Paris-Saclay est un pôle scientifique et technologique (cluster) situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, sur une zone couvrant 27 communes des départements de l'Essonne et des Yvelines, avec pour cœur le plateau de Saclay. Sa construction, lancée en 2006 et prévue pour durer quinze à vingt ans, avait pour objectif de regrouper à terme entre 20 et 25 % de la recherche scientifique française (organismes de recherche, grandes écoles, universités et entreprises privées) afin de créer un pôle d'excellence scientifique et technique de dimension internationale, comparable à la Silicon Valley ou à la région de Cambridge.

Les premières implantations d'organismes de recherche datent de l'après-guerre. Le territoire s'est par la suite développé à plusieurs reprises pendant les années 1970 et 2000, qui ont vu l'installation de grandes écoles et de centres de recherche et développement de grandes entreprises.

Plusieurs projets ont été lancés pour poursuivre le développement du site : la construction de trois ZAC, deux sur le territoire de la communauté d'agglomération Paris-Saclay, autour de l'École polytechnique et de CentraleSupélec, et une à Versailles-Satory ; la construction de la ligne 18 du métro de Paris ; et la constitution de l'université Paris-Saclay et de son campus. Plusieurs grandes écoles dont AgroParisTech en 2022, l'ENS Paris-Saclay et Télécom Paris en 2020 et l'ESTACA en 2016 ont déménagé sur le plateau de Saclay.

Le pôle Paris-Saclay représente plus de de locaux d'enseignement, de bureaux, de logements à construire ou déjà construits sur un territoire de .

L'établissement public Paris-Saclay est créé en 2010 et devient l'établissement public d'aménagement Paris-Saclay (EPPS) en 2015 pour superviser les opérations d'aménagement et œuvrer au développement économique du cluster. L'EPPS a été présidé par Pierre Veltz, ancien directeur de l'École nationale des ponts et chaussées, de sa création en 2010 à . Il est actuellement présidé par Philippe Van de Maele. Ayant pour cœur le plateau de Saclay et ses nombreuses infrastructures de recherche fondamentale et de formation, Paris-Saclay englobe également les communes de la vallée de l'Yvette (Palaiseau, Orsay, Gif-sur-Yvette principalement), ainsi que le territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines, Massy, Vélizy-Villacoublay et Versailles.

Historique

Après-guerre : premières implantations d'organismes scientifiques Le plateau de Saclay, qui constitue le cœur géographique du pôle technologique Paris-Saclay, est situé à vingt kilomètres au sud de Paris, sur le territoire des départements de l'Essonne et des Yvelines. Ses terres limoneuses, qui compteraient parmi les plus fertiles de France., lui assurent une vocation essentiellement agricole jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

vignette|La ferme du Grand Viltain () à Jouy-en-Josas.|left

Le CNRS, créé avant le début de la guerre, cherche un lieu où installer des laboratoires à proximité de Paris, mais dans un environnement calme. Frédéric Joliot-Curie, alors à la tête de l'organisme, achète le domaine de Button à Gif-sur-Yvette en 1946 et y implante un centre de recherches.. L'année suivante, le CEA, fondé en et dont le haut-commissaire est également Joliot-Curie, achète des terrains dans les communes de Saint-Aubin et Saclay.. Après plusieurs années de travaux confiés à l'architecte Auguste Perret, le centre CEA de Saclay est inauguré en 1952.. Il s'écarte peu à peu de son champ de recherche initial - la physique nucléaire - et conduit des programmes dans les domaines de la biologie, de l'énergie et de l'informatique alors émergent. En 1947, l'ONERA installe un centre de recherches consacré à l'énergétique dans le fort de Palaiseau.. Celui-ci devient le siège social de l'organisme en 2011 et emploie .

Dans les années 1950, des établissements d'enseignement supérieur s'installent aux abords immédiats du plateau. L'université de Paris s'implante dans la région avec l’achat de cinquante hectares de terrain sur les communes d'Orsay et de Bures-sur-Yvette en 1955. Dès l'année suivante, des laboratoires de la faculté des sciences de Paris - qui devient l'université Paris-Sud en 1971 - sont rassemblés dans le campus d'Orsay. D'autres établissements suivent quelques années plus tard : le nouveau campus d'HEC à Jouy-en-Josas est inauguré par le général de Gaulle en 1964. ; l'IHES, centre de recherches en mathématiques et physique théoriques, déménage la même année à Bures-sur-Yvette. ; l'École supérieure d'optique fait quant à elle son arrivée en 1965 sur le campus d'Orsay.

De 1964 à 1966, le CEA construit le réacteur nucléaire de recherche Osiris, qui étudie les combustibles des centrales nucléaires et produit des radioéléments, notamment pour l'industrie médicale. L'Autorité de sûreté nucléaire estime que celui-ci peut poursuivre son activité jusqu'en 2015 au plus tard.. En outre, un premier centre de recherche et développement privée s'installe aussi à cette époque, avec l'arrivée en 1968 du Laboratoire Central de Recherche de Thomson-CSF (aujourd'hui Thales).

Années 1970 : arrivée de plusieurs grandes écoles

Dès 1967, les déménagements de l'École polytechnique, de l'École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA), de l'École nationale des ponts et chaussées et de l'Institut national agronomique sont envisagésPlan de situation des implantations projetées pour les grandes écoles au sud-ouest de Paris (P. Drouin et J. Fayeton : « Près du parc de Sceaux, la nouvelle école », Arts et manufactures, octobre 1967, , ). Le président de la République Georges Pompidou fait part de sa volonté de réaliser ce projet dans une lettre à Michel Debré en 1972Lettre du 27 juin 1972 de Michel Debré, ministre d'État chargé de la Défense nationale, à Bertrand Villers, président de l'AX, reproduite par Jean-Pierre Callot et al., dans Histoire de l'École polytechnique, Charles Lavauzelle, 1982 , 200, puis Histoire et prospective de l'École polytechnique, 1993 , 186 :. Il faut cependant attendre 1975 pour voir Supélec réaliser effectivement son installation à Gif-sur-Yvette, dans le quartier du Moulon. En 1976, l'École polytechnique prend possession de ses nouveaux bâtiments à Palaiseau, lesquels comprennent des amphithéâtres, des logements étudiants et des laboratoires de recherche, ainsi qu'un centre équestre et un practice de golf..

Les autres écoles invitées à quitter le centre de Paris ont effectué des choix divergents. L'ENSTA s'est finalement installée à Palaiseau en 2012, à proximité de Polytechnique. Les travaux, qui comprennent la réalisation de cinq bâtiments, dont et un gymnase, ont coûté d'euros.. AgroParisTech, résultat de la fusion de plusieurs écoles dont l'Institut national agronomique, a déménagé à Palaiseau en www2.agroparistech.fr/IMG/pdf/a2apt00344_assistant_e_gestionnaire_d_appui_a_l_enseignement_et_a_la_recherche_siafee.pdf. Quant à l'École des Ponts, elle s'est finalement installée en 1997 à Champs-sur-Marne et ne prévoit pas de rejoindre le cluster Paris-Saclay.

La ferme du Moulon, alors à l'abandon, est restaurée en 1978 pour accueillir une unité de recherche de l'INRA sur la génétique biologique et génomique pour l'agriculture.. Les établissements présents sur le plateau à cette époque commencent à se regrouper au sein d'une association d'établissements scientifiques (AES) afin de réfléchir aux évolutions futures du site. En 1980, le CEA inaugure un second réacteur nucléaire expérimental nommé Orphée..

Avec la création en 1991 de quatre universités nouvelles, l'université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) devient la seconde université de Paris-Saclay. Comptant au moment de sa fondation, elle en compte en 2012. Elle comprend de recherche, dont onze unités mixtes de recherche avec le CNRS. Le champ d'étude de ses laboratoires couvre tous les domaines scientifiques, des sciences exactes aux sciences sociales et humanités.

Années 1990–2000 : implantations de centres de recherche et développement (R&D) et de sièges sociaux De nombreuses entreprises sont présentes à Paris-Saclay depuis les premières implantations d'organismes de recherche et de grandes écoles d'ingénieur, comme Peugeot-Citroën et son centre technique de Vélizy (1966), GE Medical Systems à Buc, Air liquide aux Loges-en-Josas, Nokia à Nozay ou Sanofi à Chilly-Mazarin. Cependant, la fin des années 1990 et les années 2000 voient une augmentation du nombre d'implantation de centres de recherche et développement et de sièges sociaux de grands groupes. Le laboratoire public LFB Médicaments est ainsi créé en 1994 aux Ulis, au sud de Paris-Saclay.

thumb|Le Technocentre Renault de Guyancourt, plus grand centre de recherche et développement de France.|left

En 1998 est inauguré le Technocentre Renault de Guyancourt, où le groupe conçoit la plupart de ses modèles, qui est en 2014 le plus grand centre R&D de France avec .. Danone choisit d'implanter en 2000 un centre de recherche et développement à Palaiseau., en face de l'Institut d'optique Graduate School, rejoint en 2006 par des laboratoires de Thales, et en 2011 par Kraft Foods qui y investit d'euros pour installer un de ses centres d'expertise mondiaux sur les biscuits.. Le fabricant japonais d'instruments de mesure scientifique Horiba a quant à lui fait construire un complexe de dans la même zone. Un centre de recherche d'EDF a ouvert ses portes en 2016.. Parmi les dix plus grands centres de R&D de France en nombre d'employés, cinq se trouvent à Paris-Saclay.

Outre leurs centres de recherche et développement, de nombreuses entreprises françaises ou internationales ont leur siège social à Paris-Saclay. Des entreprises telles que Nissan, Fiat, Mercedes-Benz et BMW ont leur siège social français à Saint-Quentin-en-Yvelines. Le parc tertiaire de Courtabœuf, premier parc tertiaire européen., accueille les bureaux de HP, Econocom, Telindus, Anritsu, GSK, Ipsen, Thermo Fisher Scientific ou encore Hitachi Medical Systems. Outre Sanofi, Massy regroupe des acteurs des TIC tels que Bull, Ericsson, SFR ou Sagem Défense Sécurité, ainsi que des transports, comme Bridgestone ou le constructeur suédois Volvo. Enfin, le parc d'activités de Vélizy-Villacoublay accueille également de grands groupes, essentiellement dans les systèmes informatiques, comme Siemens, Oracle, Dassault Systèmes ou la société de conseil Altran.

Deux réseaux thématiques de recherche avancée s'implantent aussi dans le cluster, avec la création de Digiteo et du Triangle de la physique en 2006. Le synchrotron Soleil, dont la création avait été décidée en 2000., après trois ans d'opposition de Claude Allègre. - alors ministre de la Recherche -, est inauguré la même année par Jacques Chirac, pour un coût total de d'euros.. Le projet de centre d'imagerie cérébrale NeuroSpin est également lancé en 2006., sur le site du CEA, et aboutit en 2010 à la création de l'IRM le plus puissant au monde.. Ses de laboratoires regroupent sur les maladies du cerveau et du système nerveux, comme les maladies d'Alzheimer ou de Parkinson.. Enfin, en 2004, deux incubateurs publics fusionnent et créent IncubAlliance, qui s'installe en 2008 à Orsay. Soutenu par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, il devient en 2013 le premier incubateur technologique d'Île-de-France..

Au début des années 2010, le plateau de Saclay a l'une des plus fortes concentrations géographiques de laboratoires de recherche et de centres de R&D en Europe.. L'université Paris-Saclay rivalise avec l'université Stanford et le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en nombre de publications scientifiques, et les dépasse en nombre de chercheurs : en 2009, Stanford en compte , le MIT et Paris-Saclay . En 2020, année d'achèvement prévisionnelle du projet, leur nombre devrait atteindre .