Le championnat de France de basket-ball, nommé Nationale 1 jusqu'en 1993, Pro A de 1993 à 2018, Jeep Élite du à 2021 puis Betclic Élite depuis la saison 2021-2022, est une compétition annuelle mettant aux prises les seize meilleurs clubs professionnels de basket-ball en France. Le premier titre de champion de France est décerné en 1921. Depuis 1987, c'est la Ligue nationale de basket-ball qui organise la compétitionLNB : organisation et staff sur lnb.fr.
Au cours de sa longue histoire, le championnat de France a été marqué à plusieurs reprises par des cycles de domination de certains clubs. Dans l'ordre chronologique, on relève l'hégémonie du Foyer alsacien Mulhouse (1924-1931), de l'ASVEL Lyon-Villeurbanne (années 1950, 1960 et 1970) puis celle du Limoges CSP et de l'Élan béarnais Pau-Orthez (années 1980 et 1990). Mais c'est bel et bien la rivalité spectaculaire entre les limougeauds et les béarnais qui porte alors le championnat à son plus haut niveau, avec de grands noms du basket-ball français comme Richard Dacoury ou encore Didier Gadou. Ainsi, un grand nombre de clubs se sont développés davantage avec la construction de nouvelles grandes salles et l'amélioration des centres de formation. Plus tard, la participation d'investisseurs aux moyens financiers importants permettra l'arrivée d'un nombre bien plus important de grands joueurs internationaux.
La formule du championnat a beaucoup évolué. Depuis la saison 1995-1996, il se déroule en deux phases : une phase appelée saison régulière où chaque équipe s'affronte en match aller et retour et une phase finale de série éliminatoire appelée playoffs regroupant les huit meilleures équipes de la saison régulière, se jouant au meilleur des trois matchs en quart et demi-finales, puis au meilleur des cinq matchs en finale, depuis 2013. Les deux derniers sont relégués en Pro B et sont remplacés par l'équipe classée première de Pro B à l'issue de la saison régulière et par le vainqueur des playoffs de Pro B.
L'ASVEL Lyon-Villeurbanne est le club le plus couronné avec 21 titres.
Historique Mulhouse en premier patron, les pionniers (1921-1948) vignette|gauche|130px|Robert Busnel, icône de Mulhouse. thumb|Demi-finale du championnat de France 1933 entre le Foyer de Reims et l'Excelsior AC.
En 1921, la première édition du championnat fut remporté par le Stade français. Mais l'équipe qui se distingue le plus des autres est bien le Foyer alsacien Mulhouse. Cette équipe alsacienne, qui compte dans ses rangs l'un des premiers grands joueurs du championnat de France, l'intérieur Robert Busnel en 1930 et André Tondeur, réalise un triplé entre 1924 et 1926 ainsi qu'un quadruplé inédit dans l'histoire du basket français entre 1928 et 1931. Le club dispute une dernière finale en 1934 et disparait en 1949.
Entre 1932 et 1948, plusieurs équipes dominent tour à tour le championnat comme Reims, avec Étienne Onimus dans ses rangs, qui gagne le championnat en 1932 et 1933. Lille parvient trois ans de suite en finale en remportant un titre en 1934. L'US Métro dispute sept finales (deux fois vainqueur) entre 1936 et 1944. Le CA Mulhouse, rival du Foyer alsacien Mulhouse, l'emporte en 1935 et 1937. Le SCPO Paris se fait remarquer avec deux titres en 1936 et 1938. Grenoble, remporte deux titres en 1943 et 1944 avant de disparaitre aussitôt. Championnet, qui voit passer Henri Lesmayoux, Lyon et Marseille disputent tour à tour deux finales consécutives en remportant chacun un titre.
La domination de Villeurbanne, l'éclosion de Tours puis du Mans (1948-1982) thumb|gauche|150px|Alain Gilles (ici à droite), 8 fois champion de France avec l'ASVEL, au micro du journaliste de télévision Jean Raynal. Le premier club dominant de l'après-guerre est l'ASVEL Lyon-Villeurbanne où évolue l'arrière André Buffière. Créé en 1948, le club acquiert dès 1949 son premier titre national, enchaîne avec deux nouveaux titres en 1950 et 1952 et réalise un triplé de 1955 à 1957. Le club villeurbannais voit passer des joueurs de premier plan dont François Nemeth, Henri Rey, Raymond Sahy et Gérard Sturla. Il est la principale attraction d'un championnat qui monte en niveau.
Au sein de cette progression de l'ASVEL, quelques équipes vont s'illustrer. Le Racing club de France et ses internationaux Roger Antoine et Jacques Freimuller se révèlent avec trois titres en 1951, 1953 et 1954. Charleville-Mézière et Jean-Paul Beugnot s'imposent en 1958 et 1960. La Chorale de Roanne, rivale de l'ASVEL, remporte le titre en 1959 avec son pilier André Vacheresse. L'Alsace de Bagnolet (avec Jean-Marie Jouaret) l'emporte coup sur coup en 1961 et 1962. Paris UC, où évolue Roger Antoine, apparait deux années de suite en finale en remportant le titre en 1963.
L'ASVEL revient au premier plan avec huit titres empochés entre 1964 et 1977 avec des joueurs comme le meneur Alain Gilles, Henri Grange, Gérard Lespinasse, Michel Le Ray, Bernard Magnin et Bob Purkisher. En 1965, Denain fraichement promu et qui compte dans ses rangs Jean Degros et Jean-Pierre Staelens l'emporte. L'équipe de Berck, entourée de ses talents Pierre Galle et Yves-Marie Vérove, parvient à se faire une place avec deux titres en 1973 et 1974. L'ASVEL, avec Philip Szanyiel, remporte un nouveau titre en 1981 avant une longue période de disette.
L'ASPO Tours s'impose en 1976 et 1980 après avoir terminé vice-champion en 1975. Le club tourangeau, entraîné par l'illustre Pierre Dao qui compose avec sa vedette L.C. Bowen et des joueurs parmi les meilleurs internationaux français tels que Jacques Cachemire et Georges Vestris, devient une place forte du basket-ball français. Mais la dynamique se rompt à cause d'un litige financier opposant la section amateur à la section professionnelle..
Le Mans Sarthe Basket apparaît sur le devant de la scène en gagnant le titre en 1978, 1979 et 1982 et en terminant finaliste en 1980 et 1981. Autour de joueurs de renom tels que Floyd Allen, Éric Beugnot, Hervé Dubuisson, Claude Gasnal, Jacky Lamothe ou encore Claude Peter, le club sarthois est l'acteur majeur de la fin des années 1970 et du début des années 1980.
Le duel entre Limoges et Pau-Orthez, l'émulation d'Antibes (1982-2000) thumb|gauche|150px|Stéphane Ostrowski (Limoges) et Didier Gadou (Pau-Orthez), figures des deux grands clubs rivaux. vignette|droite|150px|Richard Dacoury, capitaine emblématique de Limoges. Le Limoges CSP, conduit par des joueurs comme Apollo Faye, l'explosif ailier Ed Murphy et Jean-Michel Sénégal, devient un club phare du championnat en étant l'auteur d'un triplé de 1983 à 1985 puis d'un second (1988 à 1990) autour d'une équipe exceptionnelle composée de Michael Brooks, Don Collins, Richard Dacoury (précurseur du Slam dunk en France) et Stéphane Ostrowski. Innovant dans un jeu rapide et très offensif, le CSP dépasse souvent la barre des en match et assure le spectacle à chacune de ses sorties. La réussite du club repose aussi sur le développement de sa politique de recrutement (Gregor Beugnot, Jim Bilba, Ken Dancy, Mike Davis, Marc M'Bahia, Glenn Mosley...). La signature, en 1985, du tout premier joueur All-Star NBA dans l'histoire du championnat de France, Billy Knight, confirme la stratégie du club de cibler et recruter des grands talents. L'équipe enchaîne ainsi une série inédite de huit finales consécutives entre 1987 et 1994 dont cinq remportées.
L'Élan béarnais Pau-Orthez devient, lui aussi, l'un des clubs phares du championnat par sa rivalité sans précédent avec le Limoges CSP. Emmenés par Howard Carter, Benkali Kaba ou encore Tom Scheffler, les Béarnais, qui misent aussi sur leur centre de formation (Mathieu Bisséni, Freddy Hufnagel...), remportent le titre deux fois de suite en 1986 et 1987 et deviennent un sérieux concurrent pour les limougeauds. Le club béarnais, qui voit passer Jean-Luc Deganis, Frédéric Domon, Valéry Demory, Skeeter Jackson et Mike Jones, est finaliste en 1989 et remporte son troisième titre en 1992.
Cette rivalité entre Limoges et Pau-Orthez donne naissance au Classico, phénomène qui va déchaîner les passions durant deux décennies. Les deux clubs se disputent le titre pendant plus de dix ans et se rencontrent en finale à cinq reprises entre 1987 et 1998. Les confrontations se déroulent dans des ambiances électriques donnant lieu à quelques échauffourées entre joueurs comme lors de la finale 1987 entre Paul Henderson et Clarence Kea ou encore lors des demi-finales 1994 entre Franck Butter et Marcus Webb, sans oublier les accrochages dans la presse entre les deux dirigeants Xavier Popelier et Pierre Seillant. De nombreux joueurs participent à cette rivalité dont Frédéric Forte, Gheorghe Mureșan (mesurant , il est le plus grand joueur, en taille, de l'histoire du championnat de France), Antoine Rigaudeau, Moustapha Sonko, Michael Young et Jurij Zdovc ainsi que de grands entraîneurs comme Claude Bergeaud, George Fisher, Michel Gomez, Božidar Maljković et Jacques Monclar.
vignette|droite|150px|Micheal Ray Richardson, champion de France 1995 avec Antibes. L'Olympique d'Antibes s'invite également dans les débats, dans les années 1990, en disputant quatre finales en six ans dont deux titres en 1991 et 1995 grâce à des joueurs comme Laurent Foirest, Hugues Occansey, Micheal Ray Richardson, Willie Redden, David Rivers et Billy Williams. Les azuréens, entraînés par Jacques Monclar, se présentent comme la principale équipe pouvant faire tomber l'un des deux ténors du championnat jusqu'en 1996.
Limoges remporte deux nouveaux titres en 1993 et 1994. L'EB Pau-Orthez des frères Didier Gadou et Thierry Gadou et de Frédéric Fauthoux, devient l'équipe dominante du championnat entre 1996 et 1999 avec trois nouveaux titres. Le Paris Basket Racing, composé de Laurent Sciarra, J.R. Reid ou encore Stéphane Risacher, remporte, à la surprise générale, le titre en 1997.
L'ASVEL tente d'exister, parvenant quatre fois en finale (entre 1996 et 2000) mais sans pouvoir l'emporter malgré l'apport de joueurs comme Georgy Adams, Alain Digbeu, Darren Henrie, Marlon Maxey et Crawford Palmer. L'entraîneur Gregor Beugnot, qui a eu sous ses ordres l'exceptionnel meneur de jeu Delaney Rudd, place l'ASVEL en sérieux concurrent au titre à la fin des années 1990.
Le Limoges CSP obtient encore un titre en 2000 avec notamment Yann Bonato, Marcus Brown, Frédéric Weis et Harper Williams. Cette prospérité a incité plusieurs clubs à se développer davantage au niveau des infrastructures. La qualité du jeu, en constante évolution, a haussé le niveau d'un championnat devenu très compétitif.
La période d'alternances (2000-2018) 150px|vignette|gauche|Florent Piétrus, champion de France en 2001, 2003 et 2004 avec Pau-Orthez. En 2001, et avec la relégation administrative du Limoges CSP en Pro B provoquée par une crise financière, une nouvelle rivalité voit le jour entre l'ASVEL et Pau-Orthez qui se disputent le titre jusqu'en 2003. Pau-Orthez profite de cette situation pour remporter trois nouveaux titres en 2001, 2003 et 2004 avec ses étoiles Boris Diaw, Roger Esteller, Florent Piétrus et Mickaël Piétrus. L'ASVEL, entraîné par Bogdan Tanjević qui compose une nouvelle équipe autour de Kyle Hill, Nikola Radulović et Nikola Vujčić, remporte un titre en 2002. L'effondrement financier et sportif du Limoges CSP ainsi que la baisse de régime de l'EB Pau-Orthez et de l'ASVEL vont rendre le championnat de France moins attrayant mais aussi révéler de nouveaux clubs.
En 2005, le premier sacre de la SIG Strasbourg inspire d'autres clubs restés longtemps dans l'ombre des ténors habituels. Le Mans, entraîné par Vincent Collet, remporte un nouveau titre en 2006, 24 ans après son dernier sacre.
150px|vignette|droite|Tremmell Darden, champion de France 2011 avec Nancy.