La désignation de Bayer Gamma Sagittarii (γ Sgr / γ Sagittarii) est partagée par deux systèmes d'étoiles de la constellation du Sagittaire : γ Sagittarii ; γ Sagittarii.

Ils sont distants de 0,86° sur le fond du ciel et peuvent être séparés à l'œil nu.

Nomenclature Alnasl est le nom propre de Gamma Sagittarii / γSgr aujourd’hui approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI). C’est l’arabe النصل al-Naṣl, « la Pointe [de la Flèche], qui figure dans le traité de al-Tīzīnī (1533)(fr) Muḥammad al-Tīzīnī l-Muwaqqit, « al-kawākib al-ṯābita ou Table des étoiles fixes », dans Roland Laffitte, Des noms arabes pour les étoiles. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 179.. Thomas Hyde ne le transcrit pas mais Richard Allen (1899) le fait sous la forme Al Naṣl(en) Richard Hinkley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 357., probablement par le truchement Ludwig Ideler (1806) qui le signale sous al forme El-nasl (de) Ludwig Ideler, Historische Untersuchungen über die astronomischen Beobachtungen der Alten, Berlin : C. Quien, 1806, p. 185..

Autres noms empruntés à l’astronomie arabe :

Zujj al Nushshaba. C’est l’arabe النشّابة زجّ Zuğğ al-Nuššāba, « le Fer de la Flèche », plus précisément la flèche de bois utilisée par les Persans. par Thomas Hyde (1665) le transcrit Zugj AlNushâba dans sa traduction du یجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437) par Thomas Hyde (1665). Puis Johann Elert Bode (1801) l’introduit dans les catalogues sous la forme Zudsch el-nûschaba (la) Johann Elert Bode, 'Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissim astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. XV.</ref>, qui reprend exactement la transcription donnée par le philologue Friedrich Wilhelm Lach (1796) . C’est ensuite Richard Allen (1899) qui, en citant Thomas Hyde, mais en modifiant sa transcription sous la forme Zujj al Nushshabah Richard Hinkley Allen, Star-names..., op. cit., p. 357., permet à ce nom de se répandre dans les catalogues des XX et XXI siècles.

Al Wazl. C’est l’arabe الوصل al-Waṣl, « la Liaison », signalée par Richard Allen (1899) Ibid., p. 358., à partir de Simone Assemeni qui donne Alvassl (la) Simone Assemani, Globus coelestis arabico-cuficus Veliterni musei Borgiani, illustratus, praemissa de Arabum astronomia dissertatione, Patavii : typis semnarii, 1790, p. 155., et c’est à partir de là que le nom circule dans les catalogues.

Alwarida Prima. Ce nom est l’arabe الواردة. Pour le saisir il faut voir que l’espace gréco-arabe de Sagittarius est occupé, dans le ciel arabe traditionnel, par une grande scène animalière nommée النعايم al-Naᶜā’im, « les Autruches », qui correspond à la XX des manāzil al-qamar ou « stations lunaires » Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, pp. 198-203., et qui se répartit en deux groupes. L'un est الواردة النعايم al-Naᶜā’im al-Wārida, « les Autruches qui descendent boire » au Fleuve, en arabe النهر al-Nahar, qui est un des noms de la Voie lactée, tandis que l'autre est النعايم الصادرة al-Naᶜā’im al-Ṣādira, « les Autruches qui reviennent [de boire] ». Ces deux groupes sont articulés de part et d’autre de راحي النعايم Rāᶜī al-Naᶜā’im, « le Berger des Autruches ». Voir l’image intitulée « النعايم al-Naᶜā’im, la figure arabe des Autruches près de la voie lactée » dans la page consacrée à la constellation du Sagittaire.

On a donc الواردة النعايم al-Naᶜā’im al-Wārida, « les Autruches qui descendent [boire] » pour le groupe γηδε Sgr dans l’ordre normal des ascensions droites. Les étoiles de ce groupe sont individualisées dans des catalogues tardifs, notamment dans le traité de al-Tīzīnī (1533)<ref> (fr) Muḥammad al-Tīzīnī l-Muwaqqit, op. cit., p. 179.. L'étoile γ Sgr, a ainsi pour second nom اوّل الواردة Awwal al-Wārida, soit « la Première des [Autruches] qui reviennent [de boire] ». Le nom est transcrit Prima τῶν AlWârida par Thomas Hyde (1665) (la) Thomas Hyde, op. cit., p. 73.. Puis Johann Elert Bode (1801) introduit ce nom dans les catalogues sous la forme El Waridah Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissim astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. XV., exactement reprise de la transcription modifiée par le philologue Friedrich Wilhelm Lach (1796) Friedrich Wilhelm Lach, op. cit., p. 583.. Richard Allen (1899) donne les noms que pour les deux groupes d’étoiles sans les individuliser Richard Hinkley Allen, op. cit., p. 355.. C’est à partir de Bode que le nom apparaît sous la forme Waridah chez Harley Barlow Rumrill (1930) Harley Barlow Rumrill, « Star Name Pronunciation », in Publications of the Astronomical Society of the Pacific, vol. 48, n° 283 (1936), p. 146.. Mais le nom passe dans les catalogues contemporains à partir de la transcription Aoul al Waridah |i.e.] Prima τῶν al Warida’ Prima donnée par la présentation du traité de l’Égyptien Muḥammad al-Aḫsāsī l-Muwaqqit, Durrāt 'al-muḍiyya fī l-ᶜamal al-šamsiyya ou « Perles de brillance de l’activité solaire » par Edward Ball Knobel.

Références

Sagittarii, Gamma Catégorie:Constellation du Sagittaire Catégorie:Homonymie stellaire