, aussi connu sous le nom de La numérotation royale des David géorgiens est incertaine. En effet, certains historiens comme Cyrille Toumanoff font commencer la lignée des « David » avec le prince-primat , le roi des Géorgiens et le Curopalate des Géorgiens David () (qui n'était qu'un souverain de facto de 990 à 1000). D'autres ne considèrent ni ce dernier ni d'Ibérie comme rois, ce qui donne au premier roi de Géorgie nommé David ( ou ) le titre de second de son nom (et le second roi de Karthli David devient donc ). Parallèlement, pour des raisons inconnues, Marie-Félicité Brosset nomme ce dernier , et Kalistrat Salia l'appelle . (en géorgien : , «  » ; né après 1473 et mort en 1526), est le second roi de Karthli après la division du royaume de Géorgie, en 1490 ; il règne de 1505 à 1525. Associé au trône dès son enfance, il devient roi à la mort de son père et doit dès lors subir des invasions aussi bien de l'Iméréthie que de la Kakhétie. Réformateur, il parvient à soumettre l'armée et détruit la puissance des nobles en abolissant les principautés semi-indépendantes qui ruinaient l'unité du pays, avant de réunir la Géorgie orientale sous un sceptre unique. est également connu pour avoir survécu à une autre invasion de la Perse et est ainsi considéré comme le premier d'une série de onze rois qui combattent tout au long des deux siècles suivants le voisin séfévide, en tant que protecteurs du christianisme et de la Géorgie.

Biographie Avènement David Bagration est né après 1473.. Il est le fils aîné du roi et de la reine Tamar. En 1488, en pleine guerre contre les Turcomans, il est associé avec ses autres frères au trône de son père., mais deux ans plus tard, en 1490, le Darbazi (conseil royal) met officiellement fin à l'existence du royaume de Géorgie., qui était de facto divisé depuis le Après un âge d'or qui dure près d'un siècle (1089-1223), les Mongols envahissent la Géorgie. À partir de ce moment, les envahisseurs se succèdent (Tamerlan, les Turcomans, etc.) et le royaume de Géorgie se divise progressivement, principalement en raison de la puissance des nobles.. Le père du jeune co-roi se retrouve maître de l'unique Karthli (Géorgie centrale) Ivane Djavakhichvili, Histoire de la Géorgie, du , Tbilissi, 1949, 256., avec pour capital Tiflis.. meurt le , laissant au nouveau roi, , un royaume en développement.

Le règne de est dès le début illustré par les luttes intestines entre seigneuries et royaumes géorgiens du À la suite de ladite division de la Géorgie, les monarques géorgiens (Karthli, Kakhétie, Iméréthie) doivent faire face au danger intérieur représenté par la noblesse. En effet, plusieurs princes et seigneurs réussissent par la suite à se rendre de facto indépendants vis-à-vis de leur suzerain et s'allient parfois avec les Ottomans ou les Séfévides pour affirmer leur pouvoir.. Dès 1509, le roi envahit l'ouest du Karthli et occupe même Gori.. Par la même occasion, il parvient à occuper tout le nord-ouest du royaume sans rencontrer de véritable résistance. Toutefois, dès le mois de novembreM. Brosset Jeune, 5., le général ottoman Sélim Pacha entre à son tour en Iméréthie. En 1510, oublie ses nouvelles conquêtes et en profite pour reprendre ses territoires perdus.

Toutefois, ses difficultés ne s'arrêtent pas là. En 1511, le roi , qui a fait assassiner son pèreM. Brosset Jeune, 6., le pacifiste Nodar Assatiani qualifie le roi de pacifiste car après avoir accepté de payer tribut aux puissances musulmanes régionales il souhaitait préserver de bonnes relations avec le Karthli., attaque à son tour le Karthli. doit bientôt se replier dans la forteresse d'Ateni (sud de Gori) et , n'ayant pas assez de force pour s'aventurer jusque-là, se contente de piller les régions environnantes. Toutefois, certains nobles s'opposant au pouvoir central rejoignent le camp du roi kakh et David comprend alors qu'il est temps de réformer le système administratif et militaire de son royaume.

Dans ce but, il divise le pays en quatre régions dirigées par un gouverneur militaire.. Ces unités sont appelées les sadrochos ()Sadrocho vient du mot drocha (), qui signifie « étendard ». En effet, l'étendard du royaume était confié aux gouverneurs des régions.. Le premier sadrocho, le Metsinave (« du devant ») correspond à la Basse Kartlie et remplace la seigneurie de Sabaratiano. Le second est le Memardjvene (« de la gauche ») et, situé au nord-est du Karthli (correspondant aux territoires occupés par l'Iméréthie en 1509), remplace les seigneuries de Samatchablo et Saamilakhvaro. Le troisième sadrocho était le Memartskhene (« de la droite ») ; il est situé entre le premier sadrocho et le Mtkvari et comprend même Tiflis et les principautés de Sadjavakhiano et Satsitsiano. Le quatrième est le Meoukanave (« de derrière ») et domine les principautés d'Aragvi et de Ksani. ; officiellement, ce sadrocho représente les domaines royaux mais est laissé sous la gouvernance du frère du roi, le prince Bagrat..

Les historiens modernes considèrent que l'idée même de la division administrativo-militaire du Karthli était bonne. Toutefois, cette nouvelle subdivision disparaît avec le roi David. Les gouverneurs commencent à diriger les régions héréditairement. Même les domaines royaux deviennent plus tard les domaines des princes de Moukhran, les descendants de . Mais malgré cela, dans les décennies suivantes, cette réorganisation est reprise aussi bien par la Kakhétie. que par l'Iméréthie..

Guerre contre la Kakhétie La guerre n'en est pas finie pour autant. Bientôt, le gouverneur de la zone de conflit kartlo-kakh, Bagrat Batonichvili, lance une offensive contre le roi . En quelque temps, il réussit à construire une forteresse, le « fort du Mtkvari », là où la rivière Ksani se jette dans le Mtkvari.. entre à nouveau dans le Karthli et assiège le nouveau fort. Trois mois plus tard, il est obligé de se replier dans ses domaines à la suite de sa défaite. Au cours de la même année, le roi des Kakhs intervient encore une fois au Karthli et ravage la région de Moukhran, brûlant et pillant les villages des environs de la ville. Apparemment, l'envahisseur ne sait alors pas encore que le royaume de Karthli a été réorganisé et compte donc sur la traîtrise de certains nobles. Toutefois, personne n'a le pouvoir de trahir et une armée renforcée du prince Bagrat vient à bout de son voisin à Dzali, en 1513. est emprisonné à Moukhran, où il meurt la même année, probablement assassiné sur ordre de Bagrat.

Une nouvelle situation apparaît alors. En effet, en mourant, le roi de Kakhétie n'a laissé pour héritier qu'un jeune fils de 8 ans, Levan. décide de profiter de la défaite de et entre avec son armée en Kakhétie. Il occupe et annexe la région, mais ne réussit pas à capturer le prince Levan, qui est protégé avec sa mère (la reine Hélène) par de puissants nobles. David n'abandonne pas le combat pour unifier la Géorgie orientale et, alors que la guerre entre la Perse et l'Empire ottoman fait rage aux périphéries du Caucase, continue à essayer de soumettre la Kakhétie..

thumb| de Kakhétie.

En août 1514L'évènement se produit à la même période que la bataille de Tchaldiran., assiège la forteresse de Maghrani, où se sont réfugiés le prince Levan et sa mère. Craignant une défaite, il envoie au sein de la ville fortifiée le prince de Saamilakhoro et des représentants religieux pour négocier la paix. Mais rien n'aboutit et David est défait par les Kakhs. Le roi doit plus tard se replier en Karthli, où il est attaqué par les Turcs victorieux des Persans à Tchaldiran. Il réussit à les vaincre provisoirement mais en 1518, Levan parvient à réunir un conseil nobiliaire et se proclame roi de Kakhétie à Magharo. Deux ans plus tard, David retourne en Kakhétie avec une armée plus importante pour vaincre le roi autoproclamé mais est défait à Kiziki., au sud du pays. Il est contraint de reconnaître l'indépendance de la région et abandonne son projet d'unification de la Géorgie. À la place, il se contente de conclure une alliance militaire contre les ennemis étrangers avec son ancien rival.

La menace séfévide Alors que le Karthli commence à s'organiser en tant que royaume séparé après la division de la Géorgie, un autre État apparaît à la frontière sud de la Transcaucasie. En effet, dès 1502, le jeune prince iranien Ismaïl s'est proclamé shah de Perse à Tabriz, en Azerbaïdjan. Sept ans plus tard, il a achevé la conquête de l'Iran et a ainsi fondé l'Empire séfévide, le principal ennemi extérieur à venir de la Géorgie occidentale jusqu'à sa disparition au . Bientôt, cet empire devient une puissance au Moyen-Orient et se retrouve assez fort pour prétendre affronter son voisin ottoman. Les deux empires s'affrontent notamment lors de la bataille de Tchaldiran en 1514. Les Séfévides sont défaits, mais ils n'abandonnent pas leurs projets de conquêtes.

En Karthli, est encore en guerre contre la Kakhétie voisine quand des tribus turkmènes s'établissent dans le sud du royaume, en 1516. Le roi, qui vient de signer un traité d'alliance militaire avec la Perse séfévide, est obligé de les accepter pour ne pas attiser la colère de la Perse, en plus d'un tribut annuel de de soie. Mais la classe politique géorgienne s'oppose vivement à cette décision, en raison de la différence de culture et de religion entre les Géorgiens et les Turkmènes, ce qui laisse Tabriz penser que le Karthli complote secrètement contre les Séfévides.. Pour y remédier, Ismaïl, à la tête d'une importante armée de Qizilbashs, occupe la Basse Kartlie pour protéger les Turkmènes. Il annexe une grande partie de la région et s'établit dans la forteresse d'Aghdjakala, avant de tenter de négocier avec ..

thumb|Shah .

Mais Tiflis refuse d'accepter l'annexion d'une importante partie de ses territoires et la guerre est officiellement déclarée. David choisit de s'allier avec le roi Levan de Kakhétie, le prince de Samtskhe et les tribus nord-caucasiennes pour défendre son pays de l'invasion qui se prépare ; il fortifie les principales villes de son pays. Les troupes géorgiennes entament les premiers mouvements, avant de rencontrer l'armée ennemie en 1520, à Teleti. Une importante bataille s'y déroule, durant laquelle le prince héritier Louarsab se distingue par sa bravoure. Toutefois, les Géorgiens sont défaits par les troupes persanes et est obligé de se replier sur sa capitale pour la défendre. Le shah Ismaïl poursuit les vaincus et réussit également à prendre Tiflis après un court siège, en raison de la traîtrise de certains défenseurs de la ville. Après des jours de dévastation, seul le quartier musulman échappe à la destruction., alors que le processus de colonisation de la Basse Kartlie par les Turkmènes s'amplifie.

Fin de règne et mort

Après cette nouvelle conquête, regagne ses domaines, laissant sur place ses troupes, dirigées par le général Div Sultan Rumlu. , qui s'est replié au sud du Karthli pour attaquer les Turkmènes et les Perses alors que le shah était à Tiflis, en profite pour revenir en force dans sa capitale, abandonnée à la furie des soldats musulmans. Entre-temps, le shah meurt à Tabriz, le , et ne laisse pour successeur qu'un jeune fils de , . Bientôt, une guerre civile éclate entre les Qizilbashs pour la régence et Rumulu quitte alors la Géorgie pour prétendre à son tour à la direction de la Perse, qu'il obtient jusqu'en 1527 Roger Savory, Iran under the Safavids, Cambridge University Press, 2007, 51-58..