Les pélicans (du grec ) forment le genre d'oiseaux Pelecanus, unique représentant de la famille des Pelecanidae (ou pélécanidés), qui compte huit espèces vivantes.
Description vignette|gauche|Pélican brun (Pelecanus occidentalis) en mer au large de Cuba. vignette|Un pélican dans le au Bangladesh. Les pélicans sont de grands oiseaux aquatiques essentiellement piscivores, caractérisés par un grand bec muni d'une volumineuse poche extensible, le sac gulaire qui leur permet d'emmagasiner la nourriture.
Position systématique Le placement traditionnel des pélicans dans l'ordre des Pelecaniformes a été remis en question par la classification de Sibley-Ahlquist, qui les rangeait dans l'ordre élargi des ciconiidés.
Le Bec-en-sabot du Nil (Balaeniceps rex) a longtemps été classé dans cette famille, mais des études génétiques ont montré qu'il devait être placé dans une famille séparée, bien que proche, celle des balaenicipitidae.
Liste des espèces
D'après la classification de référence (version 14.1, 2024) de l'Union internationale des ornithologues, il y a 8 espèces du genre Pelecanus (ordre phylogénique) :
Le Pélican blanc (P. onocrotalus), le Pélican frisé (P. crispus) et le Pélican à lunettes (P. conspicillatus) et le Pélican d'Amérique (P. erythrorhynchos) sont des espèces qui nichent et dorment à terre en colonies denses et pêchent souvent en groupe.
Le Pélican gris (P. rufescens) et le Pélican à bec tacheté (P. philippensis) sont des espèces qui se dispersent pour s’alimenter, qui peuvent se percher dans les arbres et elles forment des colonies éparpillées.
Le Pélican thage (P. thagus) et le Pélican brun (P. occidentalis) peuvent plonger pour se nourrir et ce dernier est l'espèce la plus marine de pélican.
Espèces fossiles :
Morphologie La morphologie des pélicans se caractérise par un corps massif, de longues et larges ailes et un long bec muni d’une volumineuse poche extensible, appelée blague. Ils sont parmi les plus lourds oiseaux capables de voler. Le plus grand d’entre eux est le pélican frisé, avec une longueur totale allant jusqu’à , une envergure de et un poids maximum de . Les mâles ont tendance à être plus grands et plus lourds que les femelles, et à posséder un bec plus long. Ce bec peut atteindre chez le pélican blanc.
vignette|Pélican gris (Pelecanus rufescens) en train de nager. À la nage, leurs courtes pattes aux pieds entièrement palmés leur permettent une vitesse pouvant atteindre .
À la saison des nids, les zones dénudées, telles la peau de la face et la poche, se colorent vivement. Chez le pélican d’Amérique, une protubérance cornée se développe sur la mandibule supérieure.
Leur envol requiert un gros effort ; ils courent à la surface de l’eau, en battant vigoureusement des ailes. Pour parcourir de longues distances, ils dépendent des ascendances thermiques. Les pélicans peuvent voler jusqu’à 24 heures d’affilée et couvrir en un jour. La plus grande vitesse de vol a été chronométrée à .
Répartition Les pélicans habitaient originellement la quasi-totalité des zones tropicales et tempérées du monde. Ils ne manquaient que dans les zones froides des hautes latitudes, dans certains archipels très isolés et, semble-t-il, dans l'intérieur de l'Amérique du Sud. Mais ils ont disparu de très nombreuses régions, car ils étaient chassés par l'homme dès la Préhistoire, au même titre que la mégafaune, leurs œufs étaient récoltés, les pêcheurs les considéraient comme des concurrents, et plus récemment beaucoup de zones humides ont été asséchées. Aux temps modernes encore, l'aire de répartition de plusieurs espèces s'est fortement rétractée.
Par exemple, le Pélican frisé nidifiait dans une grande partie de l'Europe du Nord-Ouest, de la Grande Bretagne à la mer Baltique, mais il y a progressivement disparu entre le Néolithique et la fin du Moyen Âge du fait de la chasse puis de la destruction de leur habitat, au point que sa présence ancienne fut presque complètement oubliée dans cette partie de l'Europe. Ce sont les nombreux ossements découverts qui ont permis de prouver et de dater l'ancienne présence de l'espèceGijs Kurstjens, Chris van Turnhout, Joep de Leeuw, Geert Spanogh, Kansen kroeskoppelikaan in Nederland en Vlaanderen, Juillet 2021, .. L'ubiquité et l’adaptabilité naturelle des pélicans aux diverses zones humides, sous presque tous les climats, pose des interrogations sur les raisons de leur absence dans d'autres parties du monde, qui trouveront probablement des résolutions similaires.
Habitat vignette|Pélicans aux bouches du Danube. La plupart des espèces, qui ne plongent pas, sont adaptées aux faibles profondeurs d'eau et préfèrent donc les eaux douces. On les trouve souvent sur les grands lacs, dans les deltas, limans et d'autres vastes zones humides, marais inclus, mais on peut aussi trouver ces espèces dans des lagunes saumâtres et des estuaires ainsi que dans des mers intérieures, moins souvent le long des côtes. Le facteur le plus important est la présence de poissons qui peuvent être capturés aux profondeurs qui leur sont accessibles. Mais deux espèces américaines, capables de plonger profondément, préfèrent nettement les eaux marines et se rencontrent principalement sur les littoraux : Pelecanus occidentalis et Pelecanus thagus. Plusieurs espèces sont souvent vues dans des ports de pêche, à la recherche de déchets de poisson.
Mœurs La plupart des espèces de pélicans sont très grégaires ; ils nichent en colonies et forment des crèches de juvéniles ; ils se nourrissent en commun, se reposent ensemble et volent en grandes formations. Quelques espèces sont moins grégaires, notamment dans leur comportement alimentaire. Ils sont essentiellement diurnes. La pêche n’occupe qu’une assez petite durée dans la journée ; la plupart du temps est employé à se reposer, nettoyer et lisser le plumage, et aux interactions sociales. Les pélicans se livrent à une forme de “gymnastique” à base d'étirements de leurs membres et de leur poche.
Voix
Nourriture et alimentation Les pélicans consomment essentiellement des poissons, mais aussi des charognes, des insectes, des batraciens et de petits crustacés.. Les pélicans frisés et blancs sont aussi capables d’avaler occasionnellement de petits oiseaux aquatiques comme des canetons ou des oisons. Il arrive parfois que les pélicans s'attaquent à de plus grosses proies comme des pigeons, des canards ou de petits chiens.
Le pélican d’Amérique consomme à l’occasion des salamandres et des écrevisses, alors que le pélican à lunettes prend quelques crustacés. Les tout jeunes poussins sont alimentés avec un liquide régurgité, une sorte de “soupe de poissons”. Dès l’âge de deux semaines, ils sont nourris de poissons régurgités. Peu avant leur envol, les jeunes deviennent souvent plus trapus et plus lourds que leurs parents.
Les pélicans ont l’habitude de pêcher en groupe, cas de prédation coordonnée rare chez les oiseaux. Ils se rassemblent pour former un demi-cercle à la surface de l’eau, et repoussent devant eux les poissons vers les eaux peu profondes du bord. Tout en avançant, ils écartent les ailes et plongent simultanément leurs becs dans l’eau pour capturer les poissons. Parfois, ils palment lentement avec les becs longuement immergés formant comme une “senne”. Comme leurs becs ont une sensibilité tactile, ils peuvent détecter leurs proies sans les voir. Une autre variante, généralement employée sur les cours d’eau, consiste à former deux rangées parallèles qui nagent l’une vers l’autre. Le poisson n’est presque jamais transporté dans la poche, mais avalé dès sa capture.
Le Pélican brun utilise une technique de pêche totalement différente, qui rappelle celle des fous : lorsqu’en vol il aperçoit un poisson, il plonge tête la première, d’une hauteur de 10 à 20 mètres. Durant cette descente en piqué, les ailes sont maintenues en V, et la tête et le cou tendus vers l’avant. Au moment de l’impact avec la surface de l’eau, les ailes et les pattes sont repoussées vers l’arrière et le bec s’ouvre pour gober le poisson. L’oiseau peut disparaître entièrement sous l’eau. Chaque plongeon ne vise qu’un seul poisson.
Nidification Pour nicher, les pélicans ont besoin d’un emplacement adéquat, à l’abri des prédateurs terrestres, comme un banc de sable au milieu d’une lagune, et d’une source de nourriture suffisante pour approvisionner la colonie tout au long de la saison de reproduction. La nidification est saisonnière dans les régions tempérées, mais dans les pays tropicaux elle peut avoir lieu tout au long de l’année. Les pélicans sont presque toujours coloniaux, bien que les espèces nichant au sol forment des colonies plus denses que les nicheurs arboricoles. La colonie de pélicans blancs du lac Rukwa en Tanzanie, la plus grande de l’Ancien Monde, rassemble couples.
La formation du couple est très rapide, tout comme le choix de l’emplacement du nid et sa construction. Rien n’indique que le couple reste uni en dehors de la période de reproduction, et il semble probable qu’un nouveau couple se forme chaque année. C’est la femelle qui choisit l’emplacement du nid, et elle y reste pendant que le mâle lui apporte des matériaux. Les nids terrestres se résument à une cuvette grossière garnie de très peu de matériaux. Ils sont souvent contigus. Les nids arboricoles ont une structure plus élaborée et se composent d’une épaisse base de brindilles, parfois recouverte d’une couche de paille et d’herbes aquatiques ; les excréments des jeunes les consolident.
La ponte compte de 1 à 6 œufs, mais 2 est le nombre le plus fréquent. Leur poids va de 120 à . Ils sont ovales et bleu clair ou blanc jaunâtre, avec une surface crayeuse. Les deux sexes participent à la couvaison, qui dure de 30 à 36 jours. Comme il n’y a pas de plaques incubatrices, les œufs sont posés sur les pieds pour être couvés, un système également pratiqué par les cormorans. Nidicoles, les poussins éclosent nus et faibles, mais après 3 à 8 jours ils se couvrent de duvet.
Après 3 ou 4 semaines, les plumes des ailes et de la queue apparaissent, et à 8 semaines les jeunes sont totalement emplumés. Les jeunes des espèces nichant au sol abandonnent le nid à 4 semaines et se rassemblent en crèches de 10 à 100 individus. Le but de ces crèches est la thermorégulation, mais elles constituent aussi une protection contre les prédateurs. Dans cette masse mouvante de juvéniles, les parents n’alimentent que leurs propres jeunes. Les jeunes sont complètement emplumés après 70 à 85 jours et deviennent indépendants.
Les pélicans atteignent leur maturité sexuelle après 3 à 5 ans. Ils vivent assez longtemps et beaucoup atteignent au moins 15 à 25 ans dans la nature, alors que des oiseaux captifs ont vécu jusqu’à 54 ans.
Déplacement Une fois la nidification terminée, tant les adultes que les jeunes se dispersent, à la recherche de sites de nourrissage moins fréquentés. Quelques pélicans effectuent des migrations régulières. Le pélican d’Amérique niche surtout sur les lacs nord-américains, mais beaucoup d’entre eux hivernent dans le golfe du Mexique. Quelques espèces sont partiellement migratrices, tel le pélican blanc, dont les populations européennes gagnent l’Afrique, tandis que les nicheurs africains sont sédentaires. Le pélican frisé se disperse plus qu’il ne migre. Sur ces trajets, les pélicans s'avèrent d'excellents planeurs. Ils battent très peu des ailes mais cherchent des courants d'air ascendants afin de se laisser porter, puis se laissent planer jusqu'au prochain courant.
Relations avec l’homme vignette|150px|Pélican blanc familier quémandant de la nourriture, Paphos, Chypre.
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