Thierry Lévy, né le à Nice et mort le . à Créteil, est un avocat pénaliste français.
Biographie Jeunesse Thierry Lévy est né dans une famille bourgeoise juiveDominique Simonnot, « Champion de box », Libération, 31 mai 2000.. Son père, Paul Lévy, est journaliste à L'Aurore, au Journal et à L'Intransigeant puis fondateur en 1918 de l'hebdomadaire Aux Écoutes. Sous l'Occupation, privé de la gestion de son journal parce que juif, il se cache dans le sud de la France avec sa femme, Rosie Nathan, avocat au barreau de Paris convertie au catholicisme. Le couple a trois enfants, baptisés par l’évêque de Paris, après la LibérationPascale Robert-Diard, « Thierry Lévy, maître de sa rage », Le Monde, 9 février 2008..
Son père meurt alors que Thierry Lévy, collégien à Janson-de-Sailly, a . Celui-ci reprend sept ans plus tard le journal familial, en perte d'audience, essayant de le faire passer d'un positionnement droitier à des engagements de gauche, ce qui finalise la chute de l'entreprise.
Il obtient le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1967)..
Carrière Admis au barreau de Paris en , Thierry Lévy est, en , commis d'office, avec l'avocat Rémy Crauste, pour défendre Claude Buffet pour l'assassinat de deux otages à la maison centrale de Clairvaux avec Roger Bontems. Il ne peut pas le sauver de la guillotine, les deux avocats assistant à l'exécution dans la cour de la prison de la Santé le suivant, mais se fait, durant le procès et après, le relais de son client dans la dénonciation des conditions de détention du système carcéral français.
Opposant à la privation de liberté, , en rupture avec le système judiciaire, il refuse les affaires où il devrait demander de la détention et défend deux membres du groupe terroriste Action directe, les frères Halfen : Nicolas Halfen est condamné à dix ans de réclusion, Claude Halfen est acquitté. En 2009, Thierry Lévy assigne Jean-Louis Bruguière et Jean-Marie Pontaut pour diffamation, au nom de Claude Halfen, à la suite de la parution du livre d'entretiens Ce que je n'ai pas pu dire, où celui-ci est accusé d'avoir été membre du commando d'Action directe qui a tué deux policiers et en a grièvement blessé un troisième, le , sans toutefois avoir tiré lui-même (précisément l'affaire pour laquelle Claude Halfen a été acquitté le ). Jean-Louis Bruguière est relaxé en première instance (2011)« L'ex-juge antiterroriste Bruguière, accusé de diffamation, relaxé à Lyon », Le Parisien, 27 février 2011., puis en appel (la même année), mais la cour de cassation annule cette relaxe le Voir sur legifrance.gouv.fr., et renvoie l'affaire devant la cour d'appel de Rennes, qui relaxe à son tour les prévenus. Le , cette relaxe est de nouveau casséeArrêt du 17 novembre 2015 (14-81.410) - Cour de cassation - Chambre criminelle..
En 1986, il obtient l'acquittement de Roger Knobelspiess. Dans les années 1990, il défend Christian Didier, assassin de René Bousquet (condamné à dix ans de prison), la juge d'instruction Eva Joly contre l'ordre des avocats, l'historien Bernard Lewis (gagnant trois procédures sur les quatre intentées contre son clientCelles intentées par le Comité de défense de la cause arménienne, l'Agrif et l'Union des médecins arméniens de France (condamnés pour procédure abusive). Il perd en revanche contre la Licra, et Bernard Lewis refuse de faire appel, affirmant n'avoir pas confiance dans la justice française : Bernard Lewis, , Londres, Weidenfeld & Nicolson, 2012, .), les évadés de Clairvaux, qui obtiennent des peines de contre la perpétuité réclamée par l'avocat général.
Il accueille Arnaud Montebourg dans son cabinet, à ses débuts comme avocat.
Il préside l'Observatoire international des prisons - section française de à 2004.
En 2004, conseil de Richard Shirrefs, directeur général d'Eurotunnel, Thierry Lévy obtient la condamnation de Nicolas Miguet, qui doit verser à Richard Shirrefs pour diffamation et injure« Eurotunnel : Richard Shirrefs a assigné Nicolas Miguet pour diffamation et injures publiques », Le Monde, 31 octobre 2003 ; « Eurotunnel : Nicolas Miguet condamné pour diffamation », Libération, 17 février 2004..
En 2005, avocat de Claude Cherki, ancien PDG du Seuil, il plaide avec succès contre Jean-Claude Guillebaud, poursuivi pour diffamation par Claude Cherki. Jean-Claude Guillebaud est condamné à d'amende, symbolique de dommages et intérêts, au titres des frais de justice de la partie civile, et à publier le jugement à ses frais dans Le Nouvel Observateur« Cherki à la barre », Libération, 19 mai 2005..
En 2008, il obtient la relaxe de Roger Cukierman, poursuivi pour injure publique par Alain Krivine. L'année suivante, aux côtés de son confrère Dominique Tricaud, Thierry Lévy défend avec succès Siné, poursuivi par la LICRA, mais relaxé par le tribunal de LyonJugement de première instance ; « La citation de la Licra contre Siné annulée en appel », Nouvelobs.com, 26 novembre 2009 ; « Troisième victoire du dessinateur Siné contre la Licra ! », communiqué, 5 avril 2012..
vignette|Tombe de Thierry et Paul Lévy au cimetière de Passy (division 10). Avocat des cinémas Utopia, Thierry Lévy obtient, en 2010, le rejet de l'action intentée par l'Association culturelle juive des Alpilles (ACJA)., puis la condamnation de Yann Moix et du Figaro pour injure publique contre les responsables du réseau de cinémasVoir sur cinemas-utopia.org .. En 2012, il représente les intérêts de son confrère Jérémie Assous contre la multinationale , déboutée de sa plainte en diffamation« La multinationale ACN perd son procès contre l’avocat Jérémie Assous », Capital.fr, 3 avril 2012..
Devenu un habitué des plateaux télévisés durant les années 2000-2010, il prend part à des débats sur des faits de société, s'opposant parfois rudement à des personnalités controversées telles que Dieudonné ou à d'autres personnalités telles que Jean-Luc Mélenchon, Alain Bauer et Nicolas Sarkozy.
Publications Outre de nombreux ouvrages et articles juridiques, Thierry Lévy a beaucoup écrit sur l'art de l'éloquence et sur la profession d'avocat, notamment Convaincre : Dialogue sur l'éloquence, en collaboration avec Jean-Denis Bredin. Il a également écrit quelques courts essais qui constituent des plaidoiries à propos de divers aspects du politiquement correct qui affligerait selon lui la société française contemporaine. L'Animal judiciaire, Paris, Grasset, 1975 Le Désir de punir, Fayard, 1979 Le Crime en toute humanité, Grasset, 1984 La Société des femmes, Paris, Flammarion, 1987 Le Droit Chemin, Paris, Plon, 1989 Blessure mortelle (roman), Paris, Flammarion, 1992 Justice sans Dieu, Odile Jacob, 2000
Lévy oblige, Grasset, 2008
Rose, Plon, 2015
En collaboration
Participation à l'ouvrage collectif Qu'est-ce que la gauche ?, Fayard, 2017
Préface Nan Aurousseau, Paroles de bandits (essai en collaboration avec Marie Laborde), Paris, Éditions du Seuil, coll. « Combat de Claude Durand », 1975
Notes et références
Liens externes
Site du cabinet d'avocats France Culture : « L'avocate et le revolver (L'histoire de Brigitte) » — Brigitte Hemmerlin, ancienne collaboratrice de Thierry Lévy
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