thumb|Le sultan prononçant le discours de Tanger dans les jardins de la . Le discours de Tanger est un discours en arabe prononcé le , par le sultan du Maroc Sidi Mohammed dans le jardin de la à Tanger (dans la zone internationale de Tanger). Il s'y prononce en faveur de l'affranchissement de son pays du colonialisme et de son émancipation totale, le Maroc étant alors .

Le discours et ses conséquences Le monarque aborda l'avenir du Maroc et son unité, sans toutefois évoquer la France « éprise de liberté et qui conduit le pays vers la prospérité ». Eirik Labonne, résident général au Maroc qui avait inspiré au souverain cette déclaration « omise », fut rappelé par la France, qui considéra le discours comme un affront à son représentant. Il fut remplacé par le général Juin avec pour mission de renforcer le pouvoir de la France au sein du protectorat alors en place.

Le discours de Tanger a eu lieu trois jours seulement après le massacre du à Casablanca, qui avait fait plusieurs centaines de morts après un différend à propos de femmes quand des tirailleurs sénégalais avaient reçu l'ordre d'ouvrir le feu sur la fouleJean-Claude Santucci, Le Maroc actuel: Une modernisation au miroir de la tradition ?, Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman, Aix-en-Provence, 1992 Présentation de l'ouvrage.

Quelques points abordés par le sultan :

A aucun moment, le futur Mohammed V n’utilise dans son discours le mot indépendance, sans doute pour ne pas froisser la France, représentée alors au Maroc par le résident général Eirik Labonne, réputé libéral. « Le Maroc désire ardemment acquérir ses droits entiers », s’est-il contenté de dire, tout en ajoutant : « Le peuple qui s’éveille enfin prend conscience de ses droits et suit le chemin le plus efficace pour reprendre son rang parmi les peuples ». A contrario, le sultan Sidi Mohammed aurait dû rendre hommage à la puissance protectrice en exhortant ses sujets à s’inspirer des « Français », ce peuple « épris de cette liberté qui conduisit le pays (le Maroc) vers la prospérité et le progrès ». Il n'a cependant pas prononcé cette partie du discours. thumb|Le sultan au moment de la conférence de Casablanca. Bien qu'à la suite de la mort de Franklin Roosevelt, les Américains n’aient pas tenu leur promesse de la conférence de Casablanca () de rendre l’indépendance aux Marocains, le sultan ne leur tient pas vraiment rigueur. « J’éprouve beaucoup d’estime et de respect pour les services rendus par la République américaine aux pays arabes, et notamment pour sa participation à la délivrance de l’oppression », déclare-t-il dans son discours. Le sultan du Maroc évoque aussi l’idéal panarabiste, alors en plein essor. , déclare-t-il, avant d’ajouter : thumb|La , où a été prononcé le discours, est aujourd'hui un musée consacré à celui-ci. « L’avarice », « l’injustice », « l’ignorance »… autant de maux dans lesquels pataugent les Marocains et que le sultan condamne dans son discours.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Traduction du texte intégral du discours de Tanger dans

Articles connexes Histoire du Maroc (section « De l'idée d'indépendance à l'indépendance réelle ») Mohammed V (section « Discours du souverain ») Mouvement national marocain Massacre de Casablanca (1947)

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