L’économie de la Côte d'Ivoire, avec un PIB par habitant qui s'élève à en 2019. fait partie des économies en voie de développement. L'indice de pauvreté atteint 37,2 % en 2018.

Depuis l'instauration du commerce triangulaire, lors des premiers contacts avec les explorateurs européens, l'économie est dominée par l'exportation de produits dits de rente. Il s'agit en particulier du café et du cacao, dont la culture a été introduite au début du Perspectives éco. Ces cultures ont fortement contribué au boumboboum ivoirien des années 1960-1970, et la Côte d'Ivoire est toujours le premier producteur et exportateur mondial de cacao. Si l'économie ivoirienne repose à titre principal sur le secteur agricole que favorise un climat chaud et humide, l'apport de l'industrie au PIB est évalué à 20 % et celui du secteur tertiaire à 50 %. De plus, le pays possède quelques réserves de pétrole non négligeables pour son économie. Il possède aussi des ressources minières mais leur production reste très mineure. Enfin, il produit de l'électricité, dont une part est revendue aux pays voisinsCIA factbook.

Les progrès constatés au cours des quinze premières années de l'indépendance ont fait place à une longue période de récession, favorisée par la chute des cours mondiaux des matières premières agricoles (café-cacao) et aggravée par divers facteurs dont la crise politico-militaire déclenchée en 2002. À la fin de la crise, le pays renoue avec une croissance rapide, connaissant même une des plus fortes croissances au monde entre 2012-2019, de l'ordre de 8,2 % en moyenne. Ce qui permet au pays de devenir le pays le plus riche de toute l'Afrique de l'Ouest, avec un PIB par habitant de 2 286 dollars fin 2019, devant deux pays particulièrement riches en richesses naturelles que sont le Nigeria (pétrole) et le Ghana (pétrole et or)..

La Côte d'Ivoire continue à avoir un poids économique important pour la sous-région ouest-africaine : elle représente 39 % de la masse monétaire et contribue pour près de 32 % au PIB de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), selon les statistiques 2013 de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

En 2024, le PIB nominal de la Côte d'Ivoire atteint un niveau record d'environ 86,5 milliards de dollars américains, confirmant la dynamique de croissance du pays (estimée entre 6 % et 6,5 % pour l'année). Les prévisions du FMI pour la période 2025-2026 anticipent une poursuite de cette croissance autour de 7 %, soutenue par la demande intérieure et les investissements infrastructurels...

La monnaie du pays est le franc CFA, dont la parité avec l'euro est fixe ( = CFA).

Indicateurs récents L’inflation annuelle en est estimée à X % selon la BCEAO. La croissance du PIB réel pour est de Y % (Banque mondiale, WDI), tandis que la dette publique atteint Z % du PIB.

| inflation = X % (2024) | croissance = Y % (2024) | dette = Z % du PIB (2024)

Histoire

Économie précoloniale thumb|left|La situation politique en Côte d'Ivoire précoloniale.

L’économie de la Côte d'Ivoire est caractérisée à l’origine et durant de nombreux siècles par la recherche de l’autosubsistance. Elle est axée sur l’agriculture vivrière et utilise des techniques de cultures itinérantes sur brûlis. Toutefois, à partir du , elle entre dans une phase mercantilisteSelon le mot de Samir Amin, qui se réfère en Afrique à une période qu’il qualifie de pré mercantiliste et qui s’étend des « origines jusqu’au ». (Samir Amin, Le Développement inégal, éditions de Minuit, Paris, 1973.) Cette période semble avoir été abrégée en Côte d'Ivoire par les échanges commerciaux avec les Mandés d'origine soudanaise au contact de nombreux commerçants mandés d’origine soudanaise, attirés par la kola produite dans les régions Toura, Dan, Mahou, Bété, Gouro et Anno (zones forestières des centre-ouest et nord-ouest de l'actuelle Côte d'Ivoire).. Ces marchands recherchent également de l’or, dans des régions essentiellement habitées par les peuples Sénoufos (autour de Kong notamment), Djiminis et Lobi (nord et nord-ouest). À la veille de la conquête coloniale, deux systèmes politiques cohabitent sur le territoire de l'actuelle Côte d'Ivoire et influencent fortement l'économie : le système étatique d'une part, présent au Nord et à l'Est du pays, notamment dans les royaumes de Bouna, du Kabadougou, de Kong et dans les royaumes Akans. Dans ces sociétés à pouvoir centralisé, le mode de production est caractérisé par l’existence d’une classe dirigeante qui exploite la paysannerie et une classe servile. Les échanges économiques échappent peu ou prou à des impératifs de parenté pour s'inscrire dans une logique de profit économique.. Le système des sociétés lignagères d'autre part, pratiqué notamment par les populations lagunaires, Krous et Mandés du Sud. Ces peuples ne sont pas organisés en empires ou en royaumes, mais en lignages et classes d'âge, à l'intérieur de communautés tribales ou villageoises. Dans ces sociétés à pouvoir diffus, l'unité économique de base est le lignage, véritable centre de production et de consommation, voué pour l'essentiel à l’autosubsistance. D'une manière générale, l'économie précoloniale se structure autour de divers espaces relativement homogènes. Ceux du Nord et du Centre du territoire sont reliés par un réseau de routes commerciales comportant de nombreux marchés et diverses cités commerciales, animées par des marchands dioula ou des membres des aristocraties dirigeantes locales. Le cauri et l'or y servent de monnaie de transaction.. Ceux du Sud et de l'Ouest du pays comportent de multiples villages-marchés et les biens y circulent à travers des réseaux de parenté, d'alliance ou de clientèle plus éloignée. Au sein de ces entités l’on utilise le Sombé (un type de manille) comme monnaie d'échangeLes Sombé sont des manilles (sorte de tigettes de fer) que les responsables des factoreries installées près du comptoir du Grand-Bassam ont utilisé comme monnaie d'échange avec les indigènes.. Ces espaces économiques connaissent de profondes mutations au cours du .

Commerce européen et mise en place d'une économie coloniale

L’installation des colons sur le territoire ivoirien commence dès la fin des premières expéditions exploratoires menées par João de Santarém et Pedro Escobar au cours des années 1470-1471, les Hollandais à la fin du , puis les Français et les Anglais au ... À leur contact, l’agriculture locale connaît une réorientation, elle est désormais pratiquée en vue de la commercialisation de produits tropicaux. Un type particulier d’échanges, la traite négrière, fait même son apparition dans les zones du littoral. L'esclavage est aboli en 1848 dans les colonies françaises et cette mesure formelle a un impact économique indéniable. L'arrêt de la déportation massive d'esclaves entraîne le développement d'une traite intérieure. Il favorise en outre, au sein des colonies, l'instauration et la multiplication de rapports de production de type esclavagiste. Chez les Dioula et les Malinké, les esclaves sont redirigés vers les vastes domaines agricoles tandis que chez les Akans, ils servent à l'extraction de l'or et au portage. Le commerce des produits naturels remplace alors celui des esclaves et l’agriculture est de nouveau dynamisée. Les échanges commerciaux s'accroissent sous la poussée de la demande aussi bien européenne qu'africaine, entrainant par leur ampleur l'émergence et la consolidation de la fonction de courtier africain, intermédiaire entre Européens et Africains, mais aussi entre populations côtières et celles de l'hinterland.

Pendant cette période, les échanges croissants doublés d'une concurrence de plus en plus rude entre Français et Anglais amènent les premiers à installer sur le littoral (à Assinie et Grand-Bassam en 1843) des comptoirs permanents. Les courtiers africains se retrouvent peu à peu face à l'impérialisme économique français auquel ils tentent de s'opposer, mais ils seront progressivement éliminés..

D'une manière générale, l'économie précoloniale s'ajuste aux nouvelles exigences du dont celles de la colonisation du pays qui porte déjà les germes de la désorganisation de l’agriculture traditionnelle et de l’émergence de nouveaux partenaires commerciaux. Elle oriente l'économie ivoirienne vers l'exportation de produits agricoles non-transformés et l’importation de produits européens manufacturés..

La mise en valeur du pays est lente : le chemin de fer d'Abidjan à Ouagadougou, commencé par une compagnie française en 1903, n'est achevé qu'en 1954.

Développements récents « Miracle économique » vignette|Évolution historique du produit intérieur brut par habitant de la Côte d'Ivoire Dès le début de la colonisation jusqu’à la fin des années 1970, la situation économique de la Côte d'Ivoire est florissante . Ahmed Kouadio, Enquête : Houphouët, six ans après, Jeune Afrique économie, , décembre 2003 - janvier 2004, .. Le taux de croissance annuel du produit intérieur brut est élevé et il dépasse 7 % durant la dernière décennie de la période coloniale (1950-1960).. La Côte d'Ivoire, dès le début des années 1960, fonde sa politique de développement sur l'expansion des exportations de matières premières et la substitution aux importations reposant sur quelques industries. Les stratégies mises en œuvre sont alors particulièrement adaptées aux contraintes extérieures et à l'environnement général. Une forte croissance est enregistrée et les changements structurels s’opèrent sans véritables déséquilibres internes ou externes.. Le taux de croissance moyen reste élevé (plus de 6,8 %) pendant les quinze premières années de l'indépendance du pays (1960-1975). Il atteint même 10,2 %, entre 1960 et 1965. Plus faible entre 1970 et 1975 (6,8 %), il reste néanmoins supérieur à celui des pays de l’Afrique noire et même des pays occidentaux, respectivement à 4 % et 6 % en moyenne sur la même période. L'épargne domestique, quant à elle, se stabilise à un niveau relativement élevé, alors que l'endettement extérieur et l'inflation demeurent bas. La Côte d’Ivoire est alors considérée comme la vitrine de l'Afrique occidentale et un modèle réussi de politiques libérales en matière de développement. Une telle performance particulière s’explique en partie par la stabilité politique qui distingue alors le pays de la plupart des États africains.