thumb|La cathédrale Saint-Ignace de Shanghai Église catholique en Chine (en chinois simplifié : « 天主教会在中国, Tiānzhǔ jiàohuì zài Zhōngguó » littéralement « religion du Seigneur des cieux en Chine ») peut désigner, soit la communauté locale catholique dépendant du Saint-Siège et donc interdite en république populaire de Chine, soit l’organisme institutionnel dépendant du gouvernement de la république populaire de Chine.
Bien que depuis toujours le Saint-Siège stipule qu'il n’y a qu’une seule Église en Chine et que depuis , le Saint-Siège a le pouvoir d'opposer son veto à tout évêque recommandé par la Chine, dans les faits, depuis 1957 le gouvernement chinois a essayé de nationaliser l’Église, obligeant les prêtres et évêques chinois désirant rester fidèles au Saint-Siège à vivre clandestinement, créant en conséquence une deuxième Église dite « souterraine ».
Cette Église souterraine, bien qu'elle couvre tout le territoire de la Chine, n'est donc pas une église nationale soumise à une juridiction nationale, mais est une union de communautés locales, qui en 1949 (date de la dernière mise à jour des annuaires pontificaux à la suite de l'interdiction« Article 36 – Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté religieuse. Aucun organisme d'État, aucun groupement social, aucun individu ne peut contraindre un citoyen à épouser une religion ou à ne pas la pratiquer, ni adopter une attitude discriminatoire à l'égard du citoyen croyant ou du citoyen incroyant. L'État protège les pratiques religieuses normales. Nul ne peut se servir de la religion pour troubler l'ordre social, nuire à la santé des citoyens et entraver l'application du système d'enseignement de l'État. Les groupements religieux et les affaires religieuses ne sont assujettis à aucune domination étrangère. » http://mjp.univ-perp.fr/constit/cn1982.htm... de l'Église par le gouvernement chinois) étaient rassemblées en 150Annuario Pontificio 1949, Città del Vaticano : LEV diocèses (20 archidiocèses métropolitains, 85 diocèses et 39 préfectures apostoliques), répartis en 20 provinces ecclésiastiques, soumises à la juridiction universelle du pape, évêque de Rome, au sein de « l'Église universelle. ». Ses évêques clandestins ne peuvent prendre le risque de se réunir dans une instance de concertation, et n'ont donc pas de « conférence épiscopale ».
L'Église dite « patriotique de Chine », « officielle » ou « Association patriotique des catholiques chinois » est une église nationale créée en 1957, soumise à la juridiction nationale du gouvernement chinois qui jusqu'à refusait de reconnaître une autorité étrangère, celle du Saint-Siège, en nommant ses évêques sans demander l'avis du Saint-Siège. Cependant certains de ses évêques affirmaient secrètement leur fidélité au Saint-Siège qui reconnaissait régulièrement ces nominations. Le Congrès national des représentants catholiques élit les représentants de l’« Association patriotique catholique chinoise » et de la « Conférence des évêques de Chine »..
Les estimations du nombre de catholiques « patriotiques » et « clandestins » sont très variables étant donné que la majeure partie sont en même temps secrètement dans les deux églises, rendant complexes toutes mesures statistiques. L’ensemble des catholiques des deux églises sont minoritaires dans une population de 1,3 milliard d'habitants, majoritairement athées (35,3 %), bouddhistes (18,2 %) ou ayant une religion populaire (21,9 %). Selon l'Agence d'information des missions étrangères de Paris, la république populaire de Chine compte en 2010 de catholiquesVoir site EDA : Une étude statistique indique que le nombre des catholiques en Chine peine à croître au même rythme que celui de la population chinoise, eglasie.mepasie.org/asie-du-nord-est, 25 mars 2010, consulté le 28 décembre 2016.. D'autres sources évoquent le nombre de (en 2018)., voire de 12 à 14 millions de Chinois catholiques..
Historiquement, l'Église catholique en Chine se développa réellement à partir des premières missions jésuites au et fut autorisée jusqu'à l’avènement en 1949 de la république populaire de Chine qui interdit toute ingérence étrangère dans le fonctionnement des groupes religieux.
Histoire du catholicisme en Chine jusqu'à l'avènement de la République populaire right|thumb|300px|Les pères Matteo Ricci, Adam Schall, Ferdinand Verbiest, Paul Siu, colao ou Premier ministre d'État, Candide Hiu, petite-fille du Colao Paul Siu. Premières traces Les plus anciennes traces de christianisme dans la civilisation chinoise est la présence de chrétiens nestoriens du , attestée par une stèle retrouvée en 1625 à Chang'an (Xi'an), dite la « stèle nestorienne ». Une première mission franciscaine avec Jean de Montecorvino est présente en Chine entre le et le , durant la dynastie mongole des Yuan. Ceux-là ont dû partir lorsque la dynastie a été renversée. Le christianisme prêché alors ne se préoccupait pas de questions d'inculturation.
Mission jésuite en Chine
Saint François Xavier fut à l'origine de la première mission jésuite vers la Chine en 1552. Il mourut cependant cette année-là sur l'île de Sancian, sans avoir atteint le continent. En 1582, la Compagnie de Jésus tenta de nouveau de gagner la Chine, avec succès cette fois. Elle introduisit la science occidentale, les mathématiques et l'astronomie. En 1601, l'un des jésuites installés en Asie, Matteo Ricci, fut autorisé à prendre résidence à Pékin. Les jésuites entreprirent une évangélisation par le haut en s’intégrant au groupe des lettrés. Ils y obtinrent des conversions, mais des querelles internes aux relents nationalistes firent que le christianisme fut bientôt déclaré « secte dangereuse ». La 'solution romaine' à la Querelle des Rites, avec l'interdiction des cérémonies de vénérations des ancêtres, porta le coup de grâce au développement d'une église chinoise.
siècle
Les missions catholiques reprirent au milieu du avec les lazaristes (dont une figure notable est Jean-Gabriel Perboyre), ou - de nouveau - les jésuitesLes jésuites en 1842, et surtout après la première guerre de l'opium, dans les zones côtières ; le traité de Huangpu (ou Whampoa en cantonais) donnant aux français les droits de construire des églises, d'établir des cimetières et d’évangéliser. Le chef de la révolte des Taiping s’inspira partiellement des enseignements des missionnaires pour construire l'idéologie de son mouvement. Des émeutes xénophobes ont lieu régulièrement contre les concessions étrangères et en premier lieu contre leurs œuvres sociales (massacre de Tientsin par exemple), fondées par les missionnaires. Le point culminant est atteint avec la révolte des Boxers en 1900 et les cinquante-cinq jours de Pékin. Les pavillons noirs sèment la terreur. De plus le pays, frappé par la pauvreté et la violence, est régulièrement ravagé par des inondations, typhons, disettes, famines, épidémies de peste ou de choléra, consommation de psychotropes (opium) et par le phénomène des infanticides (notamment féminin). Chaque crise est l'occasion d'accuser dans la population les .
De 1900 à 1949 thumb|right|Séminaristes chinois d'une mission jésuite du Tché-Ly en 1900. thumb|Vue de la cathédrale de Jinan Jusqu'à l'avènement de la république populaire de Chine, de nombreux échanges culturels sino-occidentaux se font par l'intermédiaire des missions chrétiennes, qui fondèrent des institutions éducatives, des hôpitaux, des dispensaires, des orphelinats, des asiles pour vieillards, des sanatoriums, des universités (comme la célèbre université l'Aurore), des ateliers dans le domaine du bâtiment, de la mécanique, de la charpenterie, des imprimeries, des organes de presse, et également des domaines agricoles, etc.
La France occupe la première place en Chine depuis la fin du en nombre de missionnaires. Par exemple les évêques (à la tête des vicariats apostoliques et donc recrutant la majorité de leurs missionnaires) sont au nombre de 57 en 1926 ; parmi eux 25 sont Français, 11 Italiens, 4 Hollandais, 5 Espagnols, 5 Allemands, 4 Belges, 1 Portugais et 2 Chinois China - revue missionnaire de la Société des missions étrangères de Scarboro -, n° d'avril 1926, page 51. La politique du Saint-Siège et de Pie XI est d'accélérer dès les années 1920 l'indigénisation du clergé (comme le prévoyait le père Vincent Lebbe) et surtout de donner une hiérarchie chinoise, le tournant étant l'année 1946Avec la bulle Quotidie Nos de Pie XII qui érige la plupart des diocèses chinois, certains évêques missionnaires laissent la place à un évêque chinois. En 1926, les évêques issus des Missions étrangères de Paris (et donc leur clergé missionnaire formant dans leurs séminaires des prêtres chinois) étaient au nombre de 13 ; les évêques issus des lazaristes 12 ; des franciscains 9, des scheutistes 6 ; des jésuites 3 ; des Missions étrangères de Milan 3 ; des dominicains 2 ; des verbistes 2 ; des capucins 1 ; des augustiniens 1 ; des bénédictins 1, des Missions étrangères de Parme 1 ; des Missions étrangères de Rome 1La fusion des Missions étrangères de Milan avec celles de Rome a lieu en mai 1926 et du clergé séculier 1 China, n° avril 1946, page 51. En 1922, une délégation apostolique est érigée en Chine dont le premier délégué est Costantini. Il préside en 1924 le qui regroupe les évêques missionnaires (dont le fameux de Guébriant favorable à une plus grande prise de responsabilité du clergé chinois) afin de mettre en avant l'urgence de la meilleure formation du clergé chinois et de l'obligation de consacrer des évêques chinois, face à la propagation de l'idéologie communiste qui gagne du terrain et la concurrence des missions protestantes. En , Pie XI consacre à Rome les six premiers évêques chinois. En 1928, le Saint-Siège reconnaît la nouvelle république de Chine.
On estime qu’il y avait, avant (date de la prise de pouvoir par le parti communiste chinois dans tout le pays), une douzaine de sociétés missionnaires de plus de dix pays.. Parmi les cent trente-sept diocèses dans le pays, seules vingt-neuf étaient gouvernés par des évêques chinois. Le pays comptait alors trois millions de pratiquants catholiques, concurrencés par les missions protestantes issues souvent de pays anglophones et disposant de fonds financiers plus importants. Tous les missionnaires du pays sont chassés entre 1949 et 1953.
La république populaire de Chine et les associations patriotiques Tous les missionnaires du pays sont chassés entre 1949 et 1953, certains sont emprisonnés ou trouvent la mort. La politique de persécution religieuse et des chrétiens en particulier se poursuit jusque dans les années 1980-1990, pour laisser la place à une politique autoritaire de contrôles et de restrictions administratives, les emprisonnements ne se faisant plus qu'à la marge. La période 1966-1980 avec la révolution culturelle est la plus sévère pour les pratiquants chinois avec la fermeture des lieux de culte et l'éradication systématique de toute référence religieuse dans la société maoïste de l'époque.
1949-1957 En 1949, la Chine devient communiste et déclare officiellementSamuel Samson, « Tous ensemble pour le Québec de demain. Quelle charte des valeurs ? », 2013, , . avoir un athéisme d'État. La Chine n'a donc plus de religions d'État ni officielles, et persécute les religions. Malgré cette interdiction du gouvernement chinois, quelques millions de Chinois restent fidèles au Saint-Siège et forment une Église souterraine ou « clandestine ».
D'un point de vue structurel, l’avènement de la république populaire de Chine avec son gouvernement communiste qui considérait la religion comme « opium du peuple » va mettre en place une politique de persécution systématique des religions : déportation dans des camps, emprisonnement et parfois condamnations à mort. Le régime va très vite s’organiser (entre 1949 et 1952, les missions sont surtaxées et les missionnaires rapidement expulsés).