thumb|Les grands bureaux, à Meurchin. thumb|Des habitations près de la fosse 1, construites par la Compagnie de Lens. thumb|Le carreau de la fosse 3 - 4 en 2011. Au premier-plan, le puits 3. thumb|La fosse 5 en 2011. thumb|Le carreau de la fosse 6 en 2011, vu depuis le terril 98 de la fosse 24 - 25. La Compagnie des mines de Meurchin est une compagnie minière qui a exploité la houille à Bauvin, Meurchin, Wingles, Billy-Berclau et Carvin dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Créée le , elle établit divers sondages, puis ouvre une fosse 1 à Bauvin en , qui commence à produire en 1859. Une fosse 2 est commencée en 1863 à Meurchin, mais une venue d'eau chaude se déclare, la fosse est abandonnée, bien que la Compagnie ait pensé à commercialiser cette eau minérale sulfureuse. En 1869, une fosse 3 est commencée à Wingles, le fonçage s'avère très problématique et coûteux. Un second puits, 4, est ajouté à du premier puits à partir du . La fosse est mise en service en 1875 et devient le principal siège de production de la Compagnie.
En 1904 sont commencées les fosses 5 et 6 respectivement à Billy-Berclau et Carvin, dans les parties occidentales et orientales de la concession, encore inexploitées. En 1913, un puits 7 est ajouté à la fosse 2. Cette année-là, la Compagnie produit de charbon et d'aggloméré. Tout est détruit durant la Première Guerre mondiale. La Compagnie des mines de Lens rachète celle de Meurchin en 1920, cette dernière cesse d'exister.
Toutes les fosses de l'ancienne compagnie, à l'exception du 3 - 4, cessent d'extraire dans les années 1930. Les fosses 2 - 7 et 6 sont définitivement fermées, alors que les fosses 1 et 5 assurent l'aérage et le service. La fosse 5 est la dernière de la Compagnie à avoir fermé, en 1963. Ses installations ont été préservées. Les terrils des fosses 2 - 7 et 3 - 4, plats et boisés, sont préservés. Il existe encore des cités minières près des fosses 1 et 5.
Historique
Avant 1880
Société Daquin et Compagnie
Le , une société s'est formée à Béthune, sous la raison sociale Daquin et Cie, pour la recherche de la houille. Elle comprend . Elle entreprend un sondage à Haverskerque, près Saint-Venant, 350, et y rencontre le calcaire carbonifère à . Après cet échec, lorsque la Compagnie de Courrières, suivant l'exemple de la Compagnie Douaisienne, a fait connaître l'existence du terrain houiller au nord des concessions alors instituées, la Société Daquin vient installer un sondage à Meurchin, sur le canal de la Haute-Deûle, et à environ au-dessus de la concession de Lens.
Ce sondage, 177, ouvert à la fin de , atteint le terrain houiller à ; et une première veine de houille de à , le de la même année. Une deuxième veine de a été rencontrée le , à .
Constitution de la Société de Meurchin
Aussitôt après cette découverte, en , la Compagnie Daquin se transforme en société d'exploitation, dont les statuts sont analysés ci-dessous :
Les comparants continuent entre eux la société formée par acte du , sous les modifications apportées par le présent acte. La Société est civile. Elle a pour objet la continuation des recherches de la houille dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord, l'obtention d'une concession et son exploitation. Elle prend la dénomination de Société houillère de Meurchin. Les comparants font apport à la société d'un matériel de sondages, des travaux de sondage exécutés dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord, de leurs droits d'invention...
Le capital est fixé à trois millions de francs, divisés en de , qui seront émises au fur et à mesure des besoins de la société. Les actions sont nominatives ou au porteur, au choix des titulaires. En compensation de leur apport, les comparants reçoivent affranchies de tout versement. En outre, il est mis à la disposition du conseil d'administration quinze actions, également libérées, pour récompenser des services qui pourraient être rendus à la société. La société est administrée par un conseil composé de cinq membres possédant chacun au moins dix actions. Les administrateurs sont nommés pour cinq ans. Le renouvellement a lieu par cinquième, d'année en année. Pour prendre part aux assemblées générales, il faut être porteur de dix actions, donnant droit à une voix. Un même actionnaire ne peut réunir plus de trois voix.
Les assemblées générales ont pour objet d'entendre le rapport du conseil d'administration sur la situation de la Société, de recevoir communication des comptes, de les discuter, de les approuver, s'il y a lieu, de nommer les membres du conseil d'administration dont les pouvoirs sont expirés et de délibérer sur toutes les questions mises à l'ordre du jour par le conseil d'administration.
Transformation en Société anonyme en 1873
Une délibération de l'assemblée générale du transforme l'ancienne Société dont il vient d'être question, en société anonyme dans les conditions de la loi de 1867. Elle prend la dénomination de Société anonyme des Mines de Meurchin. Son siège social est transféré à Bauvin où réside son président, le raffineur de sucre Léon Lefort..
Le capital social est réduit de trois millions à deux millions de francs, montant des actions alors émises. Il est divisé en de par l'échange d'une action ancienne contre deux nouvelles. Les actions sont toutes nominatives. Le conseil d'administration est composé de cinq membres, qui doivent posséder chacun au moins vingt actions. L'assemblée générale nomme trois commissaires associés, chargés de faire un rapport sur les comptes. Tout propriétaire de dix actions fait partie de l'assemblée générale. Dix actions donnent droit à une voix, sans que le même actionnaire puisse réunir plus de cinq voix. L'année sociale est arrêtée au .
Concession thumb|left|upright=1.5|La concession de Meurchin parmi celles du bassin minier hors Boulonnais.
Dès le mois de , la Compagnie Douaisienne a entrepris des recherches pour démontrer l'existence du terrain houiller au nord des concessions alors instituées. Les Compagnies propriétaires de ces concessions, Dourges, l'Escarpelle et Courrières, se sont empressées d'ouvrir des sondages pour disputer à la Compagnie Douaisienne les terrains jusqu'alors négligés, et sur lesquels on prévoit l'existence de La formation houillère.
thumb|upright=1.3|Les fosses de la Compagnie des mines de Meurchin parmi les autres fosses et concessions. La Compagnie Daquin est venue, à la fin de , établir un sondage, 177, à Meurchin, alors que la Compagnie Douaisienne a, depuis plus d'un an, découvert la houille à Ostricourt ; alors aussi, que la Compagnie de Courrières a fait la même découverte à Carvin. La Compagnie de Lens vient aussi, en 1857, installer deux sondages à Billy-Berclau, en vue d'obtenir, à titre d'extension de sa concession, une partie des terrains demandés par la Compagnie de Meurchin. D'un autre côté, la Société la Basséenne, devenue la Compagnie de Carvin, la Société de Don, puis, plus tard, la Société d'Houdain, installent des sondages en concurrence avec ceux de la Compagnie de Meurchin, et sollicitent une concession. Les Compagnies de Courrières et de Lens invoquent, comme dans l'affaire de la Compagnie Douaisienne, une prétendue promesse faite par l'administration de leur accorder tous les terrains vis-à-vis de leurs concessions, au nord comme au sud, où pourrait être constatée ultérieurement la présence de la formation houillère.
En présence de ces nombreuses compétitions, l'instruction de la demande de concession de la Société de Meurchin a été longue et laborieuse. Enfin paraît un décret du , qui institue, en même temps que les concessions d'Ostricourt, de Carvin et d'Annœullin, la concession de Meurchin, en faveur de Messieurs Daquin, Délisse, Engrand, Hurbier, Grenet de Florimond et Carpentier de Baillemont, agissant en leur qualité de membres du conseil d'administration de la Société de houillère dite de Meurchin. La superficie de cette concession est fixée par le décret à . Plus tard, lors de l'institution de la concession de Douvrin, le , il a été ajouté à cette superficie, à titre d'extension, , de sorte que la superficie de la concession de Meurchin est de . Le décret indique de manière précise les nouveaux terrains concédés.
Travaux
En 1857 la Compagnie ouvre une première fosse, 1, sur le territoire de Bauvin, près du canal de la Deûle. Le niveau est passé avec une machine à traction puissante, et fournit une quantité d'eau qui s'élève, à certains moments, à par minute. Elle atteint le terrain houiller à , et à peine y est elle entrée, qu'elle traverse une première couche de houille de d'épaisseur, inclinée à 16°. Elle traverse ensuite de terrain stérile et rencontre, à , une deuxième couche de houille également de d'épaisseur.
Cette fosse commence à produire en 1859, et l'exploitation s'y développe successivement de manière à fournir en 1859, en 1860, en 1861 et en 1862.
En 1857, la Compagnie de Meurchin a ouvert une avaleresse sur le territoire de Carvin, en vue de se constituer des droits à l'obtention de la concession sur cette portion de terrains qui lui sont disputés par la Compagnie de Carvin. Cette fosse est bientôt abandonnée à la profondeur de , et elle n'a pas été reprise. Déduction faite du prix de revente du terrain, il y a été dépensé .
Production
La première fosse de Meurchin entre en exploitation en 1859. Elle fournit successivement en 1859, en 1860, en 1861, en 1862, en 1863 et en 1864, soit sur la période. Puis la Compagnie produit en 1865, en 1866, en 1867, en 1868, en 1869 et en 1870, soit sur la période.
La fosse 2, ouverte en 1864, a dû être abandonnée en 1866, à la suite de la rencontre d'eaux très abondantes dans le calcaire ; cette fosse n'a absolument rien produit. Un troisième et nouveau siège, composé de deux puits, ouvert en 1869, entra en exploitation en 1875 seulement. La production de la Compagnie s'accroît d'année en année et atteint en 1871, en 1872, en 1873, en 1874, en 1875, en 1876, en 1877, en 1878 et en 1879, soit un cumul de sur la période. La production totale depuis l'origine est de .
Gisement thumb|upright=0.8|Tableau donnant l'épaisseur des veines reconnues par la fosse 3 - 4 et les intervalles qui les séparent. thumb|left|upright=0.8|État des travaux vers 1880. thumb|left|upright=0.8|Coupe verticale aux puits de la fosse 3 - 4 vers 1880.
La planche ci-contre donne premièrement la trace horizontale des différentes couches de houille reconnues ou exploitées par les trois fosses de Meurchin et deuxièmement une coupe verticale passant par la fosse 3. L'examen de cette planche, complété par les observations qui vont suivre, permet de se faire une idée générale du gisement connu de la concession vers 1880.
Les fosses 1 et 3 ont constaté et exploité un premier faisceau composé de six couches, dont quatre de à d'épaisseur, qui ont été suivies, principalement à l'ouest, sur un assez grand développement. La position de ces six couches est indiquée par la coupe verticale passant par la fosse 3, et le tableau ci-dessus donne la puissance de ces couches et les intervalles qui les séparent.
En outre de ces six couches, dont la houille renferme 13 % de matières volatiles, la fosse 1 a découvert, au sud, trois autres veines, supérieures aux précédentes et tenant 15 à 16 % de matières volatiles, dont la Grande veine de d'épaisseur, la deuxième veine du midi de et la veine 5 de , soit un ensemble de d'épaisseur.