Hashim Thaçi (Prononciation en albanais restranscrite phonémiquement selon la norme API.), né le à Skenderaj, au Kosovo, est un homme d'État kosovar. Il est président de la République du jusqu'à sa démission le . Il purge actuellement une peine prononcée à la Haye de 25 ans de prison pour crime de guerre.

En 1999, il participe à la fondation du Parti démocratique du Kosovo (PDK), branche politique de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK). Selon un rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Hashim Thaçi était à la tête du groupe criminel de Drenica, suspecté notamment de trafic d'organes prélevés sur des prisonniers, principalement serbes, entre 1998 et 2000. Les autorités kosovares jugent ce rapport « infondé et diffamatoire »Hélène Despic-Popovic, Trafic d’organes à la tête du Kosovo, Libération, 16 décembre 2010.Marion Van Renterghem, Au Kosovo, Hashim Thaçi mis en cause dans un trafic d'organes, Le Monde, 15 décembre 2010., cependant le le le met en examen pour crimes de guerrehttps://www.eurotopics.net/fr/243009/le-president-du-kosovo-inculpe-pour-crimes-de-guerre en compagnie de neuf autres leaders indépendantistes et crime contre l'humanité sur des victimes civiles serbes et albanaises modérées.. Les charges relevées sont notamment le meurtre, la disparition forcée de personnes, la persécution et la torture.

Après la guerre, il s'inscrit pleinement dans le jeu politique kosovar. Il mène ainsi le PDK à la victoire aux élections législatives de en devançant nettement la LDK de Fatmir Sejdiu. Surnommé « Le Serpent »Thaçi, figure de proue de l'UCK, Libération, 9 avril 1999., il est nommé à Premier ministre du Kosovo en . Il proclame le mois suivant l'indépendance du pays.

Les élections anticipées de 2010 confirment la première position du PDK, qui forme une coalition ou permettant la reconduction de Thaçi. Il n'en va pas ainsi aux élections de 2014, où la LDK d'Isa Mustafa le surclasse. LDK et PDK finissent par s'accorder au bout de six mois, et Hashim Thaçi est alors désigné ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Mustafa.

Il est élu président de la République en au troisième tour de scrutin, n'ayant pas rassemblé la majorité des deux tiers au cours des deux premiers votes. Il prend ses fonctions deux mois plus tard, abandonnant alors la direction de la diplomatie et du Parti démocratique.

Le , il annonce sa démission à la suite de son inculpation par le tribunal spécial pour le Kosovo.. Cette inculpation fait suite à l'enquête du tribunal sur les exactions de l'Armée de libération du Kosovo dont Hashim Thaçi était un dirigeant.

Il passe en jugement à partir de 2023 devant le Tribunal spécial pour le Kosovo, à La Haye, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Il est condamné en septembre 2026 à 25 ans de prison.

Jeunesse Hashim Thaçi est né dans une famille pauvre de la région de la Drenica, berceau du séparatisme albanais.. Il suit des études de philosophie et d'histoire à l'université de Pristina, où il rejoint le , un groupe clandestin soutenu par le dictateur albanais Enver Hoxha jusqu'à sa mort en 1985Chris Hedges, Crisis in the Balkans: The Separatists; Leaders of Kosovo Rebels Tied to Deadly Power Play, The New York Times, 25 juin 1999 .

Au début des années 1990, Thaçi, alors un jeune montagnard, participe à la résistance passive aux autorités de Belgrade, alors que Slobodan Milošević vient de retirer au Kosovo, en 1989, le statut de province autonome de la République fédérale de Yougoslavie.

Condamné par contumace à de prison pour terrorisme par un tribunal serbe, notamment pour une attaque en contre une patrouille de la police serbe, il rejoint en 1993 la diaspora albanaise en Suisse, où il étudie les sciences politiquesLes années suisses de Hashim Thaçi Hashim Thaçi était en fait condamné par contumace, par un tribunal serbe, à de prison, accusé d’avoir attaqué, en mai 1993, une patrouille de la police serbe... Le professeur et expert en stratégie militaire Albert A. Stahel se souvient de lui comme d’un élève « très attentif ». , commente-t-il..

Alors qu'Ibrahim Rugova poursuit une politique pacifiste de résistance au régime de Belgrade, et que les Albanais du Kosovo se radicalisent progressivement, Thaçi décide, en créant notamment l'UÇK, de s'en prendre par la force aux forces de police, militaires ou albanophones pro-serbes mais aussi aux instances religieuses orthodoxes serbes, très nombreuses au Kosovo. Ce groupe radical fait ainsi exploser, dès , des églises ou monastères orthodoxes serbes, soumis au patriarche de Belgrade (Prikup). De Suisse, il organise un trafic d'armes, principalement achetées en Albanie, à destination du Kosovo.

À la tête de l'aile politique de l'UÇK

Il a à peine quand il prend la tête de l'aile politique de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK), pendant l'été de 1998, qui lutte contre les forces du régime de Slobodan Milošević pendant la guerre du Kosovo (1998-1999). Il s'auto-proclame alors Premier ministre officieux du gouvernement provisoire du Kosovo, que Belgrade refuse de reconnaître. Soutenu par Washington et l'OTAN, l'UÇK se renforce en 1997 pour contrôler en un quart du territoire du Kosovo. Thaçi écarte, lors du conflit, les islamistes étrangers (Saoudiens, Iraniens) qui tentaient de s'imposer au Kosovo comme ils l'avaient fait en Bosnie au début des années 1990.

Éliminant ses rivaux au sein de l'UÇK, il place des proches aux postes clés du gouvernementChris Hedges, Crisis in the Balkans, The New York Times, 6 juin 1999. À la tête de la délégation des indépendantistes kosovars lors de la conférence de Rambouillet (1999), il s'affirme comme modéré au sein de l'UÇK, ce qui lui vaut le soutien de Washington. Il est néanmoins remarqué par la secrétaire d'État Madeleine Albright en raison de son refus de signer un accord ne prévoyant pas explicitement un référendum d'indépendance.

On le soupçonne d'avoir ordonné, en 1997-1998, un certain nombre d'assassinats contre ses rivaux en conjonction avec les services secrets albanais, dont le journaliste Ali Uka, mort en ; Ilir Konushevci, tué en quelques jours après avoir accusé Thaçi de profiter personnellement du trafic d'armes à destination de la guérilla ; ou , dirigeant des , un groupe paramilitaire rival de l'UÇK soutenu par Bujar Bukoshi, Premier ministre en exil du gouvernement d'Ibrahim Rugova. Thaçi tout comme James Rubin, le porte-parole du département d'État américain, ont nié cela, Rubin affirmant qu'il n'avait aucune preuve d'un « programme d'assassinats ou d'exécutions dirigé par le commandement » de l'UÇK. Bujar Bukoshi affirmait quant à lui que « les cadavres n'avaient jamais été un obstacle dans la carrière de Thaçi ».

Après l'échec des pourparlers de Rambouillet, la campagne des bombardements de l'OTAN, le départ des forces serbes du Kosovo et l'installation de la mission de l'ONU au Kosovo (Minuk), Hashim Thaçi est élu membre du Conseil administratif intérieur de la province. À partir de 1999, il devient un des interlocuteurs privilégiés de Washington et des États de l'Union européenne, et condamne en 2001 les émeutes albanaises au sud de la Serbie et en Macédoine. L'année suivante, son rival, Ibrahim Rugova, est élu président du Kosovo.

Activités criminelles alléguées Hashim Thaçi a été accusé d'avoir financé les activités de l'UÇK en participant à un trafic d'héroïne et de cocaïne à destination de l'Europe de l'OuestJerry Seper, KLA finances fight with heroin sales Terror group is linked to crime network, The Washington Times. Washington, D.C.: May 3, 1999. p. A.1.

En , il est arrêté à l'aéroport de Budapest, sur la base d'un mandat d'arrêt international lancé par Belgrade, puis libéré après une intervention du ministère des Affaires étrangères françaishttp://www.doc.diplomatie.gouv.fr/BASIS/epic/www/doc/DDW?M=7&K=929742849&W=TEXTE+PH+ANY+'Vatican'+ORDER+BY+DATE/Descend voir chapitre 16 Hongrie.

Selon un projet de rapport rédigé par Dick Marty, membre de la commission des questions juridiques et des droits de l'Homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, publié le Dick Marty, projet de rapport « Traitement inhumain de personnes et trafic illicite d’organes humains au Kosovo », 12 décembre 2010, Commission des questions juridiques et des droits de l’Homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe., il aurait été impliqué à cette époque dans un trafic d'organes prélevés sur des prisonniers serbes. Ceux-ci étaient gardés dans des camps spéciaux par une organisation appelée Groupe de DrenicaRapport sur le trafic d'organes de prisonniers serbes : satisfaction de Belgrade Selon M. Marty, le trafic était contrôlé par un groupe de responsables de l'UCK baptisé "Groupe de Drenica", dont le chef était l'actuel Premier ministre kosovar Hashim Thaçi. et tués pour que leurs organes soient prélevésKosovo/trafic d'organes : l'EULEX interrogera un chirurgien turc Les procureurs de la Mission de police et de justice de l'UE au Kosovo (EULEX) Jonathan Ratel et Guido Estreich interrogeront prochainement à Istanbul le médecin turc Yusuf Sönmez soupçonné de trafic d'organes humains au Kosovo et vendus sur un marché noir international EU and US accused of cover-up on organ trafficking . Bien qu'on ait avancé que ce projet de rapport ne serait examiné en séance plénière qu'à la fin du mois de ., il a été adopté par le Conseil de l'Europe dès le Trafic d'organes : vote au Conseil de l'Europe Le document met en cause le premier ministre kosovar, H.Thaçi. Le rapport a été adopté à Strasbourg le 26 décembre par contre 8 et 14 abstentions.. Le rapport est sévère pour les Nations unies et l'Union européenne qui « n'ont pas estimé nécessaire de procéder à un examen approfondi » de ces faits « en dépit des indices concrets au sujet de tels trafics au début de la décennie »Kosovo : Le Premier ministre mis en cause dans un trafic d'organes Le rapport est tout aussi sévère pour «les autorités internationales responsables de la région - Nations unies et Union européenne - qui de ces faits ..

Carla Del Ponte, l'ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, l'a également accusé, dans un livre publié en 2008 chez Feltrinelli, de s'être livré à des activités mafieuses, en particulier pour son implication dans un trafic international d'organes prélevés à des Serbes déportés et tués. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), dont dépend actuellement Carla Del Ponte, ambassadrice à Buenos Aires, s'est distancé de ces accusations., ainsi que Florence Hartman, ancien porte-parole de Carla Del Ponte, qui a ainsi fustigé dans de nombreuses interviews « l'irresponsabilité » de l'ancienne procureur, qui présenterait . tandis que l'organisation Human Rights Watch les a jugées « crédibles ».. En 2010, ces accusations ont été reconnues comme vraisemblables, notamment par le Conseil de l'Europe., et par l'OTANKosovo : le Premier ministre considéré comme un « gros poisson » du crime organisé, 20 Minutes, 25 janvier 2011 Les puissances occidentales qui soutiennent le gouvernement du Kosovo considèrent le Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, comme l'un des « plus gros poissons » du crime organisé du pays, selon un câble militaire de l'OTAN publié ce mardi par The Guardian.. Une enquête menée en parallèle par la justice serbe, estime le nombre de victimes à plusieurs centainesTrafic d'organes au Kosovo : Dick Marty veut lancer une Depuis Belgrade, le procureur serbe pour les crimes de guerre, qui mène depuis trois ans sa propre enquête sur ce trafic d'organes, a déclaré jeudi au cours d'une conférence de presse que cette affaire pourrait concerner , dont 400 étaient des Serbes et 100 autres des non-Albanais du Kosovo. La résolution adoptée à l'unanimité par la Commission de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe demande justement que des enquêtes soient diligentées pour établir les preuves de ce trafic d'organes.