est une chanson des Beatles, parue sur l'« Album blanc » le en Grande-Bretagne, et trois jours plus tard aux États-Unis. Si elle est en fait composée par l'unique Paul McCartney, elle est créditée Lennon/McCartney, comme toutes les chansons du groupe composées par John Lennon ou Paul McCartney, en collaboration ou non. Ce dernier l'enregistre seul à la guitare acoustique le aux studios EMI d'Abbey Road.

Le morceau trouve son inspiration dans la de Jean-Sébastien Bach. C'est en essayant de l'apprendre que McCartney en compose une variante, devenue . Les paroles s'inspirent du combat des Noirs américains pour leurs droits civiques en Amérique, représentés par l'image d'un merle noir blessé ( en anglais) qui se débat pour apprendre à voler. La musique consiste simplement en un à la guitare acoustique, accompagné du chant d'un merle en fond sonore dans le dernier couplet.

Historique Genèse thumb|left|alt=Un merle noir chantant|La métaphore du merle noir à l'aile brisée qui chante sa détresse fait référence aux Noirs qui font entendre leurs voix en Amérique. Deux versions différentes circulent au sujet de l'histoire de la création de . Une chose sûre est qu'elle est composée par Paul McCartney pendant le séjour des Beatles en Inde, entre février et ..

Selon la première version, McCartney s'est simplement réveillé un matin et a entendu un merle noir chanter. Il a pris sa guitare et s'est mis à « transcrire » le chant de l'oiseau en musique. La deuxième histoire suppose qu'il ait entendu à la radio des nouvelles concernant les tensions raciales aux États-Unis, et ait composé la chanson en référence aux Noirs américains (« » signifie littéralement « oiseau noir » tandis que « bird » est un mot d'argot en Angleterre pour désigner une jeune fille). Le journaliste Steve Turner réfute cette hypothèse, mentionnant que l'assassinat de Martin Luther King, qui a déclenché les émeutes d'avril 1968, s'est produit une semaine après que McCartney est revenu d'Inde le , avec sa composition déjà terminée.

Mais les tensions raciales et le mouvement afro-américain des droits civiques existaient déjà depuis des années et en fait le journaliste a tort. Ce sont les événements connus sous l'appellation des neuf de Little Rock qui ont inspiré cette chanson. Paul McCartney avait 15 ans au moment de l'affaire qui a eu un retentissement mondial à l'époque. Donc environ le même âge que certains des neuf et notamment d'une jeune fille que Paul McCartney rencontra longtemps plus tard à savoir Elizabeth Eckford, future militante des droits civiques. La rencontre eut lieu en 2016 dans les loges de son concert à Little Rock et l'anecdote est racontée par Paul McCartney lui-même. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) Suite en mi mineur pour luth BWV 996 Martha Goldstein, luth-clavecin noicon|center|frameless V Bourrée En fait, McCartney a expliqué que l'inspiration originale vient d'une composition de Bach, la , que George Harrison et lui tentaient d'apprendre depuis leur jeunesse. Incapable de la jouer correctement, il a développé sa propre mélodie en s'inspirant du jeu à deux voix : le pouce jouant la ligne de basse et les autres doigts la mélodie..

Paul McCartney ajoute foi à l'histoire des tensions raciales américaines ayant inspiré . Il explique : À ce propos, Paul McCartney évoque la militante afro-américaine Angela Davis comme étant la personne à laquelle il pensait en composant sa chanson « Quiz of the week's news », question 3, BBC News, 10 avril 2009. Consulté le 27 mars 2011.. Par ailleurs, lors d'un concert caritatif à New York en , avant d'entamer , il déclare : .

Enregistrement thumb|alt=La façade des studios Abbey Road, à Londres|L'entrée des studios EMI d'Abbey Road où est enregistrée la chanson, le 11 juin 1968. est enregistrée par Paul McCartney dans le studio 2 d'Abbey Road, dans la soirée du , alors que le studio 3 est occupé par John Lennon, qui travaille sur sa pièce expérimentale . Le producteur George Martin et les ingénieurs Geoff Emerick et Phil McDonald se promènent d'un studio à l'autre toute la soirée pour superviser les deux enregistrements.. vignette|gauche|Le chant du merle noir. La chanson est enregistrée en . McCartney ne fait que chanter en jouant de la guitare acoustique, accompagné par ce qui ressemble à un métronome marquant le tempo mais en réalité ce sont ses pieds marquant la mesure sur le sol du studio. Seuls deux sont effectués lors de la session. Le premier consiste en une piste de chant sur laquelle le musicien double sa propre voix. Ce procédé est devenu inhabituel en 1968, puisque depuis les Beatles utilisent principalement le doublage automatique (ADT) pour leurs parties vocales.. L'autre ajout sur bande est un enregistrement d'un merle chantant, enregistré dans un jardin par l'ingénieur du son Stuart Eltham en 1965, et trouvé dans la collection d'effets sonores des studios EMI, que John Lennon utilise beaucoup durant la soirée, pour ses collages sonores dans le studio 3. Cet effet sonore est mixé différemment en mono et en stéréo.

Reprises et utilisations La chanson a été reprise par une multitude d'artistes, notamment Jaco Pastorius, The Paragons, Drake Bell, Crosby, Stills & Nash, José Feliciano, Dave Grohl, Marillion, Jesse McCartney, Denny Laine, Bobby McFerrin, Billy Preston, Carly Simon, Evan Rachel Wood, Brad Mehldau, Petula Clark, Elliott Smith, les King's Singers et les Swingle Singers. Sarah McLachlan l'a interprétée pour la musique du film américain Sam, je suis Sam. Elle est aussi utilisée en 2011 dans la série américaine et cette version a atteint la position du Billboard Hot 100.. En 2019, une élève nommée Emma Stevens a publié une version de la chanson sur YouTube après qu'elle et son professeur de musique, Carter Chiasson, l'eurent enregistrée à l'école secondaire Allison Bernard, à Eskasoni, en Nouvelle-Écosse, pour souligner l'Année internationale des langues autochtones, proclamée par les Nations unies. Les paroles ont été traduites en mi'kmaq par une autre membre de la communauté, Katani Julianhttps://www.lapresse.ca/arts/musique/201907/08/01-5233121-paul-mccartney-emu-par-sa-rencontre-avec-emma-stevens.php. Paul McCartney lui-même a encensé cette reprise..

La chanson est utilisée sur , la bande sonore du spectacle éponyme du Cirque du Soleil. Elle introduit durant les premières une autre chanson de Paul McCartney, . Pour se fondre dans celle-ci, la musique a été abaissée d'un ton et fusionnée en une piste nommée « Love », Graham Calkin, 2006. Consulté le 26 mars 2011.. À la refonte du spectacle, en 2016, on rajoute au montage plusieurs mesures de plus comprenant certaines des paroles précédée de l'intro de la chansons It's All Too Much.

Analyse artistique Les paroles de la chanson décrivent un (). Le chanteur lui dit d'utiliser ses ailes brisées et d'apprendre à voler, puisqu' (). Le texte est métaphorique, l'oiseau se débattant pour voler illustrant bien les efforts des Afro-Américains pour faire entendre leurs droits depuis les années 1950.

est une ritournelle typiquement folk, dans le même esprit dépouillé que la plupart des chansons de l'« Album blanc », qui ont été composées en Inde sur les seuls instruments disponibles, des guitares acoustiques. Paul McCartney explique la simplicité de la chanson :

La chanson est dans la tonalité de sol majeur, et la signature rythmique varie constamment entre 3/4, 4/4 et 2/4. Paul McCartney joue de la guitare en , c'est-à-dire avec ses doigts, et non un médiator. Il chante seul pendant les couplets, puis sa voix est doublée pour les refrains « Notes on "Blackbird" », Allan W. Pollack, 1997. Consulté le 12 août 2010..

Fiche technique Interprètes Paul McCartney : chant, guitare acoustique, tapotements des pieds, boucles George Martin : production Stuart Eltham : effets sonores Geoff Emerick : prise de son Phil McDonald : prise de son (assistant)

Reprises Blackbird est une des chansons les plus reprises de l'histoire.. La liste qui suit est donc loin d'être exhaustive.

En pop/rock Crosby, Stills & Nash ont interprété plusieurs fois cette chanson, notamment au Festival de Woodstock en 1969. Elle apparait aussi sur les albums live Allies (1983), CSNY 1974 (2014) et Live at the Fillmore East, 1969 (2024). Billy Preston sur Music Is My Life (1972). Justin Hayward sur Classic Blue (1994). Phish sur Live Phish Volume 13 (1994), dans lequel ils reprennent toutes les chansons du White Album. Marillion sur Unplugged at the Walls (1998). Sarah McLachlan en 2001, pour la bande originale du film Sam, je suis Sam. Carly Simon sur Into White (2007). Neil Diamond sur Dreams (2010). Petula Clark sur From Now On (2016). Beyoncé sur Cowboy Carter (2024) qui atteint la position à sa première semaine du Billboard Hot 100.

En jazz Jaco Pastorius sur Word of Mouth (1981). Bobby McFerrin en a enregistré une version a cappella sur son album The Voice (1984). Le pianiste de jazz Brad Mehldau a enregistré cette chanson trois fois : en trio sur The Art of the Trio, Vol. 1 (1997) ; en duo avec Anne Sofie von Otter sur Love Songs ; en piano solo sur son album 10 Years solo live (2015). Biréli Lagrène et Sylvain Luc sur Duet (1999). Sara Gazarek en a fait un medley avec Bye Bye Blackbird sur Yours (2005) et Dream in the Blue (2016). Hiromi Uehara l'a reprise sur son album Spectrum (2019)https://www.discogs.com/Hiromi-Spectrum/release/14151819. Cory Wong l'a reprise en 2020 sur son album acoustique Trail Songs (Dusk).

En reggae The Paragons (1973).

Au cinéma Dans le film d'animation Baby Boss (2017).

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes The Beatles (album) Liste des chansons des Beatles

Liens externes

Liste de reprises de la chanson

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