thumb|Symbole de la paix, Peace and love, largement associé au pacifisme. thumb|upright=1.3|Des rencontres pour la paix se tiennent régulièrement à Assise, en Italie. vignette|Avignon, manifestation pour la paix au Liban, . vignette|Londres, manifestation pour la paix en Irak, . vignette|« Maudite soit la guerre » sur le monument aux morts pacifiste de Gentioux, 1922 (Creuse).

Le pacifisme possède deux acceptions possibles incluant l'action des de la paix, ou une doctrine de la non-violence. Bien que reliés, les deux concepts se distinguent du point de vue de la théorie et de la pratique. Le pacifisme est la doctrine et l'action des partisans de la paix ou du rétablissement de la paix. Les socialistes d'avant 1914 (Jean Jaurès, par exemple), les Zimmerwaldiens durant la Première Guerre mondiale, les opposants aux guerres coloniales ou les partisans de la paix professent un pacifisme qui n'est pas toujours assimilable à la non-violence. La vision du pacifisme associé à une personne refusant le recours à toutes formes de violence est par contre beaucoup plus répandue.

La doctrine de la non-violence voit de nombreux courants philosophiques bannir le recours à toute forme de violence en vertu d'un pacifisme radical. Vision portée par de nombreux mouvements et courants de pensée à vocation générale (courants de pensée humaniste, plusieurs tendances inspirées de l'hindouisme, courants chrétiens, etc.).

Histoire Fin du En Europe, à l'aube du , les courants majeursLa France de 1870 à 1918, François Marcard, Armand Colin Paris 2005. du pacifisme sont : Le courant de la paix par le Droit marqué par le premier Congrès universel pour la paix qui se tient en 1889 à Paris en marge de l'Exposition universelle, suivi des conférences internationales de La Haye à partir de 1899 et la création de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye. Le courant pacifiste des milieux d'affaires : Le courant pacifiste chrétien des églises protestantes anglo-saxonnes ou allemandes. Le courant pacifiste socialiste avec deux tendances en France : l'une antimilitariste et antipatriotique (Gustave Hervé), l'autre antimilitariste mais patriote (Jean Jaurès) qui évoluera vers l'opposition militante au déclenchement de la guerre à venir.

Jusqu'en , les socialistes français et la Confédération générale du travail s'opposent au déclenchement de la Première Guerre mondiale. La position des socialistes évolue ce qui les mènera à faire partie de l'union sacrée avec les bellicistes. L'assassinat de Jean Jaurès est l'événement qui marque l'échec des socialistes et du mouvement ouvrier français militant contre cette guerre.

Jean Jaurès se montrait confiant dans la volonté de la classe ouvrière et de ses représentants dans les principaux pays d'utiliser les manifestations et jusqu'à la grève générale pour éviter le conflit.

Malgré la faillite du mouvement socialiste européen à empêcher la Première Guerre mondiale, la conférence de Zimmerwald en 1915 se donne comme but de rassembler les socialistes fidèles à l'internationalisme afin de lutter contre la guerre, de même les femmes socialistes européennes, à Berne en 1915, s'opposent à la guerre par la tenue d'une conférence et la publication d'un manifeste. Cet appel est diffusé en France par Louise Saumoneau. Clara Zetkin est emprisonnée à son retour en Allemagne pour la tenue de cette conférence. En 1916, la conférence de Kiental appelle à une paix immédiate et sans indemnités de guerre, appelées aussi réparations.

Une grande partie des socialistes français et allemands se rallie au soutien à la guerre, jusqu'en 1917, où la lassitude vis-à-vis du conflit redonne une certaine audience aux idées pacifistes de la Gauche.

Joseph Caillaux propose une paix sans annexions ni indemnité. Il est arrêté en sous l'inculpation « d'intelligence avec l'ennemi » et de « complot contre la sûreté de l'État ».

Selon l'historien René Rémond, il perdure au sein de la gauche socialiste l'idée du selon laquelle la guerre est une conséquence du capitalisme qui profite du nationalisme pour produire une division des travailleurs et travailleuses ; à ces idées internationalistes assimilant capitalisme et bellicisme, se greffe une thèse de Lénine, qui développe le concept d'impérialisme, export de la guerre comme seule solution d'expansion du capitalisme. Pour sa part, Léon Trotsky, dans son programme de transition pour une 4ème Internationale, indique que « Le pacifisme est la couverture de l'impérialisme ». Le marxisme-léninisme forge les notions de « bonne guerre » ou « mauvaise guerre », à la façon des théologiens distinguant guerre juste ou injuste. Les bonnes guerres sont alors celles faites par le peuple, les guerres patriotiques, de libération, ou visant à renverser le capitalisme qui lui est à l'origine des « mauvaises guerres ». À partir de 1936, la même distinction apparaît à droite, . Toujours selon Rémond, les attributs des bonnes ou mauvaises guerres sont inversées : pour une partie de la gauche, seraient bonnes les guerres menées au nom d'idées telles que liberté, affranchissement ou lutte contre les guerres d'intérêt menées par les capitalistes ; tandis que pour une partie de la droite, ces guerres idéologiques, menées au nom d'abstractions telles que solidarité avec les juifs, ou défense de la démocratie contre le totalitarisme sont à rejeter, les bonnes guerres ne devant viser qu'à la défense du territoire, ou à .

En même temps, apparaît un pacifisme « vitaliste » pour qui la valeur de la vie humaine dépasse toute autre valeur. Ses bases morales et philosophiques sont cependant remises en cause a posteriori, après la Seconde Guerre mondiale, le slogan impliquant l'acceptation de la barbarie et du génocide.. L'historien Simon Epstein considère pour sa part le pacifisme des années 1930, classé à gauche de l'échiquier politique, comme , expliquant le revirement de nombreuses personnalités militantes et politiques vers la collaboration pour éviter la confrontation avec l'occupant allemandSimon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel Histoire », 2008, chapitre 9..

vignette|upright|Musiciens du groupe manifestant par un barrage. vignette|Maître Jean-Jacques de Felice, Théodore Monod, le pasteur René Cruse et Yvon Montigné, le , en tête de la marche du Groupe d'action et de résistance à la militarisation, de Lyon au Mont-Verdun contre la force de frappe nucléaire.

Les mouvements pacifistes se sont fortement développés en Europe de l'Ouest (Royaume-Uni, Allemagne de l'Ouest) vers le milieu des années 1970 et surtout au début des années 1980. L'un des événements fondateurs est la mise au point de la bombe à neutrons (1976), qui contribua à ressusciter les ., vivaces en Allemagne à la fin des années 1950. De 1979 à 1986, les manifestations pacifistes tournèrent en Allemagne aux manifestations de masse. Dans leur opposition à l'installation des nouveaux missiles américains de portée intermédiaire Pershing II et aux missiles de croisière (dans le cadre des accords SALT II de l'OTAN portant sur l'équilibre avec les missiles SS-20 soviétiques), les pacifistes déployèrent des manifestations spectaculaires accompagnés d'actes de désobéissance civile tels le blocus de bases militaires et de sites de lancement, des campagnes de protestation, etc. En Grande-Bretagne, un mouvement d'origine galloise, Women for Life on Earth («Les Femmes pour la Vie sur Terre»), occupe ainsi la base militaire de Greenham Common (Berkshire) pour protester contre l'installation de missiles de croisière. La base militaire avait été établie au mois de : les premiers barrages protestataires commencent en avec l'intervention de 250 militantes, dont 34 seront arrêtées..

Le pacifisme rassembla très largement, des mouvements chrétiens aux anarcho-syndicalistes. Vers la fin des années 1980, avec la détente qui accompagnait la Perestroïka, le mouvement pacifiste parut s’essouffler, mais en Allemagne il reprit des couleurs dès le début des années 1990 en réaction à l'élargissement des prérogatives de la Bundeswehr et l'embrigadement du pays dans la Guerre du Golfe (1991), la Guerre du Kosovo (1999) puis, après les attentats du , l'appel du Président américain George W. Bush à la Guerre contre le terrorisme et surtout la Troisième guerre du Golfe menée en 2003 par les États-Unis, la Grande-Bretagne et leurs alliés contre l'Irak. Pour la seule journée du , plus de 10 millions de personnes se sont mobilisées en un seul jour dans les grandes métropoles mondiales contre la guerre imminente.

L'hiver 2004-05 a été l'un des temps forts pour le mouvement pacifiste en Europe de l'Ouest, opposé à la constitution de l'Union européenne et ses articles portant sur la politique de défense mutuelle : on y critiquait notamment la ratification d'intervention des forces armées européenne dans le monde, l'extension des missions de l'armée européenne et le devoir pour chaque état membre de moderniser son armement (article I-41 de la constitution européenne : ). Si ce projet de constitution a trouvé très peu d'écho en République Fédérale d'Allemagne, dans les pays voisins de la RFA, surtout au Benelux et en France, il a déchaîné une controverse. Les référendums nationaux en France () et aux Pays-Bas (), où les mouvements pacifistes se rangeaient aux côtés des opposants au projet de constitution, ont dégagé un large vote « non ».

Pacifisme et antimilitarisme thumb|right|Proclamation sur le monument aux morts pacifiste de Gy-l'Évêque.

Il est difficile de ne pas voir dans le pacifisme, une forme d'antimilitarisme, transposée à la vie de tous les jours. Un certain nombre d'organismes citoyens s'inspirent de l'antimilitarisme et des perspectives pacifistes pour questionner le recours systématique à la force militaire dans les conflits, s'opposer au recrutement militaire et exiger la consolidation des formes de service civil.

Prévention et médiation Un très important courant de recherche émerge présentement dans de nombreux domaines des sciences sociales et politiques au niveau de la gestion saine des conflits et de la prévention des conflits violents inspirés de la pensée pacifiste.

Notamment le Harvard Negotiation Project de l'université de Haward fondé et dirigé en 1979 par le professeur Roger Fisher, co-auteur de Getting to yes avec William Ury.