L'économie de l'Éthiopie est essentiellement agricole, fragilisée par des sécheresses, des pénuries alimentaires et des conflits politiques. Cependant, elle transite actuellement vers une économie industrielle et exportatrice. Depuis les années 2000 et jusqu'en 2018, la croissance de son PIB est l'une des plus importantes au monde aux alentours des 10 % par an (10,9 % en 2017). Cela a permis une sortie de l’extrême pauvreté pour une bonne partie de la population, passant de 55,5 % de la population en 1999 a 26,7 % en 2016 (seuil 1,90$). Elle a subi une forte période de crise entre 2019 et 2024 en raison d'une série de facteurs domestiques et extérieurs. La dépendance à l'or et le caractère contraint de ses finances publiques rendent sa position encore fragile. Elle n'est pas membre de l'Organisation mondiale du commerce mais une procédure d’adhésion a été lancée en 2003.

Histoire économique Développement économique avant 1974 Les ressources naturelles de l'Éthiopie ont permis au pays d'entretenir des relations commerciales avec le monde extérieur pendant des siècles. Durant l'Antiquité, les commerçants éthiopiens échangeaient de l'or, de l'ivoire, du musc, des peaux et quelques produits de luxe, tels que la soie et le velours.

À la fin du , le café est devenu la principale production du pays. À cette époque, la plupart des activités commerciales empruntaient l'une des deux routes commerciales partant de l'ancienne province de Kaffa, l'une menant au nord à Massaoua sur les côtes de l'actuelle Érythrée, en passant par Gondar et Adoua. La seconde route longeait la rivière Awash pour rejoindre Harer et plus loin Berbera ou Zeila sur le littoral de la mer Rouge.

Les changements de l'économie éthiopienne sous l'occupation italienne sont très limités, en raison du manque de contrôle militaire sur la totalité du territoire et de la courte durée de cette présence (1936 à 1941), quelques routes sont construites et des entreprises italiennes s'installent.

Jusque dans les années 1950, la plus grande partie de l'économie éthiopienne est restée inchangée. Le secteur agricole se développait très lentement et le secteur industriel ne représentait qu'une faible part de l'économie du pays.

Au début des années 1950, l'empereur Hailé Sélassié entreprit de transformer une économie de subsistance en économie agro-industrielle. Jusqu'en 1957, le gouvernement prépara des plans de développement avec l'aide des États-Unis, de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de la Yougoslavie.

Le premier plan quinquennal (1957-1961) visait le développement des infrastructures, notamment les transports et les moyens de communication pour relier les régions isolées, mais aussi le développement d'une main-d'œuvre qualifiée pour travailler dans l'industrie. Le second plan quinquennal (1962-1967) avait pour objectif de diversifier la production, d'introduire des méthodes de fabrication modernes et le développement des capacités productives du pays. Le troisième plan quinquennal (1968-1973) était destiné à améliorer les performances agro-industrielles.

Si les résultats ne furent pas à la hauteur des objectifs que s'était fixé le gouvernement, le pays connut néanmoins une augmentation de sa croissance et était parvenu à diversifier ses productions industrielles.

Après la révolution Après la révolution de 1974 ayant abouti à la prise de pouvoir par le régime Derg, l'économie éthiopienne a été restructurée et nationalisée.

Jusqu'en 1978, la croissance augmenta très peu en raison des tensions politiques, des conflits armés et d'une réforme radicale des institutions. Le climat politique instable et les nationalisations ont causé une dislocation des principaux secteurs de l'économie tel que l'agriculture et l'industrie. En outre, le budget militaire absorbait une grande partie des ressources du pays. Pendant la période de 1974 à 1978, le PIB augmenta en moyenne de 0,4 % par an alors que les déficits augmentaient et que l'index des prix faisait un bond de 16,5 % chaque année.

Dans une seconde phase (1978-1980), l'économie commença à se relever grâce à des réformes institutionnelles mais surtout parce que les conditions de sécurité se sont améliorées avec la fin de la guerre de l'Ogaden et la diminution de l'activité des rebelles en Érythrée. Durant cette période, le PIB augmenta en moyenne de 5,7 % par an.

De 1980 à 1985, l'économie connu des revers. Hormis durant l'année fiscale 1982/83, l'augmentation du PIB ne cessa de décliner. Plusieurs facteurs expliquent ce retournement. Tout d'abord, le pays fut frappé d'une grave sécheresse en 1984 et 1985 causant une famine qui fit plus d'un million de morts. Ensuite, le secteur industriel stagna en raison du déclin de la production agricole. Enfin, en raison du climat politique, le pays vit son commerce extérieur diminuer alors que dans le même temps le budget militaire absorbait entre 40 et 50 % des dépenses.

Jusqu'à la chute du régime Derg en 1991, l'économie continua à stagner malgré une amélioration des conditions climatiques qui avait permis à l'agriculture de se redresser.

Situation actuelle Après la chute du régime Derg, des réformes ont été engagées par le nouveau pouvoir en place afin de transformer l'économie centralisée de l'Éthiopie en une économie de marché. Ces réformes ont permis de porter la croissance annuelle du PIB à 4 % entre 1991 et 2003, contre 2,8 % sous le régime du Derg (1974–1991). La structure de l'économie a elle aussi évolué, la part de l’agriculture diminuant au profit de celle des services, alors que l'industrie restait globalement au même niveau Toutefois, le pays a dû faire face à de très graves crises qui ont profondément marqué l'économie. Tout d'abord, le conflit avec l’Érythrée (1998-2000) qui a entraîné une hausse sensible du budget de la défense, la suspension des financements du FMI et la diminution de l'aide extérieure.

Par ailleurs, après une première crise alimentaire grave en 2000, l'Éthiopie en a subi une seconde aux effets dramatiques en 2003, en raison de la sécheresse. Quinze millions de personnes ont été touchées malgré la mobilisation de la communauté internationale. En 2006, une nouvelle pénurie alimentaire grave, proche de la famine, a de nouveau frappé, aggravée par de fortes inondations dans l'est du pays qui ont tué des centaines de personnes et sinistré des milliers d'autres.

En 2015, l’Éthiopie compte 2 700 millionnaires, un nombre qui a plus que doublé depuis 2007. Leurs fortunes se construisent pour l'essentiel dans des niches de rentes économiques (banques, mines, etc) sans investir les secteurs structurels et stratégiques (production industrielle, infrastructures, etc) et ne devraient aucunement favoriser le développement économique ou représenter une source de concurrence pour les multinationales occidentales.

Le gouvernement éthiopien multiplie les efforts pour attirer les investisseurs étrangers, en particulier dans le secteur textile. Ceux-ci peuvent désormais importer leurs machines sans frais de douane, bénéficier d’une exemption d’impôts pendant dix ans, de loyers très inférieurs aux prix du marché et d'eau et électricité quasiment gratuites. De grandes marques se sont implantées dans le pays, comme Decathlon, H&M et Huajian. Ces entreprises bénéficient également d'une main d’œuvre peu couteuse. Enfin, les accords commerciaux entre l’Éthiopie et l'Union européenne leur permettent d'exporter sans droit de douane.

Après près de 15 années d'une croissance avoisinant les 10 % annuels, la situation change à partir de 2018 avec l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed, et la multiplication des conflits ethniques et la guerre du Tigré. En 2020, le pays demande une renégociation de sa dette. La croissance de son PIB en 2021 est estimé à 5,6 % par la Banque mondiale.

Depuis 2024, après 6 années de crise, la libéralisation du taux de change a réduit fortement le marché parallèle des devises, tandis que les réserves de change se sont reconstituées et que l’inflation a nettement diminué (10 % en novembre 2025). La croissance a parallèlement retrouvé un rythme très élevé, autour de 9 % en 2024-2025, portée notamment par les mines, l’industrie et l’agriculture, avec des perspectives encore favorables. Les réformes restent toutefois fragiles, notamment en raison de la dépréciation du birr, des difficultés persistantes d'accès aux devises et des effets sociaux de l'ajustement économique. La restructuration de la dette éthiopienne en 2025 a allégé temporairement son service de la dette (qui porte sur 8,4 milliards de dollars de dette externe), mais les négociations avec les créanciers privés restent difficiles, tandis que le pays demeure exposé à un risque élevé de surendettement. La situation financière des entreprises publiques a été assainie par la reprise de leurs dettes non soutenables (création de la Liability and Asset Management Company (LAMC) en 2021), la rationalisation de leur gouvernance (confiée au Ethiopian Investment Holding ) et la recapitalisation de la Banque commerciale d'Éthiopie, afin de limiter les risques financiers pour l'État..

Structure économique Depuis le début du , l’Éthiopie connaît une croissance économique sans précédent. Entre 2002 et 2007, le taux de croissance annuel moyen dépassait 11 %, même s'il l'on prévoit pour 2008 un certain ralentissement.

Les indicateurs économiques conduisent toutefois à rester prudent. Tout d'abord, l'inflation continue à être importante et les prix des denrées alimentaires augmentent fortement. Ensuite, ces dernières années, l'Éthiopie a bénéficié de conditions climatiques clémentes, situation qui pourrait ne pas durer. Enfin, le pays est assujetti au prix du pétrole dont l'augmentation a impact direct sur la balance des paiements.

Industrie textile Les salariés des usines de vêtements d’Éthiopie, qui travaillent notamment pour des marques internationales, reçoivent un salaire mensuel allant de 23 à 35 euros. Ces très bas salaires ont entraîné une faible productivité, des grèves fréquentes et un fort turn-over. Certaines usines ont remplacé l’intégralité de leurs salariés tous les douze mois en moyenne, indique le rapport publié en 2019 du Centre Stern pour les affaires et les droits de l’homme de l’université de New York. Ce rapport précise :« Plutôt que la force de travail docile et bon marché promue en Éthiopie, les fournisseurs basés à l’étranger ont rencontré des employés qui sont malheureux de leur rémunération et de leurs conditions de vie et qui veulent de plus en plus protester en cessant le travail ou même en démissionnant. Dans leur empressement à créer une marque “made in Ethiopia”, le gouvernement, les marques mondiales et les fabricants étrangers n’ont pas prévu que le salaire de base était tout simplement trop faible pour que les travailleurs puissent en vivre. »

Commerce extérieur

Partenaires commerciaux de l'Éthiopie (en millions de dollars)PaysExportationsImportationsBalance commercialeAllemagne946529Japon56103-47Arabie saoudite392118Italie32112-80Suisse291019États-Unis1861-43France1440-26Royaume-Uni1055-45Inde866-58Yémen6241-235Chinen.a.97n.a. Bien que l'Éthiopie soit ouvert au commerce international, celui-ci reste encore assez peu développé, comparativement à d'autres pays voisins.

L'un des freins est sans doute lié aux droits de douane encore relativement élevés. Malgré l'absence de barrières commerciales officielles, certains domaines restent fermés aux investisseurs privés, tel que le secteur des banques et celui des assurances. En outre, le dédouanement est lent et toutes les importations en direction du pays doivent passer par des ressortissants éthiopiens inscrits comme agents d'importation ou de distribution auprès du Ministère du commerce et de l'industrie.

Investissement étranger