Le monastère des Ursulines de Laval est un monastère d'Ursulines situé à Laval, créé au . Le couvent de Laval donna naissance à plusieurs autres monastères : Château-Gontier, Thouars, Dinan, Vitré.
Saint-Vénérand L'Armurerie A l'extrémité du cimetière de Saint-Vénérand, sur le bord de la rue Sainte-AnneNommée précédemment la rue des Quatre-Œufs., se trouvait une maison dite de l'Armurerie(1559). Maison dite de l'Armurerie, située rue des Quatre-Œufs, avec deux jardins derrière, situés au faubourg du Pont-de-Mayenne, joignant d'un côté à la maison et jardin de François Lirochou. D'autre côté à la rue des Quatre-Œufs, abutant d'un bout à une petite rue tendant des dites maisons au cimetière Saint-Vénérand et d'autre bout au jardin de Guillaume Malherbe. — Le 19 décembre 1597 la maison de l'Armurerie fut adjugée par le juge de Laval à Tugale Baudeu, veuve de Guillaume Babou ; elle était saisie sur Pierre Herbebière et Renée Fournirr sa femme, par Jean Prudhomme et Nicolas Martin de Laval, ô défaut de paiement de sommes a eui dues par les dits Herbetière et Fournier. — Cette maison fut achetée par la veuve Babou. (1598 ou vers 1600). Le sieur Riviers veut acheter la maison de l'Armurerie, tant celle qui est à la veuve Babou que ce qui était à la dame de la ville de Laval, pour y faire un collège. Il demande trois choses à M. et Mme de la Flotte, seigneur et dame ayant des droits sur cette maison : 1° Qu'il leur plaise que les dites choses demeurent quittes et franches de toutes les choses qui sont de debvoirs. (Il était dû deux boisseaux de froment rouge). — 2° Qu'ils lui donnent et quittent les ventes et issues qu'il pourra devoir pour le dit acquest. — 3° Qu'ils indemnent les dites choses. — Le dit Riviers promet qu'il fera mettre dans la chapelle neuve qui se fait, engravée en la muraille, une table de cuivre où sera reconnu le bienfait des dits seigneurs et dames etautres choses à leur louange. — Il sera dit tous les ans et fera dire à perpétuité une messe solennelle à tel jour qu'il plaira aux dits seigneur et dame où assistera le clergé et enfans et seront faites les recommandations des dits seigneur et dame à l'offairtouère de la messe comme bienfaiteurs. — Seront aussi les dits seigneur et dame tous les soirs en mémoire par les enfans du dit collège comme bienfaiteurs donnée depuis peu pour servir de Petit SéminaireC'était plutôt une sorte de psallette, dans laquelle un ecclésiastique donnait des leçons de latin aux enfants de chœur de la paroisse et à quelques autres élèves. Pierre Berset et Jeanne Glorial, sa femme, avaient légué aussi 800 livres de rentes pour cette intention. C'était une dotation faite à la confrérie pour y loger un régent dont les fonctions consistaient à instruire les choristes de la paroisse. On y instruisait aussi les jeunes gens qui se destinaient à l'état ecclésiastique.. Cette maison appartenait alors à la confrérie du Saint-Sacrement, érigée dans l'église de Saint-Vénérand. La maison était dirigée par Guillaume RiviersPrêtre, chantre de l'Église de Saint-Vénérand, il est l'un des fondateurs de la Confrérie du Saint-Sacrement, et un des signataires de la demande adressée à l'archevêque de Bordeaux..
Hauterive Les habitants de la paroisse de Saint-Vénérand adressèrent une supplique à René du Bellay, seigneur d'Hauterives, chevalier de l'ordre du roi, lieutenant pour sa Majesté au gouvernement du Maine, en l'absence de Henri de LavardinHenri, marquis de Lavardin, baron de Tucé, Milesse, etc, chevalier des ordres du roi pour qu'il voulût bien exempter cette maison des droits dont elle était chargée envers lui par son fief de ChanteloupDroits qui consistaient en une rente de deux boisseaux de froment par chaque année.. René du Bellay, accordant aux habitants leur demande, exempta les maison, cour et jardin de tous droits à son égardIl demanda pour prix de cette autorisation que les dames religieuses fissent mettre à leurs dépens, au lieu le plus éminent de l'église qu'elles devaient édifier, l'écusson des armes de sa maison, et qu'elles fissent dire en l'église du monastère, au jour et fête de Saint-René, pour lui et Catherine le Voyer son épouse et pour leurs successeurs, un anniversaire avec vigiles et grand-messe, avec recommandation du repos de leurs âmes ; et qu'au décès des sieurs et dames d'Hauterives il était célébré à perpétuité un service ou seraient appelés les officiers du fief. René du Bellay exigea aussi qu'elles reçussent dans Le Monastère, aux mêmes conditions (Pour entrer aux Ursulines on donnait comme dot, en 1635 et 1637, 2000 1. ou 2400 1., plus un trousseau de 50 1.) que Les autres religieuses, une fille parente des seigneurs d'Hauterives, ou toute personne de qualité à présentation et en outre que une fois L'année, lorsque le seigneur et La dame d'Hauterives seraient à Laval, elles vinssent Leur présenter un bouquet de fleurs de leur façon. Les dames religieuses devaient aussi faire moudre leur grain au moulin de Chanteloup. (Acte du 19 juin 1615 devant maître Estienne Touschard, notaire).
Installation Le , les membres de la confrérie du Saint-Sacrement, font donation à Françoise de la CroixReprésentée par Robin Beauvais, prêtre, docteur en théologie, prieur du prieuré de Châtillon en Bordelais, son procureur spécial, cession aux sœurs religieuses., des lieux, maisons, cours et jardins appelés le Séminaire de la Confrérie, exploités par Guillaume Riviers pour leur servir de couvent et maison religieuse selon la règle de l'ordre.
Le même jour le sieur Beauvais, prêtreProcureur de la révérende sœur Françoise de la Croix., accompagné de maître Croissant, notaire, se rendent aux lieux cédés et en prennent possessionRéelle et actuelle, en le disant à haute voix devant témoins, jetant de l'eau dans la cheminée pour éteindre le feu, ouvrant et fermant les portes et les fenêtres, coupant et brisant des branches d'arbres et arrachant de l'herbe dans le jardin, mettant, dehors monsieur Riviers qui avait la jouissance de la maison et faisant tous les actes qui marquaient la vraie possession. Cette maison destinée à faire un collège ou séminaire, avait été achetée en partie avec 800 livres données par Pierre Bersrt et Jeanne Gloria sa femme, qui furent les premiers à contribuer à cette fondation.. Jean Pellier, prêtre, prieur-curé de Saint-Vénérand et Saint-Melaine, Jehan Sergeul, sieur de la Brochardière, bâtonnier de la confrérie du Saint-Sacrement, Me Guillaume Riviers, l'un des fondateurs de la confrérie, Jean Saibouez, aussi fondateur et bâtonnier, Michel Paumard, bâtonnier, Jean Journée également fondateur et bâtonnier, adressèrent une requête à monseigneur François de Sourdis, archevêque de Bordeaux, en 1616, pour le prier de permettre à six religieuses Ursulines de cette ville de venir à Laval afin d'y fonder un monastère de leur ordre.
Arrivée à Laval Origine : Bordeaux Le , arrivent à Laval 6 religieuses ursulinesC'étaient: Marguerite de Lucinet, Renée de Beaunel, Anne de Beauvais, Catherine Horeau, Catherine de Cremoux, Françoise de la Croix. envoyées par l'archevêque de Bordeaux François de Sourdis, le 16 du même mois. Elles ont l'intention de fonder une maison de leur congrégation, et en ont obtenu la permission de l'évêque du Mans. Elles sont conduites par René de Beauvais, prêtre délégué par l'archevêque de Bordeaux. Elles prennent possession de suite du nouveau monastère. Guillaume Riviers est leur premier chapelainLe 30 juin, il transporta le Saint-Sacrement du cimetière de Saint-Vénérand aux Ursulines, dans la Chapelle Saint-Jacques, et toute la communauté y reçut la communion le lendemain. Six mois après l'installation des religieuses, elles perdirent leur chapelain Guillaume Riviers, qui mourut le samedi 10 décembre..
La Chronique des Ursulines, imprimée en 1673Paris, 2 vol. in 4°. donne quelques détails sur la fondation du monastère de Lavalétablissement de la Mère de la Croix, et le premier qu'elle fit hors de la province de Guienne, fut celuy de Laval, en l'année 1616, le 28 de juin. Il y avoit bien deux ans que les députez de la ville demandoient cette fondation et que monseigneur l'evesque du Mans en avoit écrit à monseigneur l'archevesque de Bordeaux. M. René de Beauvais, prieur de Castillon, fit divers voyages pour avancer cette affaire ; et mesme il conduisit deux filles de Laval, dont l'une estoit sa sœur, à Bordeaux, pour y faire leur noviciat. De Bordeaux il amena à Laval une mère de la Mère de la Croix, nommée Anne de Godin, qui par son bon exemple augmenta beaucoup le désir des habitans de Laval d'avoir des Ursulines. Enfin la Mère de la Croix prit les mères Marguerite de Lussaignet, Marie de Jentilleau, qui fut la première supérieure, Anne de Beauvais, Jeanne du Teil, Marie de Jaile, Catherine de Crémeux, Renée de Beauvais et Catherine Moreau, et les mena à Laval le 15 de juin 1616, après avoir toutes reçeu la sainte communion et la bénédiction de monseigneur le Cardinal. Elles furent accueillies à Laval avec une extrême joye; et un bon prestre appelé M. Riviers fut si charitable qu'il leur donna sa maison, sa chapelle, et tous les emmeublemens, ustensiles et autres choses nécessaires (T. I, )..
L'Armurerie Les Ursulines s'établissent à l'Armurerie et y restent pendant plusieurs années.
La maison était située non loin d'une chapelle de Saint-JacquesBâtie dans le cimetière par Jacques Guéret, trente ans auparavant. qui leur sert d'église, et où le Saint-Sacrement est placé le un mois après leur arrivée. Elles habitent longtemps cette maison qui, après leur départ est enfin appliquée à la destination indiquée par les fondateursQuoiqu'on l'appelat le Séminaire, ce n'était pas tout à fait ce qu'on entend par ce mot ; mais seulement une maison dirigée par un ecclésiastique qui enseignait le latin aux enfants de chœur de Saint-Vénérand et à quelques autres..
Le projet Il est question un moment d'établir définitivement les Ursulines dans cette maison. Le , Jean PellierPrieur de Saint-Vénérand., rassemble un conseil de paroisse, pour proposer aux habitants de céder aux religieuses le bas du cimetière. Ce terrain leur ayant été accordé, sœur Marie de Jantillau, première supérieure, et Anne Beauvais, sœur préfète, firent de suite des marchés avec un architecte, Étienne Corbineau, pour la construction d'une église et des bâtiments nécessaires pour loger la communauté naissante, et d'autres marchés avec Jehan et Denis CrosnierLes frères Jean et Denis Crosnier s'obligent à livrer la quantité nécessaire de tuffeaux à raison de 36 livres tournois le cent, « cent quatre pour cent comme la coustume et ordinaire est », et 101 milliers d'ardoises « de la grosse rousse noyre, bonne loyalle et marchande », frais de transport et tous droits compris ; ces matériaux étaient amenés par eau au port Saint-Julien., de Laval, pour la fourniture de tuffeaux de toutes dimensions et ardoises pour la construction de ces édifices, suivant qu'il leur en sera donné avis par l'architecte, de manière à n'en laisser jamais chômer pendant les constructions.
Le projet n'a pas de suite, sans doute parce que le local ne pouvait convenir à une communauté en règleLe terrain qu'elles avaient choisi, placé entre le cimetière Saint-Vénérand et la rue Sainte-Anne, se trouva trop resserré, ayant d'un côté un passage conduisant au cimetière et de l'autre des propriétés particulières. Il était impossible de faire là des constructions convenables pour l'installation de Ursulines.. Néanmoins, les Ursulines admirent de nombreuses novices et une d'elles, nommée Jeanne de la PorteNécrologe d'Antoine Berset. Jeanne de la Porte était fille de Jean de la Porte,seigneur de la Teslinière et de Juliette Emond. meurtDe fièvres chaudes. le , et est enterrée dans la chapelle Saint-Jacques.
La maison de la Croix Blanche Les Ursulines devaient s'occuper de l'enseignement des jeunes filles de la classe pauvre, qui est le but même de leur institut.