Montivilliers (prononcé ou ) est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie.

La commune est la deuxième de la communauté urbaine dénommée Le Havre Seine Métropole par le nombre d’habitants, après Le Havre. Géographie Localisation Cette commune est située sur la rive droite de la Seine, à une dizaine de kilomètres du Havre.

Communes limitrophes

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Lezarde, le Ru de la Clinarderie. et un autre petit cours d'eau..

La Lézarde, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Martin-du-Bec et se jette dans le canal de Tancarville à Gonfreville-l'Orcher, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de la Lézarde sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:06 TU à partir des 254 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/04/2003 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.

Celle-ci a été artificiellement scindée en deux bras dès le Moyen Âge, afin de multiplier les moulins à blé et à tan, dont des vestiges subsistent encore de nos jours. Le mieux conservé est celui de l’abbaye, moulin à blé banal, dont les abbesses tiraient un grand revenu, et dont la démolition est prévue pour l'été 2015 en raison de sa vétusté et du risque d'effondrement qu'il engendre. La Lézarde étant au Moyen Âge beaucoup plus large que de nos jours et moins envasée, il existait à Montivilliers une activité portuaire non négligeable. En effet, celle-ci se jetait directement dans la mer et bénéficiait des effets de la marée plusieurs fois par jour, ce qui constituait un curage naturel efficace. Elle est aujourd'hui jalonnée de chemins de promenade, très appréciés par les Montivillons. La Lézarde rejoint depuis la fin du le canal de Tancarville sur la commune d'Harfleur.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Octeville-sur-Mer à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Montivilliers est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine du HavreUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine du Havre comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Havre, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (59,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (47,6 %), zones urbanisées (28 %), prairies (6,7 %), forêts (6,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,5 %), zones agricoles hétérogènes (3,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports En journée, 10 lignes de bus LiA (C1, 10, 11, 11 Express, 12, 14, 17 et 21) traversent la ville ainsi que 2 lignes Nomad Car (508 et 509) permettant d'aller jusqu'à Fécamp par Goderville ou Étretat. Le matin et l'après-midi les lignes complémentaires (60 et 91) desservent le lycée Jean Prévost et le CFA du Bâtiment.

Le réseau de transport à la demande « Fil'Bus » et pour Personnes à Mobilité Réduite « Mobi'fil » de Le Havre Seine Métropole dessert également la commune.

De 2001 à 2024, la ligne LER passait par la gare de Montivilliers. Elle permettait de joindre Le Havre et Montivilliers en 20 min. avec en moyenne un train toutes les demi-heures. Cette ligne allait jusqu'à Rolleville via Épouville, permettant à la cité d'être reliée aux communes voisines de façon régulière et fiable. Elle n'est plus en service depuis le 2 septembre 2024 car des travaux sont en cours afin de remplacer le LER par un tramway qui devrait être opérationnel d'ici 2027.

De plus la réhabilitation de la place de la Gare a permis de créer un pôle multimodal de l'offre de transport en commun de Le Havre Seine Métropole.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Villare au , Monasterium que dicitur Villare vers 1034, Villaris Monasterii en 1063 - 1066François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, éditions Picard 1979, p. 112..

Montivilliers doit son nom à son abbaye de femmes fondée au , on a accolé le nom primitif vilier « village » à celui de mon(s)tier « église, monastère ».

Le nom jeté des habitants de Montivilliers est les Mâqueux d'oreilles.

Histoire Préhistoire Des recherches archéologiques ont été effectuées dans les années 1970 et ont révélé des traces de vie datant du Paléolithique avec l'existence de tribus qui se sont installées dans la région très probablement attirées par les nombreux ruisseaux et l'abondance de gibiers présents à cette époque. Des traces de vie Néolithique sont également à signaler avec la découverte d'habitats sur le plateau du Grand Epaville datant de 2500 à 1700

Protohistoire Quelques objets gaulois, hachettes de jade et de bronze ont été trouvés sur les coteaux dominant la ville.

Antiquité Une chaussée romaine allant d'Harfleur à Montivilliers a été attestée, elle fut détruite par les Anglais en 1415.

Moyen Âge Entre 682 et 684, au cours d’un voyage à Jumièges, saint Philibert fonde ici un monastère de femmes à la demande de saint Ouen, évêque de Rouen. Ce monastère sera complètement détruit par les Vikings et ne se relèvera qu’au début du , cette fois avec des hommes, placés sous la dépendance de l’abbaye de Fécamp. Aucune trace architecturale de ce monastère n'a pu être retrouvée et on ne connait pas la localisation géographique de ce monastère dans la ville.

L'abbaye vignette|Le cloître restauré de l’abbaye.

En 1035, le duc Robert le Magnifique donne son autonomie au monastère, qui redevient une abbaye de femmes, dotée dans la région de nombreux biens qui lui permirent d’entreprendre, sous l’abbatiat d’Élisabeth dans la seconde moitié du , les travaux de construction de la grande église, excellent témoin de l’architecture normande à l’époque de Guillaume le Conquérant. Robert le Magnifique, en impulsant la reconstruction de l'abbatiale détruite par les Vikings, eut la volonté de restaurer l'église "dans son ancienne splendeur, donc elle était déchue par la violence des pillards". Le duc de Normandie accorda une exemption totale et complète à l'abbaye qui l'a substitué aux souverainetés séculière et ecclésiastique. Ce statut très jalousé par les autres monastères normands fut en grande partie responsable de l'essor et du rayonnement de l'abbaye.

Peu avant la conquête de la Normandie par Philippe Auguste, Jean sans Terre, à bout de ressources et en quête de nouveaux expédients, vend et impose à la ville le statut communal..

Au , la paroisse Saint-Sauveur, qui avait reçu les sept premières travées de la nef, fit abattre son côté nord, pour la doubler avec un large vaisseau gothique. Du , l’abbaye connaît toujours un grand rayonnement, notamment sous l’abbatiat de Louise de L'Hospital (1596-1643).

Le développement de la Cité La renaissance de l'abbaye La reconstruction et le développement de la vie de l'abbatiale de Montivilliers entraîne un développement économique du territoire qui attire bientôt la population autour de l'abbaye si bien que le duc de Normandie lui accorde le statut de commune par lettre datée du 8 juillet 1202. Le est marqué par le développement de la ville et inévitablement par une paupérisation d'une partie de la population que les abbesses tentent de limiter en distribuant du pain et plus tard une pièce de monnaie les jours de fêtes.

Le et l'apogée Le marque l'apogée du rayonnement économique et culturel de la cité. Les activités de tannerie, de draperie sont les principaux artisanats présents sur le territoire. On y trouve également un atelier de construction navale et des salines. Les tissus de la ville sont réputés pour être les plus beaux de France et étaient exportés dans toute l'Europe. La Lézarde, bien plus large et profonde qu'aujourd'hui, permettait l'acheminement de bateaux et donc le commerce de marchandises jusqu'à Harfleur. Des marchés et des foires régionales se tenaient également à Montivilliers qui était alors devenu le poumon économique de la pointe du pays de Caux. Ces marchés avaient lieu tous les jeudis, les abbesses prélevant une taxe sur les produits vendus.

À noter que le marché de Montivilliers a toujours lieu aujourd'hui en centre-ville et que d'autres villes du canton, comme Harfleur par exemple, ont imité cette tradition.

La guerre de Cent Ans