La frontière entre la Chine et le Népal est la frontière séparant la région autonome du Tibet, en Chine, et le Népal. Longue de , elle adopte un tracé nord-ouest - sud-est, le long de la chaîne himalayenne, et passe notamment par l'Everest, la plus haute montagne du monde. C'est l'une des deux seules frontières du Népal, l'autre étant la frontière indo-népalaise
La frontière a considérablement évolué au cours de l'histoire, notamment si l'on considère des événements tels que l'annexion du Tibet par la Chine en 1951. Parmi les changements les plus significatifs du figurent la signature de l'« Accord sur le maintien de relations amicales entre la République populaire de Chine et le Royaume du Népal » signé en 1956 et le traité de paix et d'amitié sino-népalais de 1960. Ces accords reconnaissent formellement le Tibet comme faisant partie intégrante de la Chine et confirment les limites entre Chine et Népal telles qu'elles existent de nos jours.
Description La frontière débute à l'ouest, près du , dans la province népalaise de Sudurpashchim. L’article 1 du traité frontalier de 1961 définit ce point comme l'endroit « où la ligne de partage des eaux entre la rivière Kali et la rivière Tinkar rencontre la ligne de partage des eaux entre les affluents de la rivière Mapchu (Karnali) d’une part et la rivière Tinkar d’autre part ». Ce point correspond à la tête de vallée du Tinkar, dans la région de située au sein du district de Darchula. La région de Byans faisait historiquement partie du et a été divisée entre Inde britannique et le Népal par le traité de Sugauli (1816), les villages de Chhangru et Tinkar étant transférés au Népal. La borne frontière 1 de la frontière Chine-Népal a été placé à cet endroit.
La frontière se dirige ensuite vers le sud-est jusqu'au col d'Urai, puis vers le nord-est, en empruntant brièvement la rivière Karnali, avant de bifurquer vers le sud-est au col de Lapche. Elle poursuit ensuite dans cette direction générale, traversant plusieurs crêtes de la chaîne himalayenne, notamment l'Everest, le Makalu et le . La frontière s'achève par un tripoint oriental avec l'Inde sur le pic Jongsong.
Histoire Cette région frontalière est historiquement située aux confins de divers royaumes népalais, indiens et tibétains qui se sont succédé dans la région. Un commerce transfrontalier entre Népalais et Tibétains s'y tient depuis des siècles, notamment en ce qui concerne la laine, le thé, les épices et le sel. Bien que divers traités népalo-tibétains ont été signés aux et siècles, ceux-ci ont concerné la propriété de territoires définis en termes vagues plutôt que la délimitation d'une frontière précise.
Dans le secteur occidental de la frontière, les de la et de la commerçaient avec la localité tibétaine de Taklakot via le col de Tinkar et . Suite à la guerre sino-indienne de 1962, l'Inde a fermé le col de Lipu Lekh et le commerce des Byansi s'est reporté vers le col de Tinkar, côté népalais, jusqu'à ce que Lipu Lekh soit partiellement rouvert en 1992.
En 1950-1951, la République populaire de Chine a annexé le Tibet et a hérité d'une situation assez complexe concernant cette frontière. Le 21 mars 1960, un traité frontalier a été signé, reconnaissant la « ligne coutumière traditionnelle ». Cet accord a donné naissance à une commission mixte de délimitation des frontières visant à fixer une limite plus précise entre les deux États. Une fois ces travaux terminés, un traité frontalier définitif a été signé le . La frontière a ensuite été délimitée sur le terrain par des bornes, et un protocole final a été signé le 23 janvier 1963.
Le gouvernement népalais tend à nier ou minimiser tout différend territorial avec la Chine par crainte de perdre des avantages économiques. En 2021, le gouvernement népalais a documenté les violations de ses frontières par la Chine, mais a par la suite censuré le rapport.
Différends frontaliers Le tripoint Chine-Népal-Inde fait lobjet de contestations entre Inde et Népal depuis les années 1990, dans la cadre du contentieux concernant le territoire de Kalapani, administré par l'Inde et revendiqué par le Népal. En 2015, le parlement népalais s'est opposé à un accord Inde - Chine concernant du commerce transfrontalier via le , déclarant que cela « viole la souveraineté népalaise sur ce territoire disputé ». Après que le premier ministre indien Narendra Modi a visité la Chine en 2015, l'Inde et la Chine se sont accordé sur l'ouverture d'un poste-frontière à Lipulekh, ce qui a soulevé des objections au Népal.
L'Inde soutient que le tripoint se situe au niveau du , conformément à la description du bassin versant entre les rivières Kali et Tinkar annexée au traité de 1961. La carte politique du Népal de 2020 intègre Kalapani, et Limpiyadhura en tant que territoire népalais, ce qui place le tripoint plus au nord-ouest, aux sources de la rivière près de Limpiyathura.
En novembre 2020, des personnalités politiques népalaises ont affirmé que la Chine avait annexé plus de 150 hectares de terres népalaises. En septembre 2021, le gouvernement népalais a constitué une commission, sous la direction du secrétaire conjoint du ministère de l'Intérieur, Jaya Narayan Acharya, pour étudier un différend, à , situé dans la municipalité rurale de Namkha du district de Humla. L'équipe a présenté un rapport, concluant que l'accusation était vraie. Il a été proposé de créer une équipe conjointe pour le règlement des différends. Il a également été recommandé que les forces de sécurité népalaises soient déployées dans la région pour en assurer la sécurité.
Par ailleurs, une équipe dirigée par le parti Congrès népalais (NC) de l' et l'ancien ministre Jeevan Bahadur Shahi a remis un rapport sur la question, demandant la restitution des terres népalaises. Ce point de vue a été soutenu par le vice-président du NC et ancien ministre de l'Intérieur, Bimalendra Nidhi, qui était vice-Premier ministre dans le .
Début 2022, le rapport du gouvernement népalais a fuité. Le texte indique que des bâtiments, que l'on croyait auparavant construits à l'intérieur du Népal, se trouvaient du côté chinois de la frontière, mais constatait que la Chine construisait une clôture autour d'une borne frontière et tentait de construire une route sur le sol népalais.
Postes-frontière
En 2012, le Népal et la Chine ont convenu d'ouvrir de nouveaux postes-frontière, portant le nombre de ces infrastructures à six. Trois d'entre-eux permettent le transit international, tandis que trois autres sont uniquement destinés au commerce bilatéral.
Le poste frontière entre Zhangmu et Kodari sur la route Lhassa – Katmandou est en service depuis 1968. En 2014, le poste-frontière de Gyirong a été ouvert au commerce, puis aux ressortissants étrangers à partir de 2017. En outre, ce point de passage frontalier est envisagé pour une future liaison ferroviaire entre les deux pays.
D'autres points de passage, tels celui de Burang - Hilsa près du tripoint occidental, bien que peu accessibles, sont utilisés depuis de nombreuses années pour le commerce local entre la Chine et le Népal. Certains sont devenus si importants pour l'économie locale qu'en 2008, lorsque la Chine a renforcé son contrôle frontalier pendant les Jeux olympiques de Pékin, des villages comme Kimathanka ont dû faire face à des pénuries alimentaires en raison de l'impact sur le commerce local. Korala, le dernier point de passage frontalier à ouvrir, fonctionne depuis 2023.
+ Postes-frontières d'après le traité bilatéral de 2012NomRessorts administratifsStatutTransit internationalCoordonnéesAltitudeNoteBurang–Yari (Xieerwa) Hilsa, district de Humla Burang, xian de Burangen serviceouiLektse—Nechung () Lo Mantang, district de Mustang Yagra, xian de Zhongbaen servicenonGyirong–Rasuwa fort de Rasuwa, district de Rasuwa Gyirong, xian de Gyirongdétruitouitransit interrompu et infrastructures entièrement détruites suite aux inondations de 2026 au Népal et au Tibet.Zhangmu–Kodari Tatopani, district de Sindhulpalchok Zhangmu, xian de Nyalamen serviceouiChentang–Kimathanka , district de Sankhuwasabha , xian de Dinggyêà l'état de projetnonDu commerce local existeRi'og–Olangchung Gola () Olangchung Gola, district de Taplejung , xian de Dinggyêà l'état de projetnonDu commerce local existe
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Cartographie de la zone frontalière, d'ouest en est, à partir de carte du milieu/fin du :
Annexes Bibliographie L’Himalaya, « nouvelle frontière » de la Chine, Thierry Mathou, Éd. La découverte
Références
Voir aussi Relations entre le Népal et le Tibet territoire de Kalapani Pont de l'amitié sino-népalaise Inondations du 26 août 2026 au Népal et au Tibet
Nepal *