Le Collège Sainte-Croix, devenu le le Collège de Maisonneuve, est une maison d'enseignement collégial de Montréal.
Débuts
Le Collège Sainte-Croix, c'est d'abord l'Externat classique Sainte-Croix fondé à Montréal en 1929 par les pères de Sainte-Croix, une congrégation enseignante créée par le père Basile Moreau au Mans en France en 1837. Le nom conféré à la corporation « L'Externat classique Sainte-Croix » par une loi de l'Assemblée législative du Québec du est changé en celui de « Collège Sainte-Croix » le par un amendement à la loi 87 . Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Grande Bibliothèque - Collection nationale - Livres, cote : 378.71428 D4416 2003 - Consultation sur place.. thumb|upright=2|Le Château Dufresne, 24 mars 1946, Pavillon Dufresne du Collège Sainte-Croix Répondant au vœu de Monseigneur Georges Gauthier Gauthier a été recteur de l'Université de Montréal et coadjuteur de Paul Bruchési, archevêque de Montréal. Au début de son rectorat (1920-1923) à l'Université de Montréal, il met sur pied une faculté des lettres, une faculté des sciences et l’école des sciences sociales, économiques et politiques. (…) Il encourage et soutient la fondation de plusieurs scolasticats-écoles normales, favorisa le régime d’externat classique à Montréal par la fondation des collèges André-Grasset (1927) et Sainte-Croix (1929) — Église catholique de Montréal. Georges Gauthier http://www.diocesemontreal.org/leglise-a-montreal/notre-histoire/nos-eveques/mgr-georges-gauthier.html qui souhaitait « fonder un externat classique dans la partie est de Montréal », le père Albert Cousineau, c.s.c., alors supérieur du Collège de Saint-Laurent, confie cette mission au père Hervé Morin, c.s.c., que les étudiants appelaient « le bon père Morin », et qui avait été pendant huit ans professeur et préfet des études au Collège de Saint-LaurentDe Sainte-Croix à Maisonneuve, , C'est au Collège de Saint-Laurent, fondé en 1847 par les pères de Sainte-Croix qu'est née, en 1937, sous la direction du père Émile Legault, c.s.c., la troupe de théâtre les Compagnons de Saint-Laurent, qui a fait connaître des grands noms de la scène artistique québécoise..
L'objectif des fondateurs était de donner aux jeunes des quartiers modestes et défavorisés de l'est de Montréal, l'accès à une formation de qualité. On a préféré l'encadrement d'un externat plutôt que celui d'un pensionnat, qui était à cette époque le modèle des collèges classiques au Québec, mais aussi plus onéreux pour les parentsCollège Sainte-Croix, site Web de l'Association des anciens du Collège http://ancienscollegestecroix.tripod.com/untitled-page-2.html. Consulté le 7 août 2013.
Le , avec deux collaborateurs, le père Hervé Morin s'installe dans une ancienne résidence des Frères des Écoles chrétiennes, sise au 2352 rue Létourneux. Il accueille, comme prévu, le , ses 29 étudiants. Le premier élève inscrit est Bernard Dupire, fils de Louis Dupire, journaliste au Devoir« Extrait de la liste complète des 29 premiers élèves : « Premier élève inscrit : M. Bernard Dupire, fils de M. Louis Dupire, journaliste au « Devoir », Montréal. M. Dupire demanda lui-même au R.P. provincial, Alfred Charron, c.s.c., d'inscrire son fils comme premier élève le 8 juillet 1929. — De Sainte-Croix à Maisonneuve, , De 29 au début, les élèves de l'Externat passent à 182 en 1933. — De Sainte-Croix à Maisonneuve, , .
1934 : construction du pavillon Morin thumb|upright=2|Le pavillon Morin, construit en 1934, abritait l'Externat classique Saint-Croix, devenu Collège Sainte-Croix en 1957. L'immeuble fait aujourd'hui partie du Collège de Maisonneuve sous le nom de pavillon A. En 1934, pour répondre à l'accroissement de la clientèle, on entreprend la construction d'un immeuble plus considérable, situé au 3820 est, rue Sherbrooke, qui permet de résoudre le manque d'espace vital que réclament les 200 étudiants.
En 1938, deux anciens étudiants, Henri Lavoie et Clément Montgrain, ainsi que le père Amédée Bourgeois, c.s.c., fondent Le Trait d'Union, qui deviendra plus tard le plus vieux journal étudiant francophone d'Amérique du Nord encore publiéDe Sainte-Croix à Maisonneuve, , .
De 1945 à 1948, le nombre d'étudiants passe de 325 à 505, et c'est dans ce contexte de croissance que les Pères de Sainte-Croix acquièrent le Château Dufresne, angle Sherbrooke et Pie-IX, en biais avec le Jardin botanique de Montréal, une résidence prestigieuse et monumentale contenant une quarantaine de pièces, construite entre 1915 et 1918 par Marius Dufresne, membre d'une riche et influente famille de l'ancienne Cité de MaisonneuveLe Musée du Château Dufresne. Le Château http://www.chateaudufresne.com/PagesFr/chateau-dufresne.htmChâteau Dufresne. Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal https://patrimoine.ville.montreal.qc.ca/inventaire/fiche_bat.php?id_bat=0045-57-6671-01Résidence Dufresne http://www.milieuxdefavorises.org/hm/serie_B/11.html. Le château est alors réaménagé pour recevoir environ 150 étudiants, ceux des classes de Philo I et II, de Rhétorique et de Belles-Lettres. Il est baptisé pavillon Dufresne, tandis que l'établissement principal construit en 1934 prend le nom de pavillon Morin.
En 1950, Claude Tessier et Fernand Roussel, deux étudiants cinéphiles, créent le Ciné-Club Robert-Flaherty, accessible aux étudiants de Belles-lettres à Philosophie II. Coût annuel du membership : . Les films les plus marquants des débuts : Le Voleur de bicyclette, Le Troisième Homme, Les Grandes Espérances, María Candelaria, Qu'elle était verte ma vallée, Dieu a besoin des hommes. Les projections ont lieu à l'auditorium du Jardin botanique, le samedi soirCollège de Maisonneuve. Historique, 1945-1959 http://www.cmaisonneuve.qc.ca/maisonneuve/historique/1945-a-1959De Sainte-Croix à Maisonneuve, , .
Le baby boom thumb|upright=1.5|Le cardinal Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, et Paul Gérin-Lajoie, ministre de la Jeunesse du Québec. Inauguration du 19 mai 1962. thumb|upright=1.5|Le cardinal Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, et le R. P. Maurice Lafond, c.s.c., supérieur du Collège Sainte-Croix. lnauguration du 19 mai 1962. (La personne de profil à la droite de la photo ne peut pas être identifiée). En 1958, c'est l’arrivée des baby-boomers et les pavillons Dufresne et Morin débordent. Sous la direction du père Maurice Lafond, c.s.c., alors supérieur du Collège, les pères de Sainte-Croix entreprennent, cette même année, la construction d'une rallonge majeure du pavillon Morin, au coût de 2,2 millions$ , dotée cette fois d'équipements des plus modernes à l'époque, dont un gymnase, une chapelle, des classes amphithéâtres, des laboratoires, une bibliothèque et un auditorium avec cabine de projection 16 et . Pour réaliser cette construction d'envergure, les religieux cèdent le Château Dufresne à la Ville de Montréal en échange de terrains municipaux adjacents au pavillon Morin, dont l'ancienne rue ValoisDe Sainte-Croix à Maisonneuve, , .
En , c'est la rentrée de 600 étudiants dans le collège agrandiDe Sainte-Croix à Maisonneuve, , .
La nouvelle construction, trois fois plus grande que le pavillon Morin et comportant deux ailes majeures, est officiellement inaugurée le en présence de plusieurs dignitaires politiques et religieux, des professeurs, des parents, des étudiants et de citoyens du quartier. Parmi les dignitaires, on note le cardinal Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, Paul Gérin-Lajoie, alors ministre de la Jeunesse du Québec, et le R.P. Maurice Lafond, c.s.c., supérieur du Collège Sainte-Croix (1955-1962)Collège Sainte-Croix, 1929-1962 - Album souvenir, Montréal 1962, Éditeur: Cabana, Séguin & associés inc., 24 pages : ill., portr. ; . Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Grande Bibliothèque - Collection nationale - Livres, cote : 378.71428 C69791 1962 - Consultation sur place.
(Extrait de l'introduction Nova et Vetera de l'Album-souvenir, ).
Dans l'allocution qu'il prononce à l'inauguration, le ministre Paul Gérin-Lajoie fait l'éloge des institutions classiques privées, affirmant qu'on ne pourra jamais mettre en doute le caractère essentiel et l'importance de ces mêmes institutions. Les colèges classiques sont en mesure de devenir de grandes institutions, du fait qu'elles peuvent communiquer ce qu'elles ont de particulier, de caractéristique, rapporte le journaliste du Devoir. Deux ans plus tard, Paul Gérin-Lajoie devient ministre de l'Éducation dans le gouvernement Lesage et préside à une réforme complète du système d'éducation au Québec, fondée sur le Rapport Parent, dont les premières victimes sont les collèges classiques« (…) Les recommandations du rapport Parent ont façonné le système d'enseignement tel qu'il est maintenant : (…) Abolition des collèges classiques, mais maintien de l'enseignement privé subventionné. Les collèges classiques d'autrefois se transformeront soit en écoles secondaires privées soit en cégep, soit les deux à la fois. (…) » — . — .
Rénover sans nous détruire
Tels sont les premiers mots que prononce le cardinal Paul-Émile Léger dans son allocution lors de la cérémonie du dévoilement d'un buste en l'honneur du fondateur du Collège Sainte-Croix, le R.P. Hervé Morin, c.s.c., dans le cadre de l'inauguration de nouvelles ailes de la maison d'enseignement de l'est de Montréal, le . .
thumb|upright=1.5|Collation des grades du 12 juin 1964. Collège Sainte-Croix, Montréal. De g. à d. : le R.P. Aimé Fagnant, c.s.c., supérieur du Collège, Claude Ryan, directeur du quotidien Le Devoir et un diplômé non identifié. En 1964, les 63 finissants du cours (1956 à 1964) obtiennent leur baccalauréat ès arts lors d'une cérémonie de collation des grades en présence des parents et amis, présidée par le directeur du quotidien montréalais Le Devoir, Claude Ryan, lui-même un ancien diplômé du Collège Sainte-Croix ; ces lauréats sont alors répartis dans deux classes de Philo II, baptisées respectivement « Descartes » et » Platon »Les finissants du , Collège Sainte-Croix, 1964, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Grande Bibliothèque, Niveau 4-Coll. nation.-Musi… Conservation M000010051 CON (1 disque analogique et 1 brochure). Consultation sur place (avec délai) ; les bacheliers de la classe de Philo II « Platon » représentent le dernier cours de l'histoire du Collège à avoir complété les huit années à la suite du curriculum classique « traditionnel »Le cours classique dit « traditionnel» comportait, pendant quatre années, l'enseignement du grec, des institutions et de la littérature grecques ; sur la place prépondérante qu'occupait le grec dans le curriculum « traditionnel » et sur la suppression progressive de cette matière, remplacée par des « sciences » vers le milieu des années 50 au Québec francophone (l'option latin-sciences), lire Les Jésuites québécois et le cours classique après 1945, Claude Corbo, Les éditions du Septentrion, Sillery (Québec), 2004, , héritier d'une tradition qui remontait au ; le premier collège classique de cette tradition avait en effet été fondé en Nouvelle-France par les Jésuites dans la ville de Québec, en 1635« Les pères ouvrent une école en 1635 et commencent à enseigner le latin une année ou deux après. Malgré l'incendie de 1640, l'enseignement continue d'être dispensé, si bien qu'en 1655, le collège de Québec comprend les classes de grammaire, d'humanités, de rhétorique et de philosophie. de Laval peut écrire à Rome en 1664 que les classes d'humanités sont florissantes et que les enfants sont élevés de la même manière qu'en France ». – Les collèges classiques au Canada français (1620-1970), Claude Galarneau, 1978, Éditions Fides, .