Les Actiniaria, aussi appelées anémones de mer, orties de mer ou encore actiniaires sont un ordre d'animaux marins au corps mou et très musclé, généralement fixés à un support.

Ce sont des cnidaires anthozoaires faisant partie des macroinvertébrés benthiques. L'anémone est constituée d'un polype solitaire à symétrie radiaire, sans squelette calcaire. Souvent ornées de couleurs vives, ces organismes développent de nombreux tentacules péribuccaux pourvus de cellules urticantes très vulnérantes. Leur symétrie, leurs couleurs et leurs tentacules qui évoquent les pétales d'une fleur, leur ont donné le nom vernaculaire d'anémone.

Dénomination

Le terme anémone de mer fait référence à la symétrie radiaire de cet animal, à ses couleurs vives et à ses tentacules qui évoquent les pétales de certaines fleurs d'anémones.

Description et caractéristiques thumb|upright=1|Différentes anémones de mer thumb|upright=1|Anatomie de l'anémone. 1=tentacules, 2=pharynx, 3=gonades, 4=paroi, 5=mésentèreFeuillet tissulaire longitudinal. Les mésentères, disposés de manière radiaire, sont des cordons musculaires qui compartiment la cavité gastrovasculaire et maintiennent la base des tentacules et le pharynx en place en conservant au corps sa forme malgré la pression interne de l'eau. complet, 6=cinclide, 7=acontie, 8=disque pédieuxCette sole pédieuse a une double fonction : fixation (disque pédieux formant ventouse par le jeu conjugué d'une musculature importante et de la sécrétion de mucus) et locomotion (lente reptation grâce aux contractions des cellules musculaires du disque basal). Une fois ce disque détaché, les anémones peuvent glisser sur leur substrat (voire se déplacer en pleine eau comme l')., 9=muscle rétracteurLe polype se tient normalement bien épanoui, mais en cas de dérangement, ce muscle leur permet de se rétracter pour devenir moins apparent., 10=mésentère incomplet, 11=stomate, 12=col, 13=bouche, 14=disque oral. vignette|Les anémones peuvent adopter un mode de camouflage défensif qui évite le repérage par un prédateur : des verrues adhésives sur leur colonne favorisent l'accrochage des matériaux qu'elles trouvent autour d'elles (graviers, débris coquilliers, grains de sable, fragments d'algues calcaires).. thumb|upright=1|Poisson-clown dans une Entacmaea quadricolor thumb|upright=1|Une crevette symbiotique Periclimenes yucatanicus dans une anémone. thumb|upright=1|Une Calliactis polypus éjectant ses aconties.

Ce sont des polypes solitaires sans stade méduse, dépourvus d'exosquelette et dont la taille atteint de à presque de diamètre.

Leur anatomie montre trois parties principales : une base discoïde postérieure pour la fixation de l'animal, le disque pédieux qui s'ancre dans le sable, s'attache sur des substrats durs par adhésion (comme une ventouse), ou permet de se déplacer très lentement (8 à 10 cm/h) par reptation, au moyen de contractions musculaires ; un corps mou plus ou moins régulièrement cylindrique, appelé pied ou colonne ; un disque oral antérieur cerné de tentacules lisses, pointus ou arrondis, de formes et de couleurs variées, disposés sur un ou plusieurs cycles concentriques autour. Ce disque buccal ou péristome entoure la cavité buccale qui se trouve en position centrale, et qui sert à la fois de bouche et d'anus.. Aucune anémone n'a de squelette calcaire, contrairement aux coraux., et leur symétrie fondamentale est hexaradiaire (symétrie centrale d'ordre 6, qui s'observe notamment au niveau du nombre des tentacules qui est un multiple de six).

Les tentacules, habituellement nombreux, ont des nématocystes au poison urticant et des spirocystes.. Ils sont disposés en séries radiaires ou en cycles alternatifs qui sont étroitement liés à la disposition des mésentères. Des mécanismes de défense et d'acclimatation permettent de répondre à des stress biotique et abiotique tels que la rétractation du polype (rétractation de sa colonne, rétractation totale ou partielle de ses tentacules).

La cavité stomacale et la cavité du corps se confondent en un seul sac appelé cavité gastro-vasculaire qui assure une première phase de suivie par une phase finale de digestion intracellulaire. Cette cavité digestive s'ouvre à l'extérieur par un pharynx qui est une zone ectodermique invaginée. Le pharynx est parcouru par une gouttière longitudinale ciliée, le siphonoglyphe, qui assure la circulation de courants d'eau vers cette cavité, participant à la respiration, au maintien de la pression interne et à l'ingestion de particules alimentaires..

Malgré des ressemblances certaines, les anémones ne doivent pas être confondues avec les autres groupes de cnidaires sessiles mous : Alcyonacea, zoanthides, corallimorphes et autres.

Biologie et comportement Les anémones sont pour la plupart sédentaires, mais peuvent aussi se déplacer par glissement sur le fond et certaines peuvent même se déraciner brusquement et nager en cas d'attaque. En cas d'agression, certaines anémones de mer sont capables de projeter des filaments blancs urticants, appelés aconties. Ces filaments ont des effets semblables à ceux des méduses pour l'homme.

Les anémones de mer hébergent dans leurs tentacules des algues unicellulaires, des zooxanthelles endosymbiotiques, qui métabolisent l'énergie lumineuse en énergie exploitable par l'organisme (comme le corail) : une grande partie de leur énergie est d'origine solaire. De façon opportuniste, elles complètent leur menu à l'aide de plancton, de crevettes ou de petits poissons attrapés grâce à leurs tentacules, lesquels apportent ensuite la proie à l'orifice buccal pour la digestion, dans une cavité stomacale centrale. Les excréments sortent du corps par le même orifice.

On connaît relativement peu de prédateurs des anémones de mer, les plus voraces étant sans doute les tortues de mer. Cependant, certains mollusques comme le nudibranche Aeolidia papillosa sont aussi spécialisés dans la consommation d'anémones.

Les anémones de mer se reproduisent sexuellement ou par multiplication asexuée.

Symbioses et mutualismes Comme de nombreux autres cnidaires, les anémones de mer ont développé une symbiose avec les zooxanthelles de leurs tentacules, les zooxanthelles assurant la majorité des apports énergétiques nécessaires à la croissance et à la survie de leur hôte, notamment en sucres.

Une étude d' montre que les anémones de mer opèrent un tri entre les zooxanthelles et les autres microalgues : les secondes ne sont pas détruites, mais rejetées dans la nature par le système immunitaire des cellules infectées, alors que la réponse immunitaire est inhibée spécifiquement en présence des zooxanthelles.

Quelques anémones de mer vivent également en mutualisme avec d'autres organismes, protégés contre leurs cellules urticantes par une carapace épaisse ou un mucus protecteur (notamment les poissons-clowns.). On y trouve ainsi des bernard-l'hermite (comme le « pagure à anémones » Dardanus deformis), les poissons-clowns, ou certaines petites crevettes, telle la Thor amboinensisThor amboinensis, sur Aquaportail.com. Des symbioses plus complexes peuvent aussi avoir lieu, comme avec le crabe boxeur Lybia tessellata, qui porte en permanence une anémone (Boloceractis prehensa) dans chacune de ses pinces et les agite devant lui pour se défendre.. Des associations entre des poissons juvéniles et des anémones au stade larvaire ont été observées en 2025 lors de plongées de nuit en Floride et en Polynésie française.

Menaces Les anémones de mer, comme les coraux, blanchissent sous l'effet du réchauffement climatique et elles dépérissent aussi à cause de la pollution et de la surpêche.

Classification La classification des anémones a été entièrement revue en 2014 par Rodríguez & Daly. : seuls deux sous-ordres sont désormais reconnus, l'essentiel des familles modernes étant comprises dans celui des Enthemonae, divisée en trois super-familles, dont une monotypique. Cette classification se substitue à celle héritée de Carlgren (début du ), qui divisait les anémones en quatre sous-ordres (Endocoelantheae, Nyantheae - de loin le plus vaste -, Protantheae et Ptychodacteae).

Les Actiniarias comprennent environ 1 200 espèces.

thumb|upright=1|Actinostola sp. thumb|upright=1|Poisson-clown Amphiprion ocellaris dans une Heteractis magnifica thumb|upright=1|Anémones de mer à l'aquarium des Deux Océans Selon : sous-ordre Anenthemonae Rodríguez & Daly in Rodríguez et al., 2014 super-famille Actinernoidea Stephenson, 1922 famille Actinernidae Stephenson, 1922 famille Halcuriidae Carlgren, 1918 super-famille Edwardsioidea Andres, 1881 famille Edwardsiidae Andres, 1881 sous-ordre Enthemonae Rodríguez & Daly in Rodríguez et al., 2014 super-famille Actinioidea Rafinesque, 1815 famille Actiniidae Rafinesque, 1815 famille Actinodendridae Haddon, 1898 famille Aurelianidae Andres, 1883 famille Capneidae Gosse, 1860 famille Condylanthidae Stephenson, 1922 famille Haloclavidae Verrill, 1899 famille Homostichanthidae famille Iosactinidae Riemann-Zürneck, 1997 famille Limnactiniidae Carlgren, 1921 famille Liponematidae Hertwig, 1882 famille Minyadidae Milne Edwards, 1857 famille Oractiidae Riemann-Zürneck, 2000 famille Phymanthidae Andres, 1883 famille Preactiniidae England in England & Robson, 1984 famille Ptychodactinidae Appellöf, 1893 famille Stichodactylidae Andres, 1883 famille Stoichactidae Carlgren, 1900 famille Thalassianthidae Milne Edwards, 1857 super-famille Actinostoloidea Carlgren, 1932 famille Actinostolidae Carlgren, 1932 super-famille Metridioidea Carlgren, 1893 famille Acontiophoridae Carlgren, 1938 famille Actinoscyphiidae Stephenson, 1920 famille Aiptasiidae Carlgren, 1924 famille Aiptasiomorphidae Carlgren, 1949 famille Aliciidae Duerden, 1895 famille Andresiidae Stephenson, 1922 famille Andvakiidae Danielssen, 1890 famille Antipodactinidae Rodríguez, López-González & Daly, 2009 famille Bathyphelliidae Carlgren, 1932 famille Diadumenidae Stephenson, 1920 famille Exocoelactinidae Carlgren, 1925 famille Gonactiniidae Carlgren, 1893 famille Halcampidae Andres, 1883 famille Haliactinidae Carlgren, 1949 famille Hormathiidae Carlgren, 1932 famille Isanthidae Carlgren, 1938 famille Kadosactinidae Riemann-Zürneck, 1991 famille Metridiidae Carlgren, 1893 famille Nemanthidae Carlgren, 1940 famille Nevadneidae Carlgren, 1925 famille Octineonidae Fowler, 1894 famille Sagartiidae Gosse, 1858 famille Sagartiomorphidae Carlgren, 1934 Actiniaria incertae sedis famille Antheidae Gosse, 1860 famille Antheomorphidae Hertwig, 1882 famille Iosactiidae Riemann-Zürneck, 1997 famille Sarcophinanthidae Andres, 1883 + de nombreux genres encore non assignés.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Références taxonomiques

Catégorie:Symbiote