Le covoiturage est l'utilisation conjointe et organisée (à la différence de l'auto-stop) d'une voiture automobile, par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs tiers passagers, dans le but d'effectuer un trajet commun.
Le concept se distingue de l'autopartage, où une même voiture est utilisée par plusieurs utilisateurs successifs. Dans le cas du covoiturage, l'objectif est de mutualiser les trajets en voituresEn anglais, l'expression « » est aussi utilisée pour désigner le covoiturage (voir galerie d'images pendant la Seconde Guerre mondiale), mais elle désigne désormais plutôt l'autopartage (voir Carsharing)..
Il procure des avantages individuels (partager les dépenses de carburant et de maintenance, agrémenter les voyages, développer le lien social) et collectifs (augmenter le taux de remplissage des véhicules, diminuer les embouteillages et la pollution).. Le covoiturage contribue à la décarbonation des transports.
En France, le covoiturage est indemnisé dans la limite du barème fiscal kilométriqueBarème kilométrique 2015 : calcul des frais et indemnitésArrêt de la Cour de Cassation, 2013, ce qui permet au plus grand nombre de se déplacer. Le conducteur ne doit donc pas faire de bénéfices (l'argent qu'il reçoit doit correspondre au partage des frais liés au trajet)Avis de la Cour de cassation sur service-public.fr. Il dépend de la motivation des particuliers et repose en grande partie sur un principe collaboratif d'auto-organisation mais peut être encouragé, coorganisé ou aidé par des collectivités ou entreprises qui y trouvent divers bénéfices. Le mot ne fait son apparition dans la loi qu'à partir de 2015..
vignette|Panneau de covoiturage à Salmiech dans l'Aveyron (France).
Principe À la différence du taxi où le passager choisit la destination, en covoiturage, c'est le conducteur qui offre de partager son véhicule, éventuellement gratuitementMauss Marcel, « Essai sur le don. Forme et raison de l'échange dans les sociétés primitives », L'Année Sociologique, seconde série, Paris, 1923-1924.. Aussi, c'est lui qui fixe le trajet.
Un conducteur propose aux passagers de les transporter dans sa voiture pour un trajet (ou une portion de trajet) qu'il doit lui-même effectuer, et donc à la date et à l'heure qu'il a décidées. Généralement, le lieu de départ, déterminé à l'avance, est le même pour tout le monde.
À l'arrivée, le conducteur dépose les passagers là où lui-même s'arrête, ou bien à l'endroit que chacun souhaite, en évitant de faire un grand détour. Il peut alors laisser ses passagers par exemple à proximité d'un transport en commun ou bien là où un membre de la famille ou un ami pourront les prendre en charge.
Le conducteur peut demander à ce qu'un des passagers le remplace au volant afin qu'il puisse se reposer.
Le partage des frais est laissé à l'appréciation du conducteur. La formule la plus classique consiste à diviser le coût du carburant et des péages éventuels par le nombre de personnes. Les frais généraux tels que ceux d'entretien ou d'assurance peuvent être inclus dans le calcul du coût du trajet.
Le conducteur est tenu de ne pas faire de bénéfice, en particulier pour ne pas enfreindre la loi.. Certains demandent cependant une participation forfaitaire quel que soit le nombre de passagers. Certains sites web et applications mobiles de covoiturage sont totalement gratuits. Enfin, une alternative permise par application mobile est la mise en relation, par une application pour mobile, d'un piéton apte à conduire et d'un possesseur de véhicule qui ne veut ou ne peut pas conduire au moment du trajet.
On distingue le covoiturage à longue distance (à plus de ) du covoiturage à courte distance.
Covoiturage à courte distance Le covoiturage à courte distance correspond majoritairement aux trajets entre domicile et travail, qualifiés de réguliers. Il s'effectue souvent entre personnes de la même entreprise, université ou entre voisins. Cette pratique représente les deux tiers des trajets de covoiturage, elle a surtout lieu dans les grandes entreprises de plus de et les administrations..
Le covoiturage peut revêtir un caractère ponctuel ou occasionnel, en particulier dans le cas des loisirs ou des départs de dernière minute. La mise en relation se fait souvent au travers de sites internet, ce qui permet de diminuer considérablement les frais de déplacements, mais oblige généralement à voyager avec un ou des inconnus. Les participants à un événement (festival de musique, rencontre sportive, mariage, réunion associative ou institutionnelle…) peuvent s'organiser pour covoiturer vers le lieu de l'évènement. Dans ce mode de covoiturage ponctuel, tous les participants se rendent au même endroit à la même date.
Le covoiturage à courte distance s'avère informel, sous la forme par exemple de bancs à covoiturage, ou très organisé... La forme la plus organisée est la ligne de covoiturage.. Ces trajets réguliers se mettent progressivement en place, comme dans le Sundgau., ou en banlieue lyonnaise., développées notamment par Ecov.., entreprise solidaire présidée par Thomas Matagne. Selon lui, . Les lignes de covoiturage et d'autocars express seraient .
Selon une étude du Forum international des transports, dans le cadre de l'électrification et de la durabilité des transports, la mobilité privée diminuerait au profit de la micromobilité. et de la mobilité partagée (dont se réclame le covoiturage). Incidemment, la part des transports publics diminuerait également au profit des mobilités partagées. .
En France
Covoiturage à longue distance Le covoiturage est aussi utilisé pour les départs en vacances ou en week-ends, les économies réalisées sur un trajet étant d'autant plus grandes que le trajet est long. Ainsi le covoiturage devient une alternative de transport économique et accessible. Le développement du covoiturage à longue distance se fait au détriment du train, un peu plus de la moitié des covoitureurs de BlaBlaCar affirmant qu'en l'absence de covoiturage, ils auraient pris le rail..
Une enquête de l'Ademe auprès des utilisateurs du covoiturage à longue distance publiée en a mis en lumière le faible intérêt écologique du covoiturage longue distance, au contraire de celui à courte distance : en effet, 69 % des passagers et 24 % des conducteurs déclarent qu'ils auraient utilisé le train en l'absence du covoiturage ; de plus, 12 % et 8 % respectivement auraient renoncé a leur déplacement ; 3 % seulement déclarent que le covoiturage les a amenés à se séparer de leur voiture ; cependant, le covoiturage a amené 13 % d'entre eux à retarder l'accession à l'automobile. L'Ademe a calculé qu'au total, un kilomètre covoituré par un équipage entraîne une économie de seulement en voiture particulière, et a estimé l'économie de moyenne à 12 % seulementEnquête auprès des utilisateurs du covoiturage longue distance, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, août 2015.. Selon le magazine Science et Vie, qui apporte des précisions sur cette étude, en l'absence de covoiturage, 21 % des conducteurs se déplaceraient moins souventScience et Vie , juin 2016, ..
Histoire vignette|Le partage d'un véhicule est une tradition plus ou moins ancrée selon les régions du monde (ici à Pingyao), souvent associée à un besoin de voyager en dépensant moins, et qui présente l'avantage de moins encombrer la chaussée dans les régions densément peuplées. vignette|L'augmentation du nombre de passagers par véhicule peut assurer le transport de milliers de personnes supplémentaires tout en décongestionnant le réseau routier, qui cite notamment . La plupart des véhicules circulent avec trois ou quatre places libres. Une des solutions possibles est d'encourager les migrants journaliers à pratiquer le covoiturage..
Le covoiturage est né de dynamiques d'organisation de l'auto-stop dans les années 1950, par des associations telles que l'allemande , la belge Taxistop, la française Allostop (créée en 1958) et la canadienne Allo-Stop. L'apparition du mot « covoiturage » date de 1989. Depuis les années 1980, il représente une alternative de transport reconnue, qui s'étend dans le monde occidental. L'Internet a beaucoup contribué à l'émergence de cette pratique de transport en facilitant les contacts entre conducteurs et passagers.
Plusieurs pays s'inscrivent déjà dans la vague du covoiturage en mettant en place des aires de stationnement servant de points de chute, des voies réservées en cas d'embouteillage, etc. Au Canada, par exemple, toutes les autoroutes importantes autour des agglomérations comme Montréal, Toronto et Vancouver ont des voies réservées aux véhicules à occupation multiple (VOM)., ce qui accélère grandement l'accès aux centres-villes. Aux Pays-Bas, il existe des lifters plaats qui consistent en un trottoir d'environ un kilomètre à l'entrée des autoroutes. Ces trottoirs sécurisent les adeptes et servent autant aux covoitureurs qu'aux auto-stoppeurs.
Au-delà du transport entre personnes se connaissant (forcément assez limité), le covoiturage ne peut fonctionner que si un système manuel (association, centre d'appels, petites annonces, annonce radio, etc.) ou automatisé (site internet, babillards, échange de courriels ou de SMS), ou les deux, aide à mettre en relation conducteurs et passagers.
vignette|Aire de covoiturage instituée par le conseil général de l'Ariège.
De nombreux sites Internet permettent la proposition et la demande de covoiturages, qu'ils soient réguliers ou ponctuels, de proximité ou de longue distance. Dans ce dernier cas, certains sites offrent des moteurs de recherche en ligne pour le covoiturage, ce qui permet de calculer les trajets et les meilleures possibilités pour le conducteur et le passager. Ces services de babillard pour le covoiturage sont souvent gratuits et faciles à utiliser.
En France, le covoiturage se développe beaucoup même s'il représentait moins de 1 % en 2008.. Certaines difficultés juridiques freinent son développement. En 2009, la pratique du covoiturage suscite un réel engouement en France, grâce à son prix modeste et en raison des préoccupations environnementales des usagers et du développement d'Internet..
Après le lancement de BlaBlaCar en 2011, le covoiturage connaît un véritable essor en France. Ce site compte en 2021 plus de de membres inscrits en France ( en tout, sur les couverts). Les membres de BlaBlaCar représentent de trajets individuels par mois pour la France et par mois pour l'ensemble des membres..
En , en Ontario, une compagnie de bus locale, , tente d'interdire les activités de pour cause de concurrence déloyale. Le , l'autorité responsable, le Ontario Highway Transportation Board (OHTB) leur donne raison. Devant la pression des utilisateurs, la législation est cependant modifiée peu après pour élargir le concept de covoiturage..
Aux États-Unis, Robin Chase, fondatrice de Goloco, site de covoiturage américain, est citée parmi les 100 personnes les plus influentes de la Planète par le magazine Time en 2009..
Perspectives de développement Selon Stéphanie Vincent (LET / ENTPE), le covoiturage est encore en 2008 au début d'une « courbe d'innovation » ; Stéphanie VINCENT, La structuration de la pratique du covoiturage en France : jeu d'acteurs et institutionnalisation, LET / ENTPE. Un souhait de convivialité et les longues distances à parcourir, ainsi que l'augmentation du prix du carburant, incitent les gens à covoiturer., cependant une « barrière psychologique » existe et reste un des freins importants au développement du covoiturage en Europe. En 2000, le Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (CERTU), en France, constatait que Jean M., Covoiturage, car sharing, taxi : Partager l'usage de l'automobile : en France aussi ?, CERTU, France, Revue T.E.C., , 2000, vol. 158, (12 réf.).
Plusieurs actions peuvent encore accélérer le développement du covoiturage :