La Compagnie des mines de Thivencelle était une compagnie minière qui exploitait la houille à l'aide de plusieurs fosses établies dans les communes de Fresnes-sur-Escaut et Thivencelle, tout à l'est du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Vers 1837, pendant la période d'engouement pour les sociétés de houille, les sociétés de Thivencelle, Fresnes-Midi et Condéenne effectuent des sondages dans une partie encore inexploitée du bassin, alors que le charbon y avait été découvert quelques kilomètres plus au nord le à la Jeanne Colard 1. Ces trois compagnies fusionnent, et trois concessions leur sont accordées par le décret du , celles d'Escaupont, de Thivencelle, et de Saint-Aybert, pour une superficie de .

Plusieurs fosses sont ouvertes : l'avaleresse Bruneau et la fosse Pureur sont un échec, mais la fosse Soult 1, ouverte en 1839 commence à produire dès l'année suivante. La fosse Soult 2, établie dès 1839, ne voit son fonçage commencer qu'en 1845. La mise en route de la fosse Saint Pierre a connu bien des retardements, et n'a commencé à réellement produire qu'après la crise charbonnière de 1873, quand la Compagnie a eu l'occasion de le reprendre. Enfin, la fosse Saint-Aybert est la dernière à avoir été ouverte par la Compagnie, en 1925.

Lors de la Nationalisation, la Compagnie fait partie du Groupe de Valenciennes et cesse d'exister, les fosses Soult continuent d'extraire jusque 1947 puis sont affectées au service et à l'aérage de la concentration Ledoux avec les fosses Saint Pierre grand puits et Saint-Aybert. Les fosses Soult ferment en 1970, Saint-Aybert en 1956, et Saint Pierre en 1989.

Historique thumb|Le Bureau des Mines de Thivencelle, à Fresnes-sur-Escaut.

Les années 1830 - 1840 se caractérisent par un grand élan pour les entreprises industrielles de toute nature, particulièrement pour les mines de houille. Dans le Nord, cet engouement fait suite à la découverte par la toute récente compagnie des mines de Douchy d'un riche gisement de charbon gras. Le sol, ou un vingt-sixième de cette compagnie, qui se vendait à peine en , atteint en le prix exorbitant de . Les demandes de concessions se multiplient dans la région (il y en aura jusqu'à 70 en 1837). Cette fièvre des recherches de charbon a pour conséquence la création d'un grand nombre de compagnies ou de sociétés, dont peu finalement sont parvenues à durer.

À partir de 1837, la crise houillère encourage de nombreuses sociétés de recherches à entreprendre des sondages dans les zones non encore concédées dans les environs de Condé-sur-l'Escaut. Les sociétés de recherches survivantes, celles de Thivencelle, Fresnes-Midi et Condéenne, ouvrent des fosses à Thivencelle et Fresnes-sur-Escaut après avoir effectué des sondages.

En 1838, la Compagnie Lenglet, aussi dénommée Compagnie de Fresnes-Midi implante la fosse Soult 1 à Fresnes-sur-Escaut sur une zone que la Compagnie d'Anzin croit posséder en vertu de l'arrêté du Directoire du 29 Ventôse de l'An VII. L'arrêté n'est pas explicite, l'ingénieur en chef chargé de la délimitation décide donc que cette dernière n'est pas possible, et qu'une nouvelle décision gouvernementale est nécessaire. Le , la Compagnie d'Anzin fait opposition à la demande de concession formulée par la Compagnie de Fresnes-Midi mais l'ordonnance royale du accorde la préférence à la nouvelle Société de Thivencelle.

Les trois compagnies fusionnent, et trois concessions leur sont accordées le : la concession d'Escaupont sur , la concession de Thivencelle sur , et la concession de Saint-Aybert sur , soit un total de .

thumb|La cité Saint Roch et polonaise, à Thivencelle. En 1895, sont employés par la Compagnie, dont 419 au fond, et 146 au jour ; sont produites à la fosse Soult, et à Saint Pierre. Un lavoir est installé près de la fosse Soult. Une voie ferrée relie la fosse Soult à son quai d'embarquement sur le canal de l'Escaut à Fresnes-sur-Escaut, et à la fosse Saint Pierre qui possède son propre quai d'embarquement sur le canal Mons-Condé.

Après la Première Guerre mondiale, les installations sont détruites. Deux nouvelles installations de criblage-lavoir sont installées aux fosses Soult et Saint Pierre, deux centrales électriques, ainsi que deux presses à boulets, capables d'en produire par jour. À cette période, au fond et 414 au jour permettent à la Compagnie de produire sur ses deux sites à Soult, et à Saint Pierre. La Compagnie possède aussi deux caisses de secours, et une école primaire.

En 1939, la fosse Soult a produit de charbon, et la fosse Saint Pierre .

Les fosses Il y a eu huit puits de mine, répartis sur cinq fosses et deux avaleresses.

Avaleresse Bruneau

Une première fosse est tentée à Thivencelle (ou Crespin) en 1838 ou 1839, par la Compagnie de Thivencelle, dans une zone où les morts-terrains ont une épaisseur de . L'avaleresse Bruneau est abandonnée la même année après avoir traversé plus de cent mètres de craie. Le puits, d'un diamètre de , est profond de . Charbonnages de France ne semble pas avoir matérialisé la tête de puits, une stèle indique son emplacement, il n'est donc pas surveillé par le BRGM.

Avaleresse Crespin

L'avaleresse Crespin a été ouverte à Crespin, à environ à l'ouest de l'avaleresse Bruneau, avec un diamètre de . Le puits est abandonné en 1839.

Fosse Pureur + Veines recoupées par le sondage Épaisseur Profondeur7 6 5 4 3 2 1

La fosse Pureur est ouverte en 1838 à Thivencelle et non Saint-Aybert, dans la concession de Saint-Aybert, près du Canal Mons-Condé, à environ à l'est du chocher de Saint-Aybert. Le terrain houiller est rencontré à la profondeur de , le puits traverse plusieurs veines de charbon, puis est arrêté . Les quatre veines sont Quinet, à , de cinquante centimètres d'ouverture, Pureur, à , de d'ouverture, Hugon à et Veine à filons à .

Le puits, exécuté avec négligence, n'est pas vertical et la solidité du cuvelage laisse à désirer, des fuites ont même lieu. La réfection du puits est donc est entreprise, mais le , une pompe d'exhaure rompt ses attaches et culbute dans le puits qui est abandonné, avant d'avoir pu fournir des renseignements précis sur la régularité des terrains traversés.

La fosse est continuée en 1859 par un sondage qui a été poussé de la profondeur de à celle de . Six veines ou veinules ont été recoupées, dont trois veines épaisses de , 97 et respectivement à 259, 306 et , et trois veinules épaisses de 12, 30 et respectivement à 233, 279 et .

Charbonnages de France ne semble pas avoir matérialisé la tête de puits, il n'est donc pas surveillé par le BRGM.

Fosse Soult 1 thumb|left|La fosse Soult 1 en 1906. thumb|La fosse Soult 1 vers 1900.

Les travaux débutent le près du pont de Fresnes sur la rive droite du vieil Escaut, à Fresnes-sur-Escaut, à au sud-est de la fosse Bonne Part. Le fonçage est fait en toute discrétion à partir de 1839 : un hangar est construit afin d'abriter soi-disant une tonnellerie. Un sondage est alors entrepris à l'abri de regards, et pendant ce temps, à Vicq, les palplanches destinées au fonçage du puits sont préparées. À cette époque, la fosse est nommée fosse Lenglet. Elle est établie sur la concession d'Escaupont.

La Compagnie Lenglet fait venir Augustin Bouillez, ancien conducteur de travaux de la Compagnie d'Anzin, qui vient de creuser la fosse Taffin. Augustin Bouillez, en compagnie de son fils, prend la direction du fonçage de la fosse. Les morts-terrains sont très aquifères, leur traversée est assez difficile mais le , lorsqu'à de profondeur, une troisième veine exploitable, d'un excellent charbon un quart gras, est découverte, tous les ouvriers entreprennent un pèlerinage à la Basilique Notre-Dame de Bon-Secours.

L'extraction commence en 1840, la production au début est assez faible. La fosse Lenglet devient fosse Soult à une date inconnue mais c'est sans doute par reconnaissance envers le maréchal Jean-de-Dieu Soult que la Compagnie de Thivencelles rebaptise sa fosse de Fresnes. Il avait contribué au développement de la Compagnie.

En 1845, une galerie de reconnaissance est exécutée au niveau de à travers bancs. À peu de distances du puits, les infiltrations d'eau ont commencé. Une petite galerie montante de reconnaissance a été essayée, mais l'eau n'a fait qu'affluer plus abondamment, car la galerie s'approchait davantage du grès vert, gorgé d'eau. Une machine d'épuisement a été installé à cette époque et est occupée à enlever l'eau qui s'introduit continuellement dans les travaux.

Vers 1886, le dernier étage d'extraction est à , et le fond du puits à . En 1894, la fosse Soult produit de charbon. Le est terminé le raval du puits de 414 à . L'approfondissement du puits a permis de découvrir des veines déjà recoupées par les fosses des mines d'Anzin de Vieux-Condé et Fresnes-sur-Escaut. Dans les années 1920, la production est de , et en 1939.

La fosse Soult 1 cesse l'extraction en 1947, peu après la Nationalisation. De 1947 à octobre 1955, elle est utilisée comme puits de service, puis, avec d'autres fosses, elle assure l'aérage de la fosse Ledoux jusqu'en 1970. Le puits, profond de , est comblé en 1971 et le chevalement abattu au début de l'année 1978. La Soginorpa occupé désormais le carreau de la fosse. La tête de puits est matérialisée, ce qui permet sa surveillance par le BRGM.

Terril 235, Soult La fosse Soult possédait un terril.

Fosse Soult 2 thumb|La fosse Soult 2 vers 1910.

La fosse Soult 2 est symboliquement ouverte durant l'été 1838, mais le fonçage ne débute qu'à partir de 1845. Elle est située à au sud-ouest de la fosse 1, à Fresnes-sur-Escaut.

De manière générale, le gisement n'est pas beaucoup accidenté, contrairement à la concession de la Compagnie des mines d'Anzin où de grandes cassures ont été rencontrées. La veine Napoléon forme un dressant sous la fosse Soult 2, si bien que les travaux de cette fosse ont recoupé trois fois cette veine sur une hauteur de cinquante mètres. La veine forme un dressant haut d'une vingtaine de mètres et deux crochets à la profondeur de .

Des accidents de terrain se présentent parfois de manière fort irrégulière : une veine qui est bel et bien stratifiée sur un point se montre fort tourmentée sur d'autres points. Les travaux ont atteint une assez grande profondeur et les infiltrations des eaux du grès vert ne sont plus à craindre. Des galeries à travers bancs à des étages inférieurs sont donc creusées vers 1867 pour faire des reconnaissances dans les quatre veines du sud, mais aussi pour explorer une bande de de largeur, qui reste encore au midi de la concession, et dans laquelle les travaux n'ont pas encore pénétré. La concession d'Escautpont étant très peu étendue, les exploitants considèrent comme important de l'explorer tout entière.

La profondeur de est atteinte en 1886 et la fosse produit en 1891. Le puits Soult 2, profond de , est comblé en 1970 et le chevalement abattu le . Une zone industrielle occupe au sud l'emplacement de la fosse et du lavoir, quant au puits, il est localisé dans un espace vert au nord du site. La tête de puits est matérialisée, ce qui permet sa surveillance par le BRGM.

Avaleresse Lenglé

Une fosse dénommée Lenglé, différente de celle de Fresnes-sur-Escaut, est foncée en 1844 à Thivencelle, mais elle est très vite abandonnée dans les sables boulants. Le puits est resté à l'état d'avaleresse. En 1859, un sondage est effectué à la fosse Pureur abandonnée depuis 1844, et un autre dénommé Saint Pierre situé au sud de la fosse Pureur, ils incitent la Compagnie de Thivencelles à reprendre la fosse Lenglé, mais c'est finalement une nouvelle fosse qui va être construite. Charbonnages de France ne semble pas avoir matérialisé la tête de puits, il n'est donc pas surveillé par le BRGM.

Fosse Saint Pierre + Veines recoupées par le sondage de Saint Pierre Épaisseur Profondeur7 6 5 4 3 2 1 thumb|left|La fosse Saint Pierre en 1949. thumb|left|La fosse Saint Pierre en 1976.