Elle de Blake Edwards, qui deviendra un succès commercial. Robert Benjamin décède peu après la sortie du film, le .
En 1980, Orion enchaine les films dont certains connaissent le succès commercial comme Le Golf en folie (1980) et Arthur (1981). Certains films sont des succès critique mais qui ne performent pas au box-office : The Great Santini (1979) et Le Prince de New York (1981) de Sidney Lumet. Par ailleurs, Orion produit les films de jeunes cinéastes comme Philip Kaufman (Les Seigneurs) et Nicholas Meyer (C'était demain). Orion assure par ailleurs la distribution de films étrangers comme le film britannique Monty Python : La Vie de Brian (1979). Parmi les 23 films sortis par Orion entre et , seulement un tiers d'entre eux sont rentablesMedavoy and Young, . Ainsi, les dirigeants d'Orion sont en conflit concernant le financement des films à gros budget. La société abandonne ainsi sa participation au projet Les Aventuriers de l'arche perdue de Steven SpielbergMedavoy and Young, .
Rupture avec Warner Bros. et échecs financiers Début 1982, Orion rompt ses liens de distribution avec Warner Bros. Dans le cadre de cet accord, les droits des films d'Orion réalisés jusque-là sont vendus à Warner Bros. Orion cherche alors à se doter de son propre réseau de distribution en acquérant une autre société disposant de telles capacités. Les quatre partenaires se sont intéressés à Allied Artists et Embassy PicturesMedavoy et Young, avant de choisir Filmways. Orion a ensuite rachète finalement Filmways et réorganisé l'entreprise en difficulté. De nouveaux employés sont embauchés et tous les actifs non liés au divertissement de Filmways (Grosset & Dunlap et ) ont été vendus. Orion devient un distributeur indépendant sous le nom de Orion Pictures Corporation.
Orion commence alors à se diversifier et se lance dans la production télévisuelle. Son plus grand succès télévisuel est Cagney et Lacey, série télévisée diffusée pendant sept saisons sur CBS. En 1983, Orion Pictures crée par ailleurs sa division art et essai, Orion Classics, avec des dirigeants qui avaient auparavant dirigé United Artists Classics.
En , Orion Pictures lance Orion Entertainment Group, un groupe réunissant Orion Television, Orion Home Video, Orion Pay Television et Orion Television Syndication, avec comme président. Cette même année, Orion connait d'importants échecs comme Cotton Club de Francis Ford Coppola, sorti fin 1984. Orion venait cependant de distribuer Amadeus de Miloš Forman, qui reçoit de nombreuses distinctions : huit Oscars (dont l'Oscar du meilleur film), quatre British Academy Film Awards ou encore quatre Golden Globes. Toujours en 1983, Orion distribue par ailleurs le film Terminator de James Cameron, mais ne participera pas au reste de la franchise.
L'année 1985 est très difficile pour Orion qui enchaîne les échec, à l'exception de deux d'entre eux : Sale temps pour un flic d'Andrew Davis et Recherche Susan désespérément de Susan SeidelmanKornbluth, Jesse (April 6, 1987). "The Little Studio that Could". New York Magazine. ..
En , Mario Kassar et Andrew Vajna, producteurs notamment de Rambo (1982, distribué par Orion) tentent d'acheter pour 55 millions de dollars d'actions du studio par l'intermédiaire de leur société, Anabasis. S'ils avaient réussi, ils auraient contrôlé le conseil d'administration et licencié tous les dirigeants, à l'exception d'Arthur B. Krim. Alors que Warburg Pincus limite alors sa participation de 20 % dans Orion à 5 %, le reste des actions est acquis par Viacom International. Viacom espérait alors utiliser les produits d'Orion pour sa chaîne de télévision payante ShowtimeMedavoy and Young, .. Orion s'étend à la distribution sur le marché de la vidéo avec la création d'Orion Home Entertainment Corporation en 1985. Plusieurs films seront diffusés sous la bannière Orion Home Video en 1987.
Rachat par Metromedia Le , Metromedia, société de télévision et de communication contrôlée par John Kluge (un ami d'Arthur Krim), achète une participation de 6,5 % dans Orion. Metromedia venait de céder son groupe de chaînes de télévision à la News Corporation de Rupert Murdoch. Orion renoue avec le succès en distribuant la comédie À fond la fac (1986) d'Alan Metter. L'année suivante, Orion distribue et/ou produit plusieurs succès critiques et commerciaux comme Platoon d'Oliver Stone (Oscar du meilleur film), Hannah et ses sœurs de Woody Allen et Le Grand Défi de David Anspaugh. L'année 1987 est également plutôt positive pour Orion avec RoboCop et Sens unique. À cette époque, la division télévision d'Orion s'est par ailleurs développée sur le marché lucratif des jeux télévisés, sous le nom de Century Towers Productions, en référence à l'adresse des locaux d'Orion. Elle produisait des reprises de formats hérités de la société , qui appartenait à Filmways depuis la fin des années 1960. Des jeux comme Hollywood Squares et sont ainsi produits. Cette même année, Len White, ancien dirigeant de CBS/Fox Video, devient président-directeur général d'Orion Home Video.
En 1987, John Kluge doit faire face à l'arrivée de Sumner Redstone, qui acquiert 6,42% des actions d'Orion. Via son entreprise acquiert Viacom. Cela lui permet d'avoir 21%, puis 26% d'Orion. Après cela, John Kluge réplique et commence à acheter davantage d'actions Orion, déclenchant une bataille avec Sumner Redstone pour le contrôle de la société. Le premier « remporte » la bataille en , lorsque Metromedia prend le contrôle d'environ 67 % d'Orion.
En 1989, Orion connait une nouvelle série d'échecs, dont Great Balls of Fire!, She-Devil, la diable et Cannonball 3. La même année, Orion signe un partenariat avec Nelson Entertainment.
En , Orion signe un contrat avec Columbia Pictures Entertainment. Le studio, bien plus important, s'engage à verser 175 millions de dollars à Orion pour distribuer ses films et émissions de télévision à l'étranger. Orion avait auparavant concédé ses films sous licence à des distributeurs individuels, territoire par territoire.. Peu après, Mike Medavoy quitte Orion pour diriger Tri-Star PicturesMedavoy and Young, .
Les résultats au box-office des films Orion de 1990 sont à nouveau décevants, comme Les Anges de la nuit et Hot Spot. Le seul point positif est la distribution du western Danse avec les loups de Kevin Costner, qui remporte sept Oscars, dont celui du meilleur film, et est un immense succès commercial mondian. Malgré ce succès, suivi de celui du Silence des agneaux, la société connait d'importants problèmes financiers.
1991–1996 : la faillite et Metromedia International Group John Kluge tente initialement de vendre Orion à l'homme d'affaires Marvin H. Davis, ancien propriétaire de 20th Century Fox. Sony, qui avait récemment acheté Columbia Pictures en 1989, est également intéressée.
Après l'échec de ces négociations échouèrent, John Kluge prend des mesures drastiques : Orion arrête la production la plupart des projets en cours sont vendus à d'autres studios (dont La Famille Addams à Paramount)Medavoy and Young, .. Les déboires financiers d'Orion font parfois mêle la risée d'Hollywood notamment lorsque Billy Crystal y fait référence dans son monologue d'ouverture lors de la cérémonie des Oscars :
Le , Orion est placée sous le Chapitre 11 de la loi sur les faillites.. Des projets de reprise d'Orion sont évoqués avec New Line Cinema (qui propose alors d'acheter 45% des actions et de payer 60 millions de dollars aux détenteurs d'obligations). Republic Pictures ou encore Savoy Pictures sont également des pistes, mais rien ne se concrétisera.