Mornant est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes. Géographie Mornant est une commune, d'une superficie de , située dans le département du Rhône à au sud-ouest de Lyon. Elle est dans la partie sud du Plateau lyonnais large d’une dizaine de kilomètres. Ses y occupent une position centrale et correspondent à la partie véritablement tabulaire de ce plateau avec une pente modérée du nord-ouest (472 mètres au Crêt de Marsolas) vers le sud-est (285 mètres). Cette centralité est encore renforcée par la convergence du réseau hydrographique : l’axe majeur nord-ouest - sud-est du Mornantet est alimenté par le Fontagny, son affluent de rive droite et par le Jonan en rive gauche. Les communes situées à l’ouest sont adossées aux Monts du Lyonnais et culminent au Signal de Saint-André à 934 mètres ; celles qui sont situées au sud-est forment un gradin en bordure de la vallée du Rhône (170 mètres à Chassagny). Mornant est ainsi limitrophe de sept autres communes. C’est la raison pour laquelle elle est a été choisie en 1997 comme siège administratif des 16 communes de la Communauté de communes du Pays Mornantais (COPAMO) forte de 23 983 habitants à sa fondation. Treize d’entre elles font partie de son canton et trois sont dans le canton de Givors.

Géologie et pédologie Le plateau sur lequel Mornant s’est implantée, est un ensemble constitué de terrains cristallins homogènes essentiellement composés de gneiss. Cependant, de vastes ellipses granitiques plus dures peuvent apparaître : ce sont elles qui déterminent alors partiellement les formes en relief, les ondulations à grand rayon de courbure dégagées par l’érosion linéaire. Ce vaste « décapage » largement préparé par la tectonique (multiples failles « hachant » le plissement hercynien au pied des monts du Lyonnais) a donné naissance à un véritable glacis, glacis d’érosion surtout à l’ouest d’une ligne Vernay-Grande Pavière, glacis d’accumulation à l’est de cette ligne avec un colmatage progressif des fonds de vallons (landes de Montagny, Chassagny, Taluyers) donnant naissance à une vaste plaine alluviale et humide. Les colluvions ennoient çà et là des chicots rocheux, ceci est particulièrement sensible dans la topographie (apparence « calme » du tracé des courbes de niveau).

Hydrographie Mornant est drainée par les ruisseaux du Fondagny, du Corsenat et de la Condamine, ainsi que par les rivières du Mornantet et son affluent le Jonan. Le lac de la Madone est une retenue d'irrigation. Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Mornant est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MornantUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (81,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (42,5 %), zones agricoles hétérogènes (25,7 %), zones urbanisées (15,4 %), terres arables (13,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

L'étymologie par le participe présent du verbe francoprovençal mòréné « barrer au moyen de murs de pierres », d’origine préceltique, a été proposée par E. Nègre, qui fait de Mornant l'équivalent de « (mur) barrant ».

Une autre hypothèse, basée sur les formes anciennes Mornancus en 900 puis Mornantus, est celle d'un nom formé sur le latin maurus, « sombre », et nanto, « vallée où coule une rivière ».

Histoire

Préhistoire et Antiquité vignette|left|Le vallon du Calichet et l'aqueduc, illustrés par Joannès Drevet (1854–1940). Comme en témoignent certains vestiges, la région de Mornant devait être habitée dès l’époque gauloise et même, peut être, avant puisqu’il faut signaler un ensemble mégalithique situé au milieu d’un champ au hameau de Luet (l’ensemble pourrait remonter à – 3000, mais certains spécialistes doutent du fait qu’il s’agisse d’un dolmen).

On ne dispose que de minces indices pour imaginer un véritable peuplement de la contrée aux temps gallo-romains. En revanche, on reste confondu devant le gigantisme des travaux nécessités pour la construction de l’aqueduc du Gier. Construit pendant le règne d’Hadrien (début du après J.-C.), il amenait l’eau du massif du Pilat jusqu’à Fourvière. Il traversait le territoire de Mornant entre les communes de Saint-Maurice-sur-Dargoire et Saint-Laurent-d'Agny sur une longueur de 6,4 kilomètres. C'était dans sa majeure partie un canal à fleur de terre avec franchissement des vallées par cinq ponts. On peut encore aujourd’hui voir les vestiges de trois d'entre eux. Celui sur le Mornantet, le plus important, a fait l’objet d’une mise en valeur ; c’est aussi le seul qui soit protégé au titre des Monuments Historiques. Les deux autres permettaient le franchissement du Corsenat et de la Condamine. Le nom des Arches perpétue le souvenir du pont le plus à l'aval. Mais l’aqueduc aurait dû faire un large crochet de par le sud-est pour contourner la hauteur du Peu. Ses constructeurs ont préféré franchir l’obstacle en ligne droite par un tunnel de 825 mètres de long creusé jusqu’à 20 mètres de profondeur. Pour sa réalisation ils ont creusé des puits à intervalles réguliers de par lesquels ils évacuaient la terre et qui servaient par la suite au contrôle et à l'entretien de l’ouvrage.

Du Moyen Âge à la Révolution Le choix de site alt=vestiges du rempart|vignette|Vestiges du rempart. alt=Tour de la Dîme|vignette|Tour de la Dîme. Le nom de Mornant figure pour la première fois dans le cartulaire (recueil de chartes) de l’abbaye de Savigny en 908. Le mot, d’origine celtique, est composé d’une double racine : mor (hauteur) et nantos (rivière). Cette étymologie trouve sa justification dans l’existence, à un peu moins d’un kilomètre de distance, de deux pointements. Le bourg actuel, à l’ouest, à l’altitude de 370 mètres est en limite du plateau au-dessus de la vallée du Mordancet. À moins d’un kilomètre plus à l’est se détache de la masse du plateau une butte à l'altitude de 383 mètres. Elle est en position dominante de 70 à 80 mètres en direction de l’est et offre aussi des vues dégagées vers le nord et vers le sud. Il est désormais possible de définir, non plus la situation de la commune par rapport à l’ensemble du plateau, mais le site défensif choisi pour son centre. De fait, une abbaye, dédiée à Saint-Jean-Baptiste existait encore au au lieudit de Montclare, un peu en contrebas de la cote 383. Ses bâtiments auraient été assez importants pour abriter une quinzaine de personnes. Elle aurait été détruite à la fin de ce même lors de combats opposant des candidats au titre impérial et ses ruines auraient été réemployées pour la fortification du bourg autour de l’actuelle église.

Les destins opposés des deux buttes auraient été fixés précocement. Le secteur de l’ancienne abbaye est devenu un lieu d’échanges sur un espace assez vaste qui laisse supposer l’importance commerciale du Mornant d’autrefois. Le souvenir nous en est conservé par la toponymie : le lieudit Marchay n’est qu’une corruption de l’appellation primitive qui était encore écrite Marché dans les registres paroissiaux du . Mais le cœur religieux de Mornant battrait désormais là où avait construit la première église à la naissance de la paroisse dès l’an 800, détruite au milieu du , reconstruite vers l’an 910 sous les vocables Pierre et Paul. Elle devait être promue prieuré en passant sous la dépendance de l’abbaye de Savigny qui en resterait propriétaire jusqu’au . Le lieu sacré méritait d’être protégé. Son enceinte fortifiée remonterait-elle aux alentours de l’an 900 également ? Sa forme ovale d’environ 270 m sur un axe nord-ouest-sud-est se devine encore dans le tracé des rues et dans le nom de deux d’entre elles : rue des Petits Terreaux et rue des Fossés. On y pénétrait par les portes du nord, du midi et de l’est. A l’intérieur se dressait l’église primitive orientée et le château, modeste bâtisse, qui la joignait au nord-ouest. Quelques vestiges de ce mur parlent encore à notre imagination dont un pan construit en mœllons mais surtout la Tour de du vingtain, donjon carré de 18,20 mètres de hauteur construit en bel appareil renforcé par des chaînes d’angle et percé sur chaque face de trois niveaux d’archères.

Les travaux et les jours