Les Riaux est un quartier du de Marseille situé dans le secteur ( et arrondissements) dans la partie nord de la ville. Il est parfois considéré comme l'un des quartiers de L'Estaque, comme l'Estaque Plage, l'Estaque Gare et les Hauts de l'Estaque. Le secteur des Riaux est en limite du territoire Marseillais, juste avant le Rove. Ce secteur est doté d'un fort patrimoine industriel mais également d'un fort patrimoine culturel, en effet, sa position entre bord de mer et colline fit aussi le bonheur des peintres les plus illustres.. Ainsi beaucoup de personnes l'appellent Estaque Riaux, alors que « Les Riaux » est un quartier administratif de Marseille, tout comme les trois autres quartiers du , St André, St Henri et l'Estaque.
Étymologie À l'Ouest du village de l'Estaque, se situe le quartier des Riaux, Riau, prononcé « ri-au », est un nom provençal qui signifie « ruisseau ». Le Riau est un petit ruisseau qui traverse une petite partie des quartiers nord de Marseille. Ici au pluriel et précédé de l'article défini les Riaux. À noter aussi qu'on parlait du valat de Riaux pour évoquer le fossé, actuel vallon de Riaux.. Le quartier éponyme est ainsi nommé parce qu'il est traversé par le ruisseau des Riaux. Celui-ci a laissé des témoins de son activité antérieure, il fut en effet, un ruisseau actif, qui au cours des temps préhistoriques a alimenté en eau douce, les tribus installées dans les grottes et autres abris bordant son lit à différentes altitudes.
Géographie
Le quartier des Riaux est délimité par la montée Antoine-Castejon, la voie ferrée, La Nerthe, par les usines, et par le chemin du littoral (Route de l'Estaque Plage). Ce quartier fait désormais partie de L'Estaque, l'un des quartiers de Marseille, où passe le viaduc des Riaux (voir plus bas).
Les Riaux, sont à environ du centre-ville de Marseille, le quartier est l'un des trois sous-quartier de l'Estaque (Estaque plage, Estaque gare, Estaque Riaux), il est limitrophe des communes du Rove, de Gignac-la-Nerthe et plus au nord des Pennes-Mirabeau. Il fait partie du bassin de Séon, un secteur côtier encadré par la chaîne de la Nerthe. Le quartier est coupé par deux voies ferrées (Paris Lyon Marseille, et La côte bleue), et doté d'une route qui longe le littoral. Le terrain est calcaire et argileux, défiguré encore aujourd'hui par les carrières. C'est un petit quartier de Marseille divisé lui-même en micro-quartiers. La voirie est complexe entre les habitations impliquant des difficultés de circulation. Quatre types de paysage sont constitués par le littoral, occupé par des espaces portuaires et plaisanciers du Littoral, la voie ferrée et la route de la Nerthe.
Le Vallon de Riaux (étymologiquement, « lit du ruisseau ») est constitué de petites maisons. Il se termine par « la carrière » ; ancienne carrière des usines Lafarge au fond du Vallon. Au sud du viaduc à gauche, à mi-coteau, se trouve la maison de la famille Puget, détenue par elle depuis 1690, jusque vers les années 1860.
alt=Rocaille de la cour Arnaud|vignette|gauche|la Rocaille, dans la cour Arnaud La courée Arnaud, située près du stade de football des Riaux, est atypique à plusieurs égards, d'une part, sa surface est importante, les bâtiments sont relativement dispersés et elle conserve son pigeonnier en rocaille. Elle est aussi entourée d'habitations particulières d'une main d’œuvre dite « déclassée » qui a contribué aux activités industrielles et agricoles de Marseille jusqu'en 1950. Elle conserve en mémoire les autres courées disparues de l'Estaque. Elle témoigne de la vie ouvrière aux Riaux et du contexte de précarité qui a présidé aux constructions de courées. Selon l'article de Marseille Provence métropole plan local d'urbanisme, ce lieu a une grande importance historique. L'emplacement de la courée s'étendait autrefois à des bois, des vignes et autres labours.
Le pigeonnier en rocaille, est un élément qui subsiste (aujourd'hui caché par la végétation), il est le seul vestige du parc d"une propriété rurale La bastide Tesse dont il reste des traces jusqu'en 1930. Les logis individuels sont accolés pour former une unité architecturale malgré le dénivelé. Ils présentent des surfaces habitables très modestes, comprises entre 26 et , la construction des maisonnettes s'est échelonnée de 1883 à 1911, en même temps que le quartier des Riaux s'organisait. Cette courée porte encore le nom de son ancien propriétaire : Louis Joseph Arnaud, charretier de son état. La vie y était difficile et la courée était fermée la nuit. La femme du propriétaire en ouvrait le portail chaque matin. La famille des propriétaires était la seule à disposer de l'eau à la pile (évier). C'est au début du seulement que des baraques en bois furent construites dans cette cour pour loger les ouvriers majoritairement italiens et espagnols venus travailler sur les chantiers des grands ouvrages d'art tel que le canal du Rove. La cour a longtemps gardé le surnom de cour des miraclesExtrait : Formes d'habitat spécifiques remarquables. Règlement du PLU de Marseille Tome 3 annexe disposition générale, Article 13
Le nom des rues est parfois peu précis, il existe par exemple plusieurs rues nommées Montée des usines, l'impasse des usines ayant été nommée ainsi après délibération du 11 juillet 1988, il s'agissait d'une impasse sans nom dans la montée des usines.
Un dossier complet autour des enjeux lié à l'espace public et à l'action des habitants a été réalisé par Emilie BAVA et Emma Bttista dans le cadre du module « Atelier de Géographie et de Cartographie », coordonnée par Claire Bénit-Gbaffou, pour la Licence III de Géographie Aménagement à Aix Marseille Université..
Préhistoire
La recherche archéologique préhistorique a été marquée dans la région par Max Escalon de Fonton, puis Jean Courtin, Charles Lagrand, Henry de Lumley dans les années 1970 à 1990.
Depuis son apparition dans la chaîne de l'Estaque, l'homme a laissé des traces de son passage au cours des périodes suivantes. : -27 000 à - : on trouve des habitats paléolithiques sur les flancs de collines jouxtant les Riaux. Les hommes sont artistes à la grotte Cosquer à du massif, la mer s'est retirée à des côtes actuelles dans un paysage de fjords. -17 000 à - le long des falaises on trouve des traces d'habitations dans les grottes le long du riaux au-dessus de l'Estaque (Paléolithique et plus exactement le Magdalénien, soit entre et avant le présent. Le site de Châteauneuf-les-Martigues aurait donné son nom au Castelnovien (Mésolithique) dans la période finale avec le passage direct du Mésolithique au Néolithique (sous l'influence du cardial céréales cultivées, animaux domestiques et poterie au contact de néolithiques venus de l'extérieur. 5700 à 3500 on trouve des traces de cardial, Castelnovien, Chasséen, Néolithique aux Riaux (grotte Crispine) 800 à l'âge du fer, la région est occupée par des tribus Celto-Ligures, des salyens qui fédèrent plusieurs tribus dont ici des anatilii (au-delà de Martigues), des avaticii en deçà et sur une grande partie de la chaine de l'Estaque, (des kainicatii selon.) ou même peut-être Cénomans dont l'aire est imprécise. La fondation de Marseille intervient vers -600 av JC, à l'extrémité Est de la chaîne. Le nom même de ligures aurait été donné par les Grecs Λιγυες Ligues' ou Lygies (« haut perché »).. Cette période est riche en sites et en oppida et en événements : lieux de vie, lieux de pêche, carrières, constructions, destructions liées entre elle, à la présence de la cité phocéenne puis au passage des troupes romaines et aux relations entre tous. 300 : oppidum de la Cloche, que l'on trouve à la Galine, face au site Co-Simon.
Les oppida ont été nombreux dans la région comme à Saint-Blaise à l'ouest aux nombreux oppida de la région aixoise et en particulier de l'Étoile. (Mayans, Baou Roux, Mimet, Saint-Marcel etc.).
Daniel Raoul, dans un compte-rendu de sondage effectué en 1917 dans la grotte de Riaux 2, évoque la découverte de silex Aziliens
De nombreuses fouilles ont été effectués aux Riaux. En 1901, E. Fournier dit avoir découvert du Magdalénien (dernière phase du Paléolithique supérieur européen, comprise entre environ 17 000 et avant le présent) de l'Azilien et du Néolithique dans la chaîne de la Nerthe. Néolithique (du grec , , nouveau, et , , pierre) désigne littéralement l'âge de la pierre nouvelle. Ce terme subdivise l'âge de la pierre en Paléolithique, âge de la pierre ancienne et Néolithique : âge de la pierre nouvelle.
Dans la même année, Repelin dit avoir trouvé des traces des industries magdaléniennes et aziliennes signalées par Fournier. Enfin, en 1932, H. de Gerin-Ricard déclare que dans la Basse-Provence, Menton excepté, il n'a pas encore été reconnu de trace de l'homme et de l'industrie Paléolithique et Mésolithique, (du grec μέσος / mesos, « moyen » et λίθος / lithos, « pierre », littéralement « âge moyen de la pierre ») mais que dans cette région, la Préhistoire ne commencerait qu'au Néolithique moyenGerin-Richard (H. de), Encyclopédie des Bou. du. Rh. Marseille, archives départementales, 1932 T.1.
Toutefois, d'autres recherches ont montré qu'au Paléolithique, des populations ont vécu sur cet espace, en témoigne la présence d'un habitat sur les flancs des collines jouxtant les Riaux. On y consommait des fruits de mer, les produits de la chasse et la cueillette. Les grottes, nombreuses, les oppidums environnants sont dignes d’intérêt à L'Estaque, comme à Martigues, sur le site de la Cloche, ou encore de Verduron.
Les falaises et grottes étaient occupées durant la Préhistoire, autour du lit du Riaux (cours d'eau), des vestiges ont été retrouvés aux ce sont des témoins d'activité humaine datant du Paléolithique (plus exactement du Magdalénien, soit entre et ), la période chasse et cueillette. Max Escalon de Fonton, archéologues, ont découvert des silex taillés (lames, grattoirs), des ossements d'animaux (bouquetins, lynx, ours, loup), un collier en coquillages perforés et d'autres vestiges datant du Néolithique ont été retrouvées par les mêmes en 1940 une céramique décorée (datée de -6 000) ainsi que la sépulture d'un adolescent en position repliée.
Les grottes des Riaux
Deux grottes se trouveraient à la base du vallon de Riaux, considéré par les anciens comme un torrent qui dévalait la pente Sud de la Nerthe pour aller se jeter à la mer. Ces grottes seraient situées à l'intersection des coordonnées Lambert : X=840.5 et y= 122.9. Elles seraient séparées entre elles de seulement . Selon Max Escalon de Fonton, elles seraient situées à à l'Est de la voie ferrée qu'elles dominent de , sur la rive gauche du Vallon de Riaux et se trouveraient à au Sud-Est de l'entrée Sud du tunnel de la Nerthe, exposées à d'altitude, côté Sud Ouest. L'abri dit "du chemin de fer", se trouve sur la rive droite, en amont de ses grottes et à de l'entrée du tunnel, une grotte y aurait été saccagée au moment de la création de la voie ferrée. L'une des grottes semble répertoriée sur Open street Map
Grottes Riaux 1 et Riaux 2 Au cours de travaux effectués sous le haut patronage de M. Sylvain Gagnière, directeur des antiquités préhistoriques de la circonscription, dans le secteur des Riaux, en 1948, une équipe de fouille composée de MM. Robert Bernardini, Georges Boulard, André Cazenave, Georges Lugagne-Delpon, Georges Repondu et Charles Reynaud accompagnés de Jean Blanc, Eugène Bonifay, Raymon Gaillard, Henry Gregoire, Jean Lellouch, Jacques Mondesir, Claude Reynaud, Guy Robert, Claude Tourenc et à plusieurs reprises, pendant l'étude du gisement par un docteur es Sciences, Géologue, assistant au Museum d'Histoire Naturelle de Marseille : Messieurs Robert M. et Charles P. et enfin, le Professeur de Paléontologie à la Sorbonne, Piveteau, et Marcel Paulus, conservateur du Parc Zoologique de Marseille, docteur en sciences ont établi de concert la liste des éléments de faune, de flore et autres instruments découverts.
Grotte Riaux 1