vignette|Portrait supposé de Pergolèse (Domenico Antonio Vaccaro ? - Museo Storico Musicale du Conservatoire San Pietro a Majella de Naples)Ce portrait a été offert en 1874 à l'ancien Collegio di musica San Sebastiano de Naples par le musicologue napolitain , ami de toujours de Vincenzo Bellini depuis leur jeunesse ensemble au Conservatoire. Le tableau a longtemps été qualifié de portrait de Pergolèse et a récemment été parfois attribué à Domenico Antonio Vaccaro (e.g. De Simone, p. 6), ce qui le ferait effectivement remonter à l'époque de Pergolèse. Jusqu'à présent, cependant, cette attribution n'a pas été partagée par le site du musée du Conservatoire de Naples, où le tableau est conservé []. D'ailleurs, en tant que portrait de Pergolèse, il n'apparaît guère compatible avec les deux caricatures de Ghezzi (également présentées dans cet article), qui sont certainement authentiques, quoique Radiciotti le juge le moins incompatible de tous les nombreux portraits imaginatifs du musicien qui nous sont parvenus (p. 260)..
dit en italien, Jean-Baptiste Pergolèse sous sa forme francisée, né le à Jesi, dans la province d'Ancône de la région italienne des Marches alors partie des États pontificaux et mort le à Pouzzoles près de Naples à l'âge de 26 ans, est un compositeur italien de la période baroque. Il est considéré comme l'un des plus grands musiciens italiens de la première moitié du et l'un des grands représentants de l'école napolitaine de musique.
Compositeur au talent précoce, il a réussi, malgré sa courte vie et sa brève activité, à créer des œuvres de haute valeur artistique et d'importance historique, parmi lesquelles La serva padrona, référence fondamentale pour le développement et la diffusion de l'opera buffa en Europe, L'Olimpiade, considéré comme l'un des chefs-d'œuvre des opera seria de la première moitié du "...one of the finest opere serie of the early eighteenth century" (Grout & Williams, p. 229)., et le Stabat Mater, parmi les plus importantes compositions de musique sacrée....
Biographie gauche|vignette|Vue des remparts de Jesi.
Si son nom lui vient de Pergola, ville de la région des Marches italiennes d’où sa famille était originaire, Giovanni Battista Pergolesi naît à plus au sud, dans la ville de Jesi, ville dont est également originaire Frédéric II, empereur du Saint-Empire romain germanique.
Enfant très doué, il est envoyé dès l’âge de douze ans au célèbre Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo à Naples où il est l’élève de professeurs réputés et exigeants dont Francesco Durante et Gaetano Greco.
Il y reçoit une solide formation musicale centrée sur l’apprentissage de la beauté et des difficultés, à la fois de la polyphonie utilisée dans la musique d'église et de l’opéra napolitain.
Son chef-d'œuvre de fin d'étude au conservatoire, , donné en 1731, le rend célèbre.
Sa jeune renommée lui fait recevoir immédiatement la commande de son premier opéra pour la saison du qui commence alors : . Il aurait dû être joué en hiver de la même année, mais il est retardé à la seconde moitié du mois de à cause de la mort subite du protagoniste (le castrat Nicolò Grimaldi) et ne connaît guère de succès. L'année suivante, sa comédie en musique, (Le Frère amoureux), a beaucoup plus de succès. En 1732, il devient maître de chapelle du prince Ferdinando Colonna Stigliano, écuyer du vice-roi de Naples.
Pergolèse écrit aussi des œuvres religieuses. Il compose ainsi, pour la ville de Naples qui vient d’être victime d’un violent séisme en 1732, sa grande Messe solennelle à dix voix, pour double chœur, deux orchestres et deux orgues, ainsi que des Vêpres solennelles à cinq voix. Ces allers et retours entre la musique profane et la musique sacrée sont alors fréquents pour les compositeurs de l’époque. Les compositeurs italiens font en effet jouer leurs œuvres profanes et religieuses pour un même public et avec le soutien des mêmes mécènes. Ils adaptent ainsi régulièrement leurs œuvres profanes en œuvres religieuse ou l’inverse, ce qui crée une proximité entre elles. Le jeune compositeur compose ensuite plusieurs opéras et autant d’intermezzos. En effet, ces intermèdes dans le goût napolitain sont de petites farces fort en vogue jouées pendant les entractes des pour distraire le public. Il fait jouer ainsi en 1733 (La Servante maîtresse), pendant les entractes de son opéra principal, . Cet intermède deviendra une œuvre autonome qui connaîtra un succès exceptionnel, tout comme , joué en 1734, qui connaît également une carrière indépendante de son opéra principal.
En 1735, la santé du jeune musicien commence à décliner et l’oblige à se retirer au début de l’année suivante au monastère des Capucins de Pouzzoles, près de Naples, où il compose ses dernières œuvres religieuses : probablement le Salve Regina, certainement son célèbre Stabat Mater, qui lui avait été commandé par son mécène, le duc de Maddaloni, et qui deviendra, à titre posthume, son œuvre la plus populaire.
Atteint d'une grave récidive de la tuberculose dont il souffrait depuis l'enfance, Pergolèse meurt le , à l'âge de vingt-six ans seulement, « bénéficiant d'une assistance médicale et spirituelle ; la tradition qui le dépeint dans l'abandon et la pauvreté est sans fondement ».
Postérité gauche|vignette|200x200px|La Mort de Pergolèse, après avoir écrit le Stabat Mater Dessin de Domenico Morelli - Galerie municipale d'art moderne et contemporain de Turin.
Malgré sa courte vie, la carrière de Pergolèse a été active mais elle n’a duré que six années et ne suscita, du vivant du compositeur, qu’un intérêt modeste.
Mais, comme l’indique l’historien et voyageur Charles Burney : . En effet, le mythe qui est né dans toute l’Europe autour de sa vie et de son œuvre après sa disparition représente un phénomène exceptionnel dans l’histoire de la musique. Mozart connaîtra après sa mort un engouement similaire.
Ainsi, plus de trois cents numéros d’opus lui ont été attribués dont seulement une trentaine a été reconnue par la critique moderne comme étant réellement de lui, phénomène qui témoigne de la réputation du compositeur.
Johann Sebastian Bach a adapté le Stabat Mater sous le titre de « Tilge, Höchster, meine Sünden », (BWV 1083).
Plusieurs années après la disparition de Pergolèse, la représentation à Paris, le , de par une troupe d’opéra comique italien déclencha la « Querelle des Bouffons » opposant les défenseurs de la musique française « ramistes » (coin du Roi) et les « rousseauistes » (coin de la Reine), partisans d’« italianiser » l’opéra français. Pour Jean-Jacques Rousseau justement, la et la de sa musique était l’éclatante démonstration de la supériorité de l’opéra italien sur la tragédie lyrique française. Le compositeur André Grétry quant à lui déclara : .
Dans son ballet , écrit en 1919, Igor Stravinsky s’est inspiré de certaines sonates en trio qui passaient alors pour être de Pergolèse, mais qui, depuis 1980, sont attribuées à Domenico Gallo.
Le romancier de science fiction Robert Silverberg lui a consacré une nouvelle intitulée Giannipubliée en français dans Compagnons secrets, traduit par Jacques Chambon, Denoël, Présence du futur 490, 1989, . en 1982 dans laquelle il imagine que le compositeur est récupéré à son époque et transporté dans le Los Angeles du , où il meurt très précocement des conséquences d'une vie dissolue…
vignette|« Signor Pergolèse, compositeur napolitain de musique, lequel est très bon et est mort à Naples le 7 février 1736, et avait beaucoup souffert de sa jambe gauche qui le faisait marcher en boitant »Carrozzo & Cimagalli, p. 326. (Pier Leone Ghezzi - Bibliothèque apostolique vaticane)Il s'agit de la seconde des deux caricatures esquissées par Pier Leone Ghezzi. Fabrizio Dorsi met en évidence la « contraction prononcée de la jambe gauche, signe d'antécédents probables de poliomyélite », qui obligeait le musicien à boiter..
Œuvres Ci-dessous ne sont listées que les œuvres considérées comme authentiques par la Fondazione Pergolesi Spontini et incluses dans leur édition complète des œuvres de Pergolèse commencée en 2012.
Œuvres lyriques
Opera seria (1732) Il Prigionier superbo (1733) Adriano in Siria (1734) L'Olimpiade (1735)
Opera buffa Lo Frate 'nnamorato (1732) Il Flaminio (1735)
Intermezzos La serva padrona (intermezzo pour Il prigionier superbo) (1733) Livietta e Tracollo (intermezzo pour Adriano in Siria) (1734)
Drame sacré
(1731)
Œuvres religieuses vignette|Autographe du Stabat Mater.
Oratorio (1731)Texte selon la publication tenue en 1737 (site Varianti all'opera par 3 universités).
Messes Messe en ré majeur (1731 (?)) pour deux chœurs Messe en fa majeur "Missa S. Emidio" (dite Missa Romana) (1732 (?)) à dix voix
Psaumes, motets et antiennes Deus in adjutorium (Domine ad adjuvandum me) (1732), motet pour chœur à 5 voix, hautbois, cor, cordes et basse continue Dixit Dominus (1732), psaume 109 pour soprano, 2 chœurs et 2 orchestres Confitebor tibi, Domine (1732), psaume 110 pour soprano, contralto, chœur , cordes et basse continue Laudate pueri Dominum (1734), psaume 112 pour soprano, chœur à cinq voix, violons, hautbois, cor et basse continue Sicut erat in principio In coelestibus regnis, antienne pour contralto, cordes et basse continue In hac die tam decora, motet pour soprano, contralto, ténor, 2 chœurs et orchestre en la mineur (1731), antienne pour soprano, cordes et basse continue en do mineur (1735), antienne pour soprano, cordes et basse continue en fa mineur (1736, révision du en do mineur), antienne pour contralto, cordes et basse continue
Séquence (1736), pour soprano, alto, cordes et basse continue Cantates
Questo è il piano, questo è il rio (1731), cantate pour contralto, cordes et basse continue Della città vicino, cantate pour soprano, cordes et basse continue Dalsigre, ahi mia Dalsigre, cantate pour soprano et basse continue Chi non ode e chi non vede ("Segreto tormento"), cantate pour soprano, cordes et basse continue Luce degli occhi miei, cantate pour soprano, cordes et basse continue Nel chiuso centro ("Orfeo"), cantate pour soprano, cordes et basse continue Œuvres instrumentales Concerto en en si bémol majeur pour violon, cordes et basse continue Sinfonia (Sonate) en fa majeur pour violoncelle et basse continue 2 sonates pour orgue
Œuvres didactiques
42 solfeggi à 2 voix 64 solfeggi à 3 voix
Hommages L'astéroïde (7622) Pergolesi est nommé en son honneur..
À Paris, la rue Pergolèse porte son nom.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . . p. 229. . . Livret de l’album , par Les Talens Lyriques, dirigé par Christophe Rousset, Label DECCA 1999, 466 134-2.
Articles connexes Opera seria Intermezzo (musique) Querelle des Bouffons
Liens externes Fondazione Pergolesi Spontini, Jesi
Notices et ressources
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