thumb|redresse|Dans le domaine de la pseudoscience :Instrument du début du conçu par Franciszek Rychnowski afin de mesurer les radiations d'une « énergie cosmique ».
Une pseudoscience. ou pseudo-science (consulté le ). (du grec ancien , . et du latin , ) est une discipline qui est présentée sous des apparences scientifiques, mais qui n'a ni la démarche, ni la reconnaissance scientifiques. Elle se situe en opposition à la science.
Le terme « pseudoscience » est souvent utilisé pour dénoncer la tromperie autour de certaines connaissances, c'est-à-dire ceux qui utilisent, sciemment ou non, des termes et des démarches qui semblent scientifiques ou logiques dans le but de s'attribuer le crédit que la science possède. Ils utilisent parfois un langage et des axiomes scientifiques, mais ne respectent pas les critères de la méthode scientifique, tels les principes fondamentaux de réfutabilité, de non-contradiction et de reproductibilité.
La pseudoscience se rapproche de la para-science () dont le terme est perçu comme étant moins péjoratif, et exprimant l'idée de proximité ou de contiguïté avec la science. Les disciplines ou connaissances dites para-scientifiques sont, au mieux, trop peu étayées pour être considérées comme parties intégrantes de la science. Jusqu’à preuve du contraire (reconnaissance par les institutions scientifiques), les thèses se réclamant de la para-science sont donc à placer en pseudoscience.
Sémantique « Pseudoscience » est un terme qui véhicule : Une valorisation par sa terminologie historique : « Pseudo-science » relève du vocabulaire positiviste ou néo-positiviste : CarnapRudolf Carnap, Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage (1930), in A. Soulez, Manifeste du Cercle de Vienne et autres écrits, PUF, 1985, . et Neurath parlaient de « pseudo-énoncés » (Scheinsätze), à propos d'expressions linguistiques ou de propositions logiques qui relèvent d'un langage étranger à la science physique (physicalisme), ou qui ne renvoient pas à des expériences sensibles (phénoménalisme), ce qui englobe la métaphysique et les sciences occultes ; Une dévalorisation : si l'on y perçoit une démarche contestable faisant croire à l'utilisation de la méthode scientifique dans un but éventuel de s'approprier laura de la science.
« Pseudo-scientifique » est différent de « non scientifique » ou de « para-scientifique » : le préfixe pseudo., qui vient du grec pseudês signifie « erroné, faux » (« trompeur ») : le terme « pseudo-scientifique », peut se traduire par « faussement scientifique » ; le terme « pseudo-science » signifie que sciemment ou non intentionnellement, une connaissance ou une démarche pseudo-scientifique est « faussement attribuée à la science ». Elle ne doit pas avoir la prétention d'être scientifique, ou afficher un langage qui donne l'illusion de l'approche scientifique...
Mais toutes les disciplines pseudo-scientifiques n'ont pas le même degré de « revendication » scientifique : la médiumnité, par exemple, prétend à la réalité des phénomènes qu'elle allègue ; mais elle ne prétend pas nécessairement relever d'une démarche scientifique. ; a contrario, l'homéopathie, par ses expérimentations, se présente comme une science. Elle se réclame de principes énoncés comme des lois de la nature et de sa mise en œuvre régulière d'études cliniques visant à démontrer que les médicaments homéopathiques ont des effets supérieurs à ceux des placebos. Mais les scientifiques de la recherche pharmaceutique argumentent que les résultats de l'homéopathie n'ont pas été démontrés, ni ses principes vérifiés ; donc que l'homéopathie est une pseudo-science.http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article462 Sur l'éditorial de The Lancet.http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?rubrique49 Articles divers.http://www.charlatans.info/pseudoscience/pseudosciences_medecine.shtml Pseudo-sciences en médecine.http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article289 L'homéopathie en question..
La ne-science est une absence de toute connaissance. Pour Manuel de Diéguez, les assertions de la ne-science s’opposent à toute notion d’esprit critique et adhèrent à des formes de pensées qui vont jusqu'à la pensée magique sans revendication scientifiqueManuel de Diéguez, Science et Nescience, Bibliothèque des Idées, Gallimard, 1970..
« Para-science » : Certains auteurs ou certaines disciplines se revendiquent alternativement de la para-science ou de la pseudo-science, selon Pierre Lagrange, sociologue des sciences, spécialiste de l'étude des controverses sur les para-sciences.
Dans l'Antiquité, Pline l'Ancien recommandait déjà de séparer soigneusement la médecine (au sens large) des : Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, XXX, 1..
Origines de l'expression
C'est au que fut exclu du domaine de la science tout ce qui n'est pas vérifiable par la méthode expérimentale. disponible sur Gallica.
L'expression « pseudo-science » est ancienne. En 1796 déjà, l'historien James Pettit Andrew parle de l'alchimie comme d'une « fantastique pseudo-science »Sven Ove Hansson Science and Pseudo-Science Stanford Encyclopedia of Philosophy, 2014. En 1864 déjà, James Reddie s'interroge en ces termes sur l'avenir de la toute jeune anthropologie : « Alors que nous tentions d'organiser les faits sur la base de fausses hypothèses, nous ne réussissions qu'à construire une « pseudo-science » élaborée qui pouvait effectivement avoir les apparences de la vérité mais ne possédait aucune solidité »James Reddie, On Anthropological Desiderata, Considered with Reference to the Various Theories of Man's Origin and Existing Condition, Savage and Civilised, Journal of the Anthropological Society of London, vol. 2 (1864), pp. cxv-cxxxv, p. cxvi.
En France, une recherche sur Gallica sur Gallica. montre que ce mot est largement utilisé au . Le premier ouvrage identifié, sur ce site, est le Précis élémentaire de physiologie de François Magendie de 1816, disponible sur Gallica., dans une citation qu'il est intéressant de relire pour son actualité :
En particulier, le Grand Dictionnaire du de Pierre Larousse mentionne, sur sa page de couverture, le terme pseudo-science dans les thèmes que cette encyclopédie aborde..
Recherche de critères La définition de critères simples, définitifs et exclusifs, est complexe, ainsi pour Massimo Pigliucci la démarcation repose plus vraisemblablement sur le déplacement d'un curseur le long d'un continuum de pratiques épistémologiquement plus ou moins fortes.
Critères externes Absence du monde académique Selon ce critère, si la discipline n'est pas enseignée à l'université et n'a pas de publications à comité de lecture, alors il s'agit d'une pseudo-science. Ce critère pourrait en théorie être utilisé par ceux qui considèrent qu'il n'est pas possible de trouver de critères objectifs sur le discours de la discipline. Toutefois, c'est un critère rarement utilisé aujourd'hui, en tout cas pas par les auteurs qui se sont penchés sur le phénomène et ont tenté d'en dégager des définitions, comme Robert Park Robert Park, Voodoo Science. The Road from Foolishness to Fraud. Oxford, Oxford University Press, 2000, 230 pages, Martin GardnerMartin Gardner, Did Adam and Eve Have Navels? Debunking Pseudoscience. New York et Londres, WW Norton & Company, 2000, 333 p., Richard Dawkins, Carl Sagan ou Alan Sokal.
C'est un critère qui peut être utilisé comme justification par les défenseurs de certaines pseudo-sciences, qui font remarquer que l'astrologie, du temps où elle était enseignée à l'université, au Moyen Âge, n'aurait pas été considérée comme une pseudo-science. Ainsi de nombreuses disciplines émergentes ont été indéniablement scientifiques ( la génomique et la protéomique, à la fin du ) avant d'être enseignées à l'université. De même, certaines pseudo-sciences liées à des secteurs industriels (notamment pharmaceutique, pour le cas de l'homéopathie) leur permettent dans certains pays un lobbying suffisamment puissant pour pénétrer progressivement les institutions officielles, universitaires ou hospitalières, sans que cela ne représente une validation générale de leurs principes.
Critères internes Absence de vérification empirique des hypothèses proposées
Pour être nommée science, il faut qu'une discipline propose des moyens de vérifier empiriquement les hypothèses qu'elle avance. De nombreux scientifiques reprochent par exemple à la psychanalyse d'avancer des hypothèses qui ne sont pas vérifiables empiriquement, contrairement à une véritable science. L'un des buts essentiels de la science est de fournir une description du monde en se servant de concepts définis avec rigueur et précision, qui interviennent dans des théories dont on peut vérifier la validité ou la non-validité par des expériences.
Or, s'il s'agit de concepts pour lesquels il n'existe pas (ou pas encore) de définition précise et qu'on ne peut ni soumettre à l'expérimentation, ni à l'observation, ces études sortent du cadre scientifique. Cela ne veut pas nécessairement dire que ces études sont sans valeur en philosophie, en métaphysique, en théologie En fait, les hommes et femmes de science ne parlent de pseudo-science que si ces spéculations empruntent et déforment des termes scientifiques pour tenter de se donner un substratum scientifique, généralement auprès du grand public.
Impossibilité de réfuter les hypothèses soumises
Le philosophe Karl Popper, constatant qu'il est possible de trouver des observations pour confirmer à peu près n'importe quelle théorie, propose une méthodologie fondée sur la réfutabilité : pour être admise comme scientifique, une théorie doit être réfutable. Exemple : l'eau dans laquelle a été dissous un anticorps en conserverait les propriétés même quand il n'y a plus de possibilité statistique que l'anticorps en question soit encore présent. Il s'agit d'une hypothèse scientifique. En effet, il suffit de mettre l'eau ainsi traitée en contact avec des globules blancs pour voir si ces derniers vont réagir ou non. S'ils ne réagissent pas, c'est que l'hypothèse est fausse (voir mémoire de l'eau). Exemple d'hypothèse pseudo-scientifique : la supposée « force psi », qui aurait la particularité de ne pas se manifester lorsqu'on tente de l'étudier en laboratoire, serait responsable des phénomènes de télékinésie. Cette hypothèse est impossible à réfuter car si aucune expérience ne peut mettre cette force en évidence, cela ne vient pas en contradiction avec l'hypothèse de départ. Donc, peu importe le résultat, l'hypothèse ne peut pas être infirmée.
Le philosophe des sciences Paul K. Feyerabend a opéré une critique de ce critère de réfutabilité poppérien. Feyerabend explique par exemple que le succès de Galilée est venu de son acharnement à partager son enthousiasme pour l'hypothèse copernicienne, à éluder les réfutations, à modifier ses méthodes et ses hypothèses ad hoc, et à user de persuasion en interpellant la population en italien plutôt qu'en s'adressant à la communauté scientifique, qui transigeait en latin. Tous ces comportements sont typiques desdits pseudoscientifiques, tant dans leur usage des instruments scientifiques, de la persuasion, du sensationnel, du populisme, et des preuves à leur disposition .
Traduction :
Les critiques feyerabendiennes du critère de réfutabilité ne sont pas pour autant une validation a priori de tous les canulars à prétention scientifique, mais une invitation à la rigueur .
Aujourd'hui, plusieurs domaines des sciences, en particulier la physique, s'étant mathématisés à l'extrême, l'abus d'arguments qualitatifs est devenu une variante de non-réfutabilité. En effet, les défauts des différents modèles en cosmologie par exemple n'apparaissent qu'après des calculs très compliqués. Dès lors, une théorie alternative n'est pas acceptable si elle donne juste de vagues idées sur la manière dont elle résout les problèmes posés par les théories acceptées comme modèles provisoires , ni si elle en crée de nouveauxAre you a quack?.