Un hérisson (anglais : Hedgehog) est une sorte de mortier anti-sous-marin utilisé sur les navires britanniques et américains et destiné à la lutte anti-sous-marine. Il a été utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre de Corée.
Origine Cette arme a été développée lors de la Seconde Guerre mondiale par le de la Royal Navy ; elle est basée sur le dessin du mortier Blacker Bombard. Elle visait à pallier une insuffisance des systèmes de lancer de grenades anti-sous-marines en permettant de lancer les projectiles sur l'avant du navire attaquant, sans perte de contact du système de détection (acronyme ASDIC en anglais).
En service opérationnel à partir de 1942, elle équipait essentiellement les navires d'escorte de convois tels que les destroyers, frégates et corvettes, pour compléter l'habituelle grenade anti sous-marine (« depth charge »).
Description L'arme se composait d'un certain nombre de projectiles de mortiers, , 6 sur . Chacun était de dont la moitié de TNT ou Torpex.
Les projectiles étaient tirés en succession et n'explosaient qu'au contact, et non selon une profondeur déterminée à l'avance. Ceci en faisait une arme très efficace par sa discrétion, le sous-marin ne prenant conscience d'être attaqué qu'au moment où une charge déchirait sa coque. C'est à cause de cet ensemble de mortiers que l'arme avait été dénommée hérisson.
Description technique
Caractéristiques générales Pour un projectile : Calibre : Masse : Diamètre : Longueur : Charge explosive : de TNT ou de Torpex Portée : environ Vitesse de plongée : Mise à feu : contact, hautement explosif Ordre d'allumage : ondulation par paire, une chaque dixième de seconde Temps de rechargement : environ
Variantes
Mark 10 Il s'agit d'une version ayant une couverture de tir elliptique de pour une portée de .
Mark 11 C'est une version avec une couverture de tir circulaire d'un diamètre de pour une portée de .
Mark 15 Cette version ressemble à la version Mark 11 mais elle est montée sur une plate-forme adaptée d'un canon Bofors quadruple de . Le Mark 15 pouvait être tiré à distance de la chambre de tir du navire.
Mise en œuvre vignette|gauche|Rechargement d'un « hérisson », sur une frégate sud-coréenne de la classe Tacoma, en 1950.
Préparation
Visée et tir Le tir est déclenché par un officier sur la passerelle. Il utilise une formule complexe qui utilise le relèvement du système de détection, le temps de vol des projectiles, le vent, la vitesse de l'escorteur, etc.. Les projectiles tombent une trentaine de mètres en avant du navire, formant une sorte de cercle.
Rechargement Le temps de rechargement de l'engin est manuel et long ; le HMS Tavy est arrivé à tirer cinq salves en pour couler le U-390, cadence considérée comme une performance..
Efficacité thumb|Les projectiles du Hérisson forment un cercle encadrant la position de la cible (U-853, qui ne survivra pas à ce tir). L'intérêt de cette arme est qu'en tirant sur l'avant du navire, elle permet de pallier une insuffisance du système de détection. Celui-ci ayant un faisceau ultrasonore fixe, le contact est perdu quand le navire chasseur est très près de sa cible au-dessus de laquelle il doit passer pour lancer des grenades anti-sous-marines.. De ce fait, les probabilités de pouvoir toucher sa cible sont passées de 7 % (avec une torpille standard) à 25 %.
Évolution gauche|vignette|« Mousetrap », la version US du « hérisson » britannique. Le hérisson a été remplacé par le mortier « squid » (« calmar » en anglais), plus efficace, qui fut à son tour remplacé par le « Limbo ». Les États-Unis ont produit une arme similaire appelée « Mousetrap » (« piège à souris » en anglais) et l'U.R.S.S. a également fait sa propre version de l'arme.
Utilisateurs
Royal Navy
United States Navy
Notes et références
Sources
.
Bibliographie , réédité en 2007 par la Naval Institute Press, . .
Liens externes
Catégorie:Mortier anti-sous-marin Catégorie:Glossaire militaire Catégorie:Invention britannique