Djéser (ou Djoser) est aujourd'hui le plus souvent considéré comme étant le premier roi de la égyptienne. Il est également considéré comme le fondateur de l'Ancien Empire, bien que la est aussi considérée comme faisant partie de la période archaïque avec la Période thinite. Le nom de Djéser ne lui est pas contemporain, mais il avait pour nom d'Horus Netjerikhet. Il fut le commanditaire de la première construction en pierre de grande taille : la pyramide à degrés de Saqqarah.

Attestations

Attestations contemporaines

Le roi, connu dans les documents contemporains de son règne principalement sous son nom d'Horus Netjerikhet inscrit dans un serekh, est attesté par plusieurs documents : un relief rupestre du Ouadi Maghara représentant Netjerikhet dans la pose caractéristique du massacre de l'ennemi, ici un Bédouin ; le roi est précédé par une déesse au nom perdu mais qui pourrait être Ouadjet, des empreintes de sceaux de l'Horus Netjerikhet dans la tombe de Khâsekhemouy (vingt complètes et vingt-trois fragmentaires) dans la nécropole de Oumm el-Qa'ab à Abydos ainsi que dans l'enclos funéraire du roi, nommé aujourd'hui Chounet el-Zebib et situé à plus d'un kilomètre à l'ouest de la tombe, près de la limite du désert (cinq empreintes), des empreintes de sceaux dans les mastabas K1 (plusieurs empreintes de Netjerikhet avec une empreinte de sceau de Khâsekhemouy), K2 (une empreinte de Netjerikhet avec des empreintes de sceaux de Sanakht), K3 (une empreinte), K4 (une empreinte) et K5 (une empreinte) de Beit Khallaf, cinq empreintes de sceaux à Éléphantine, soit quatre scellements de jarres provenant de l'est de la ville (l'un porte en plus du nom d'Horus du roi les titres d'un fonctionnaire « contrôleur de la cave et assistant dans le magasin de provisions ... de Haute et Basse-Égypte, suivant quotidien du roi ») et la dernière provenant d'une couche de débris de l'Ancien Empire située dans le secteur sud-est de la ville, des empreintes de sceaux dans trois tombes de fonctionnaires situées à Saqqarah : le mastaba S2405 du haut fonctionnaire Hésirê et les mastabas anonymes S2305 et S3518, des fragments d'un relief provenant d'Héliopolis montrant, sur l'un des fragments, les jambes du roi accompagnées de trois personnages féminins : son épouse Hétephernebty devant les jambes, leur fille Initkaes devant cette dernière et enfin, derrière les jambes, un personnage qui pourrait être sa fille et dont le nom a été reconstruit en Nyânkh-Hathor, le complexe funéraire situé à Saqqarah, dont l'identification du commanditaire est assuré par un certain nombre de documents : six panneaux ainsi que des encadrements de portes, situés dans les galeries sous la pyramide et le tombeau sud, les panneaux ainsi que les montants entourants les panneaux et les portes sont inscrits au nom d'Horus tandis que les linteaux des panneaux et des portes sont inscrits avec les noms de Nebty et d'or ; trois des panneaux se trouvent dans les galeries sous la pyramide figurant, pour l'une, la course rituelle dans la cour sud-ouest lors de la fête-sed, pour la deuxième, la course rituelle au palais blanc et, pour la troisième, une visite au temple d'Edfou ; les trois autres panneaux, situés dans le tombeau-sud, figurent à nouveau, pour la première, la course rituelle dans la cour sud-ouest, pour la deuxième une visite du temple de Létopolis et, pour la troisième, une visite au temple per-our, un certain nombre de stèles frontières, de deux types mais portant la même inscription, incluant le nom d'Horus du roi ainsi que celui de la reine Hétephernebty et celui de leur fille Initkaes, un montant de porte à motifs animaliers ponctués du nom d'Horus du roi et découvert en remploi lors de la fouille du temple funéraire d'une pyramide de l'une des reines de Téti (), des sceaux du roi trouvés dans les galeries sous la pyramide et dans les galeries des magasins situés dans le secteur nord-ouest du complexe, la statue du serdab inscrit avec les noms de Nebty et d'or sur le socle (JE 49158).

Attestations ultérieures

Le roi devait être nommé dans les annales de la pierre de Palerme. Cependant, son état très fragmentaire ne permet pas d'avoir l'ensemble des années de Djéser, le roi n'étant présent que sur les fragments de Palerme et du Caire ; son nom n'est pas directement cité, mais la position relative de certaines informations sur les fragments permet de conclure qu'elles concernaient son règne.

Le roi Djéser, uniquement attesté sous ce nom en cartouche dans les époques postérieures à l'Ancien Empire, est présents sur plusieurs documents, dont les plus notables sont les suivants : une statue de mentionnant le nom de Djéser, occurrence la plus ancienne de ce nom, le papyrus Westcar portant une copie datée de la fin de la d'un texte littéraire plus ancien (vers la ) ; ce texte littéraire parle de quatre histoires, chacune liée à un roi (dans l'ordre Djéser, Nebka, Snéfrou et Khoufou) ; concernant Djéser, il est accompagné d'Imhotep, la liste royale d'Abydos, datée du règne de (), dans laquelle le nom de Djésersa est inscrit à la seizième position, le canon royal de Turin, daté de la , dans lequel le nom de Djéserit est inscrit à la cinquième position de la quatrième colonne ; le papyrus lui compte dix-neuf ans de règne, la table de Saqqarah, datée du règne de (), dans laquelle le nom de Djéser est inscrit à la douzième position, de très nombreux graffiti datant du règne d' jusqu'à la et situés dans le complexe funéraire de Djéser nomme ce souverain sous ce nom, une statuette de la représentant un certain Iâhmes (ou Ahmosé), qui est « prophète du roi du double-pays Netjerikhet-Djéser » et « prêtre de Djésertéti», associant à nouveau Djéser et Djésertéti/Téti ; cette statuette se trouve aujourd'hui à Berlin et est numérotée ÄM14765, la stèle de la famine de l'île de Sehel, datée du règne de et réalisée de telle sorte que l'inscription fait croire qu'elle date de Djéser : la titulature contemporaine du roi y est en effet présente, mais la présence du nom Djéser trahit sans l'ombre d'un doute la date postérieure de l'inscription.

Concernant les listes manéthoniennes, Africanus et Eusèbe de Césarée nomment à la deuxième position de la dynastie, c'est-à-dire à la position donnée à Djéser sur les listes ramessides, Tosorthros/Sesorthos. Africanus lui donne d'ailleurs vingt-neuf ans de règne et dit de lui qu'il est l'inventeur de la construction en pierre et est crédité d'un grand savoir médical.

Identité

Noms du roi

Le nom d'Horus du roi, inscrit dans un serekh, est Netjerikhet (Nṯr.j-ẖ.t), tout comme son nom de Nebty, ce dernier est d'ailleurs toujours précédé du titre Nesout-bity. Ce n'est pas le premier roi à utiliser le même nom pour ces deux éléments de la titulature royale, Djéser a été précédé en cela par les rois de la Nynetjer et Péribsen ainsi que, moyennant une épithète, Sekhemib (Sekhemib-Perenmaât) et Khâsekhemouy (Khâsekhemouy-hetep-netjerouy-imef). Le nom de Nebty est régulièrement suivi du nom d'or, ancêtre du nom d'Horus d'or : Nébou-Rê (Nbw-Rˁ). L'Horus Netjerikhet n'est jamais connu, dans les éléments de la titulature du règne, par l'intermédiaire d'un nom en cartouche.

La éléments de la titulature royale, excepté le nom d'Horus déjà protégé par le serekh, sont régulièrement écrits entourés d'éléments protecteurs. En effet, le nom (ren) devait être protégé car il était fortement associé à la personne elle-même. Ainsi, la titulature était souvent précédée du signe du pilier-djed, symbole de stabilité dans la durée, ce signe étant d'ailleurs surchargé du nœud tyet, qui est une amulette protectrice associée plus tard à Isis. En fin de titulature se trouvent le sceptre-ouas, symbole de puissance encadrant régulièrement les représentations, et le cercle de cordage (symbole V9 dans la classification de Gardiner), ce dernier signe évoluant plus tard pour devenir le cartouche royal.

Noms dans la documentation postérieure

Lorsqu'un roi de la période archaïque était nommé dans les sources postérieures, c'était le nom de Nebty qui était utilisé, même si ce nom était souvent corrompu dans la chaîne de transmission. Toutefois, concernant l'Horus Netjerikhet, au nom de Nebty identique, la postérité s'en est souvenu par le nom de Djéser. Le processus ayant mené à la création du nom de Djéser est inconnu, l'occurrence la plus ancienne datant du milieu de la , plus précisément sur une statue de . L'identification de l'Horus Netjerikhet avec le roi Djéser est en tout cas certaine : non seulement, des inscriptions du Nouvel Empire associent le nom de Djéser à la pyramide à degrés de Saqqarah, mais aussi, la stèle de la famine, gravé à Sehel sous le règne de , représente un pseudo-évènement se déroulant sous le règne de Djéser et pendant lequel le roi et le sage Imhotep s'emploient à résoudre une famine ; sur cette stèle la titulature du roi est à la fois composée du nom d'Horus du roi inscrit dans un serekh et du nom Djéser inscrit dans un cartouche.

Dans les listes royales ramessides, il est nommé Djésersa (Liste d'Abydos), Djéser (Table de Saqqarah) et Djéserit (Canon royal de Turin). Dans les écrits grecs de Manéthon, il est nommé Tosorthros (ou Sesorthos).

Nebka, nom en cartouche découvert sur plusieurs documents postérieurs à la ainsi que, peut-être, sur une empreinte de sceau (numérotée E 5251) trouvé dans le mastaba K2 à Beit Khallaf et portant également le nom d'Horus Sanakht. Ce nom en cartouche et ce nom d'Horus ont ainsi été associés par la grande majorité des chercheurs. Cependant, plus récemment, Jean Pierre Pätznick a émis l'hypothèse suivante : si Nebka est bien le nom en cartouche inscrit sur l'empreinte de sceau E 5251, son identification à l'Horus Sanakht n'est pas certaine. Au travers de plusieurs éléments (lecture du sceau renvoyant les mentions de Sanakht et de Nebka à deux personnes différentes ; titres d'Akhetaâ, entre autres prêtre de Nebka, très similaires à ceux inscrits dans le complexe funéraire de Djéser ; roi Nebka très vénéré à l'Ancien Empire, etc.), il identifie Nebka à l'Horus Netjerikhet, c'est-à-dire à Djéser. Il conclut même son étude en interprétant les noms de Nebka et Djéser comme étant le nom retenu par la postérité par deux traditions différentes une tradition memphite locale retenant le nom de Djéser et une tradition officielle retenant le nom de Nebka, les deux traditions se mélangeant par la suite, raison pour laquelle les listes d'Abydos et du Canon royal de Turin mentionnent les deux rois tandis que la liste de Saqqarah, à caractère moins officielle, étant inscrite dans la tombe du scribe Tjuneroy, ne présente que la tradition locale et ne mentionne donc que le nom de Djéseré.

Position dans la dynastie

Pendant longtemps, la thèse communément acceptée dans le monde de l'égyptologie était que Djéser était le deuxième roi de la , et qu'il succédait à un roi nommé Nebka, lui-même successeur de Khâsekhemouy. La raison en était que dans les listes royales ramessides et dans les écrits de Manéthon, héritiers de ces mêmes listes, la succession était ainsi décrite. Ces listes faisaient force de loi pour les premiers égyptologues.